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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 05:32
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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 05:30

Bernard Cazeneuve doit faire preuve de sang froid et s'interdire tout amalgame (Olivier Dartigolles)

Ainsi donc, François Hollande et son gouvernement ont très clairement fait le choix de la provocation et des violences policières hier, dans plusieurs villes, lors de la journée de mobilisation pour le retrait de la loi El Khomri.

Cela ne date pas d'hier, nous avions déjà, lors des dernières mobilisations, alerté sur des comportements et des actes indignes d'une police qui doit agir dans le respect des valeurs de notre République, qui plus est quand il s'agit d'intervenir auprès de jeunes.

La journée du 28 avril marque une inacceptable surenchère qui, pour avoir été constatée en de si nombreux endroits, ne peut qu'avoir été décidée par le ministre de l'Intérieur avec des instructions pour créer un climat de tension.

Ceci est d'abord le signe de l'extrême fébrilité de l'exécutif face aux mobilisations et aux convergences pour le retrait de la loi El Khomri.

Bernard Cazeneuve doit faire preuve de sang froid et s'interdire tout amalgame. Les casseurs, doivent être arrêtés et présentés à la justice, et les jeunes manifestants, les salariés, les représentants des organisations syndicales et de jeunesse qui agissent dans le cadre d'un mouvement social et citoyen doivent pouvoir manifester en toute sécurité. Un peu de discernement ! Il n'est pas très compliqué de faire la différence entre des jeunes avec des pancartes et porteurs d'exigences pour leur vie, et des casseurs cagoulés et équipés pour en découdre avec les forces de l'ordre.

L'exécutif doit se ressaisir, ne pas faire le choix du pourrissement, en décidant du retrait de la loi dite "travail", rejetée par une écrasante majorité, et en acceptant un vrai dialogue pour de vraies solutions.

Olivier Dartigolles, porte parole du PCF

Après les violences dans et contre les manifs du 28 avril, Bernard Cazeneuve doit faire preuve de sang froid et s'interdire tout amalgame (Olivier Dartigolles, PCF)
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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 05:00

En voilà un qui ferait bien de surveiller ses arrières.....

Macron (Quintus Naevius Cordus Sutorius Macro) (né vers 21 avant JC et mort en 38) est un haut fonctionnaire impérial romain du 1er siècle. Selon Tacite et Dion Cassius, il serait l'assassin probable de l'empereur Tibère*

Quand bien même ce ne serait point Tibère (ni même un quelconque imperator !!!), il devrait se souvenir de Caesar.............et de Chirac !

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 05:44
Migrants: Liberté, égalité, fraternité - La lettre des relations internationales du PCF - Spécial Migrants, mars 2016

Intérêt commun

édito de Lydia Samarbakhsh, responsable du secteur international du PCF

La « route des Balkans » est comme l’enfer.

Les dirigeants européens, restés sourds depuis des années aux alertes du Haut commissariat aux réfugiés, ont invoqué la responsabilité de « protéger les populations européennes » – qu’ils ne protègent pourtant pas de la crise économique et sociale, bien au contraire. Sur fond de crise sans précédent, et de leur obstinant refus de sortir des politiques d’austérité qui appauvrissent nos pays et nos peuples, ces dirigeants ont préféré – non pas sauver des vies – mais fermer les frontières, confiner les migrants dans des camps, monter des murs de barbelés, mobiliser les forces armées pour les pourchasser, attiser une peur panique fabriquée par la droite et l’extrême droite, de voir l’Europe « submergée ».

En Hongrie et au Danemark, il est maintenant question de confisquer leurs biens, le peu qui leur reste, aux migrants.

Cela nous ramène violemment aux heures les plus noires de notre histoire.

Devant la détresse de familles entières fuyant la guerre en Syrie, en Irak, en Afghanistan, devant les tragiques morts de milliers d’entre eux en Méditerranée, devant l’élan de survie de milliers de femmes et d’hommes fuyant la misère, les bouleversements climatiques ou la dictature, les habitants des îles grecques ou des côtes italiennes ne sont pas restés tétanisés par l’émotion ou la peur, et ont déployé des trésors de solidarité pour leur venir en aide. Partout en Europe, des réseaux de solidarité se sont organisés tandis que les gouvernants ont opposé les populations les unes aux autres en arguant du poids du chômage, de l’avenir incertain, de la précarité. Autant de peurs renforcées par des attentats conduisant à installer l’amalgame « migrants / terroristes ». Certains rêvent même à présent d’exclure de la zone Schengen la Grèce qui a, seule, fait face à l’arrivée de milliers de migrants, et dont le premier ministre a été le seul dirigeant européen à aller à la rencontre des réfugiés et des acteurs de la solidarité. Si les migrants et réfugiés sont plus nombreux que jamais, « l’invasion » n’a pas eu lieu et, en France, moins qu’ailleurs… Les chiffres sont là.

ALORS POURQUOI CETTE OPÉRATION ?

Parce que jouer sur la peur des migrants permet de masquer les vé- ritables causes des difficultés qui assaillent les Français et qui sont à chercher dans les conséquences de la politique d’austérité et de la soumission aux dogmes libéraux qui créent chômage, bas salaires et délitement social. Austérité et solidarité sont incompatibles.

Parce que jouer sur la peur des « autres », de ceux que l’on présente comme des désespérés alors qu’au contraire, c’est l’espoir pacifique d’une vie meilleure qui les meut permet de masquer les responsabilités respectives dans les déséquilibres mondiaux qui causent ces mouvements massifs de populations. La crise des migrants est mondiale : tous les continents sont touchés d’autant que, pour l’essentiel, ces mouvements migratoires qui atteignent des records historiques restent cantonnés pour 80 % d’entre eux du sud vers le sud. Il y a donc aussi des solutions mondiales à mettre en oeuvre.

Alors comment répondre à cette vaste entreprise de falsification qui vise à brouiller les cartes et conduit dans l’impasse alors qu’il est urgent d’agir.

Le PCF avance des propositions qu’il développe dans ce livret. Il s’agit de changer de logique mais il y a des politiques possibles aujourd’hui.

J’en soulignerai 3 à engager d’un même mouvement :

• D’abord, les migrants ont des droits fixés par des institutions internationales et ratifiés par les Etats qui ont la responsabilité de les mettre en œuvre. Il faut souligner le courage, le dévouement des associations, des militants, des élus qui agissent pour le respect des droits et de la dignité des migrants. C’est eux que le gouvernement doit écouter et appuyer.

• La politique d’austérité en dégradant les conditions de vie et de travail s’en prend à tout ce qui concoure à faire vivre les valeurs d’égalité et de fraternité, moteurs du vivre ensemble : le travail, les services publics, le droit au logement et à l’éducation, à la santé, les droits collectifs et individuels. L’asphyxie budgétaire du pays et de nos collectivités territoriales ne mène qu’à plus d’inégalités et d’injustices.

• Enfin, c’est toute la politique extérieure française qu’il faut changer. Les migrations qui augmentent au plan mondial ont une triple origine : fuir les conflits et les violences ; échapper à la misère pour assurer à sa famille une vie meilleure et aux dérèglements climatiques que nos modes de développement et de production, mais aussi les règles du « libre-échange », engendrent. S’attaquer aux causes c’est donc promouvoir un nouvel ordre mondial, basé sur la paix et le développement et le recul des inégalités que provoque une mondialisation capitaliste prédatrice, c’est aussi commencer à s’attaquer au terreau du fondamentalisme religieux et du terrorisme. Ainsi, que la guerre cesse en Syrie, et des milliers de Syriens pourraient retrouver leur pays.

Français et immigrés partagent un intérêt commun, celui de construire une société de justice, de partage, de mise en commun, qui réponde aux aspirations de tous les citoyens à égalité de droits et libertés. C’est de ce côté que se trouve l’avenir, un avenir pour chacun d’entre nous.

Lydia Samarbakhsh, responsable du secteur international du PCF

Lydia Samarbakhsh, responsable du secteur international du PCF

Migrants: Liberté, égalité, fraternité - La lettre des relations internationales du PCF - Spécial Migrants, mars 2016

Revenir aux droits de l'homme

- par Patrick Le Hyaric, député européen, directeur de L'Humanité

La crise migratoire a changé le visage de l’Europe.

Elle a pour origine essentielle la guerre qui se poursuit au Proche-Orient et qui jette sur les routes de l’exode des centaines de milliers de personnes victimes de violences et de persécutions. La volonté de l’organisation Etat islamique de pratiquer des attentats au sein de l’espace européen et les menaces qu’il fait peser ont des incidences sur la réaction des opinions européennes face aux questions migratoires.

La réponse ne peut pas être, pour autant, dans le repli sécuritaire et dans l’Europe forteresse. Avec de telles réactions l’Europe foule aux pieds des valeurs dont elle se réclame. Plus encore, le non traitement des questions aggrave la crise : on n’empêchera pas des hommes et des femmes de fuir les massacres. On ne favorisera pas ainsi la sortie des logiques de guerre en Orient. La France doit faire le choix d’un rôle beaucoup plus actif et positif pour que soit traitée conformément aux textes internationaux, à la convention de Genève dont elle est signataire, la question du droit d’asile. Nous ne pouvons pas en rester à la déclaration de M. Valls du 18 novembre 2015 en Allemagne rapportée par le Süddeutshe-Zeitung : « Nous ne pouvons pas accueillir plus de réfugiés ».

Alors que dans un premier temps l’Union européenne avait laissé entendre qu’elle pourrait ouvrir modestement ses portes et pratiquer une politique de « relocalisation » des migrants, arrivés en grand nombre en Italie et en Grèce, avec une répartition par quotas, la réalité est vite devenue bien différente.

Ainsi la France a accueilli le chiffre famélique de 19 demandeurs d’asile « en besoin manifeste de protection » depuis le mois de septembre.

Ils sont les seuls des quelques 30 000 personnes que l’Etat français s’était engagé à recevoir en deux ans dans le plan européen de relocalisation qui portait sur 160 000 personnes. C’est tout simplement une honte !

Pour toute l’Europe ce sont 200 personnes qui auront été accueillies.

Quant au chiffre hors quotas de gens qui sollicitent l’asile dans notre pays il ne progresse que de 15 % à 20 % par rapport à 2014 année où il était en baisse, pour atteindre entre 75 000 et 80 000. Cette augmentation serait liée à la situation à Calais et à Dunkerque où se concentrent dans des conditions indignes des migrants qui veulent aller en Angleterre où ils sont refusés. Ces chiffres sont très loin de ceux de l’Allemagne qui aurait accueilli plus d’un million de personnes en 2015.

Mais désormais c’est dans toute l’Europe que se développe l’hostilité à l’accueil des réfugiés. En Europe orientale et centrale ce mouvement prend une tournure explicitement raciste avec l’érection de barbelés et des décisions de chasse à l’homme qui sont contraires aux principes fondateurs de l’Union.

En Suède, les réfugiés sont spoliés de leurs biens personnels. Les mesures de contrôle et de surveillance aux frontières de l’Union sont renforcées, la Grèce et l’Italie sont pressées de bloquer les entrées sur leur territoire et un accord douteux est passé avec la Turquie pour qu’elle garde sur son territoire le maximum de réfugiés syriens. Il faut tout faire pour sortir de cette logique mortifère et aller vers une sécurisation des parcours des réfugiés et un traitement de ce douloureux dossier conformes aux textes de l’ONU.

Le mythe de l'invasion - Par Emilien Urbach, journaliste chargé des questions migratoires au journal L'Humanité

Avec plus de 3 800 personnes noyées en 2015 en cherchant à traverser la Méditerranée, le nombre de personnes ayant trouvé la mort sur le chemin de l’exil dépassera, en 2016, les 30 000 depuis l’an 2000.

Au lieu de prendre la mesure de ce funeste décompte les Etats membres de l’Union européenne confirment, de sommets en conseils, leurs politiques xénophobes et sécuritaires. À coup de chiffres alarmistes, les défenseurs de l’Europe forteresse feignent de faire face à une crise migratoire sans précédent. Mais les chiffres disent autre chose. Il y a, à ce jour, autant de demandeurs d’asile par habitant de l’UE qu’il y en avait au début des années 1990. Et, dans le monde, le nombre de personnes sous mandat de protection du Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies est le même qu’en 1995. En effet, en 2015, plus de 60 millions de nos semblables ont été contraints de quitter leur foyer à cause de la guerre et de la pauvreté. Mais les pays riches, de par leurs logiques de dominations économiques et militaires, en sont les principaux responsables.

58 % des demandeurs d’asile, l’an passé, venaient des zones de conflits où les armées occidentales sont les plus engagées : Syrie, Afghanistan et Irak.

Et pourtant, 86 % des migrations se font du sud vers le sud.

Le Liban reste le pays qui accueille le plus grand nombre d’exilés, avec 209 réfugiés pour 1 000 habitants. En Allemagne, par exemple, ce rapport est de 6 pour 1 000. Et de 5 pour 1 000, en France.

La prétendue invasion que subirait l’Europe est un mythe. Pire, c’est un mensonge qui vise à alimenter la peur et à justifier des politiques dictées par une idéologie d’extrême droite. Si les images de bidonvilles dans le nord, de campements en plein Paris ou sur les côtes mentonnaises inondent nos écrans de télévision, c’est qu’en France, comme dans les autres pays de l’UE, les dirigeants font le choix de l’égoïsme contre nos valeurs de fraternité.

Migrants: Liberté, égalité, fraternité - La lettre des relations internationales du PCF - Spécial Migrants, mars 2016
Migrants: Liberté, égalité, fraternité - La lettre des relations internationales du PCF - Spécial Migrants, mars 2016

Calais: pour des solutions humaines

par Dominique Watrin, sénateur du Pas de Calais

À plus d’un titre, Calais se trouve dans une impasse. Impasse des politiques sécuritaires : procédures administratives, judiciaires, reconduites à la frontière et déplacements d’office qui atteignent aujourd’hui des sommets (un millier de personnes renvoyées ces dernières semaines vers des centres de rétention administrative) au nom de la lutte contre « l’appel d’air ».

Impasse d’une logique qui voudrait séparer réfugiés politiques et migrants économiques « qui ont vocation à être reconduits à la frontière » selon Bernard Cazeneuve quand la jungle de Calais est peuplée d’Érythréens, d’Afghans, d’Irakiens et de peu de Syriens.

Impasse des logiques de guerre et de grandes puissances menées au Moyen-Orient depuis 25 ans qui ont fait le lit des dictateurs et de Daesh.

Avant tout, je tiens à rendre un hommage appuyé à la population calaisienne qui subit une triple peine avec d’une part, un taux de chômage record (16 %) tandis que les suppressions d’emplois se multiplient (dentelle, Tioxide, My ferry Link…). Et d’autre part, la pauvreté, la précarité encore renforcées par cette situation de cul-de-sac migratoire. Hommage aux associations humanitaires pré- sentes 24h sur 24 aux côtés des réfugiés, et qui mènent un travail irremplaçable d’accompagnement (social, juridique, sanitaire…) et de lien humain. Il a tout de même fallu que Médecins du monde et le Secours catholique-Caritas saisissent le Tribunal Administratif de Lille pour que soit reconnu officiellement que les 4 500 migrants de Calais « étaient bien exposés à des traitements inhumains et dégradants » en étant entassés dans des conditions insalubres.

Les sénateurs communistes du Nord/Pas-de-Calais rencontrent régulièrement les salariés du port et du Tunnel sous la Manche, les syndicalistes, les associations humanitaires et les réfugiés euxmêmes. Ils lancent aujourd’hui un appel pressant au gouvernement.

Nous, parlementaires communistes du Nord/Pasde-Calais, nous disons que la logique de la force est vaine comme le démontre l’échec des déplacements forcés.

Ainsi l’évacuation du camp de Téteghem s’est-elle conclue par le retour dans les campements de l’immense majorité des déplacés qui souhaitent d’abord se rendre au Royaume-Uni où ils ont de la famille, où les petits boulots souspayés sont légion et où ils sauront parler la langue !

La France doit renégocier les accords du Touquet signés par Nicolas Sarkozy et qui ont mis la frontière anglaise à Calais !

Le durcissement sécuritaire avec une frontière quasi étanche ne fera que rendre encore plus explosif le cul-de-sac migratoire.

LE TRAITÉ DU TOUQUET

Le traité du Touquet a été signé le 4 février 2003 par les ministres de l'Intérieur de la France et du Royaume-Uni, Nicolas Sarkozy et David Blunkett. Il vise à juguler l'immigration vers le Royaume-Uni, non membre de l'espace Schengen. Il établit que le contrôle de la frontière britannique se fait du côté français de la Manche. En échange du maintien des migrants sur le territoire français, le RoyaumeUni verse une aide financière à la France. Le texte du traité précise que « chaque partie peut y mettre un terme à tout moment » avec prise d’effet « deux ans après la date de ladite notification ».

Migrants: Liberté, égalité, fraternité - La lettre des relations internationales du PCF - Spécial Migrants, mars 2016

IMMIGRATION ET DROIT D’ASILE. VIVE LA LIBERTÉ DE MIGRER !

par Dominique Noguères, avocate et militante des droits humains

Parler de l’immigration relève d’une gageure tant les idées reçues sont fortes comme les manipulations et l’utilisation à des fins politiciennes. La part de la population immigrée augmente, mais de façon très modérée.

De ce point de vue, il n’y a pas de menace pour la cohésion nationale.

En revanche, la manière dont la France gère la régularisation des étrangers est inacceptable. Comment ne pas trouver absurde que l’on demande à un étranger de rester des années en situation irrégulière avant de pouvoir être régularisé ?

La réforme actuelle du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) n’apporte pas de solutions malgré la volonté de créer un titre de séjour pluriannuel d’une durée modulable selon la catégorie juridique en cause.

La précarité du séjour reste la règle.

Plus de 60 millions de personnes sont déplacées en 2014 dans le monde, soit 42 500 personnes par jour selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Nous le vivons chaque jour aux frontières de l’Europe.

Dans ce contexte, la « forteresse » européenne ne fera qu’augmenter l’hécatombe et ne résoudra rien.

En France, demander l’asile relève du parcours du combattant.

La multiplication des textes comme la Convention de Dublin, qui oblige le demandeur d’asile à demander la protection dans le pays par lequel il est arrivé et non pas dans le pays de son choix, et la liste des pays dits sûrs établie et mise à jour régulièrement par l’Ofpra mettent de lourdes barrières aux demandes d’asile.

Seulement un quart des demandes sont acceptées au sein de l’UE et la France est bonne dernière.

Et pourtant, il y a des solutions !

Le migrant ne représente pas un coût pour le pays dans lequel il se trouve sauf à le priver de tous ses droits. Le régulariser, c’est lui faire payer des impôts, des cotisations sociales, participer à la vie économique et sociale du pays. Le laisser dans la clandestinité ou la précarité du séjour, c’est non seulement le mettre en danger, mais c’est se rendre complice des prédateurs mafieux et/ou terroristes. Il faut redonner au droit d’asile sa véritable fonction de protection, cesser de faire la différence entre les migrants « économiques » et les migrants « politiques », et éviter ainsi de créer deux catégories de migrants. La directive de Dublin doit donc être revue de fond en comble. Il est indispensable de réorienter les crédits des politiques européennes sécuritaires vers des politiques d’accueil et d’intégration, de cesser d’externaliser le contrôle des frontières à des pays peu respectueux du droit, qu’ils soient limitrophes de l’UE ou non. Il faut donc que les immigrés puissent circuler librement. Plus on fermera les frontières, plus ils feront tout pour ne plus repartir par peur de ne plus pouvoir revenir, dans un cercle infernal incessant. Le droit de migrer est essentiel dans un monde interdépendant comme tous les travaux d’experts et d’économistes et ceux des grandes organisations internationales (OIT, HCR, OCDE…) consacrés aux migrations l’ont rappelé, études à l’appui. Ils soulignent aussi que les politiques migratoires doivent s’attacher à sécuriser les parcours, dans le respect des droits de l’homme, en assurant la fluidité de l’offre et de la demande de main-d’oeuvre, dans l’intérêt des pays de départ comme des pays d’accueil. C’est un défi essentiel à relever dans l’intérêt de l’humanité tout entière.

L'immigration coûte cher? Faux

Les immigrés sont une très bonne affaire pour l’économie française. Selon une étude réalisée en 2010 par des chercheurs de l’université de Lille pour le compte du ministère des Affaires sociales, les immigrés ont reçu en 2009 de la part de l’Etat 47,9 milliards d’euros mais ont reversé 60,3 milliards. Par conséquent un solde très positif de 12,4 milliards d’euros pour les finances publiques. Ce résultat est issu de la comparaison entre les différents postes de dépense de l’État (retraite, aides au logement, RMI, allocations chômage et familiales, prestations de santé, etc.) et les sommes reversées au budget de l’État par le travail des immigrés (impôt sur le revenu, impôt sur le patrimoine, impôts et taxes à la consommation, impôts locaux, CRDS et CSG, cotisations sociales, etc.).

Sommet UE-Turquie: l'accord de la honte.

Déclaration du PCF

En octobre 2015, à l’issue d’une réunion de la Commission européenne, Jean Claude Juncker, son président, souhaitait que « l’Europe soit recherchée comme une terre de refuge et que l’accueil de 160 000 réfugiés soit une première historique est un motif de fierté ».

Déjà, à l’époque, cette déclaration était particulièrement déplacée, car, depuis des mois et des années, les drames s’accumulaient sur la route des migrants venant d’Afrique et du Proche-Orient, par la Méditerranée.

Mais aujourd’hui, elle résonne comme un terrible désaveu devant les échecs, les capitulations de l’UE, son incapacité à remplir ses devoirs de solidarité et à appliquer ses propres décisions.

Six mois après, l’accord signé au Sommet UE-Turquie du 7 mars ne peut que provoquer un sentiment de profonde honte.

En effet, l’accord entre le premier ministre turc Davitoglu et les chefs d’États ou de gouvernements de l’UE vise à renvoyer en Turquie tous les migrants, syriens compris, aujourd’hui en Grèce, venus au péril de leur vie, chercher un refuge en Europe.

En contrepartie, l’UE s’engage à faciliter l’obtention de visas de tous les États membres aux citoyens turcs, d’accélérer le versement des 3 milliards déjà promis, d’en ajouter 3 milliards supplémentaires et de favoriser la reprise des négociations pour l’adhésion de la Turquie à l’UE.

De son côté, la Turquie s’engagerait, outre à reprendre les réfugiés expulsés d’Europe, à organiser, selon le principe de « un pour un », le passage vers la Grèce de Syriens, uniquement dans le cadre de mesures contrôlées et sécurisées, où l’OTAN jouerait un rôle.

À l’avenir, même si l’accord ne l’indique pas, le rapatriement des autres réfugiés - Afghans, Erythréens, Soudanais, Irakiens… - non admis en Europe, serait mis en place en direction de leurs pays d’origine. Le premier ministre turc déclarait être en discussion sur ce sujet avec ces pays.

Ainsi, l’UE et les États membres abandonnent à la Turquie la responsabilité d’assurer le contrôle de leurs propres frontières et de gérer l’accueil des réfugiés qui vont être chassés de Grèce. Or, ces réfugiés veulent aller en Europe, pas en Turquie, et le droit international exige que leur choix soit respecté.Enfin, le passage - sous contrôle - Turquie-Europe restera aléatoire, lié au bon vouloir d’accueil des pays européens, déjà très réticents.

Les 1,2 millions de migrants en 2015 arrivés sur le sol européen ne représentent pourtant que 0,3 % de la population européenne.

L’Europe se transforme peu à peu en bunker, sourd et aveugle devant la détresse des réfugiés.

Pire, l’UE organise leur expulsion, leur refoulement avec l’aide de la Turquie, niant leur droit à choisir un pays d’accueil où déposer leur demande, la Grèce étant dans l’impossibilité de les accueillir malgré l’extraordinaire élan de solidarité de son peuple.

Que la Turquie ait pu ainsi être investie, grâce à un chantage politique et financier, du rôle de partenaire indispensable auprès de l’UE ne peut que provoquer colère et indignation. Le régime autoritaire turc se livre à une véritable chasse aux démocrates, aux journalistes indépendants ; il mène sur son territoire une guerre sans merci contre les Kurdes ; intervient en Syrie contre les Kurdes syriens qui combattent les groupes djihadistes, groupes armés que la Turquie n’a cessé depuis des années d’utiliser pour ses intérêts de puissance régionale.Les dirigeants européens ontils mesuré les conséquences de leurs décisions et l’image qu’ils donnent de marchandage, de trafics sur la détresse des réfugiés, avec un pays qui bafoue toutes les valeurs démocratiques que l’UE est censée représenter ?

Pourtant, l’UE a les moyens de répondre à ses devoirs d’accueil et d’asile, comme ne cessent de le rappeler l’ONU et son agence pour les réfugiés, le HCR, les grandes associations des droits humains et de défense des migrants, des élus, des citoyens de tous les pays d’Europe, attachés aux valeurs de solidarité, d’entraide et de partage.

Ainsi, l’UE pourrait, avec les États membres qui ont donné leur accord, accélérer l’installation des 160 000 réfugiés, respectant l’engagement pris en octobre et dont le nombre aujourd’hui ne s’élève qu’à un millier !

Que l’UE organise, avec les moyens importants qui sont les siens, non le refoulement de populations, mais l’ouverture entre la Turquie et la Grèce de voies légales sécurisées de passage pour les réfugiés, qui rendraient aussitôt caduc le recours aux passeurs et trafiquants. Mais l’UE et les États membres ont aussi des responsabilités dans les tragédies qui frappent aujourd’hui les peuples du Proche-Orient, les poussant sur les routes de l’exil. Le conflit en Syrie entre dans sa 5e année.

L’UE doit peser de tout son poids pour que le projet de transition politique se mette en place rapidement, pour arriver à un cessez-le-feu durable et à l’arrêt des hostilités dans les luttes inter-syriennes. L’UE s’est trop longtemps alignée sur les positions de ses amis du Golfe, de l’Arabie saoudite, du Qatar… de la Turquie, encouragée dans cette voie par la France qui a multiplié les surenchères politiques et militaires. Nous en mesurons aujourd’hui les conséquences désastreuses : cela n’a que trop duré. L’UE et les États membres se doivent d’apporter un soutien sans équivoque à la feuille de route, fixée par le Conseil de sécurité de l’ONU et à sa mise en oeuvre.

ET LA FRANCE ?

Le président Hollande a salué, quant à lui, cet accord « comme un acte très important de la Turquie pour réadmettre les réfugiés et les migrants qui l’ont quittée de façon irrégulière vers la Grèce ».

Cette déclaration est dans la droite ligne de la politique française depuis des années. Les autorités françaises sont concentrées non sur comment accueillir mieux et plus ces familles en détresse, mais sur comment faire pour en limiter le nombre, sans égards pour ce qu’elles ont vécu et leurs attentes. Cette froideur devant la tragédie de la guerre, de la violence, de la pauvreté est inacceptable.

D’autant que notre pays n’a connu en 2015 qu’une augmentation limitée de réfugiés, 20 % sur 2014, avec 4 600 Syriens sur les 362 000 arrivés en Europe…

Le fantasme de « submersion » alimenté par l’extrême droite aurait-il frappé l’esprit des dirigeants français ?

Le gouvernement français et le président Hollande ne peuvent accepter cet « accord de la honte » signé lundi, concocté par la chancelière Merkel et le premier ministre turc. Notre pays doit faire entendre sa voix, ses valeurs, ses principes en matière de défense des réfugiés et des migrants, en rappelant la vocation de terre d’asile de la France. Déjà contraint de jouer les garde-frontières de la Grande-Bretagne à Calais, notre pays va-t-il maintenant participer à des expulsions massives de ré- fugiés honteusement qualifiés « d’irréguliers » de la Grèce vers la Turquie ? Il doit au contraire proposer que ces populations, aujourd’hui bloquées en Grèce du fait des frontières fermées dans les Balkans, puissent être accueillies dignement dans les pays qui ont laissé la porte ouverte à la solidarité. Les capacités d’accueil existent dans notre pays dans les villes et les villages. Des actions solidaires d’associations, de citoyens sont aujourd’hui inutilisées : 15 000 réfugiés étaient attendus en 2015, seules quelques centaines ont été relogées. Des engagements ont été pris d’aides financières en faveur des collectivités accueillantes. Au lieu de jouer la stigmatisation, la division entre réfugiés et migrants, la France doit leur tendre la main et faire la preuve qu’elle reste ce grand pays de fraternité et de solidarité qui lui valent le respect et le regard amical et chaleureux de bien des pays dans le monde. À la prochaine réunion du Sommet européen, la France doit exiger le rejet de cet accord et enfin, accueillir dignement ces hom

Migrants: Liberté, égalité, fraternité - La lettre des relations internationales du PCF - Spécial Migrants, mars 2016
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 20:08
Manifestation à Concarneau en 1936 (Archives Pierre Le Rose)

Manifestation à Concarneau en 1936 (Archives Pierre Le Rose)

1936, QUAND LE PEUPLE S’EN MÊLE.

Cette année nous fêtons le 80ème anniversaire du Front Populaire.

Les années 30, années d’exode pour les antifascistes et les juifs d’Europe Centrale fuyant les persécutions racistes, années également du renvoi de centaines de milliers d’immigrés que la France avait fait venir dans les mines du Nord et de Lorraine après la 1ère guerre mondiale.

Dans chaque période de crise, la question de l’immigration est remise au cœur de l’actualité sous l’impulsion de l’extrême droite.

Le 14 juillet 1935 le serment du Front Populaire est proclamé dans un cérémonial rappelant la Fête de la Fédération de 1790.

Une nouvelle culture politique de lutte de masse se concrétise. La campagne électorale de 1936 est marquée par une mobilisation sans précédent de l’opinion. La victoire est due à la forte poussée du Parti Communiste qui double son score. Par la référence à l’antifascisme et à la lutte contre les 200 familles, le PC donne un coup de fouet salutaire à une gauche quelque peu assoupie par les compromis des Radicaux et les hésitations des Socialistes.

« Il faut que la masse laborieuse de France réalise son rêve : connaître le pays où fleurit l’oranger »

(Virgile BAREL, député communiste du F.P.)

Les acquis du Font Populaire, par les accords de Matignon, sont connus et ont représenté des avancées significatives pour le droit des salarié(e)s mais aussi pour l’ensemble du peuple. La semaine de 40 h et les 15 jours de congés sont emblématiques.

C’est aussi le temps des comités où il y a des réunions partout. Ce processus à encore un sens aujourd’hui, d’autant que 1936 à un écho troublant avec notre époque.

Montée de l’extrême droite en Europe, crise des réfugiés, paradis fiscaux.

Autre écho du Front Populaire avec la mobilisation de celles et de ceux qui battent le pavé des rues et les places contre la loi EL KHOMRI, la conviction que pour gagner contre l’injustice et l’oppression, il faut toujours leur en faire voir trente-six chandelles.

Que ce 1er mai du 80ème anniversaire soit à la hauteur des enjeux du moment. Soyons nombreuses et nombreux dimanche à 10h30 à Carhaix, et dans toutes les villes du Finistère et de Navarre où des rassemblements sont prévus.

Pierre-Yves Thomas, responsable de la section PCF de Carhaix

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 13:40
Manif contre la loi travail à Morlaix ce 28 avril: plus de 500 manifestants, dont 150 lycéens
Manif contre la loi travail à Morlaix ce 28 avril: plus de 500 manifestants, dont 150 lycéens
Manif contre la loi travail à Morlaix ce 28 avril: plus de 500 manifestants, dont 150 lycéens
Manif contre la loi travail à Morlaix ce 28 avril: plus de 500 manifestants, dont 150 lycéens
Manif contre la loi travail à Morlaix ce 28 avril: plus de 500 manifestants, dont 150 lycéens
Photos Jean-Luc Le Calvez

Photos Jean-Luc Le Calvez

Et quelques photos de Pierre-Yvon Boisnard :


http://homardenchaine.fr/actualite.htm

Manif contre la loi travail à Morlaix ce 28 avril: plus de 500 manifestants, dont 150 lycéens
Manif contre la loi travail à Morlaix ce 28 avril: plus de 500 manifestants, dont 150 lycéens
Manif contre la loi travail à Morlaix ce 28 avril: plus de 500 manifestants, dont 150 lycéens

Et 180 manifestants à Carhaix, 1100 à Quimper, 1300 à Brest, 400 à Quimperlé (chiffres du Télégramme) soit plus de 3500 manifestants dans le Finistère.

Et des photos de la manif de Quimper sur la page Facebook du PCF Cap Sizun administrée par Caroline Berardan:

https://www.facebook.com/PCF-CAP-SIZUN-586406094848487/

" Ce fut une sacrée journée riche de rencontres, une manif animée et bruyante comme on les aime et le pique-nique en fin de manif c’était vraiment super et nous a permis de squatter l'esplanade au dessus de la résistance jusqu’à 15h dans une super ambiance" (Caroline).

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 13:00

A Tilly Sabco, rien n’a été fait pour réorienter l’activité depuis fin 2014.

C’est ce qui avait amené le PCF à s'interroger en fin d’année dernière et à interpeller, d’une part la CCI par courrier le 8 novembre 2015:

Lettre ouverte du PCF du pays de Morlaix à Monsieur Jean-Paul Chapalain

Président de la chambre de commerce et d'industrie de Morlaix - début novembre 2015

Nous avons estimé devoir vous adresser ce courrier car nous sommes très fortement préoccupés de la situation de l'entreprise Tilly Sabco Bretagne à Guerlesquin.

Lors de la reprise de la société par la nouvelle SAS Tilly Babco Bretagne, suite à la décision du tribunal de retenir l'offre MS Foods/Breizh Algae/CCI Morlaix, la nouvelle direction de Tilly Sabco Bretagne, avait assuré à l'époque que le programme d'investissements pour la réorientation de l'activité de l'entreprise serait réalisé pour le mois de juillet 2015.

Sauf erreur de notre part, le projet de reprise comportait plusieurs volets, notamment celui de la mise en place du “poulet sans antibiotique grâce aux algues”, ainsi que celui du “poulet Halal”.

Après le dépôt de bilan, dont 120 salariés avaient fait les frais et qui s'étaient retrouvés sans réelles perspectives dans leur bassin d'emploi, nous espérions que la réorientation prise par les repreneurs au sein de la nouvelle entreprise Tilly Sabco Bretagne allait constituer l'amorce d'un virage dans le sens que nous préconisions, à savoir d'une part vers une production non exclusivement axée sur le poulet congelé export, et une orientation de la production dans le sens de la qualité et de la diversification.

Or, à ce jour, à moins de deux mois de la clôture du premier bilan de la SAS Tilly Sabco Bretagne, nous sommes obligés de constater qu'il n'en est rien, que les engagements pris par la direction, dans son ensemble, n'ont pas été respectés, et que nous ne voyons se dessiner aucune perspective sérieuse de réorientation de l'activité,

Notre préoccupation est donc vive face à cette situation, que nous estimons grave de conséquences, en premier lieu pour les salariés de l'entreprise Tilly Sabco Bretagne eux-mêmes dont l'emploi n'est pas garanti, mais aussi pour le secteur de l'agroalimentaires, ou de ce qu'il en reste, et bien entendu pour toute la vie économique et sociale de Guerlesquin et, au-delà, de la région.

Pour ces raisons, en votre qualité d'actionnaire public dans cette entreprise et sachant qu'il en va de l'intérêt général, nous vous saurions gré, d'une part de nous éclairer publiquement sur la situation exacte et les difficultés éventuelles rencontrées par l'entreprise, d'autre part de nous indiquer les dispositions concrètes que vous comptez prendre pour réaliser les investissements promis et redémarrer l'activité dans la direction qui était projetée.

Dans cette attente, au nom de la section de Morlaix du PCF, je vous prie d'agréer, Monsieur le président, l'assurance de ma considération distinguée

Daniel RAVASIO

Secrétaire section PCF Morlaix

Et d’autre part à alerter l'exécutif de Morlaix-communauté par l'intermédiaire d'Ismaël Dupont lors d’un conseil communautaire le 16 novembre:

Question orale sur la situation à Tilly Sabco - présentée par Ismaël Dupont *

Le 16 juin 2014, lors de la reprise de l’entreprise Tilly Sabco par la nouvelle SAS Tilly Babco Bretagne, suite à la décision du tribunal de retenir l'offre MS Foods/Breizh Algae/CCI Morlaix, Morlaix-communauté avait pris la décision d’apporter sa caution à cette reprise sous la forme d'une garantie de 500 000€ pour la CCI de Morlaix, à l'époque actionnaire minoritaire avec 2 millions d'euros engagés dans un plan de reprise et de restructuration de Tilly Sabco, en cas de défaillance.

Le projet de reprise comportait plusieurs volets, notamment celui de la mise en place du “poulet sans antibiotique grâce aux algues”,ainsi que celui du “poulet Halal”.

Dans ce cadre la nouvelle direction de Tilly Sabco Bretagne, avait assuré à l'époque que le programme d'investissements pour la réorientation de l'activité de l'entreprise serait réalisé pour le mois de juillet 2015.

Après le dépôt de bilan, dont 120 salariés avaient fait les frais et qui s'étaient retrouvés sans réelles perspectives dans leur bassin d'emploi, nous espérions que la réorientation prise par les repreneurs au sein de la nouvelle entreprise Tilly Sabco Bretagne allait constituer l'amorce d'un virage dans le sens que nous préconisions, à savoir d'une part vers une production non exclusivement axée sur le poulet congelé export, et une orientation de la production dans le sens de la qualité et de la diversification.

Or, à ce jour, à moins de deux mois de la clôture du premier bilan de la SAS Tilly Sabco Bretagne, force est de constater que les engagements pris par la direction, dans son ensemble, n'ont pas été respectés, que les investissements promis n’ont pas été réalisés, et que l’on ne voit se dessiner aucune perspective sérieuse de réorientation de l'activité.

Notre préoccupation est donc très vive face à cette situation, qui est grave de conséquences, en premier lieu pour les salariés de l'entreprise Tilly Sabco Bretagne eux-mêmes dont l'emploi n'est pas garanti, mais aussi pour le secteur de l'agroalimentaire, ou de ce qu'il en reste, et bien entendu pour toute la vie économique et sociale de Guerlesquin , de Morlaix communauté, du département et de la région Bretagne dans son ensemble.

Pour ces raisons, je vous saurais gré, Monsieur le président, d’apporter votre éclairage sur la situation exacte et les difficultés éventuelles rencontrées par l'entreprise, et indiquer les dispositions concrètes que vous comptez prendre, dans le cadre de vos prérogatives, pour favoriser la réalisation des investissements promis et le démarrage de l'activité dans la direction qui était projetée.

Les uns et les autres s’étaient voulus rassurants (cf compte rendu du Conseil Communautaire en question Interventions au Conseil Communautaire à Morlaix du 16 novembre 2015, par Ismaël Dupont, conseiller communautaire du Front de Gauche) , mais en fait rien de sérieux n’a été entrepris depuis, ce que l’on craignait.

La seule chose qui a été faite c’est de virer Ballusson (Sté Olmix), et le rachat de ses parts par la CCI ( 1 000 000 € semble-t-il).

Depuis, l’autre actionnaire (l’anglais Mohammed Idriss) était resté aux abonnés absents. Il aurait fallu aller le chercher en Angleterre paraît-il.

Les 200 salariés travaillent un jour par semaine en moyenne (2 jours certains), pour produire un peu de poulet frais (halal) et un peu de saucisses.

Le reste du temps il sont en formation ou en chômage partiel, et donc payés par les régimes sociaux et non par la boîte.

Il y a un comité d’entreprise cet après-midi, suivi d’une information du personnel.

La continuité de l’entreprise et en jeu. Les salariés n’en peuvent plus.

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 07:58
Ouest-France Morlaix, 28 avril: Mobilisation générale pour le retrait pur et simple de la loi El Khomri!
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 07:02
Palestine: la police israélienne maltraite les enfants detenus (Human Rights watch, mercredi 27 avril 2016)
lu sur le site national de l'AFPS: http://www.france-palestine.org/

Palestine : la police israélienne maltraite les enfants détenus

Avec les arrestations montant en flèche, l’inquiétude augmente.

Human Rights Watch, mercredi 27 avril 2016

Jérusalem – Les forces de sécurité israéliennes maltraitent les enfants palestiniens détenus en Cisjordanie. Le nombre des enfants palestiniens arrêtés par les forces israéliennes a plus que doublé depuis octobre 2015.

Les interviews des enfants qui ont été détenus, les films video, et les rapports des avocats révèlent que les forces de sécurité israéliennes utilisent une force inutile pour arrêter et détenir les enfants, les battant dans certains cas, et les maintenant dans des conditions peu sûres et abusives.

“Les enfants palestiniens sont traités avec des manières qui terrifieraient et traumatiseraient un adulte,” a déclaré Sari Bashi, directeur de la région Israël et Palestine. “Les cris, les menaces, et les coups ne sont pas la façon pour la police de traiter un enfant ou d’obtenir de lui des renseignements exacts.”

Les avocats et les groupes de défense des droits de l’homme ont déclaré à Human Rights Watch que les forces de sécurité israéliennes interrogent couramment les enfants sans la présence d’un parent, en violation du droit international et du droit local israélien qui prévoient des garanties particulières pour les enfants. Ces garanties comprennent les obligations de n’arrêter ou de ne détenir un enfant qu’en dernier recours et de prendre la précaution de s’assurer que les enfants ne sont pas forcés de s’avouer coupables. La Convention des Droits de l’Enfant exige des forces de sécurité de faire de l’intérêt supérieur de l’enfant une préoccupation principale dans tous les aspects du système judiciaire des mineurs.

En juillet 2015, Human Rights Watch a étudié six cas de maltraitance d’enfants que les forces de sécurité israéliennes avaient détenus à Jérusalem-Est et dans d’autres parties de la Cisjordanie sous occupation israélienne. Dans leur réponse, la police et l’armée israélienne ont nié que les mauvais traitements aient eu lieu et ont déclaré à Human Rights Watch que leurs forces mènent les arrestations et la détention conformément au droit.

Depuis lors, Human Rights Watch a étudié trois nouveaux cas de violences physiques à l’égard d’enfants en détention et des pratiques d’interrogatoire qui sont une violation de ces normes. Des avocats de défense pénale rapportent que de tels mauvais traitements sont endémiques. Le manque de respect des normes et protections internationales en vertu du droit israélien concernant les enfants détenus est particulièrement préoccupant étant donné la forte augmentation du nombre d’enfants arrêtés au cours des violences récentes impliquant des enfants.

Depuis octobre, les manifestations en Cisjordanie et à Gaza ont augmenté, comme l’usage de tirs à balles réelles par les forces israéliennes contre les manifestants. Il y a eu aussi une vague d’attaques ou de tentatives d’attaques au couteau par des Palestiniens contre des civils israéliens et les forces de sécurité d’Israël à la fois en Cisjordanie et en Israël. Au 29 février 2016, 172 Palestiniens and 24 Israéliens avaient été tués, selon le Bureau des Affaires Humanitaires des Nations Unies. Sur les 21 Palestiniens suspectés d’avoir perpétré des attaques et tués en 2016, neuf étaient des enfants, selon l’ONU.

Human Rights Watch a interviewé trois Palestiniens, âgés de 14, 15, et 16 ans dont deux avait été arrêtés à Jérusalem-Est et le troisième dans la ville d’Hébron en Cisjordanie, en octobre et en novembre 2015. Chacun a rapporté avoir été soumis à une violence inutile pendant l’arrestation ou la détention, ou les deux. Human Rights Watch a aussi interviewé des témoins de toutes ces trois arrestations et a visionné une video prise par une caméra de sécurité dans laquelle l’on peut voir des policiers faisant usage de ce qui apparaît comme étant une violence inutile pour arrêter le garçon âgé de 15 ans. Human Rights Watch a aussi interviewé des avocats de défense pénale travaillant à Jérusalem-Est, a soumis une liste de questions au ministre de la police israélienne par l’intermédiaire d’un député à la Knesset (parlement) et présenté des questions au bureau du porte-parole de l’armée israélienne et à la police israélienne.

Dans deux des trois cas la police a interrogé les enfants sans la présence d’un parent ou d’un tuteur ; dans le troisième, un parent ne pouvait être présent qu’après que l’interrogatoire a commencé. Les trois enfants ont tous rapporté que les policiers les avaient frappés et leur avaient donné des coups de pied après qu’ils ont été placés en détention. Ils ont déclaré qu’on leur a fait passer des heures, dans le complexe de la police, à l’extérieur dans le froid au petit matin et de nuit, menottés sur des chaises.

Une video d’une caméra de sécurité d’un magasin donnant des renseignements sur l’arrestation de l’un des enfants, Fayez B., 15 ans, semble montrer au moins sept policiers, munis d’un équipement anti-émeutes, prenant part à l’arrestation, y compris en frappant et en traînant le garçon d’un poids de 53 kilos et en lui appliquant une prise d’étranglement. “Cela a été une nuit terrifiante,” a dit Fayez à Human Rights Watch. Le père du garçon est arrivé pendant l’arrestation et il a déclaré qu’un policier lui a donné un coup de poing au visage quand il a demandé ce qui se passait.

Selon l’association de défense des droits des enfants palestiniens DCI-Palestine et l’association israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem, qui s’appuient sur les informations émanant du Service des Prisons Israélien, le nombre des enfants palestiniens arrêtés en Cisjordanie depuis octobre, où les violences se sont accrues, a augmenté de 150 % en comparaison du nombre d’il y a un an. En plus des attaques de civils israéliens et des forces de sécurité d’Israël par des enfants palestiniens, les cas d’enfants palestiniens jetant des pierres sur des véhicules israéliens ont augmenté.

En réponse aux allégations de mauvais traitements dans l’arrestation de l’un des garçons, Ahmed A., le District d’Hebron des forces de police israéliennes a envoyé une réponse écrite aux questions de Human Rights Watch. Elle a déclaré que l’interrogatoire d’Ahmed a été mené conformément au droit mais elle n’a pas spécifiquement abordé les allégations selon lesquelles les policiers l’ont physiquement maltraité. Le ministre doit encore répondre à une enquête parlementaire présentée en février 2016, demandant des renseignements d’ordre général sur le traitement des enfants palestiniens en détention. Le bureau du chef de la police a décliné une demande de rencontre de Human Rights Watch afin de répondre aux préoccupations.

Human Rights Watch ne demandait pas de réponse sur le cas des deux autres garçons, pour les protéger eux et leur famille. Il refuse de communiquer les noms de famille des enfants pour protéger leur vie privée.

“Le nombre croissant d’attaques par des enfants palestiniens est inquiétant” a déclaré Bashi. « Mais les forces de sécurité doivent se conformer au droit et traiter les enfants détenus avec l’humanité et la dignité que tous les enfants méritent.”

Fayez B., âgé de 15 ans

Fayez a été arrêté à l’extérieur d’un magasin à Jérusalem-Est, où il travaillait occasionnellement, dans l’après-midi du 7 octobre. Il a déclaré à Human Rights Watch que les policiers israéliens se sont approchés de lui et lui ont demandé s’il possédait un couteau, et que l’un d’eux a mis la main dans la poche du garçon tandis que l’autre le poussait. Ayez a dit qu’il a repoussé le policier et qu’il est ensuite entré dans le magasin, où il travaillait, pour donner son portable au propriétaire du magasin, en prévoyant qu’il allait être arrêté.

Les policiers l’ont suivi, a-t-il déclaré, et se sont mis à le frapper, jusqu’à ce qu’il tombe par terre. Alors qu’il était étendu là, a-t-il dit, les policiers lui ont donné des coups de pied entre les jambes et lui ont tapé la tête contre le sol, puis l’ont tiré pour le remettre debout tout en le giflant et en le menottant. Le propriétaire du magasin, Mohammed al-Shwaiki, qui était là, a confirmé les dires et a déclaré qu’un officier de police l’avait aussi frappé, à la tête et au genou.

Une video provenant de la camera de sécurité du magasin, que al-Shwaiki a transmis aux medias peu de temps après l’arrestation montre Fayez entrant dans le magasin et un policier, vêtu d’une tenue anti-émeute, en train de l’agripper. Le garçon se dégage et va derrière le comptoir du magasin, l’on voit alors le policier en train de le pousser et le faire tomber par terre. Lui et le policier restent hors champ pendant 13 secondes. Puis l’on peut voir le policier en train de l’agripper et de le mettre debout, le giflant et l’emmenant vers l’entrée du magasin. E l’on peut voir au moins six policiers supplémentaires, portant tous des casques et des gilets pare-balle en train de prendre part à l’arrestation. Bien que Fayez semble être maitrisé, l’un des policiers semble frapper le garçon alors qu’il est debout, et l’on peut en voir un autre lui faisant brièvement une prise d’étranglement. Fayez pèse 53 kilos et mesure 1,65 m.

Fayez a déclaré qu’il a alors été menotté et est allé à pied vers le quartier d’Abu Tor, où habitent en même temps des Palestiniens et des Juifs israéliens. Il a déclaré que les policiers continuaient à le frapper et à lui donner des coups de pied. Après qu’ils sont entrés à pied dans le quartier par un portail, a déclaré Fayez, les policiers l’ont jeté par terre. Six ou sept policiers lui ont alors donné des coups de pied aux jambes, au dos et à la tête, tandis que les spectateurs lui criaient dessus en hébreu et lançaient des grossièretés en arabe au sujet de sa mère et de sa soeur.

Fayez a déclaré que la police l’a mis dans une grande jeep avec 11 policiers et l’a conduit au commissariat de police d’Oz police. Il a d’abord été assis sur le siège arrière, mais les policiers l’ont ensuite placé sur le plancher. Alors plusieurs policiers lui ont donné des coups de pied, et l’un d’eux l’a frappé du poing à la tête. Un autre policier a versé de l’eau sur le dos de Fayez, a-t-il déclaré.

Le père de Fayez, Fawaz B., est arrivé au magasin vers 16 h, alors que son fils était emmené. Il a déclaré que lorsqu’il a demandé aux policiers ce qui se passait, l’un d’entre eux l’a pris par la chemise et l’a frappé du poing au visage. Il a déclaré qu’il a poussé le policier, et que d’autres policiers l’ont alors poussé à l’écart et l’ont menacé de lui tirer dessus s’il ne partait pas.

Fawaz a déclaré qu’il a suivi les policiers vers le quartier d’Abu Tor. Il a observé environ 25 spectateurs – des hommes, des femmes, et des enfants – se groupant autour des policiers et criant alors que les policiers battaient son fils. Fawaz a déclaré qu’il hurlait aux policiers d’arrêter et qu’il les a vus ensuite en train de mettre son fils dans la jeep. Il est allé en voiture au commissariat d’Oz, a-t-il déclaré, où les policiers lui avaient dit qu’ils emmenaient son fils, mais quand il y est arrivé, les responsables de la police lui ont dit que son fils était dans un autre bâtiment de la police, à la Rue Salah al Din. Fawaz a déclaré que lorsqu’il est arrivé là-bas, les policiers lui ont dit d’aller à un troisième bâtiment, connu sous le nom de Complexe Russe. Au Complexe Russe, on lui a dit que son fils était bien sûr au commissariat d’Oz.

“Ils ont fait tout ceci de façon à ce que je rate le premier interrogatoire,” a dit Fawaz.

Fawaz a déclaré qu’il est retourné à Oz et a demandé à nouveau d’être présent à l’interrogatoire de son fils. Il a dit qu’on l’a fait attendre une autre heure, jusqu’à 22 h, où des policiers l’ont autorisé à entrer dans la pièce où avait lieu l’interrogatoire de son fils. Fawaz a déclaré que son fils avait des menottes aux mains et aux pieds et qu’il pleurait alors que les interrogateurs de la police lui criaient dessus, l’accusant d’essayer de poignarder les forces de sécurité.

“Je pouvais voir des marques sur son visage,” a déclaré Fawaz. “il était bleu, et son cou portait la marque de doigts …il était rouge et bleu. Ils lui disaient des grossièretés. Je ne pouvais pas le supporter. Je leur ai dit d’être décent à son égard, et ils m’ont aussi crié dessus.” Fawaz a déclaré que l’interrogatoire s’était terminé vers environ 23 h.

Fayez a déclaré qu’après l’interrogatoire il a été emmené dans la cour du commissariat de police et placé sur une chaise dans le froid, toujours avec des menottes aux mains et aux pieds, jusque vers 2 h du matin, où il a été emmené en jeep au Complexe Russe, qui possède une section pour la détention des jeunes. Les policiers lui ont dit que c’était plein et l’ont ramené à la jeep, où il a passé la nuit. Les policiers lui ont donné une bouteille d’eau mais pas de nourriture, a-t-il déclaré. Il a déclaré que lorsqu’il s’endormait dans la jeep, les policiers versaient de l’eau sur lui pour le réveiller.

“Cela a été une nuit épouvantable,” a-t-il déclaré.

Il a été relâché le lendemain sans inculpation, après que la video de son arrestation a été diffusée en ligne. Le propriétaire du magasin, al-Shwaiki, a déclaré que la police l’avait aussi interrogé, en lui disant que Fayez serait libéré si lui et les autres acceptaient de ne pas déposer de plainte.

Ahmed A., âgé de 16 ans

Les soldats ont arrêté Ahmed le 27 novembre vers 19 h environ, dans le jardin d’un ami, Issa Amer, près de chez lui à Hebron. Il a déclaré que les soldats lui ont bandé les yeux et mis des menottes et l’ont emmené vers un commissariat de police dans la colonie proche de Kiryat Arba, où on l’a fait asseoir dehors sur le sol jusque vers 0 h 30 du matin. Il a demandé que son père puisse venir, mais les policiers lui ont dit que ses parents ne seraient pas admis à assister à l’interrogation. Il a été autorisé à parler à son avocat par téléphone avant l’interrogatoire, qui a commencé après minuit.Iil a déclaré que les interrogateurs l’ont accusé d’avoir un couteau, ce qu’il a nié, et alors ils l’ont emmené à un complexe situé Rue Shuhada.

Une fois arrivés, a-t-il déclaré, six ou sept soldats l’ont forcé à se coucher sur le sol et ils ont commencé à le frapper et à lui donner des coups de pied.

“J’ai été frappé sur le dos et sur les jambes, avec des coups de pied et des coups à la tête,” a raconté Ahmed à Human Rights Watch. “Je ne sais pas combien de temps cela a duré, mais c’était douloureux et le temps passait lentement.”

Il a déclaré qu’il avait passé la nuit sur une chaise dans la cour, dans le froid, et n’a reçu qu’un verre d’eau et une tranche d’un dur fromage jaune. Il a été transféré le lendemain vers une installation de détention et relâché six jours après sans inculpation, après qu’un test d’ADN a échoué à établir un lien entre lui et un couteau qui avait été trouvé.

Le District des forces de police israéliennes de Cisjordanie a raconté dans sa lettre à Human Rights Watch que les forces de sécurité avaient arrêté Ahmed parce qu’il correspondait à la description d’un suspect tenant censément un couteau et fuyant les soldats. La lettre disait qu’un interrogateur spécialement formé sur les jeunes l’avait interrogé, et que les officiers avaient informé ses parents de son arrestation. La police a déclaré que le garçon n’avait pas demandé que ses parents soient présents pendant l’interrogatoire et qu’ils n’auraient pas été autorisés à entrer parce qu’il était suspecté d’un crime de « sécurité ».

La lettre n’a pas répondu aux allégations selon lesquelles les officiers de police ont battu et frappé Ahmed de coups de pied mais ont mentionné à Human Rights Watch un mécanisme de dépôt de plainte contre des“geôliers” censés avoir exercé des mauvais traitements, même si Ahmed allègue qu’il a été battu quand il était à la garde de la police, avant d’être arrivé au centre de détention. La lettre n’a pas répondu non plus à la question de savoir si un des parents du garçon avait signé un formulaire confirmant qu’ils avaient été informés de son arrestation, ainsi que le stipule la Loi sur la Jeunesse.

Suheib I., âgé de 14 ans

Un troisième garçon, Suheib I., 14 ans, a raconté à Human Rights Watch que la police l’avait arrêté le 28 octobre 2015, à 4 h du matin, chez lui dans le quartier de Thowri à Jérusalem-Est. Sa mère a confirmé l’heure et la date. Les policiers l’ont placé sur le plancher d’un véhicule de police. Suheib, qui mesure 1,61 m et pèse 50 kilos, a déclaré que les policiers l’ont frappé sur la tête et l’ont insulté, alors qu’il roulaient vers le commissariat de police d’Oz. Il a déclaré qu’on l’a fait asseoir sur une chaise, bras et jambes liés, à l’extérieur d’une des caravanes du complexe policier, d’environ 5 h du matin à midi. Puis les interrogateurs l’ont fait rentrer et ont commencé à lui poser des questions sur son implication présumée dans le lancement de bouteilles sur le forces de sécurité.

Ses parents n’étaient pas présents. Suheib a déclaré que les policiers l’ont insulté et ont menacé d’annuler l’autorisation de résidence de ses parents à Jérusalem-Est. Il a déclaré que les policiers lui ont dit de signer des papiers rédigés en hébreu, ce qu’il a fait, bien qu’il ne puisse pas lire l’hébreu. Il a demandé aux enquêteurs quel était le contenu de sa déclaration et on lui a dit que c’était un rapport déclarant qu’il n’avait pas été battu. Il a été détenu dans divers centres de détention jusqu’au 22 novembre, où, selon les transcriptions du tribunal qui ont été examinées par Human Rights Watch, il a été relâché et mis en résidence surveillée après qu’un juge du Tribunal de District pour la Jeunesse de Jérusalem a reçu la déposition d’un travailleur social municipal selon lequel le garçon "souffrait" en détention.

Les documents du tribunal disent qu’un sergent chef de la police, Fadi Madah, a déclaré au Tribunal pour la Jeunesse de Jérusalem, qu’un juge a émis un mandat d’arrêt pour Suheib le 26 octobre. Aucune explication n’ a été donnée sur la raison pour laquelle les policiers ont appliqué le mandat à 4 h du matin, deux jours après qu’il a été émis. Madah a confirmé aussi dans son témoignage qu’un commandant de la police a autorisé le refus au garçon du droit de présence de ses parents pendant son interrogatoire, en disant que le crime dont il était accusé – d’avoir jeté une bouteille sur des voitures conduites par des automobilistes juifs– justifiait la décision.

Obligations juridiques pour les interrogatoires

L’article 14 de la Convention Internationale sur les Droits Civils et Politiques, qu’Israël a ratifiée en 1991, exige que les procédures judiciaires prennent en compte l’âge des enfants défendeurs. La Convention sur les Droits de l’Enfant, qu’Israël a aussi ratifiée en 1991, donne des précisions sur cette exigence et s’adresse aux états pour assurer que les enfants ne soient “pas forcés… à s’avouer coupables”. Le comité responsable de l’interprétation de la convention a déclaré que ceci comprend le droit de demander la présence d’un parent pendant l’interrogatoire et d’éviter des pratiques d’interrogatoire qui, étant donné l’âge de l’enfant et son développement, pourraient amener ou forcer l’enfant à se reconnaître coupable.

Le comité déclare que le terme “forcé” doit être interprété de façon large et ne doit pas être limité à la force physique ou à d’autres violations évidentes des droits de l‘homme. L’âge de l’enfant, le développement de l’enfant, la longueur de l’interrogatoire, le manque de compréhension de l’enfant, la peur de conséquences inconnues ou de la possibilité suggérée de l’emprisonnement peuvent le conduire à des aveux qui ne soient pas véritables. Le comité a aussi appelé Israël à ouvrir une enquête indépendante sur tous les cas allégués de torture ou de mauvais traitements d’enfants palestiniens, compte tenu des rapports selon lesquels les forces de sécurité “(les) soumettent systématiquement à des violences physiques et verbales.”

L’UNICEF a rapporté que dans 168 des 208 déclarations sous serment d’enfants palestiniens collectées en 2013 et 2014, les enfants disent qu’ils n’ont pas été informés de leurs droits à la présence d’un avocat ou à rester silencieux pendant l’interrogatoire. Les enfants ont dit dans 171 cas qu’ils avaient été “soumis à des violences physiques”.

La Loi sur la Jeunesse applicable en Israël et les ordres militaires applicables en Cisjordanie exigent tous que la police informe les parents de l’arrestation de leur enfant et autorise l’enfant à consulter un avocat avant l’interrogatoire. La Loi sur la Jeunesse donne le droit aux enfants de bénéficier de la présence d’un parent pendant leur interrogatoire, sauf dans les cas d’allégations « d’atteintes à la sécurité.” La loi sur la Jeunesse exige aussi que les autorités mènent les interrogatoires pendant le jour, mènent les procédures dans une langue que l’enfant comprend, et prennent en considération le bien-être de l’enfant quand ils déterminent si l’arrestation est absolument nécessaire. Bien que la Loi sur la Jeunesse ne s’applique pas formellement à la Cisjordanie, sauf Jérusalem-Est, l’armée israélienne a dit à Human Rights Watch qu’elle applique les dispositions de la Loi sur la Jeunesse, y compris le droit à la présence d’un parent pendant l’interrogatoire, pour l’application du droit en Cisjordanie.

Comme le nombre d’arrestations d’enfants a augmenté au milieu de l’escalade de la violence ces derniers mois, de même il y a eu une augmentation du nombre de cas dans lesquels les normes internationales protégeant les enfants sont violées, ont rapporté les organisations israéliennes et palestiniennes de défense des droits de l’homme. Mohammed Mahmoud, avocat auprès de l’organisation Addameer (= Conscience) de soutien aux prisonniers palestiniens, a représenté dans les quelques derniers mois des centaines d’enfants, dont la plupart avaient été arrêtés pour avoir jeté des pierres sur les colons et sur les forces de sécurité. Il a déclaré à Human Rights Watch :

"Le principal problème dans le système juridique israélien pour s’occuper des enfants est qu’un officier de police peut émettre un ordre aux interrogateurs leur permettant de ne pas autoriser les parents d’un enfant à être présent pendant son interrogatoire. Cet ordre, autant que nous sachions, n’est utilisé contre les enfants palestiniens que dans les cas politiques, et il donne impunément aux interrogateurs la liberté de harceler, de crier, de menacer les enfants et de les amener à avouer des crimes qu’ils n’ont pas commis."

Bien que la négation du droit à la présence d’un parent pendant un interrogatoire soit supposée être exceptionnelle, une telle pratique menace de devenir la règle pour les enfants palestiniens, pour lesquels des actes comme celui de jeter des pierres sont définis comme des crimes contre la sécurité. Selon une étude de 2015 par Military Court Watch (l’Observatoire des Tribunaux Militaires), une organisation non-gouvernementale, seulement 3 % des enfants palestiniens arrêtés en Cisjordanie ont rapporté que leurs parents étaient présents tout au long de leur interrogatoire par les forces de sécurité.

En novembre 2015, la Knesset israélienne a adopté une loi qui autorise des peines plus longues d’emprisonnement pour des enfants jugés coupables d’avoir jeté des pierres et qui autorise le gouvernement à suspendre le paiement des aides sociales à leur famille pendant que les enfants purgent leur peine.

Traduit de l’anglais par Y. Jardin, membre du GT de l’AFPS sur les prisonniers

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 06:47

Traités de libre-échange : un référendum sinon rien !

MARDI, 26 AVRIL, 2016

HUMANITE.FR

Communiqué des députés Front de gauche

Depuis octobre dernier, les négociations sur le partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TAFTA) se sont accélérées entre la Commission européenne et les Etats-Unis, avec pour objectif de conclure un accord avant la fin de l’année 2016 et le terme du mandat de Barack Obama.

Alors que le 13ème cycle de négociation vient de débuter, le débat public est toujours inexistant. Les enjeux sont pourtant fondamentaux. Nous avions d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme dès le début des négociations et malheureusement, nos craintes se sont avérées justifiées. Après avoir défendu une proposition de résolution en mai 2014, rejetée par la majorité, les députés du Front de gauche ont demandé que les traités de libre-échange soient à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale ce mercredi 27 avril.

Le cadre foncièrement anti-démocratique des négociations, le manque de transparence de la Commission européenne et du Gouvernement français qui tiennent à l’écart les citoyens sont intolérables. Pour leur part, les lobbies des multinationales sont invités à la table des négociations…

La société civile rejette massivement ce traité du moins disant social, sanitaire et environnemental. En témoigne le nombre de signataires d’une pétition, qui a réuni plus de 3,4 millions de citoyens européens.

Face à la contestation grandissante, le gouvernement s’est déclaré hostile aux points les plus contestés du traité. Pourtant, il a signé le CETA (partenariat commercial UE-Canada), qui contient les dispositions les plus contestées du TAFTA. Nous ne sommes pas dupes de la manoeuvre.

La lutte anti-TAFTA - CETA doit continuer ! Nous réclamons l’organisation d’un référendum sur la participation de notre pays aux traités transatlantiques, pour que la démocratie ne soit pas bafouée et que le peuple puisse décider de son avenir.

Traités de libre échange: un référendum sinon rien! Communiqué des députés du Front de Gauche
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