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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 19:47
Photos du rassemblement du Mouvement de la Paix au port du Fret le 8 octobre pour accueillir une délégation japonaise contre l'arme atomique devant l'île Longue et ses sous-marins nucléaires
Photos du rassemblement du Mouvement de la Paix au port du Fret le 8 octobre pour accueillir une délégation japonaise contre l'arme atomique devant l'île Longue et ses sous-marins nucléaires
Photos du rassemblement du Mouvement de la Paix au port du Fret le 8 octobre pour accueillir une délégation japonaise contre l'arme atomique devant l'île Longue et ses sous-marins nucléaires

Ce fut un moment de fraternité, de solennité et d'émotion intense: deux survivants de la bombe de Hiroshima, qui avaient respectivement 3 et 5 ans quand la bombe a été jetée par les Américains sur la ville martyre, et dont la plupart des proches et voisins ont disparu sur le coup ou quelques années après dans d'atroces souffrances, ont témoigné de leur calvaire et de la nécessité de délivrer le monde de la menace mortelle des armes nucléaires pour éviter de nouveaux crimes contre l'Humanité.

Composant la délégation de japonais engagée sur un tour d'Europe et prise en charge en France par le Mouvement de la Paix, qui découvrait à la pointe ouest de la Bretagne sans doute le lieu le plus nucléarisé d'Europe, l'Ile Longue, avant de rejoindre Londres, et l'autre puissance nucléaire européenne, il y avait aussi la co-présidente du deuxième syndicat japonais, des activistes pacifistes qui ont réussi à interdire le port de Kobé aux sous-marins nucléaires américains il y a quelques années et ont gagné les élections municipales sur ce projet de société de paix et de respect humain, et des responsables de l'équivalent du Mouvement de la Paix au Japon.

Les japonais sont arrivés entre 11h et 11h30 sur le Port du Fret et nous les avons accueilli chaleureusement, eux aussi nous témoignant de leur satisfaction d'être bien entourée par des militants pacifistes finistériens et bretons.

Avant et après l'intervention des six camarades japonais, Roland Nivet est intervenu pour le Mouvement de la Paix, Roland de Penanros pour l'Université Européenne pour la Paix et Xavier Compain, tête de liste du Front de Gauche pour les Régionales, a clôturé les brefs discours précédant la marche vers l'île Longue et la conférence de presse du début d'après-midi à Quimper en rappelant l'engagement du Front de Gauche, la gauche populaire, sociale, écologique et coopérative, à mettre dans cette campagne des Régionales la nécessité d'en finir avec le programme de remplacement des sous-marins et des missiles nucléaires (4 milliards d'euros pour des missiles M 51 pouvant projeter à 8000 kilomètres 6 à 8 bombes atomiques de 100 fois la puissance de la bombe ayant explosé à Hiroshima), à mettre en balance les dépenses d'armement qui progressent sans cesse et les budgets sociaux ou des services publics que l'on asphyxie, à développer, car l'accaparement des ressources et des richesses produite par le capitalisme et l'impérialisme néo-colonial est bien souvent à l'origine des guerres, une coopération décentralisée appuyée sur les collectivités locales et à débloquer 2 milliards d'euros pour ces mêmes collectivités, c'est la proposition du PCF, pour accueillir les réfugiés fuyant la guerre dignement avec un dispositif d'insertion efficace. Xavier a redit que la dissuasion par l'arme nucléaire ne fonctionnait plus aujourd'hui et n'était plus une réponse stratégique et surtout un garde-fou.

Auparavant, Xavier Compain, accompagné par Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère, et Christian Beaumanoir, secrétaire de la section communiste de Crozon, a répondu aux questions du correspondant du Télégramme. Alors que le mouvement de la paix avait fait connaître assez largement cette initiative d'ampleur, seul visiblement la tête de liste aux Régionales du Front de Gauche, fidèle à notre tradition internationaliste et pacifiste, était présents au Fret pour rappeler la nécessité de mettre en oeuvre les traités d'élimination progressive des armes nucléaires qu'on a ratifiés et de promouvoir des logiques de paix et de développement plus que de guerre et de prédation.

Ce matin, nous avons aussi retrouvé Noëlle Péoc'h, présente au titre du Mouvement de la Paix, future candidate sur la liste finistérienne du Front de Gauche aux Régionales. Et des militants communistes rennais et finistériens: Dominique Gontier, Macha et Antoine Fernandez.

Il faut rappeler que Pierre Laurent s'est rendu à Hiroshima en juin à l'occasion du triste soixante-dixième anniversaire de la bombe de Hiroshima et Nagasaki pour rencontrer son maire et des survivants de la bombe atomique américaine, ainsi que le Parti Communiste japonais et des syndicalistes et militants de la Paix.

Photos du rassemblement du Mouvement de la Paix au port du Fret le 8 octobre pour accueillir une délégation japonaise contre l'arme atomique devant l'île Longue et ses sous-marins nucléaires
Photos du rassemblement du Mouvement de la Paix au port du Fret le 8 octobre pour accueillir une délégation japonaise contre l'arme atomique devant l'île Longue et ses sous-marins nucléaires
Photos du rassemblement du Mouvement de la Paix au port du Fret le 8 octobre pour accueillir une délégation japonaise contre l'arme atomique devant l'île Longue et ses sous-marins nucléaires
Ismaël Dupont avec la tête de file du syndicat japonais militant contre l'arme nucléaire

Ismaël Dupont avec la tête de file du syndicat japonais militant contre l'arme nucléaire

Christian Beaumanoir (secrétaire de section de Crozon) et Xavier Compain (PCF, tête de liste du Front de Gauche)

Christian Beaumanoir (secrétaire de section de Crozon) et Xavier Compain (PCF, tête de liste du Front de Gauche)

Noëlle Péoc'h et Xavier Compain

Noëlle Péoc'h et Xavier Compain

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 19:26
Philippe Jumeau devant au centre, Xavier Compain à gauche, Catherine Quéric à droite

Philippe Jumeau devant au centre, Xavier Compain à gauche, Catherine Quéric à droite

Élections régionales. Le Front de gauche du Morbihan lance sa campagne
( lien http://www.ouest-france.fr/elections-regionales-le-front-de-gauche-du-morbihan-lance-sa-campagne-3749590?)

Le communiste Philippe Jumeau mènera la liste front de gauche dans le Morbihan. Quatre autre noms ont été annoncés, ce jeudi, à Lorient.

Le front de gauche du Morbihan a lancé sa campagne pour les élections régionales, avec une action "banque propre", à Lorient, ce jeudi.

Plusieurs militants se sont rassemblés devant la Société générale, où ils ont nettoyé les carreaux symboliquement, pour dénoncer "les dérives bancaires" et "l'évasion fiscale".

Cinq sur vingt et un

Le front de gauche a ensuite annoncé les noms de cinq de ses 21 candidats dans le Morbihan.

Philippe Jumeau, secrétaire de la section du parti communiste français (PCF) de Lanester, mène la liste.

Derrière lui ? Les positions n'ont manifestement pas encore été établies. Viennent, dans le désordre : Marie-Madeleine Doré-Lucas, conseillère municipale d’opposition à Pontivy et membre d’Ensemble ; Catherine Quéric, membre du PCF de Lorient ; Roland Le Sauce, conseiller municipal d’opposition PCF à Auray et président de l’association des élus communistes et républicains du département ; et Alain Barbier, secrétaire du parti de gauche du Morbihan.

Sans Europe écologie les Verts

D'autres noms devraient être divulgués fin octobre.

"Il n'y a pas de Verts sur la liste, malheureusement ai-je envie de dire", précise Philippe Jumeau.

"Par ailleurs, on a encore des discussions avec la nouvelle gauche socialiste et avec Nouvelle donne."

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 07:33
Ensemble des photos: Pierre-Yvon Boisnard

Ensemble des photos: Pierre-Yvon Boisnard

Lors du Conseil Communautaire du lundi 5 octobre 2015, je suis intervenu sur plusieurs sujets:

1- La précarité à Morlaix et Morlaix-Communauté:

- Par rapport à l'attribution d'une subvention de 11 343€ dans le cadre du DAVE (dispositif d'accompagnement vers l'emploi) concernant au maximum 200 personnes se traduisant par un travail autour de l'insertion professionnelle, j'ai regretté que Pôle Emploi se désengage de ce dispositif d'insertion en laissant les collectivités locales seules en première ligne. L'Etat se désengage de ses responsabilités en termes de lutte contre le chômage de masse: malgré le sérieux et la bonne volonté de ses agents, les premières victimes de la politique de restructuration des missions de l'ANPE et de pression sur les effectifs et les pratiques en période de forte augmentation des besoins, Pôle Emploi est de plus en plus là pour collectionner les annonces d'emploi, dont beaucoup sont bidons, faire du chiffre et contrôler, radier les chômeurs. Travailler sur le fond avec les chômeurs pour leur faciliter l'accès à l'emploi devrait aussi faire partie de ses missions. Aujourd'hui, du fait de ce désengagement de Pôle emploi par rapport au DAVE, il est à craindre que seul le public des chômeuses de longue durée soit suivi pour l'insertion professionnelle par le CIDFF (Centre d'Information pour le Droits des Femmes et des Familles) et non les hommes. J'ai posé la question du soutien dont pourrait ou non bénéficier les hommes en situation comparable, mais je n'ai pas eu de réponse.

- L'attribution d'une subvention au Foyer des Jeunes Travailleurs de Morlaix confirme les difficultés sociales qui s'accumulent pour le territoire et la précarisation de la population morlaisienne, des jeunes notamment. 28% des jeunes accueillis en FJT sont demandeurs d'emploi en 2014 contre 18% en 2013. Le FJT a accueilli 181 personnes de 16 à 30 ans en 2014, dont 40% originaires du territoire de Morlaix Communauté. Le financement du FJT passe par Morlaix, l'Etat (15000€), le département (76648€), la CAF (56000€), Morlaix-Communauté (15000€).

- Morlaix-Communauté a aussi versé une subvention de 15000€ pour l'année 2015 aux Restaurants du Coeur. Cela correspond à une partie du coût de la location des locaux route de Paris à Plouigneau dont le coût annuel s'élève à 17540€ de loyers et 2000€ de charges, sachant que beaucoup de collectivités prennent en charge directement les locaux des restaurants du cœur en les leur mettant à disposition. La subvention est constante alors que les besoins augmentent.

En 2014, les Restaurants du coeur du centre de Morlaix ont distribué:

- 44436 repas auprès de 372 ménages au cours de la campagne d'hiver 2014-2015

- 25 293 repas au cours de l'été 2014

Les bénéficiaires se répartissent de la façon suivante:

- personnes seules: 40%

- familles de 2 à 3 personnes: 40%

- familles de 4 à 6 personnes: 20%

Les restaurants du cœur assurent leur fonctionnement grâce à 75 bénévoles

A signaler que par rapport au bilan du Plan Local de l'Habitat 2014 concernant les aides à la rénovation et l'isolation thermique du logement de type social, public et privé, la droite morlaisienne par l'intermédiaire de Marlène Tilly, adjointe au logement et à l'urbanisme, est intervenue pour que l'enveloppe puissent servir à la rénovation d'autres logements que des logements sociaux, à la redynamisation des centre-villes et centre-bourgs. "L'habitat, a t-elle dit, ce n'est pas que le logement social". Il lui a été répondu que 80% de la population de Morlaix Communauté pouvait prétendre accéder aux aides à la rénovation et au parc social: le plafond est de 2,5 x le SMIC avec 2 enfants. A signaler que le financement de la rénovation thermique par le biais d'un investissement de l'Etat et du fond FART (fond d'aide à la rénovation thermique) est un dispositif qui, austérité tout azimut oblige, va être mis en veilleuse à la fin de l'année. A nouveau, c'est l'écologie et le social qui trinque avec cette politique de baisse des dépenses publics à marche forcée pour pouvoir financer les cadeaux faits aux patronats et aux riches.

- Le rapport d'activité 2014 de Kéolis sur le réseau TIM et Flexo, dont il était donné de prendre connaissance et que j'ai lu attentivement pour ma part (il fallait la demander pour avoir sur papier la version complète), fait aussi état de marqueurs de la précarisation rapide de la population morlaisienne avec la crise qui s'accentue, symptômes de paupérisation que j'ai souligné:

Ainsi, en 2014, il y a eu 9,1% en plus d'abonnements sociaux, 8,3% d'adultes en plus ont pu bénéficier du tarif social, et 15% des enfants en plus.

Parallèlement, l'augmentation de la fraude traduit aussi cette perte de moyens de beaucoup de familles morlaisiennes, et aussi l'inadaptation du ticket d'une durée de validité limitée à 30 minutes.

- 2- Pour les services publics et l'économie sociale, contre les logiques de privatisation et de partenariat privilégié avec le capitalisme.

- Je suis aussi intervenu longuement sur le rapport d'activité Kéolis 2014 et la question du transport à Morlaix (la presse ne rend compte que d'une partie infime de l'intervention).

J'ai rappelé que l'analyse de ce rapport d'activité (que je tiens à disposition: sa version électronique est téléchargeable sur le lien suivant: urlz.fr/2rxZ) est particulièrement importante car la DSP avec Kéolis pour le transport dans le pôle urbain arrive à expiration à l'été 2017 (le contrat était de 8 ans: 2009-2017).

Normalement il était prévu d'avoir une réflexion collective de fond en Commission Environnement de Morlaix- Communauté, dont je fais partie, sur le mode de gestion et la globalité de la politique de transport (niveau de l'offre, nouvelles lignes régulières péri-urbaines ou non, navettes gratuites, politique tarifaire) au second semestre 2015, mais elle n'a pas encore commencé.

J'ai rappelé le caractère essentiel de cette réflexion pour le territoire et la nécessité qu'elle se fasse de manière la plus transparente, démocratique, ouverte possible.

J'ai dit que le Front de Gauche réclamait un retour en régie publique du transport en commun sur Morlaix-Communauté et les chiffres du bilan de Kéolis confirment cette nécessité quand on les lit attentivement.

En effet, les recettes commerciales sur le réseau Morlaix-St Martin des Champs- Plourin sont en hausse de 4,4% malgré les inondations et les travaux multiples, notamment sur la voie ferrée à hauteur du Pont Bellec suite à l'effondrement de la falaise. Cette fréquentation supplémentaire témoigne de l'importance sociale du transport en commun, surtout dans un contexte de crise et de précarisation. Le chiffre d'affaire de Kéolis est de 2,46 million d'euros mais son bénéfice annoncé n'est que de 24 553€ cette année, globalement constant dans la ligne d'écriture par rapport à 2013. Cela ne représente qu'une infime portion du chiffre d'affaire: seulement, quand on regarde les frais de siège 2014 (54 686€) et les frais de direction générale (215.607€) on peut se poser des questions sur la réalité des bénéfices annoncés et les supposer un peu plus important, les charges mutualisés fonctionnant comme aspirateur visant à les dissimuler. Il faut savoir que Kéolis gère le personnel mais que la collectivité rémunère le délégataire et achète les bus: le budget transport pour Morlaix Communauté représente environ 6 millions d'euros par an.

J'ai mis en avant, outre les vertus de la régie publique, qui permet d'éviter l'évasion d'argent public vers des actionnaires (Kéolis est un groupe mondial capitaliste où se retrouve la SNCF et la Caisse des dépôts et consignations comme actionnaire) et de gérer directement un service public dans l'intérêt général, le fait qu'il fallait une politique de transport plus ambitieuse à Morlaix: un vrai réseau de transport péri-urbain, les lignes FLEXO de transports à la demande restant encore assez peu utilisés et ne pouvant par leur nature susciter un vrai report vers le transport en commun, ce réseau de transport péri-urbain pouvant aussi augmenter le nombre de lignes et de rues desservies à Morlaix; une réflexion sérieuse sur la possibilité d'incitations tarifaires au transport en bus, avec notamment l'examen de l'hypothèse de la gratuité, au moins sur des navettes et des trajets précis, sachant que les recettes de billetterie, qui nécessitent aussi des frais de personnel (les contrôleurs), ne représentent guère que 10 à 15% des dépenses globales de transport et que la gratuité peut booster la fréquentation au-delà des publics des captifs (scolaires, personnes âgés) et encourager les actifs à préférer le bus à la voiture, ce qui passe aussi par une amélioration du réseau et de la rapidité des trajets.

Guy Pennec, vice-président chargé des transports, a répondu qu'il était très sceptique sur la gratuité pour plusieurs raisons:

- seulement 22 réseaux urbains l'ont adopté, et en général sur de petits réseaux (l'ensemble ne ferait pas plus que la taille du réseau de transport en commun d'Orléans), c'est pour lui le signe que cette solution présente plusieurs inconvénients.

- la faisabilité pratique est de moins en moins probable en raison des nouvelles contraintes législatives obligeant les collectivités à se doter de bus électriques et hybrides deux fois plus onéreux que les bus standard et du fait de l'évolution du Versement Transport (plus de 2 millions de recettes pour Morlaix Communauté), la taxe dont s'acquitte les entreprises pour favoriser la mobilité de leurs salariés, qui n'est plus exigible pour les entreprises de moins de 11 salariés (contre 9 auparavant), ce qui va créer un manque à gagner.

- sur le renouvellement de contrat en 2017, Guy Pennec a dit qu'il souhaitait une réflexion approfondie sur l'ensemble des modes de gestion, avec une assistance à maîtrise d'ouvrage sur les modes de gestion (c'est à dire, si j'ai bien compris, le recours à un nouveau bureau d'étude, en espérant que les élus ne soient pas dépossédés du travail de débat et de réflexion en amont) et Jean-Luc Fichet aussi, même si on le sent pas un farouche opposant de la DSP...

- Je suis aussi intervenu pour regretter que la subvention à la SCOP Chrysalide qui aide des porteurs de projets en situation initiale de précarité ou de chômage dans plusieurs domaines pour monter leur activité d'entrepreneurs associés en mutualisant une partie des bénéfices soit inférieure à l'attente de la SCOP (4000€ pour 5000€ demandé, la SCOP Chrysalide demandait 8000€ en 2013, sur un budget global de 394 950€). Chrysalide a un modèle économique mixte fait d'une part d'autofinancement grâce à un poucentage pris sur le chiffre d'affaire des entrepreneurs hébergés et à des prestations que la SCOP effectue vers l'extérieur, et d'autres part, de financements de l'Europe, de l'Etat, et des collectivités locales. 26 porteurs de projet sont concernés sur Morlaix, la SCOP travaillant aussi dans le pays de Brest et de Quimper. Agnès le Brun et Marlène Tilly pour la droite morlaisienne sont intervenues au contraire pour juger peu opportune cette subvention à la SCOP Chrysalide, en arguant des frais de transport et de réception ("ce genre de ligne font tâche dans le domaine économique", elles faisaient référence à 28200€ de frais de déplacement, de missions et de réceptions mais concernant non pas la seule activité morlaisienne, mais l'activité départementale) et d'un soutien public trop importants. Très sourcilleuse sur le financement public de l'économie sociale et solidaire, la droite l'est moins sur le financement public de l'agriculture productiviste, des CCI, les aides publiques aux entreprises privées conventionnelles.

- La preuve, élus UMP, mais aussi PS, EELV et autres ont voté comme un seul homme la Participation de Morlaix Communauté de 136 019€ sous la forme d'une baisse de prix du terrain et d'une compensation à la SAFI (bureau d'étude départemental dépendant du Conseil Départemental) à l'achat par le gestionnaire de l'Intermarché de Saint-Fiacre à Plourin de 20 926 m2 de terrains à l'origine prévus pour accueillir des commerces entre l'Intermarché et le Centre aquatique.

Ce patron d'Intermarché Saint Fiacre qui bénéficie de terrains bon marché (10€ de rabais sur le m2) grâce à l'engagement financier public (136 000€, c'est une somme rondelette pour Morlaix Communauté, à laquelle il faut ajouter 73 241€ de la commune de Plourin) va commercialiser à travers la SCI Traverse lui-même ensuite les terrains de la ZAC de Saint Fiacre auprès de son Supermarché, la collectivité n'ayant qu'un rôle de supervision a posteriori.

Opération étrange, je l'ai dit en Conseil Communautaire, sur le plan du modèle économique, du cadeau fait par la collectivité à un gestionnaire de Supermarché et d'une forme de dépossession par la collectivité de son rôle d'aménageur des Zones Commerciales.

J'ai voté contre cette délibération, le seul de l'assemblée, Christine Prigent (EELV) ne s'est pas abstenu ni n'a voté contre même si elle a regretté la bétonnisation du plateau de Saint Fiacre préjudiciable en outre pour l'écoulement des eaux dans la rivière du Queffleut et les inondations et m'a approuvé oralement quand j'ai dit qu'il fallait arrêter, au nom de la croissance, du développement économique et des emplois, où d'une conception de l'aménagement équilibré du territoire donnant à chaque commune sa zone commerciale (Plourin et Morlaix voulant rivaliser avec St Martin), de développer sans limite les zones commerciales périphériques alors que le commerce de centre-ville à Morlaix, comme dans beaucoup de villes moyennes, périclite. Il faut revitaliser les centre-villes et les centre-bourgs, tout le monde en convient, c'est un choix de société, de cohésion sociale, d'aménagement du territoire, mais on continue de développer et d'étendre les zones commerciales qui tuent le commerce de centre-ville.

Agnès Le Brun m'a reproché de dévaloriser la vitalité commerciale de Morlaix, de faire une communication négative sur le centre ville, en rappelant que si la situation n'était pas forcément très rose économiquement pour le commerce de centre-ville morlaisien, elle n'était pas pire que dans d'autres villes moyennes comparables. Elle et Jean-Luc Fichet, Guy Pennec ont refusé d'opposer développement des centres commerciaux et zones commerciales de périphérie (une spécificité française dans une large mesure!) et attractivité des centre-villes et centre-bourgs, en en faisant au contraire un élément de l'attractivité de ces derniers, les gens qui viennent à Morlaix pour visiter une enseigne de grand magasin spécialisé ou non en périphérie se déplaçant après vers le centre-ville, ou s'installant à Morlaix ou aux alentours en raison de son offre commerciale de périphérie et des emplois de ces zones commerciales, si j'ai bien compris, mais je ne suis guère convaincu par ce raisonnement qui est tout à fait dans la ligne des logiques du système.

- Autre opposition au développement sans frein du capitalisme dans toutes les sphères de la vie sociale, mon propos sur la convention Etat-Région avec Morlaix-Communauté au sujet des nouveaux investissements pour l'IUT génie civil (600 000€ pour l'état en 2015, 501 000€ pour Morlaix-Co, mobilier et constructions, enregistrés en décisions budgétaires modificatives), convention qui porte la marque comme la Réforme Territoriale d'une conception néo-libérale de l'enseignement et de la recherche, comme de l'aménagement du territoire, où tout est réduit à une notion de rentabilité économique, de concurrence et de compétitivité. Ainsi j'ai ironisé sur la novlangue de la convention que l'on devait voter et ses intentions, très loin de l'éducation et de la réalité de l'enseignement en IUT.

Voir mon article d'avant-hier dans le "Chiffon Rouge":

Cet investissement de l'Etat dans l'extension de l'IUT pour accueillir la filière génie civil est assurément une bonne chose pour le territoire et cet IUT qui a très bonne réputation et dynamise la ville de Morlaix.

Néanmoins on ne peut que sourire ou être perplexe quand on lit les justifications de cet investissement étatique dans la convention que nous avons eu à voter et sur laquelle je me suis abstenu:

Ainsi, parmi les objectifs en matière d'immobilier et de structuration du site, on peut lire:

- que les opérations immobilières sont sélectionnées "en fonction de projets de recherche correspondant aux secteurs clés identifiés par des documents stratégiques nationaux ou régionaux": secteurs clef pour l'économie et la compétition économique des territoires, s'entend!

- l'objectif est de "favoriser la mutation de l'enseignement supérieur et de la recherche".

Dans quel sens me direz-vous?

"Il s'agit de soutenir une recherche/ innovation de rang mondial (rien que ça! Attention pour notre petit IUT à ne pas faire la grenouille qui veut être plus grosse que le bœuf...) et "ancrée territorialement" (décentralisée pour que les régions puissent considérer les centres universitaires comme des armes de développement et de compétition) qui nécessite des moyens d'expérimentation combinant les technologies de pointe, afin de pouvoir participer aux programmes internationaux de recherche et favoriser l'attractivité des équipes de recherche bretonnes et soutenir des stratégies de publications de haut niveau et de dépôt de brevets".

On parle là de marketing commercial plus que d'enseignement, d'éducation et de recherche, et ça continue...

Sur l'utilisation des technologies numériques, "l'objectif est de consolider un réseau de plateformes visibles et à la pointe, en lien avec les communautés scientifiques et les écosystèmes innovants en favorisant les coopérations avec les TPE-PME, par des offres de prestations de services de formation aux technologies de pointe"... "Le projet de cartographie des compétences de la recherche publique bretonne, "Plug in Labs", promouvant les compétences de la recherche aux acteurs du développement économique s'inscrit également dans le cadre".

La convention est un florilège de la novlangue néo-libérale issue de l'OCDE, des préconisations européennes, de la technocratie voulant acculturer les services publics et les convertir aux objectifs managériaux de rentabilité, de compétitivité: on y parle en titre de "Gouvernance", "d'évaluation", et en termes fort rhétoriques "d'éco (pas coco) conditionnalité", on y vise la "différenciation régionale" de l'établissement universitaire.

Rien de bien nouveau sous le soleil.

C'est l'esprit de la loi sur l'autonomie des Universités, qui fait des centres de recherche et d'enseignement des outils instrumentaux au service de la croissance, du développement économique, de l'entreprise et de la concurrence des territoires.

De contenu à transmettre, de formation de professionnels, de citoyens et d'intelligences, il est peu question dans ce document: c'est vrai que la région et l'Etat ont d'autres chats à fouetter. Tout investissement, même dans l'école et l'éducation, doit être justifié en terme de retours économiques et de rentabilité.

Ismaël Dupont,

Morlaix, le 8 octobre 2015

Conseil de communauté du 5 octobre 2015: interventions d'Ismaël Dupont, conseiller communautaire du Front de Gauche
Conseil de communauté du 5 octobre 2015: interventions d'Ismaël Dupont, conseiller communautaire du Front de Gauche
Conseil de communauté du 5 octobre 2015: interventions d'Ismaël Dupont, conseiller communautaire du Front de Gauche
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 07:16

Parti Communiste Français

Membre du Front de Gauche

Section de Morlaix

2 Petite Rue Callac 29600 MORLAIX – tel : 02 98 88 30 35

Mel : pcfmorlaix@wanadoo.fr

Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/

La section du PCF pays de Morlaix a décidé d'une campagne de distribution de tract ces deux prochaines semaines aux portes des entreprises: Hôpital (mercredi 14 octobre), Sermetta (mardi 13 octobre), et des entreprises agro-alimentaires (Géo, Tilly Sabco, Lampaulaise de Salaison-Jean Gaby entre le 19 et le 21 octobre).

Voici le contenu de notre prochain tract sur la crise de l'agro-alimentaire et les perspectives de solutions proposées par le Parti Communiste.

Depuis plusieurs années l’agriculture, l’agroalimentaire sont marqués par des crises régulières : disparition Gad à Lampaul-Guimiliau ; difficultés à Tilly-Sabco de Guerlesquin et Jean Caby à Lampaul-Guimiliau ; crise de l’élevage et crise laitière dans le monde agricole ; …

Ces crises on nous les présente comme un manque de compétitivité de nos entreprises de nos élevages : les salaires et charges (pardon cotisations sociales pour financer la sécu qui permet de nous soigner et pour nos retraites) sont trop importants ; la réglementation est trop lourde.

On nous présente l’Allemagne comme l’eldorado avec ses salaires à 1 € (hé oui !), ses travailleurs détachés (roumains, …) payés 6 € de l’heure ! On veut aussi nous montrer en modèle l’Espagne avec ses bas salaires, ses travailleurs marocains surexploités, … On veut nous faire aller vers une agriculture industrialisée avec ses fermes à mille vaches (qui ne voient ni le jour ni l’herbe !), avec un nombre d’agriculteurs en forte baisse et des exploitations de plus en plus grandes.

De plus, nos industriels de l’agroalimentaire, ne rechignent pas à se gaver au détriment des salariés et des paysans. Bigard a ainsi pu racheter SOCOPA et CHARAL grâce à l’exploitation des salariés, l'augmentation de la productivité, les exonérations de cotisations sociales et autres CICE, la pression sur les prix d'achats aux éleveurs.

Terrena et Sofiprotéol, dont le PDG est Xavier Beulin secrétaire de la FNSEA, se préparent à prendre le contrôle de DOUX. En début d'été Bigard et la Cooperl ont quitté le marché du porc breton, et tout récemment le groupement breton des producteurs de viande, lui-même, vient de renoncer à l'objectif de 1,40 €, prix plancher négocié entre les éleveurs et le gouvernement. Un comble ! Pendant que des petits exploitants tirent la langue, les plus gros d'entre eux, qui les mènent au charbon, tirent les ficelles à leur détriment, sans état d'âme, en parfaits adeptes du monde libéral qu'ils n'ont jamais cessé d'être.

Monique PIFFAUT se gave du porc finistérien

Le groupe parisien La Financière Turenne Lafayette de Monique Piffaut a repris, au début de l'année 2015, les deux ex-usines de charcuterie industrielle Jean Caby situées à Lampaul-Guimiliau, qui emploie 500 salariés pour la production annuelle de 34 000 tonnes de jambons vendus aux marques des distributeurs (Casino, Auchan, Leclerc...), et l’usine de Ergué-Gabéric qui emploie 150 salariés pour la production annuelle de 9 000 tonnes de lardons et de pâtés. Les deux usines sont désormais regroupées dans la société « La Lampaulaise de Salaisons ».

Dès ce rachat la nouvelle direction assurait dans un communiqué que celui-ci permettait «d'assurer la pérennité des sites et de continuer à développer l'activité sur le marché de la charcuterie cuite ».

Du coup la société Jean Caby, dirigée par le milliardaire franco-américain Eric Steiner, a indiqué se recentrer sur son activité de fabrication de saucisses à Lille, sa ville d'origine.

Par cette acquisition bretonne, intervenue après un an de négociations, la Financière Turenne Lafayette (FTL) présidée par Monique Piffaut déjà propriétaire de grandes marques (Madrange, William Saurin, Garbit, Paul Prédault...) est devenue le numéro un français du jambon cuit, du pâté et de la charcuterie de volaille.

Quelques mois plus tard, la Lampaulaise de salaison annonce la suppression de 138 emplois dont 85 dans l'usine d'Ergué-Gabéric, et 53 dans celle de Lampaul-Guimiliau. .

C'est un nouveau coup très rude pour les salariés et leurs familles et pour l'ensemble de l'activité du pays de Landivisiau et au delà.

Mais ça ne s'arrête pas là !

Dans le même temps la fermeture de la société GEO de Saint Martin des Champs, qui emploie 20 salariés est annoncée : les 20 emplois sont supprimés !

Or la société GEO, filiale de Madrange, appartient aussi au groupe La Financière Turenne Lafayette de Monique PIFFAUT, et son siège social est...65 B rue Lafayette à Paris.

Eté pourri : 158 emplois supprimés par ce seul groupe pour notre seul territoire de Landivisiau/Morlaix en ce seul été 2015.

Notons que, par l'élégance de nos chers capitalistes, les salariés de GEO ont eu la faveur de se voir proposer un emploi à Brennilis, au sein de l'entreprise Les Salaisons de l'Arrée dont la présidente est...Monique PIFFAUT !et dont le siège social est...65 B rue Lafayette à Paris !

Pourtant, les résultats des différentes sociétés sont très bons. Mais peut-être pas encore assez et l'appétit des capitalistes ne connaît pas de limites !

TILLY SABCO Bretagne, toujours en panne d'avenir

Après le dépôt de bilan, dont 120 salariés ont fait les frais et se sont retrouvés sans réelles perspectives dans leur bassin d'emploi, nous espérions que la réorientation prise par les repreneurs au sein de la nouvelle entreprise Tilly Sabco Bretagne allait constituer l'amorce d'un virage dans le sens que nous préconisions, à savoir d'une part vers une production non exclusivement axée sur le poulet congelé export, et une orientation de la production dans le sens de la qualité et de la diversification.

Au mois d'avril dernier, lors d'une rencontre de Pierre Laurent secrétaire général du PCF, accompagné de militants de la section de Morlaix, avec les élus syndicaux et la direction de Tilly Sabco, constatant que le marché français était importateur d'une grande partie des produits consommés, et que les savoir-faire industriels permettaient d'envisager des débouchés sur le plan intérieur, nous indiquions qu'orienter différemment la production dans le sens de la qualité et de la diversification était plus que jamais d'actualité pour la stabilité, voire une progression, de l'emploi salarié, ainsi que de la filière avicole.

Toutefois nous avions constaté que des incertitudes demeuraient, et que les syndicalistes restaient inquiets quant à leur devenir et celui de l'entreprise. Nous nous interrogions ainsi : quels sont les engagements pris et tenus à ce jour par les actionnaires MS Foods et Breizh Algae ? Quel est le programme de travaux et d’investissements prévus et le programme de relance de la production ? Qu’en est-il du projet d’alimentation à base d’algues ? Quelle est la situation financière exacte de Tilly Sabco Bretagne ? Quelles perspectives réelles de réembauche à court ou moyen terme pour les salariés licenciés ?

La direction de Tilly Sabco Bretagne, avait assuré à l'époque que le programme d'investissements pour la réorientation de l'activité de l'entreprise prendrait corps pour le mois de juillet 2015.

Or, aujourd'hui, on est toujours au point mort !

Les syndicalistes n'avaient pas tort ! Car aujourd'hui, Ballusson Pdg de Olmix et président du directoire de la SAS Tilly Sabco Bretagne, semble « aux abonnés absents ». A tel point qu'au sein de l'entreprise les actionnaires seraient à la recherche d'une nouvelle gouvernance. Les promesses de Ballusson sur des investissements qui devaient être réalisées pour l'été, n'ont donc pas été tenues. Selon nos informations, il manquerait quelques 2,5 millions d'euros pour réaliser les investissements nécessaires.

Bien entendu, cette situation est plus que préoccupante pour l'activité et le devenir des salariés, d'autant plus que le marché du poulet export est tendu actuellement en raison de la présence massive des entreprises brésiliennes sur le marché, ce qui a engendré une baisse des prix du poulet export, à moins de 100 dollars la tonne.

ON PEUT, ON DOIT FAIRE AUTREMENT!

Les communistes avancent 4 propositions :

1. Produire en quantités suffisantes une alimentation saine et accessible.

Face au défi alimentaire, la production agricole doit être soutenue par de nouvelles politiques publiques. L’indépendance alimentaire doit être garantie. La relocalisation des productions doit privilégier la satisfaction des besoins humains.

2. Vivre dignement de son travail.

Des paysans justement rémunérés sont la condition d’installation de jeunes. Cette exigence vaut pour les salariés de l’agroalimentaire. Cela passe par des prix rémunérateurs garantis, la planification de la production et la régulation des marchés, la production et la répartition des terres agricoles, le soutien public aux exploitations et aux filières les plus fragiles. La redistribution de la valeur ajoutée au bénéfice des producteurs est essentielle.

3. Engager la transition écologique de l’agriculture.

À la culpabilisation d’un secteur empêtré dans le productivisme nous proposons d’en sortir par le haut par :

- la promotion de bonnes pratiques agronomiques, aptes à maintenir durablement des rendements équilibrés et réalistes;

- la diversification des productions ;

- l'amélioration de la complémentarité entre culture et élevage.

-l'orientation de la recherche agronomique vers ce nouveau développement.

4. Promouvoir un aménagement équilibré des territoires.

Les paysans sont des acteurs économiques et sociaux majeurs des espaces ruraux européens. Le rôle qui est le leur dans l’aménagement des territoires doit être reconnu, soutenu et encouragé par une politique de maintien des services publics. Les enjeux alimentaires interpellent nos civilisations. Ils appellent un nouveau mode de développement. C’est le sens de la contribution à l'écriture du projet d’émancipation humaine que vient de formuler le PCF : « La France en commun ». Nous invitons le monde agricole, les salariés, les citoyens, à construire des majorités d'idées et de projets alternatifs sans attendre.

L'occasion nous est donnée lors des élections régionales, d'encourager l'agriculture paysanne et la transition écologique en relocalisant nos productions alimentaires.

Crise agricole, crise agro-alimentaire: des solutions justes existent pour les producteurs et les consommateurs: On peut, on doit produire autrement! (PCF pays de Morlaix)
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 06:19

[Collectif Front de Gauche Centre-Finistère]

Le journal du Collectif FDG Centre-Finistère: Le Vent Se Lève
N°9
Septembre Octobre 2015
A lire ici >>>>>

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Le collectif FRONT DE GAUCHE du Centre Finistère

organise :
« RESISTANCES EN FÊTE » Salle Asphodèle à BERRIEN

le DIMANCHE 11 OCTOBRE
ouverte au public à partir de 11H

Les associations suivantes ont répondu favorablement à notre invitation:

Mouvement de la Paix, AFPS, ATTAC , Faut pas pucer, Gaspare, collectif de Bannalec contre le méthaniseur.

Librairie Militante / buvette / nourriture bio à l'apéro et au repas


A cette occasion, les associations et organisations locales sont invitées à
participer au débat politique dont le thème central sera :
« URGENCE A CONSTRUIRE ENSEMBLE UN MONDE DE PAIX, DE JUSTICE,
FRATERNEL, SOLIDAIRE, ECOLOGIQUE »

DEROULEMENT DE LA JOURNEE :
11H : Apéritif festif gratuit avec une animation proposée par l' artiste
« MAÏON »
12H : Repas . Chili con carne et/ou crêpes. Gâteaux
( animation par Patricia Paulus)
14H : Débat
« URGENCE A CONSTRUIRE ENSEMBLE UN MONDE DE PAIX, DE JUSTICE,
FRATERNEL, SOLIDAIRE, ECOLOGIQUE

16H : Concert avec le talentueux groupe : « COVER FIELD »
ENTREE de la Fête : 5 euros
ENTREE + REPAS : 10 euros.

Collectif Front de Gauche Centre-Finistère: Résistance en fête à Berrien le dimanche 11 octobre de 9h à 18h
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 06:00
De gauche à droite: Georges Cadiou, Sylvain Cypel, Leïla Shahid, Claude Léostic, Taoufiq Tahani, Jean-Pierre Jeudy

De gauche à droite: Georges Cadiou, Sylvain Cypel, Leïla Shahid, Claude Léostic, Taoufiq Tahani, Jean-Pierre Jeudy

Leïla Shahid, Claude Léostic et Taoufiq Tahani

Leïla Shahid, Claude Léostic et Taoufiq Tahani

Carhaix et la Bretagne ont la Palestine au coeur: un débat passionnant à l'espace Glenmor de Carhaix avec Leila Shahid, Taoufiq Tahani, Claude Léostic, Sylvain Cypel le 3 octobre
photo Jean-Marc Nayet

photo Jean-Marc Nayet

photo Jean-Marc Nayet: Lucienne, Leïla, Ismaël et Alain

photo Jean-Marc Nayet: Lucienne, Leïla, Ismaël et Alain

photo Jean-Marc Nayet

photo Jean-Marc Nayet

Ce fut un grand moment de réflexion collective, de mobilisation et de solidarité autour de la question palestienne que ce débat organisé par l'AFPS Centre-Bretagne et animé par le journaliste et militant régionaliste Georges Cadiou avec Leila Shahid, la formidable et très charismatique et sympathique diplomate de l'OLP en Europe, Taoufiq Tahani, le président de l'AFPS, universitaire, Claude Léostic, présidente de la Plateforme pour la Palestine, le passionnant Sylvain Cypel, journaliste franco-israélien, ancien correspondant du Monde à New-York, journaliste au "Courrier International" et aujourd'hui correspondant à Médiapart, auteur du livre "les Emmurés", et Jean-Pierre Jeudy, l'ancien maire communiste de Carhaix, un des animateurs de l'AFPS Carhaix.

Il y avait plus de 300 personnes à l'espace GLENMOR de Carhaix, mis à disposition par la mairie de Carhaix pour cet échange qui a duré près de 3h30 et qui a été extrêmement enrichissant et instructif pour comprendre la situation en Palestine et en Israël, les perspectives d'avenir et de lutte pour le soutien aux droits des palestiniens.

Leïla Shahid, née à Beyrouth dans une famille palestinienne victime de l'épuration ethnique israélienne de 1948, a rappelé qu'elle n'était plus déléguée générale de la Palestine en France. A la retraite de la diplomatie, elle est devenue elle-même membre de l'AFPS à Alès. La France est pour elle une terre d'élection pour la solidarité avec les Palestiniens, et la Bretagne y joue un rôle très particulier: il est vrai que 6 représentants de l'OLP, les prédécesseurs de Leïla Shahid, ont été assassinés en France.

Elle est revenue sur les accords d'Oslo,il y a 22 ans, qui paraissent aujourd'hui définitivement caduques et enterrés tant les Israéliens les ont piétinés. Arafat n'était pas dupe sur la facilité à appliquer les accords d'Oslo et des israéliens à tenir leurs engagements, mais c'était la première proposition directe que faisait à l'OLP un gouvernement israélien officiel, la première négociation bilatérale, la première fois qu'on reconnaissait qu'il y avait un conflit entre israéliens et palestiniens et non entre arabes et israéliens. Ces accords permettaient à l'OLP, un mouvement national né dans l'exil et dans des capitales arabes à l'étranger, de revenir en Palestine. Arafat a dit à ce moment là: c'est déjà une étape essentielle, moi, je ne suis plus de toute première jeunesse, maintenant c'est à vous de construire la souveraineté et l'Etat de Palestine. Jusqu'à l'assassinat de Rabin, la partie israélienne a plus ou moins joué le jeu. Depuis l'assassinat de Rabin, les accords d'Oslo sont minés, dénaturés de l'intérieur par les gouvernements successifs en Israël.

Sylvain Cypel a expliqué ce qui conduisait depuis l'assassinat de Rabin à la droitisation de la société israélienne. Après Oslo, jusqu'en février 1994, pendant 7-8 mois, il y a eu une phase d'euphorie dans la société israélienne, la gauche israélienne. A l'époque toutefois, la droite israélienne disait que le gouvernement Rabin n'avait pas de majorité juive pour faire la paix avec les Palestiniens et négocier la création de l'Etat Palestinien en 5 ans (il aurait dû être créé en 1999 selon le Préambule des accords d'Oslo). Pour Sylvain Cipel, cette droitisation vient de l'incapacité de l'autorité israélienne à mener une négociation honnête et intelligente avec l'OLP. Israël est dominé par la pensée sécuritaire. Or, le fond de la question n'est pas sécuritaire mais politique. La société palestinienne a brusquement basculé après Camp David. Barak a menti effrontément, les services de sécurité israéliens le confessent en privé, en disant que c'était Arafat qui était responsable de l'échec de Camp David en repoussant de prétendues offres généreuses israéliennes. En réalité, c'est Barak qui a voulu en finir avec les négociations de paix avec les Palestiniens pour ne leur substituer que le rapport de force. Barak a menti mais c'est ce que la société israélienne voulait entendre. C'est dans son ADN de se vivre comme victime, et non comme l'oppresseur. Aujourd'hui, dans la société israélienne, l'élément colonial est devenu prépondérant et essentiel. Aujourd'hui, en Israël aussi, il y a des réfugiés, véritables damnés de la terre, qui fuient la guerre et le totalitarisme au Soudan et en Erythrée. Ces gens sont parqués dans le désert du Neguev dans des conditions épouvantables. Il y a des ratonnades contre les africains dans des quartiers de Tel Aviv, avec des morts. Un ministre d'origine marocaine Elie Ishaï, représentatif de l'extrême-droitisation de la classe politique israélienne, a dit à cette occasion en justifiant les bastonnades et les massacres: "ces gens là doivent comprendre que nous sommes un pays de blancs". Son grand père juif marocain de l'Atlas doit se retourner dans sa tombe! Avec tous ses travers de l'époque, en Israël, un dirigeant politique n'aurait jamais dit ça il y a 20 ans. Aujourd'hui, si. Aujourd'hui, on observe une dégradation terrible de l'esprit public en Israël, une remise en cause des fondements de la démocratie. En même temps, même si 80% de la société et des jeunes se sont clairement droitisés, il reste 15 à 20% des jeunes qui sont capables de contester la politique étatique et y compris de manifester et d'agir courageusement pour les droits des palestiniens. Le consensus pro-sioniste est dans son contenu beaucoup plus radicalement raciste et dur aujourd'hui qu'il y a 40 ou 45 ans, mais il y a davantage d'israéliens qui s'en libèrent. En même temps, pour la première fois à la Knesset le groupe de parlementaires des citoyens israéliens d'origine palestinienne, avec le Parti Communiste israélien (israélo-palestinien), est le 3ème du Parlement, juste derrière le Parti Travailliste à 1 voix près: 17 députés sur 120. Cela fait très peur à la droite israélienne: ces députés peuvent participer aux commissions de sécurité, de défense, ont accès à l'information. En même temps, parallèlement, le nombre de lois qui discriminent les arabes israéliens est en croissance inquiétante.

Claude Léostic a rappelé que la solidarité de la Bretagne avec la Palestine était considérable, comme en témoignait la présence hier de groupes locaux de l'AFPS de Morlaix, Brest, Douarnenez, Quimper, St Malo, Nantes (...etc.). Le nombre de groupes locaux de l'AFPS en Bretagne est considérable. Le mouvement de solidarité avec les palestiniens est exposé à la fois à une politique gouvernementale alliée au gouvernement d'Israël, et une société travaillée par le lobby pro-israélien et sioniste, même si les Français sont très majoritairement convaincus, comme les Européens, que la politique d'Israël est criminelle et contraire à toute possibilité de paix et de plus en plus solidaire des palestiniens, bafoués dans leur droit à l'existence. Le but de la plateforme des ONG créée en 1993 et qui regroupe une quarantaine d'organisations (comme le MRAP, la Ligue des Droits de l'Homme, la Cimade, le Secours Catholique, l'AFPS, l'UJPP....) est aussi d'exercer une pression médiatique contre les intérêts coloniaux israéliens et pour la défense du droit des palestiniens. La Plateforme réalise un travaille de plaidoyer qui s'adresse aux décideurs, à nos élus à tous les niveaux. Elle se concentre aujourd'hui sur 4 objectifs: - la libération des prisonniers politiques, fondamentale, car la détention arbitraire est un moyen pour les israéliens de casser la lutte des Palestiniens et leur mouvement de résistance à l'occupation militaire et à la colonisation - l'interdiction des produits des colonies israéliennes - la pression pour empêcher la judéisation complète de Jerusalem, la capitale de l'Etat Palestinien - et la lutte contre le blocus inhumain de Gaza.

Taoufiq Tahani a rappelé qu'en haut lieu on faisait tout pour marginaliser la question palestinienne. C'est pourtant une question centrale, la seule question qui peut mobiliser autant de monde en France et en Europe parce que les gens se rendent compte de la gravité des spoliations et des agressions dont ont été victimes les Palestiniens, que c'est un conflit de décolonisation, et que c'est central dans la paix dans le Proche-Orient et dans le monde. 60 à 70% des européens considèrent Israël comme une menace pour la paix et la stabilité du monde, mais les Européens se gardent bien de publier ces sondages. Cazeneuve a lui-même confié à l'occasion des 300 manifestations pour Gaza lors de l'agression d'il y a un an et deux mois que lui-même, s'il n'avait pas été ministre de l'intérieur, aurait manifesté contre l'agression militaire israélienne contre les gazaoui. La campagne "Boycott-Désinvestissement-Sanction" a déjà une certaine efficacité et il faut l'intensifier en la popularisant. Véolia se retire d'Israël, France Télécom Orange est aussi en train de mettre fin à ses partenariats. Pourtant, avec la circulaire Alliot-Marie, que Taubira et Hollande refusent d'abroger, la France est le seul pays qui pénalise le boycott. Aujourd'hui, en raison de l'enlisement du processus de construction étatique et de paix et de la politique du fait accompli et du coup de force des israéliens, 65% des Palestiniens ne croient plus à l'avènement des deux états. Il faut arrêter l'hypocrisie des grands de ce monde: 67 ans après 1948, 48 ans après 1967, la Cisjordanie n'est qu'une peau de léopard et les palestiniens, avec la colonisation, sont prisonniers de petites enclaves.

Mais attention, prévient Leïla Shahid, il y a quelque chose qui devient très dangereux chez les militants, c'est de se dire que si on a pas avancé dans la reconnaissance des droits des palestiniens, c'est qu'on ne connaît pas la bonne solution: 1 Etat binational ou deux Etats. En réalité, Sylvain Cipel l'a dit, l'origine de l'impasse, c'est la droitisation de la société israélienne pas l'hésitation sur la solution technique qui permettrait aux palestiniens de voir leurs droits à l'existence reconnus. Il y a eu un changement dans la nature idéologique de la société israélienne: elle est de plus en plus raciste, et elle n'a pas honte de le dire, de plus en plus religieuse aussi, au sens fondamentaliste de Daesh, du retour aux fondamentaux, à la vie des Hébreux des origines. En face, il y a la stupidité, la criminalité, la lâcheté du monde. Le nouvel ordre mondial né de la disparition du bloc communiste, qui servait d'appui aux revendications nationales décolonisatrices, est un nouveau désordre mondial. L'agression américaine de Irak en 1991, puis en 2003, face à un pouvoir fasciste, on est d'accord, a complètement déstabilisé la région. En soutenant les chiites en Irak, les américains ont créé Daesh: Daesh est la conséquence de la stupidité de la politique américaine en Irak, mais aussi de la férocité de la répression du régime criminel de Bashar el Assad contre l'insurrection démocratique de son peuple. Maintenant, on a deux états décomposés, l'Irak et la Syrie, et un contexte qui n'est plus un contexte de guerre froide mais de guerre chaude avec la Russie qui bombarde la résistance à Bachar et non Daesh. Dans ce cadre là, la Palestine, les droits et les intérêts des Palestiniens, pèsent bien peu. Mahmoud Abbas a rencontré tous les grands dirigeants du monde à l'ONU en entretiens privés mais aucun n'a parlé de la Palestine dans son discours en Assemblée Générale. C'est une négation par l'indifférence des Palestiniens et de la colonisation. Normalement, on aurait dû avoir un Etat en 1999, il y a 16 ans. Le problème, ce n'est pas les hésitations des Palestiniens sur la solution (Etats séparés, Etat binational) mais c'est l'avènement de la nouvelle droite israélienne qui voulait enterrer Oslo. Le seul mot d'ordre: c'est conquérir nos droits, mettre fin à l'occupation militaire. Aujourd'hui, les Américains sont complices. Les Européens, premiers donateurs de l'autorité palestinienne, qui ont financé un aéroport, le début d'infrastructures portuaires, industrielles à Gaza, et qui laissent l'armée israélienne détruire tout ça sans aucune réaction significative, sans aucune sanction, aussi. Le discours européen est la plus grande supercherie. C'est un discours suivi d'aucune mesure sérieuse.

Sylvain Cypel: la question clef, c'est la fin de l'occupation. La logique d'Oslo est caduque: on ne peut plus dire, le jour où il y a la Paix, les Palestiniens auront un Etat, il faut dire, il y aura la paix quand l'armée israélienne mettra fin à l'occupation des territoires palestiniens de 1967. C'est possible, il suffit que comme dans le Sinaï ou à Gaza autrefois, l'armée et la police israélienne se retirent et ne protègent plus les colonies, que l'état facilite le relogement des colons en Israël. Le mot "paix", l'expression "processus de paix" sont devenus des supercheries quand la réalité c'est la colonisation armée, l'oppression et l'apartheid. Les conditions ne sont pas réunies pour la paix, le rapport de force est trop défavorable, le gouvernement israélien n'est pas près à négocier quoique ce soit. Ce qu'il faut mettre en avant, c'est le retrait des territoires occupés. Pendant la guerre d'Algérie, on début, on disait simplement en tant qu'opposants à la guerre coloniale "Paix en Algérie!": puis à partir de 1958 on a dit "Oui à l'Algérie Indépendante!" "Retrait de l'armée française d'Algérie!". Aujourd'hui, il faut dire: l'armée israélienne dehors! Et les 600 000 colons des territoires occupés ne pourront rester sur les territoires palestiniens. Dayan l'avait bien senti lors de l'évacuation du Sinaï. Aujourd'hui, je ne vois pas vraiment la solution sortir d'une évolution positive de la société et de la classe politique israélienne. Les Etats-Unis qui soutiennent militairement, politiquement, financièrement Israël, et donc sa politique de colonisation, ont la clef. Obama est un politicien réformiste assez banal qui considère que la politique, c'est l'art du possible. Il ne met pas une pression énorme sur Netanyahou et pourtant il considère avec l'administration américaine que la politique israélienne est délirante. Seul Washington a les moyens politiques, financiers, militaires de faire plier, de tordre le bras à Israël: ils l'ont fait en 48, en 57, en 73, quand il s'est agi d'empêcher l'invasion et l'annexion de l'Egypte ou le retrait palestinien de Beyrouth en 82. L'image d'Israël se détériore très vite aux Etats-Unis. Il y a aujourd'hui la possibilité d'une fracture importante dans la communauté juive américaine. Les plus lucides n'apprécient pas la dérive pro-droitière et pro-Netayahou du Congrès Américain tenu par des Républicains dominés par un sionisme radical: il ne faut pas oublier que 70%des juifs américains ont voté pour Obama. La possibilité d'une confrontation importante entre les Etats-Unis et l'Etat d'Israël est de plus en plus probable.

Plusieurs questions ont été posées ensuite:

- Faut-il boycotter seulement les produits des colonies ou les produits israéliens en général?

- Quelle action de soutien pour les prisonniers politiques?

- Comment mettre fin à l'impunité internationale d'Israël quand le pays viole le droit?

Raconter par le détail cette conférence-débat à plusieurs voix extrêmement riche et dynamisante, grâce notamment à la très belle personnalité de Leïla Shahid, serait trop long.

Leïla Shahid dédicace son livre

Leïla Shahid dédicace son livre

Soirée Couscous et Fest-Noz aux Halles de Carhaix

Soirée Couscous et Fest-Noz aux Halles de Carhaix

Carhaix et la Bretagne ont la Palestine au coeur: un débat passionnant à l'espace Glenmor de Carhaix avec Leila Shahid, Taoufiq Tahani, Claude Léostic, Sylvain Cypel le 3 octobre
Claude Léostic (présidente de la plateforme des ONG pour la Palestine) et Taoufiq Tahani (président de l'AFPS)

Claude Léostic (présidente de la plateforme des ONG pour la Palestine) et Taoufiq Tahani (président de l'AFPS)

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 08:47

L'HUMANITE

CINQ INTELLECTUELS S'EXPRIMENT EN FAVEUR DE L'ÉMANCIPATION SOCIALE.

Les intellectuels seraient-ils en train de basculer dans le camp du conservatisme et lorgneraient- ils de plus en plus nombreux du côté du FN ? Ou, en version adoucie, la figure de l’intellectuel français aurait-elle disparu du paysage ? Depuis la rentrée, de nombreux commentateurs avancent cette thèse du repli rétrograde. Bien sûr, elle pourrait tenir si l’on se fie aux médias dominants. Houellebecq, Sapir, Finkielkraut, Onfray, Tirole et même Zemmour seraient les dignes représentants de la nouvelle intelligentsia de notre société du spectacle. En dehors de ce petit milieu des idées dominantes reçu à longueur d’antenne dans les émissions de « divertissement » et à la une des magazines et des journaux (détenus par les mêmes groupes privés), il n’y aurait point de réflexion. En boucle et à tour de rôle, les uns répondant aux autres, mais sans jamais remettre en question ce qui fonde l’ordre établi : les rapports de domination économique et symbolique du capitalisme patriarcal.

Face au battage médiatique qui met toujours en avant le petit milieu de la pensée du renoncement, il y a tous ces chercheurs et citoyens engagés, de gauche, progressistes, écologistes, qui cherchent individuellement ou avancent collectivement des alternatives.

Pascale FAUTRIER (Ecrivaine) : « Celui qui se mêle de ce qui ne le regarde pas »

Les intellectuels de gauche ne se taisent pas : on les interdit d'antenne. Un des grands inquisiteurs de cette « normalisation », Brice Couturier, l'a décrété vendredi dernier sur France Culture : « Les problèmes de gouvernement requièrent de l'expertise et non pas des théories générales. » Cette « injonction de dépolitisation » est l'exact contre-pied de la définition que Jean-Paul Sartre donnait de l'intellectuel : cet expert, ce spécialiste, ce savant, bref ce « technicien du savoir pratique », ou bien cet écrivain, cet artiste, AFFICHE SES POSITIONS POLITIQUES DANS L'ESPACE PUBLIC. Ce pouvoir d'expression citoyenne libre est ambigu, parce qu'il est de fait élitiste, et parce que certains « (faux) intellectuels » sont chargés de diffuser l'idéologie des pouvoirs institutionnels publics ou privés qui les rémunèrent par ailleurs.

On a récemment qualifié d'intellectuels « médiatiques » ceux d'entre eux qui bénéficient de la faveur grégaire des médias. À l'évidence, une telle « faveur » a une visée politique: il s'agit de polariser le débat public sur un clivage Bien/Mal, démocratie-capitalisme opposé au populisme-démagogie totalitaire. On veut nous faire admettre comme un présupposé indiscutable que l'économie « naturelle » de la démocratie serait le capitalisme.

Or les intellectuels de gauche se définissent par la remise en cause de cette doxa de droite : quand ils s'y risquent, on les traite aussitôt de « populistes », de « crypto-fascistes », etc. Sartre est mort deux fois : en 1980 et par la campagne de dénigrement dont il a été l'objet depuis, contemporaine de la conversion de la gauche dite de gouvernement à la vulgate libérale (1981-1983). Depuis, la droite n'a cessé de se « décomplexer », dans le même temps que l'on faisait le procès des « intellectuels engagés ».

La vérité est que Sartre avait théorisé la fonction de l'intellectuel comme le mal nécessaire des démocraties bourgeoises, monstre traître à sa classe MAIS ÉGALEMENT aux appareils politiques dont il ne peut, par essence, se faire le porte-voix « organique » sauf à accepter de se saborder pour devenir un « idéologue », c'est-à-dire un expert appointé. Éric Zemmour est aujourd'hui, typiquement, l'idéologue de la droite « radicalisée » à l'extrême droite.

Pierre Bourdieu, après 1995, avait eu le temps de comprendre (Michel Foucault est seulement mort trop tôt) que cantonner les intellectuels à leurs compétences « spécifiques » avait été le moyen trouvé par les pouvoirs dominants de les bâillonner. Sartre expliquait au contraire que les intellectuels ont une mission spécifique : opposer à la pensée de droite de l'« identité » et du calcul techniciste une pensée du Bien commun, une pensée du « commun », une pensée en commun.

L'universalité que l'intellectuel se charge d'élaborer quand il intervient dans le champ politique ne pose pas un idéal humain défini a priori. Elle n'est ni « identitaire », ni idéaliste: l'HOMME qu'elle vise n'existe pas encore, il est « à faire », dit Sartre. Nous vivons une nouvelle crise de partage du spirituel et du temporel aussi grave et décisive que celle que l'Occident a vécu au Moyen Âge lorsqu'il a fallu renoncer au rêve de théocratie impériale. Et ce n'est pas un « matérialisme » mais une pensée projective de la dignité universelle qu'il faut opposer à la pensée de droite essentialiste et utilitaire : non, le monde n'est pas une somme de « ressources », humaines ou matérielles, à exploiter, mais un ensemble en interaction à penser DANS SON DEVENIR INCERTAIN (1).

Il nous faut inventer une historicité ouverte qui rompe avec le millénarisme étatiste d'origine hégélienne, qu'il soit « libéral »-impérial (FukuyamaHuntington) ou stalinien. Contre l'objectivation du monde opéré par la religion du profit, objectivation identitaire biologique ; la « race blanche » ou historique le « christianisme » forcément européen, osons dire, avec Jaurès et Marx, que l'émancipation humaine commence tous les jours et qu'elle n'a pas de fin.

Derniers ouvrages parus : les Rouges, réédition Points Seuil, mai 2015, et le Pari(s) de Sartre-Beauvoir, éditions Alexandrines, juin 2015.

(1) Lire le texte « La politique de Georges Bataille » dans l'ouvrage collectif la Part maudite de Georges Bataille (Classiques Garnier). Il faut lire aussi, bien sûr, les travaux d'Edgar Morin, notamment la Voie.

Roger MARTELLI (Historien – Codirecteur de « regards ») : « pour la critique et la reconstruction ».

«Faire vivre la gauche », affirment Geoffroy de Lagasnerie et Édouard Louis (le Monde du 27 septembre). C'est dire qu'elle n'est pas bien flambante. En fait, elle a perdu la bataille de la légitimité, parce qu'elle a perdu celle des idées. La gauche a avalé coup sur coup l'effondrement du soviétisme, l'essoufflement du tiers-mondisme et la droitisation du socialisme. Elle a assisté au détricotage de ses valeurs. La liberté a été rabattue sur celle des marchés. L'égalité est au mieux celle des chances, pas celle des conditions. La solidarité se dissout dans le « vivre-ensemble », souvent réduit au « côte à côte ». Le « politiquement correct » que l'on fustige, c'est la culture d'une gauche qui prend au sérieux la question de l'égalité. Depuis plus de deux siècles, la droite n'aime pas l'égalité et lui a toujours préféré la compétition, l'ordre et l'autorité.

Aujourd'hui, c'est sa variante la plus extrême qui lui donne son tonus. L'extrême droite a été la première à amorcer chez nous la « révolution conservatrice », aussitôt après la grande peur de mai 1968. Pour l'instant, elle a gagné sur l'essentiel. Elle a imposé la conviction que la lutte des classes est remplacée par celle des identités, que le désir d'identité a pris la place de l'exigence d'égalité, que la guerre des civilisations est désormais le moteur du monde. Face à cela, qu'a fait la gauche ?

Le socialisme mitterrandisé a plié. Les autres ont essayé d'endiguer la marée. Mais ils ont défendu davantage qu'ils n'ont construit. Ils ont évoqué les jours heureux d'hier plus qu'ils n'ont esquissé les pos-sibles de demain. Or l'incertitude de l'avenir, la culture du risque poussée jusqu'à la peur poussent au ressentiment plutôt qu'à la lutte. C'est la base d'expansion de l'extrême droite, dans tout le continent européen. S'il faut se réengager, c'est pour reprendre l'initiative culturelle sur le double terrain de la critique et de la reconstruction idéologique. Tous les thèmes qui fondent la radicalisation de la droite devraient être déconstruits.

Il n'est pas vrai que la mondialisation est la seule manière d'assumer la mondialité de notre destin. Il n'est pas vrai que la gouvernance, c'est à-dire le pouvoir des experts de la « société civile », est le fin mot de la démocratie. Il n'est pas vrai que la lutte des classes divise alors que l'obsession nationale rassemble. Il n'est pas vrai que les questions de l'identité sont plus mobilisatrices que les demandes d'égalité. En bref, il n'est pas vrai que l'Histoire est finie depuis que les États-Unis ont terrassé l'Union soviétique. Pour déconstruire, il faut de la patience, du travail, de la confrontation, la mobilisation des savoirs et de l'expérience, la stimulation de l'intelligence collective et pas seulement la remise en selle des intellectuels. Les mêmes ingrédients sont nécessaires pour reconstruire. Reconstruire, cela signifie réactiver les grandes valeurs, l'égalité, la liberté, la solidarité, l'esprit public, la mise en commun, l'engagement citoyen. Mais elles ne valent que si elles ne sont pas seulement reprises, mais développées, retissées de fond en comble, au prisme des enjeux nouveaux de l'écologie, du partage, de l'autonomie, de la mise en réseaux, de l'implication directe. Pour cela, nous avons un problème: nous ne nous parlons pas. Nous continuons les vieux débats du passé. Nous nous jetons à la face les grands noms de la critique sociale d'hier.

Nous avons nos gourous, nos réseaux séparés, nos revues, nos maisons d'édition. Nous ne nous rencontrons pas vraiment, en terrain neutre, serais-je tenté de dire. Le Monde et Libération rassemblent, autour d'une culture portée plutôt vers l'adaptation. Dans l'espace de la critique et de la volonté de rupture, on se côtoie, mais on ne se rencontre pas. Si nous devons nous réengager, tentons, le plus souvent possible, de le faire ensemble.

Henry STERDINYAK (Animateur du collectif des « Economistes atterrés ») : « Une autre voie est possible »

L'idée, martelée aujourd'hui par les médias et les idéologues du capital, est qu'il n'y a pas d'alternative : il faut augmenter les profits des entreprises, les laisser libres d'orienter à leur guise l'évolution future de la production et de nos besoins ; les laisser libres de se restructurer et de licencier. Chaque pays doit renforcer sa compétitivité et son attractivité sous la férule des marchés financiers. Le traité de libre-échange transatlantique doit encore restreindre les capacités d'action des peuples au profit des firmes multinationales. Chaque pays doit libéraliser son marché du travail, baisser ses salaires, réduire ses dépenses publiques et sa protection sociale. Il faut faire oublier la responsabilité de la finance, de la croissance des inégalités et de la recherche de la compétitivité dans la crise de 2008 et dans la dépression qui a suivi. Il faut faire croire que les responsables, ce sont les dépenses publiques et le droit du travail. Les contraintes écologiques sont minimisées alors qu'ils devraient être au coeur de toute réflexion sur le futur de notre économie. Le patronat et ses économistes continuent à exiger une retraite à 67 ans, une durée du travail de 40 heures par semaine, l'ouverture des magasins et des ateliers le dimanche et le soir, comme si la question essentielle pour l'humanité n'était pas de concilier le bien-être de tous et une nette réduction du PIB matériel, ce qui suppose une réflexion forte sur la place de l'emploi marchand.

Élus sur un programme de gauche, François Hollande et une fraction du Parti socialiste ont renoncé à mettre en cause la domination de la finance, renoncé à une grande politique industrielle fondée sur la transition écologique, la planification sociale et l'intervention des salariés. Jour après jour, ils cèdent à la pression du Medef ; ainsi s'engagent-ils aujourd'hui à remettre en question le droit du travail. Aux élections européennes, un parti d'extrême droite, traînant derrière lui un lourd passé d'antisémitisme, de racisme, est devenu le premier parti français. Dans les classes populaires, beaucoup ne sont pas allés voter pour un projet solidaire mais pour la dislocation de l'Europe, contre leur voisin arabe (réel ou fantasmé). L'incapacité du Parti socialiste à ouvrir une alternative au néolibéralisme a pesé lourd.

Les classes moyennes, en particulier celles intimement liées à l'État social (les enseignants, les infirmières, les fonctionnaires), mais aussi celles liées à l'industrie (les ingénieurs, les contremaîtres) se sont, elles aussi, détournées d'une formation sans projet. Face à l'offensive idéologique des classes dominantes et du patronat, notre tâche, en tant qu'économistes critiques, est de s'atteler à la reconquête idéologique. Nous ne sommes pas condamnés à nous soumettre aux diktats du libéralisme ; nous ne sommes pas condamnés à voir gonfler et éclater les bulles financières ; nous ne sommes pas condamnés à voir, jour après jour, notre planète devenir inhabitable. Une autre voie est possible, s'appuyant sur une vision de long terme quant à ce que devrait être la société de demain, une société, sobre, égalitaire, solidaire, écologique, où les salariés pèseront sur l'organisation et l'orientation de la production.

En même temps, la résistance et la construction d'alternative ne peuvent plus être gérées d'en haut, mais doivent être la résultante d'un ensemble de mouvements sociaux, d'actions collectives, politiques, syndicales, associatives, organisées ou spontanées, de détail ou globales, qui, progressivement, doivent converger pour changer notre société.

Coauteur du Nouveau Manifeste des Économistes atterrés, éditions Les Liens qui libèrent.

Roland GORL (Psychanalyste et initiateur de « L’appel des appels ») : « face aux néofascismes, la renaissance de l’humanisme »

De la « philosophie Nutella » d'Onfray (Libération du 2 octobre) à « Jacques Sapir à droite toutes » (Mediapart du 27 juillet), le tapage médiatique fait autour de ces « intellectuels » à la dérive se révèle davantage comme le symptôme d'une crise du politique qu'il n'y apporte une solution. Sans devoir céder au « démon de l'analogie », il ne me paraît pas très difficile de lire dans cette tentative désespérée de recomposer le champ dégénéré du politique les échos des crises successives des libéralismes en Europe. Depuis que, selon le mot de Nietzsche, « l'économie et la technique sont devenues le destin de l'homme », il n'est pas de période dans l'histoire de l'Occident qui, à l'occasion de graves crises financières, sociales et économiques, n'ait vu émerger des idéologies désireuses de dépasser le clivage traditionnel droite-gauche pour sortir du conformisme bourgeois du « bien penser ».

Alors, en vue de proposer un redressement national, à contre-courant des valeurs matérialistes, universelles et rationnelles des Lumières, abusivement confisquées par les sociaux-libéraux, les divers mouvements conjuguant les nationalismes de la droite radicale, les antisémitismes et les racismes populistes émergent, avec la complicité active d'« intellectuels » soucieux de la souffrance des « petites gens ». Du boulangisme aux fascismes, en passant par les revendications révolutionnaires de partis « ouvriers » rassemblant les mécontentements catégoriels hétérogènes, ces initiatives ont, depuis plus d'un siècle, leurs laboratoires qui fabriquent le pire.

On pourra débattre de la portée des travaux de Zeev Sternhell, il n'empêche qu'ils contribuent à révéler que la crise des valeurs propres aux Lumières (rationalisme et défense de l'universel), l'antiparlementarisme, désir de dépasser les clivages droite-gauche, produisent un climat propice aux fascismes. Les crises des démocraties libérales et l'effondrement des alternatives de gauche constituent leur niche écologique. Si l'usage de ce terme peut paraître plus rhétorique que démonstratif, il n'empêche les crises des démocraties libérales et l'impuissance des gauches à proposer une alternative crédible nous font danser au bord de l'abîme. J'ai essayé de montrer, dans l'Individu ingouvernable (1), en quoi nous étions confrontés à des néofascismes, technofascismes et théofascismes.

Sur les décombres du « faux universel » de la raison comptable, de la logique de financiarisation du vivant et de la nature, de l'utilitarisme moral, des voix s'élèvent pour revendiquer un autre monde, pour sortir de l'hypocrisie « libérale ». Jaurès disait que « le pire ennemi de la démocratie, c'(était) le manque de confiance en elle-même, l'absence d'ambition vraie ». Nous y sommes condamnés au moment même où seules comptent les curatelles technico-financières des peuples et des individus, où la technocratie a confisqué la démocratie, où la bureaucratie des expertises s'est substituée aux débats citoyens. C'est le moment où, dans l'histoire européenne, fleurissent les plantes venimeuses des nationalismes, des racismes, des haines sociales et tribales. Inévitablement. Faute de procéder à cette « désintoxication morale » de l'Europe qu'un Stefan Zweig appelait de ses vœux, nous risquons de connaître ces révoltes du désespoir qui empruntent les voies des nihilismes.

Quand le politique faillit, quand les sociaux-libéraux se font les gérants les plus serviles du capitalisme financier, quand la jeunesse n'a plus d'avenir, quand la vieillesse est enfermée dans la solitude, quand dans une société modelée par le travail des travailleurs n'en ont pas, quand on demeure prisonnier de l'argent que l'on a autant que celui qui en manque, les humains désespèrent de ne pouvoir fraterniser. Alors, oui, il y a un risque fasciste en Europe. Il ne manque que l'occasion pour en assurer la précipitation. C'est comme cela que j'analyse ce tapage fait autour de ces « intellectuels médiatiques » dont Bourdieu nous avait montré qu'ils constituaient d'autant plus un fait divers, faisant diversion, que leur reconnaissance ne procédait pas du débat avec leurs pairs mais de la société du spectacle et de la marchandise. Produits de ce qu'ils dénoncent, de tels « intellectuels » nous invitent à réfléchir et à mettre en œuvre les héritages de l'humanisme. Telle est l'alerte dont nous devons leur être redevable : la République n'étant plus cette surprise dont nous avons fait un miracle, selon le mot prêté à Lamartine, nous nous devons plus que jamais de la faire renaître aux valeurs de l'humanisme.

(1) Éditions Les liens qui libèrent, 2015.

Paul ARIES (Politologue – rédacteur en chef du mensuel « Les Zindigné(e)s ») : « L’espoir est toujours du côté des milieux populaires"

Alors que l'ère du temps semble être à la confusion politique et que des intellectuels médiatiques banalisent des thèmes d'extrême droite, il est important de rappeler que les idées d'émancipation n'ont pas déserté et qu'il suffit parfois de changer de lunettes pour redécouvrir une autre France. Les intellectuels ne sont pas à cet égard différents du reste du peuple, ils basculent sur des positions de droite, dès lors qu'ils acceptent des questions de droite. Interroger prioritairement les gens sur le sentiment d'insécurité ou d'identité c'est les pousser dans le camp des rétrogrades et des xénophobes, les questionner sur la défense du service public ou sur les conditions de travail c'est faire grandir un questionnement émancipateur. Nous nous laissons trop imposer l'agenda (les priorités du débat) par les dominants.

C'est à nous d'apprendre à poser les bonnes questions, à refuser de nous situer sur le terrain de l'adversaire, sur celui des réactionnaires. Il n'existe en effet que deux façons de faire de la politique, soit jouer sur les peurs et on nourrit alors immanquablement les forces les plus rétrogrades, soit miser sur l'espoir, le partage et on bascule alors du côté de l'émancipation.

C'est pourquoi face à l'extrême droitisation de la pensée je soutiens l'initiative de l'Organisation pour une citoyenneté universelle, pour un passeport universel, aux côtés d'Emmaüs International, de la Fondation Danielle-Mitterrand et d'Utopia, c'est pourquoi, face à la remise en cause des 35 heures, je soutiens la CGT, qui revendique le passage aux 32 heures tout de suite, c'est pourquoi face à la casse du service public, l'Observatoire international de la gratuité des biens communs et du service public mobilise pour la gratuité de l'eau vitale, des transports en commun urbains, du logement social, des services funéraires, etc. Nous ne gagnerons qu'en nous plaçant du côté de l'espérance et l'espoir est toujours du côté d'un plus d'émancipation, d'un plus à jouir.

Le camp de l'émancipation n'a pas disparu mais il est enseveli sous l'agenda des puissants. Retrouver les chemins de l'émancipation c'est, pour citer Rimbaud, rendre visible l'invisible, rendre visibles les gens ordinaires, les 99 % face au 1 %. Nous acceptons trop la définition négative que les enrichis se font des appauvris, une définition toujours en termes de manques, en économie, le manque de pouvoir d'achat, en culture, le manque d'éducation, en psychologie, le manque d'estime de soi, en politique, le manque de participation... Tout cela masque l'essentiel: les gens du commun ne sont pas des riches auxquels ne manquerait que l'argent, ils ont une autre richesse, une autre façon de penser, de rêver, de vivre. C'est pourquoi les milieux populaires sont plus écolos que les enrichis, non pas d'abord parce qu'ils n'ont pas les mêmes moyens financiers, mais parce qu'ils sont populaires, parce qu'ils ont d'autres rapports au travail, à la consommation, au temps, à l'espace, à la maladie, à la mort, donc à la vie. La conception même de la vie bonne n'échappe pas en effet à la lutte des classes. Jacques Séguéla disait: « Si à 50 ans on n'a pas de Rolex on a raté sa vie. » J'ai 56 ans et pas de montre de luxe, non pas d'abord faute de moyens financiers, mais les enrichis ne peuvent même pas imaginer qu'on ait d'autres désirs qu'eux.

Auteur d'Écologie et milieux populaires, éditions Utopia.

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 08:40
CGT AIR FRANCE : Toutes les violences se condamnent
Lire aussi cet article de Médiapart
 

Le DRH d'Air France violemment pris à partie par les manifestants © ReutersDeux directeurs en fuite, évacués par les gros bras du siège social d’Air France, chemises et costumes en lambeaux. Si l’image est terrible pour les syndicats d’Air France, elle met surtout en lumière la frustration du personnel, sous la menace de 2 900 licenciements. 

 

Et du Monde

 

Le détail du « plan B » d’Air France
http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2015/10/05/le-detail-du-plan-b-d-air-france_4782901_1656994.html

 

Revue de presse : Air France, le dialogue échoue, la violence s'impose
http://france3-regions.francetvinfo.fr/revue-de-presse-air-france-le-dialogue-echoue-la-violence-s-impose-823475.html#xtor=EPR-521-[france3regions]-20151006-[info-titre3]

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 20:40

Nous avons voté aujourd'hui en Conseil Communautaire de Morlaix sur la convention d'application du volet "Enseignement supérieur, recherche et innovation pour le site de Morlaix" du plan Etat Région.

Cet investissement de l'Etat dans l'extension de l'IUT pour accueillir la filière génie civil est assurément une bonne chose pour le territoire et cet IUT qui a très bonne réputation et dynamise la ville de Morlaix.

Néanmoins on ne peut que sourire ou être perplexe quand on lit les justifications de cet investissement étatique dans la convention que nous avons eu à voter et sur laquelle je me suis abstenu:

Ainsi, parmi les objectifs en matière d'immobilier et de structuration du site, on peut lire:

- que les opérations immobilières sont sélectionnées "en fonction de projets de recherche correspondant aux secteurs clés identifiés par des documents stratégiques nationaux ou régionaux": secteurs clef pour l'économie et la compétition économique des territoires, s'entend!

- l'objectif est de "favoriser la mutation de l'enseignement supérieur et de la recherche".

Dans quel sens me direz-vous?

"Il s'agit de soutenir une recherche/ innovation de rang mondial (rien que ça! Attention pour notre petit IUT à ne pas faire la grenouille qui veut être plus grosse que le bœuf...) et "ancrée territorialement" (décentralisée pour que les régions puissent considérer les centres universitaires comme des armes de développement et de compétition) qui nécessite des moyens d'expérimentation combinant les technologies de pointe, afin de pouvoir participer aux programmes internationaux de recherche et favoriser l'attractivité des équipes de recherche bretonnes et soutenir des stratégies de publications de haut niveau et de dépôt de brevets".

On parle là de marketing commercial plus que d'enseignement, d'éducation et de recherche, et ça continue...

Sur l'utilisation des technologies numériques, "l'objectif est de consolider un réseau de plateformes visibles et à la pointe, en lien avec les communautés scientifiques et les écosystèmes innovants en favorisant les coopérations avec les TPE-PME, par des offres de prestations de services de formation aux technologies de pointe"... "Le projet de cartographie des compétences de la recherche publique bretonne, "Plug in Labs", promouvant les compétences de la recherche aux acteurs du développement économique s'inscrit également dans le cadre".

La convention est un florilège de la novlangue néo-libérale issue de l'OCDE, des préconisations européennes, de la technocratie voulant acculturer les services publics et les convertir aux objectifs managériaux de rentabilité, de compétitivité: on y parle en titre de "Gouvernance", "d'évaluation", et en termes fort rhétoriques "d'éco (pas coco) conditionnalité", on y vise la "différenciation régionale" de l'établissement universitaire.

Rien de bien nouveau sous le soleil.

C'est l'esprit de la loi sur l'autonomie des Universités, qui fait des centres de recherche et d'enseignement des outils instrumentaux au service de la croissance, du développement économique, de l'entreprise et de la concurrence des territoires.

De contenu à transmettre, de formation de professionnels, de citoyens et d'intelligences, il est peu question dans ce document: c'est vrai que la région et l'Etat ont d'autres chats à fouetter. Tout investissement, même dans l'école et l'éducation, doit être justifié en terme de retours économiques et de rentabilité.

Ismaël Dupont.

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 20:29

Le 115 s'occupe dans notre département de l'accueil des sans-abris et personnes momentanément privées de toit.

De son côté, Coallia accueille dans des centres d'hébergement CADA et la plateforme de demandeurs d'asile de Brest les étrangers demandeurs d'asile.

Au mois de septembre, le 115 a déjà été obligé de diminuer de moitié ses prises en charge de nuits d'hôtel pour les sans-abris, et au mois d'octobre, cette moitié va être encore réduite de moitié car, c'est bien connu ... la température monte à l'automne.

Normalement, l'Etat réajuste ses lignes budgétaires en fonction des besoins.

Là, ce n'est pas le cas: il laisse à l'association qui gère le 115 l'obligation de laisser dans la rue, car les budgets ont fondu devant l'augmentation sensible des gens qui sont dans le dénuement et sans hébergement cette année, l'Etat refusant de verser plus quand les besoins augmentent.

Seules les femmes victimes de violence ou en rupture de vie familiale seront désormais accueillies dans le Finistère en nuitée d'hôtel, si les collectivités n'obligent pas l'Etat à revoir ses positions.

Pourtant, pouvoir avoir un toit est bien un droit fondamental.

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