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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 19:35
Loi travail du PCF vs loi El Khomri: entretien avec Denis Durand

https://blogs.mediapart.fr/edition/la-revue-du-projet/article/240516/loi-travail-du-pcf-versus-loi-el-khomri-entretien-realise-par-quentin-corzani

Loi travail du PCF versus loi El-Khomri. Entretien réalisé par Quentin Corzani

Le mandat de François Hollande a été marqué par une politique ultralibérale en matière d’économie. La loi El-Khomri, proposée par la ministre du Travail, est une forme d’aboutissement de cette logique. Denis Durand, membre de la commission économique, décrypte les enjeux liés à cette loi et présentent les propositions formulées par le PCF.

Quels sont les principaux dangers contenus dans la loi El-Khomri pour les salariés ?

Elle comporte toute une série de dispositions dont le point commun est d’affaiblir la capacité des salariés à défendre leurs conditions de travail et leur position vis-à-vis de l’employeur. Le cœur du dispositif est l’élargissement des situations où les salariés peuvent se voir imposer des accords locaux d’entreprises comportant des dispositions moins favorables que les règles contenues dans les accords de branche ou dans la loi. Plus précisément, dans le cas où la majorité des syndicats refusent un accord d’entreprise, il suffit que des syndicats minoritaires représentant 30 % du personnel organisent un référendum et que les salariés votent en majorité en faveur de cet accord pour que celui-ci puisse s’appliquer. C’est une mascarade démocratique car la direction dispose de nombreux moyens pour faire pression sur les salariés. Cela conduit à ce qui a déjà été observé dans certaines entreprises : diminutions des salaires, assouplissements de la protection des travailleurs etc. C’est un renversement du principe de hiérarchie des normes. C’est un retour en arrière majeur par rapport à tout ce qui avait été construit dans le droit du travail depuis des décennies. L’objectif est d’affaiblir les capacités d’action et de résistance collective et de propositions d’alternatives de la part des salariés pour imposer une baisse du coût du travail.

Cette loi ne permettra-t-elle pas, comme l’affirment des économistes dans une tribune signée du 4 mars 2016 dans Le Monde, de casser une certaine inégalité dans la protection des salariés (d’un côté les personnes embauchées dans le cadre d’un CDD et de l’autre les travailleurs protégés par un CDI) mais aussi de développer l’emploi ?

Ces deux arguments sont faux. Les études économétriques concluent de façon convergente que les mesures de libéralisation du marché du travail ne conduisent pas à une amélioration significative de la croissance et de l’emploi. Ces mesures conduisent à court terme à des suppressions d’emploi. L’argument est donc de faire accepter aux gens des sacrifices sur un temps indéterminé, pour des résultats incertains. C’est donc faux sur le plan statistique mais aussi dans la pratique. En effet, c’est une logique qui est à l’œuvre depuis maintenant 30 ans. Au moins, depuis les premières mesures de libéralisation de l’économie dans les années 1980. À chaque fois, on nous répète la même chose : « il faut flexibiliser pour créer de l’emploi », or manifestement le chômage de masse n’a pas cessé de s’ancrer et la précarité s’est développée. Quant au problème de la précarité, c’est toujours la même logique. L’idée de tirer le CDI vers le bas pour le rendre plus attractif vis-à-vis des patrons ne tient pas. Au contraire, on va déprimer la demande et diminuer la qualité du travail. Si les travailleurs sont dans des situations plus précaires, ils n’ont pas la possibilité de se former, de s’approprier les évolutions technologiques et les entreprises sont moins efficaces.

La véritable cause du haut niveau de chômage et de la précarité, c’est le coût du capital. Le MEDEF se plaint en permanence du niveau élevé des cotisations sociales patronales alors qu’elles s’élèvent à 166 milliards d’euros dans la comptabilité nationale. Les intérêts payés aux banques et les dividendes payés aux actionnaires, par contre, sont de 258 milliards d’euros. Voilà qui donne une idée des charges financières qui pèsent réellement sur les entreprises et dont le patronat ne se plaint jamais !

Des économistes (Les Échos, 29 février 2016) distinguent « protection de l’emploi » et « protection des personnes », dans cette perspective ils affirment que les responsables politiques doivent s’attacher à protéger les personnes. C’est ce qu’on appelle aussi la « flexisécurité ». Pourquoi pas ?

Quelle est l’aspiration exprimée par nos concitoyens ? Organiser la vie professionnelle de chacun sans passer par la case chômage. Or, la flexisécurité ne répond pas à ce besoin. L’idée est la suivante : si vous êtes au chômage, on vous assistera grâce à des moyens conséquents. On admirait ainsi beaucoup, naguère, le « modèle danois ». Mais dans le cas où le chômage est massif et structurel, ce dispositif devient extrêmement coûteux. Il ne tient pas face à une crise comme celle que l’on affronte actuellement.

L’existence même du chômage est un élément d’affaiblissement des travailleurs et un gaspillage des ressources. Ce que nous proposons, nous, c’est d’entreprendre une politique qui poursuit, par étapes, l’objectif, à terme, d’éradiquer le chômage. L’un des points forts de l’économie capitaliste contemporaine c’est qu’elle est capable de renouveler l’activité, d’introduire de nouvelles productions venant remplacer des activités existantes. Mais les travailleurs dont les emplois disparaissent sont rejetés sur le « marché du travail », c’est-à-dire mis au chômage. Avec la construction d’un système de sécurité d’emploi et de formation, nous voulons maîtriser ce renouvellement de l’activité, ne pas le laisser s’exercer au service de la rentabilité des capitaux. L’idée est de passer d’un temps d’inactivité brutale, à un temps de formation qui favorise une réinsertion dans une activité renouvelée. Permettre aux gens d’évoluer, de changer de métier de façon maîtrisée. Il faut libérer le peuple de la hantise du chômage. Au lieu d’avoir, comme c’est le cas aujourd’hui, 80 % à 90 % d’individus qui occupent un emploi salarié plus ou moins précaire, plus ou moins bien rémunéré, et 10 % à 20 % de chômeurs, ce que l’on cherche à obtenir c’est qu’il y ait en permanence une proportion de la population en formation. On profiterait pour cela des gains de productivité apportés par les nouvelles technologies qui permettent de réduire massivement le temps de travail.

Les propositions que tu viens de décrire irriguent-elles le contre-projet de loi avancé par la commission économique ? Notre pays a-t-il les ressources pour financer un tel système ?

Exactement. L’idée de sécurisation de l’emploi et de la formation est un chantier de longue date. Quand le gouvernement a sorti la loi El-Khomri nous n’avons pas été pris au dépourvu. Nous avons été capables grâce aux compétences réunies dans la commission, et notamment des inspecteurs du travail, de traduire ces propositions, qui ont une portée très générale, dans un texte précis prenant la forme d’une proposition de loi. Ce texte traite de tous les aspects de transformation de la gestion de l’activité professionnelle dans les entreprises et dans la société avec comme philosophie : permettre à l’activité économique d’évoluer en protégeant les salariés et en mettant à contribution la responsabilité des entreprises.

Sécuriser l’emploi et la formation, c’est sécuriser les revenus, donc la demande adressée aux entreprises. Dans le même temps, c’est consolider les capacités des travailleurs à créer des richesses (l’offre) et donc rendre les entreprises plus efficaces. Davantage de valeur ajoutée, moins de gaspillages de moyens matériels et financiers, c’est aussi davantage de recettes qui rentrent dans les caisses de l’État (via les prélèvements fiscaux) et dans les caisses de la Sécurité sociale (sous forme de cotisations). C’est donc plus de moyens pour financer la protection sociale et le développement des services publics – à commencer par un nouveau service public de l’emploi et de la formation. Enfin, sécuriser l’emploi et la formation, c’est à la fois permettre aux salariés d’épargner, source de dépôts stables dans les banques, tout en limitant les risques de surendettement des ménages et de faillites des entreprises. Ainsi, les banques auront davantage de moyens – si on les incite à se libérer de la domination des marchés financiers – pour financer les investissements créateurs d’emploi avec des crédits à taux réduits. On dessine ainsi un « cercle vertueux » pour nous affranchir des cercles vicieux de la crise.

Pour y parvenir, il est crucial de développer les luttes et les rapports de forces pour une réorientation radicale des crédits bancaires en faveur de l’emploi, de la formation, des services publics. Notre proposition de loi cite différentes institutions qui peuvent venir à l’appui de ces luttes pour imposer un changement de comportement du système bancaire dans son ensemble : un pôle financier public, des fonds régionaux et nationaux pour l’emploi et la formation, une politique monétaire de la Banque centrale européenne favorisant sélectivement le financement du développement des services publics et des investissements répondant à des critères précis en matière économique (création de valeur ajoutée dans les territoires), sociaux (emploi, formation, salaires, conditions de travail) et environnementaux (économies d’énergie et de matières premières).

Comme tu l’affirmes précédemment, la sécurité et la formation sont des objectifs à long terme. Quelles seraient les premières mesures à prendre compte tenu de l’urgence sociale ?

L’urgence serait de renforcer les pouvoirs des salariés, non seulement pour se défendre mais aussi pour imposer d’autres choix de gestion. Les dispositions qui me paraissent cruciales, présentes dans notre propre projet, sont celles qui instaurent dans les comités d’entreprise un droit de veto suspensif en cas de licenciement mais aussi un droit de proposition sur la gestion de l’entreprise. Des propositions conditionnées au développement de l’emploi et de la valeur ajoutée dans l’entreprise. Ce qui serait consolidé dans la loi serait la présentation d’alternatives par les salariés et leur prise en compte par l’administration à travers un processus de médiation, avec – point décisif – des dispositions pour obliger les banques à financer ces projets.

La loi que vous proposez « gère le temps » de l’individu (en proposant une alternance entre travail et formation), parallèlement, ne faut-il pas favoriser la demande ?

D’abord, je réfute l’idée (défendue, par exemple, par Frédéric Lordon) qu’il ne servirait à rien de demander aux entreprises de créer de l’emploi puisque ce qui crée l’emploi c’est la demande donc, in fine, la conjoncture régulée par les politiques macroéconomiques décidées par les gouvernements. Je pense que l’expérience montre le contraire. Il ne suffit pas que les carnets de commandes soient remplis pour que les patrons embauchent. Ils peuvent délocaliser, placer l’argent sur les marchés financiers, faire des choix technologiques qui dépriment l’emploi, etc. La bataille est à mener là où se trouvent les pouvoirs de décision, c’est-à-dire dans l’entreprise et dans le système financier. Bien sûr, il faut stimuler la demande. Cela ne peut pas venir des gestions et des politiques inspirées par la rentabilité capitaliste et son obsession de réduire le coût du travail. Il faut donc un développement sans précédent des services publics. La révolution informationnelle qui est en cours est gérée par des grands groupes qui cherchent à capter les profits. On a besoin de moins de travail et de moins de moyens matériels pour produire la même quantité de biens et de services. Ces gains de productivité doivent servir à financer le développement des services publics au lieu de nourrir les profits. Dans nos propositions, il y a les deux aspects. Premièrement, des pouvoirs nouveaux dans les entreprises pour stimuler et imposer des plans d’investissement et d’embauche. Deuxièmement, il faut augmenter les dépenses publiques, mais selon un critère : répondre à des objectifs sociaux déterminés par les citoyens en développant de nouveaux services publics démocratisés.

Comment intégrons-nous dans nos réflexions la « révolution numérique » qui transforme la structure du travail ?

Deux phénomènes interpénétrés sont observables. D’une part, l’achèvement de la révolution industrielle qui a pris son essor à partir du XVIIIe siècle. Elle s’est notamment traduite par la multiplication des machines-outils, autrement dit par la réalisation grâce à des machines de tâches réalisées par la main de l’homme. D’autre part, le début d’une « révolution informationnelle » : des machines remplacent certaines tâches du cerveau humain. C’est une automatisation de la manipulation de l’information. L’information a des propriétés économiques différentes de celle de la matière. Une information peut être partagée. Si j’ai une information et que je la communique à quelqu’un, je la possède toujours. Au contraire, si je suis propriétaire d’un objet matériel et que je le donne (ou si je le vends – nous sommes en régime capitaliste !) je n’en ai plus la propriété. La révolution informationnelle ouvre la possibilité très concrète d’une remise en cause tout à fait radicale de l’économie de marché et du capitalisme. Nous sommes au début de la révolution informationnelle et le capital fait tout pour réussir à contrôler les profits tirés de cette révolution. La conséquence de cette stratégie est la tendance permanente à la déflation dans l’économie. En effet, les entreprises vont économiser sur le travail, sur les dépenses matérielles et plus globalement sur les besoins humains. Mais cela tend à déprimer la « demande » (les salaires et donc les dépenses des consommateurs) tout autant que l’« offre » (l’efficacité des entreprises). On tire l’économie vers le bas. Un bon exemple en est « l’ubérisation ». On fait croire aux gens qu’ils vont être leur propre patron mais en réalité leur subordination vis-à-vis du propriétaire du système d’information qui est à la base de ce modèle économique n’est pas moins forte que s’ils étaient juridiquement salariés de ce propriétaire. « L’ubérisation » développe des formes d’exploitation qui sont plus violentes par certains côtés.

La Revue du Projet n°57, mai 2016

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 19:09
Mobilisation le jeudi 26 mai contre la loi travail dans le Finistère (déclaration de l'union départementale CGT)

Déclaration de l'union départementale CGT

Toujours déterminé-es : Amplifier la mobilisation, faire respecter la démocratie !

Après plus de deux mois de mobilisation des salarié-es, des jeunes, des privé-es d’emploi et des retrai- té-es, la mobilisation se poursuit et s’amplifie comme le montre cette journée du 19 mai.

Sur le Finistère le 19 mai, c’est plus de 2800 manifestants : Brest = 1500 ; Morlaix = 300 ; Carhaix =120 ; Quimper = 500 ; Quimperlé = 300 Douarnenez = 50 ; Châteaulin = 70 jeunes, soit 800 manifestants de plus que le 17 mai.

Cette semaine, le développement d’actions, de grèves dans de nombreux secteurs et de blocages pour obtenir le retrait du projet de loi travail et l’obtention de nouveaux droits, montre que la détermination reste intacte.

L’opinion publique reste massivement opposée à cette loi Travail et à l’utilisation autoritaire du 49.3 par le gouvernement.

On continue la lutte le 26 mai à 11h

Les organisations syndicales CGT, FSU, FO, Solidaires du Finistère invitent les syndicats à se réunir et à contacter leur union locale pour l'organisation d'actions dans la matinée du 26 mai avant les rassemblements, partout où cela est possible, devant les entreprises, établissements, autres ... et à rejoindre les points de convergences pour les manifestations :

BREST : Place de la Liberté QUIMPER : Place de la Résistance

MORLAIX : Place de la Mairie

CARHAIX : Place du Champ de Foire

QUIMPERLE 10h30 : Rond Point Jean Charter

DOUARNENEZ 17h30 : RDV Leader Price puis convoi jusqu’à la place de la Résistance DZ

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 13:12

Déclaration du Parti communiste français

APPEL à la MOBILISATION - RETRAIT DU PROJET DE LOI EL KHOMRI

La mobilisation contre la loi El Khromri s'amplifie : blocage des raffineries, grève à la SNCF, à La Poste, à la RATP, chez les routiers, des actions locales, dans des universités, dans des entreprises…

Plusieurs manifestations et actions se préparent dans les jours et semaines qui viennent. Nous soutenons toutes les initiatives, toutes les grèves de branches, de secteurs, locales qui voient le jour.

Nous encourageons les adhérent-e-s du parti à participer à l'amplification de ces actions.

Ce mouvement s'amplifie parce que le cœur du projet de loi El Khomri, avec notamment l'inversion de la hiérarchie des normes, est confirmé par le gouvernement, la droite et le patronat, malgré l'opposition archi majoritaire à ce texte dans le pays.

Après le passage en force en première lecture à l'Assemblée nationale, le texte va passer au Sénat le 13 juin.

L'ambition de la majorité de droite est de durcir encore le projet de loi en renforçant son caractère libéral, anti-social, pour essayer de le faire adopter en deuxième lecture à l'Assemblée nationale.

Pour contrer ce scénario, la mobilisation et les grèves doivent s'élargir pour le retrait du texte, et pour censurer le gouvernement s' il tente encore une fois de passer en force.

Face au bras de fer qui est engagé, nous appelons à réussir la manifestation nationale du mardi 14 juin à Paris.

Nous appelons l'ensemble des communistes, des organisations locales, départementales, régionales du parti, l'ensemble des élu-e-s communistes à préparer et à participer à la manifestation, en portant nos propositions alternatives pour une véritable sécurisation de l'emploi et de la formation pour tous.

Réussir le 14 juin, c'est donner du poids à nos exigences, à nos revendications et de la voix aux élu-e-s communistes à l'Assemblée nationale et au Sénat qui ne lâchent rien pour obtenir le retrait du projet de loi.

D'ici là, nous vous invitons à participer à la votation proposée par les organisations de jeunesse dont la JC et l'UEC, ainsi qu'aux différentes manifestations, rassemblements comme le 26 mai, et 6 juin.

Paris, le 23 mai 2015

Loi El Khormri: déclaration du PCF
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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 10:48

Ouest-France, mardi 24 mai 2016

Un comité de soutien pour l'hôpital de Morlaix:

Usagers et soignants se mobilisent pour la défense du Centre hospitalier des Pays de Morlaix (CHPM). "Face à la surdité de la direction et du conseil de surveillance mais aussi pour dénoncer la loi Touraine, qui prévoit une politique d'économie de la santé, on a tous intérêt à défendre ce service public" explique François Rippe (Front de Gauche), à l'initiative de ce comité.

A ce jour, seul la CGT a rejoint le comité.

Un comité d'administration de dix membres a été constitué.

L'objectif est d'enrayer la détérioration des soins.

"On faisait du sacré boulot sur la fin de vie mais maintenant c'est une chaîne de productions de soins, témoigne Martine Carn, infirmière au CHPM pendant plus de trente ans. Il faut arrêter de supprimer des lits et des postes".

Une réunion publique sera organisée en juin.

Un débrayage est prévu ce vendredi 27 mai, à partir de 14h15.

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 07:28
L'élection présidentielle en Autriche sonne comme un dernier avertissement (PCF)

L'élection présidentielle en Autriche sonne comme un dernier avertissement

Le candidat indépendant écologiste Alexander Van der Bellen remporte dans un mouchoir de poche les élections présidentielles en Autriche, contre le candidat d’extrême-droite Norbert Hofer. Le PCF salue le choix du peuple autrichien et la victoire de Van der Bellen contre le candidat du FPÖ.

Il partage le soulagement des progressistes en Autriche et en Europe d’éviter, in extremis, l’accession de l’extrême-droite à la tête d’un État pour la première fois en Europe depuis 1945.

Ce résultat du FPÖ ne peut être banalisé.

Ce scrutin est peut-être le dernier avertissement avant que l’extrême-droite ne soit en mesure de s’emparer de leviers de pouvoirs décisifs en Europe.

Après la percée d’afD aux élections régionales allemandes, et celle de l’extrême-droite aux élections législatives slovaques, et vu le niveau du Front national en France, ces élections montrent que les sentiments xénophobes et de repli identitaire travaillent une large part des populations européennes.

L'Union Européenne porte une lourde responsabilité. Il faut rompre avec l'austérité et l'autoritarisme.

L’heure est à la mobilisation de de toutes les forces de progrès pour répondre aux urgences démocratiques et sociales en Europe.

Quand, comme en Autriche, un chancelier social-démocrate gouverne avec la droite pour légitimer le discours de l’extrême-droite, cette dernière en tire des profits immédiats.

L’heure est à la construction de politiques qui s’appuient sur la justice, la solidarité et sur l’impératif de souveraineté des peuples.

Parti communiste français, 23 mai 2016.

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 07:16
Eric Hazan

Eric Hazan

D’après Manuel Valls, «l’antisionisme est tout simplement le synonyme d’antisémitisme».

Ce propos n’est pas surprenant de la part d’un homme politique pour lequel «l’état d’urgence, c’est l’Etat de droit», et qui entend lutter contre le chômage en facilitant les licenciements.

Mais sérieusement, qu’est-ce au juste que «l’antisionisme ?»

Il y a deux réponses possibles.

La première, celle des dîners du Crif, repose sur deux assertions successives : l’Etat d’Israël parle au nom des Juifs du monde entier ; par conséquent, être «antisioniste», critiquer la politique israélienne, c’est dénigrer non seulement le gouvernement israélien, mais la population du pays et l’ensemble de tous les Juifs - c’est de l’antisémitisme.

Cette façon de voir occulte deux points essentiels : la grande majorité des Juifs vivent ailleurs qu’en Israël et parmi eux, nombreux sont ceux qui n’approuvent pas sa politique ; d’autre part, critiquer un gouvernement ne signifie nullement que l’on accuse la population du pays.

Non, condamner la politique coloniale d’Israël n’a rien à voir avec l’antisémitisme.

La deuxième réponse à la question qu’est-ce que «l’antisionisme ?» est d’ordre historique. Au début du XXe siècle, quand Theodor Herzl invitait les Juifs d’Europe à partir pour la Palestine, beaucoup d’entre eux s’y opposaient, notamment les ouvriers révolutionnaires polonais du Bund. Ils étaient antisionistes, les seuls peut-être à avoir mérité ce terme qui n’a plus guère de sens aujourd’hui.

Par la suite, dans l’entre-deux-guerres, la présence juive en Palestine étant un fait accompli, plusieurs intellectuels juifs de grand renom comme Hannah Arendt, Martin Buber ou Gershom Scholem dirent et écrivirent que cette présence ne pouvait plus être remise en cause, mais qu’il fallait surtout éviter que s’établisse une souveraineté juive sur la Palestine.

En octobre 1947, alors que le statut de la Palestine était encore en discussion à l’ONU, Arendt prit la parole devant la commission internationale chargée d’éclairer l’Assemblée générale, et plaida en faveur d’une fédération, d’un Etat binational sur le territoire de la Palestine mandataire. Aujourd’hui, les termes du débat sont les mêmes. I

l y a d’un côté ceux qui défendent un Etat juif souverain, le plus puissant et le plus homogène possible, qui travaille à judaïser tout le territoire de la Palestine historique en maintenant en sujétion ses habitants non juifs, les Palestiniens d’Israël et ceux des Territoires occupés.

Et de l’autre côté, il y a ceux pour lesquels les quelque 11 millions d’êtres humains habitant entre le Jourdain et la mer ont tous le droit de vivre en égaux dans un Etat commun. (On peut laisser de côté la solution des deux Etats, fiction destinée à faire accepter le statu quo).

Pour ceux, Juifs ou Arabes, qui soutiennent la création d’un tel Etat, la présence juive en Palestine ne se discute plus depuis longtemps, c’est la souveraineté juive qui est le cœur du litige. Le boycott d’Israël est pour eux un moyen d’en finir avec cette souveraineté. Les accuser de vouloir la «destruction d’Israël», d’être des antisémites, c’est utiliser une fois de plus Auschwitz pour légitimer la politique coloniale du gouvernement israélien.

Le boycott n’est pas une arme contre les Juifs israéliens.

Bien au contraire, il les aide à faire un jour partie intégrante de la région du monde où leurs aînés ont été autrefois conduits, à quitter leurs habits de colons pour devenir des égaux vivant enfin en paix dans un pays réconcilié.

Eric Hazan

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 07:10

Qui déroule les tapis bruns ?

Mardi, 24 Mai, 2016

L'Humanité

L'éditorial de Patrick Apel-Muller.

Le coup passa si près… Un ouf de soulagement a parcouru l’Europe après la victoire d’un souffle du candidat Vert sur celui de l’extrême droite.

Trop souvent un lâche soulagement.

Si Manuel Valls a jugé hier que « chacun doit en tirer les leçons », il s’est bien gardé de se livrer à l’exercice. Il aurait fallu avoir le courage de l’autocritique.

La montée des populismes, des racismes et des extrêmes droites dans de nombreux pays européens se nourrit en effet de politiques d’austérité qui menacent le présent des milieux populaires et obscurcissent l’avenir.

Symétriquement, une caste réduite et fermée de privilégiés s’enrichit spectaculairement, passant ses consignes à un personnel politique docile afin que la concurrence entre les peuples et entre les individus eux-mêmes soit exacerbée.

Là peuvent fermenter les haines, les peurs et les rejets des autres.

Le traitement lamentable du drame des réfugiés par les autorités de l’UE et les grands États du continent a ouvert les bondes des égoïsmes.

Quand, de surcroît, la social-démocratie abdique ce qui lui restait de social et les valeurs d’humanité pour gouverner en harmonie avec les conservateurs, gauche et droite se confondent dans les mêmes choix d’injustice, les mêmes rengaines libérales, voire réactionnaires, le même autoritarisme qui rend sourd aux revendications populaires si elles contredisent les marchés financiers.

C’est un tapis brun déroulé aux forces obscures.

Le premier coup passa si près… mais n’est-ce pas le dernier avertissement avant des basculements inquiétants, si les forces de progrès ne trouvent pas l’énergie de porter des politiques radicalement alternatives ? L’offensive réactionnaire conduite en France contre le droit du travail, contre les syndicats, les débats infectés sur la déchéance de la nationalité attestent des risques pour notre pays. Il ne suffira pas de crier au loup comme certains partis savent si bien le faire à la veille des échéances électorales pour battre Marine Le Pen.

Bien plus utiles sont les femmes et les hommes nuit et jour debout sur nos places, dans nos rues ou devant des raffineries si, avec la résistance, ils prennent à bras-le-corps l’avenir politique.

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 07:00
Maison dite d'Ariel Shalon, un exemple symbolique de la politique de colonisation israélienne en plein cœur du quartier musulman du vieux Jérusalem

Maison dite d'Ariel Shalon, un exemple symbolique de la politique de colonisation israélienne en plein cœur du quartier musulman du vieux Jérusalem

Report de la conférence internationale sur le Proche-Orient : Une politique sous influence

Comment interpréter le report de la conférence internationale sur le Proche Orient prévue le 31 mai - d'abord à "l'été" puis finalement au 3 juin -, conférence initiée, avant son départ du Quai d’Orsay, par Laurent Fabius qui s’engageait en cas d’échec à ce que la France reconnaisse officiellement l’Etat de Palestine ?

Qu'en penser quand on sait que Jean-Marc Ayrault a annoncé "qu'en cas d'échec, la France renoncerait à la reconnaissance de l'Etat palestinien" dès les premiers jours de son entrée en fonctions.

L’opposition de B. Netanyahou, relayée en France par les fervents soutiens de la politique israélienne, la critique virulente du vote de la France de la résolution de l’UNESCO reprochant à Israël, puissance occupante, ses multiples violations du droits international et des droits humains à l’intérieur de la vieille ville de Jérusalem, les provocations de groupes religieux intégristes ont conduit, rapidement, le premier ministre Manuel Valls a désavoué l'ambassadeur de France à l'UNESCO, et l'Elysée à reporter la conférence.

François Hollande et Manuel Valls se sont donc pliés aux exigences d’un gouvernement d’extrême-droite, celui de Netanyahou. Le chemin vers la paix et la justice ne peut être pavé de renoncements ou de mensonges. Le Parti communiste français demande au gouvernement et au chef de l'Etat de mener au Proche Orient une politique s’appuyant sur le droit international, le respect des résolutions de l’ONU pour qu’enfin les Palestiniens voient leur Etat reconnu dans ses frontières de 1967 et avec Jérusalem Est pour capitale.

C'est la seule véritable façon d’assurer le respect des droits fondamentaux du peuple palestinien et la sécurité d’Israël.

Le PCF, 21 mai 2016

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 06:47

les amis de la sardine rient

14/18 la der des ders ?

1914/1918.......2014/2018 est ce ainsi que les hommes vivent ? Chansons pour la Paix

Claude Couamme chant

Patrick Le Gall Piano accordéon bandonéon

vendredi 10 juin 2016 20h30

salle Anne Follézou

Port de Brigneau

Moëlan sur Mer

Participation aux frais d’organisation de la soirée 10€ renseignements/réservations :06 74 44 04 90./02 98 71 12 36

Chansons pour la paix de Claude Couamme à "Les amis de la sardine rient" du port de Brigeau en Moëlan sur Mer le 10 juin 2016
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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 06:07
Manifeste pour un grand service public ferroviaire d'avenir

Appel à signer le manifeste "POUR UN GRAND SERVICE PUBLIC FERROVIAIRE D’AVENIR" mardi 24 mai 2016

De gauche à droite : Jacques Baudrier (administrateur du Stif), Marine Tondelier (EELV), Pierre Mathieu (ANECR), Pierre Laurent (Sénateur), Henri Bascunana (Collectif le train d’investissement d’avenir), Didier Le Reste (Convergence Nationale Rail), Gilbert Garel (secrétaire général CGT cheminots)

Á l’exemple des initiatives fortes qui se mènent dans les régions Provence Alpes Côte d’Azur, Midi Pyrénnées/Languedoc-Rousillon, Ile de France.... partout les élus communistes, républicains et partenaires sont dans l’action dans le cadre de rassemblements avec les usagers, les cheminots, les populations, des acteurs socio-économiques pour s’opposer aux mauvais coups qui pleuvent : fermetures le lignes, dégradation de la qualité de service, abandons par l’Etat du Fret ferroviaire, des trains de nuit et des TET (Trains d’Equilibre du Territoire), défense de la filière ferroviaire...

Déclaration de l’Association nationale des élus communistes et républicains :

Incontestablement avec les orientations actuelles une spirale du déclin est engagée. En plus du refus du gouvernement de régler la question du désendettement du système ferroviaire, il faut mesurer la gravité et les conséquences terribles que représente la diminution des moyens attribués par l’Etat aux collectivités (- 28 milliards cumulés sur 4 ans) alors que celles ci- assurent l’essentiel du financement des transports collectifs du pays.

Entre les objectifs affichés notamment lors de la COP 21 et la réalité des actes gouvernementaux ce n’est pas d’un fossé dont il faut parler mais bien d’un gouffre ! Dans les faits c’est le choix du mode routier qui est privilégié tant pour le transport des marchandises que pour celui des personnes (cars Macron). Le service public est sacrifié alors que tout continue d’être mis en œuvre pour libéraliser et ouvrir toujours plus le secteur au privé.

De nombreux territoires sont de moins en moins bien desservis et la qualité de service se dégrade.

Les conditions de travail, le statut des cheminots sont sévèrement attaqués avec les risques que cela peut entraîner au plan de la sécurité au moment même où les accidents et incidents se multiplient. On ne peut laisser faire ! Sur tous les plans : aménagement du territoire, environnement, santé publique, enjeux sociaux et économique la question des transports est vitale et les 60 premiers signataires du Manifeste pour un grand service public ferroviaire d’avenir souhaitent "ouvrir un espace d’échanges, enrichir la réflexion collective, intervenir dans le débat politique en organisant des initiatives publiques et ainsi peser sur les décisions à venir". Les élus communistes, républicains et partenaires peuvent apporter leur contribution à cette démarche en devenant signataire du manifeste, en le faisant connaître, en prenant et en participant aux initiatives à développer dans tous les territoires.

Le secrétariat national de l’ANECR Montreuil le 23 mai 2016

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