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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 10:41
« Tout est à réorganiser et il y aura moins de moyens pour les projets extrascolaires, l'année prochaine », soupire l'APE du Poan-Ben.

« Tout est à réorganiser et il y aura moins de moyens pour les projets extrascolaires, l'année prochaine », soupire l'APE du Poan-Ben.

Sophie Prévost- le Télégramme, 1er octobre 2016

Par mesure de sécurité, le maire de Morlaix interdira toute manifestation dans les écoles publiques, en dehors des kermesses, cette année. Un coup dur pour les Associations de parents d'élèves.

« Compte tenu du degré élevé de la menace qui pèse sur notre pays et conformément aux instructions de M. le préfet concernant les consignes de vigilance, j'ai le regret de vous informer que je n'accorderai la tenue d'aucune manifestation dans les écoles de la ville durant l'année scolaire, en dehors des kermesses de fin d'année ».

Le public uniquement

Signé d'Agnès Le Brun, le courrier a été envoyé aux directeurs et directrices des écoles publiques morlaisiennes avant-hier. Une mesure préventive qui fait suite, dit-elle, à une réunion récente en sous-préfecture. « Nous sommes toujours en plan Vigipirate, et les mesures imposées par l'État se durcissent, prolonge le maire. Il s'agit de sécuriser les bâtiments publics, en ayant le minimum d'occupation possible. Surtout dans les écoles. On ne peut pas tout annuler non plus. Nous avons jugé que les kermesses étaient un moment fort à préserver ». Les écoles privées ne sont pas concernées par la mesure. « Leurs bâtiments ne sont pas communaux », précise Agnès Le Brun.

« En savoir plus »

Prévenues hier, les Associations de parents d'élèves (APE) disent toutes leur surprise. « Cette décision arrive sans avoir été discutée ni avec les écoles, ni en conseil municipal.

Nous aimerions en savoir un peu plus pour nous réorganiser », commentent les représentants. La mesure concernera-t-elle les seules festivités sur le temps extrascolaire ou, également, les goûters de Noël, organisés avec les familles et l'équipe pédagogique ? Y aura-t-il des protections policières, lors des kermesses ? « J'ai sollicité une rencontre rapide avec le préfet pour aborder point par point ces questions », répond le maire.

Manque à gagner

Reste le manque à gagner, que l'annulation des manifestations engendrera inévitablement pour les APE. Plus de vide-greniers en février à l'école Jean-Jaurès. « Ce sont 1.900 € de moins dans les caisses », témoignent les parents d'élèves. Même chose au Poan-Ben, où l'APE s'est d'ores et déjà rabattue, à l'invitation du maire, sur la salle socioculturelle de Ploujean, gratuite une fois par an. « Même si ce n'est pas l'esprit pour une école du centre-ville », déplore la présidente Aude Maillet-Liron. À Jean-Piaget, l'APE organisait jusqu'à présent trois à quatre grosses manifestations (Bal des monstres, cabaret, vide-greniers) autour de l'école. « Les bénéfices nous permettaient de payer du matériel, des intervenants ou des sorties. Sans eux, c'est une année blanche assurée pour les élèves en 2017 ? 2018 », soupirent les coprésidents. Une conséquence dont Agnès Le Brun dit avoir tout à fait conscience. « Mais nous sommes en état d'urgence. J'obéis aux consignes du préfet, termine-t-elle. Cela ne peut pas faire débat ».

http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/ecoles-publiques-les-kermesses-et-rien-d-autre-01-10-2016-11238233.php

Le télégramme, 1er octobre 2016 - article de Sophie Prévost et communiqué de l'opposition

Le télégramme, 1er octobre 2016 - article de Sophie Prévost et communiqué de l'opposition

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 10:00
Ecoles publiques; pas de festivités cette année (Ouest-France -Anaïg Dantec, 1er octobre 2016)
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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 09:28
Exclusion du Secours Populaire à Hayange: le FN ou le visage de la Haine et de l'exclusion (PCF)

Hayange/Secours Populaire : le FN ou le visage de la Haine et de l'exclusion

Le maire Front National de la ville d'Hayange (Moselle) vient de décider d'exclure le secours Populaire Français des locaux que l'association occupait depuis une dizaine d'années dans cette ville, apportant aide et soutien à plus de 800 personnes, sous prétexte que le Secours Populaire développerait une idéologie politique et « pro-migrants ».

Dans cette région minée par le chômage et la désindustrialisation, le maire frontiste dévoile à nouveau son vrai visage qui est celui de son organisation politique : celui de la haine pour les associations qui travaillent dans l'indépendance et font vivre au quotidien les valeurs de solidarité et d'humanité. Celui du mépris pour toutes celles et ceux qui , privés de leur emploi sont aux prises aux pires difficultés pour vivre décemment, pour vivre tout simplement. Celui de l'exclusion, de la division, de la xénophobie.

Le PCF exprime sa totale solidarité envers le secours populaire français, envers les habitants d'Hayange et invite les associations, les élus, les progressistes, à se mobiliser pour empêcher ce coup de force et faire vivre les valeurs de solidarité, d'égalité, de fraternité qui sont ceux du secours populaire français, de toutes celles et ceux qui ont les valeurs de la République à coeur, et que ce maire et son organisation ne pourront pas fouler aux pieds impunément.

A Hayange, le maire FN ferme le Secours populaire jugé «pro-migrants»

30 SEPTEMBRE 2016 | PAR LA RÉDACTION DE MEDIAPART

Le maire FN d’Hayange a demandé au Secours populaire d’évacuer le local municipal qu’il occupait de longue date, reprochant à la présidente de l’association caritative de faire « de la propagande pro-migrants toute l’année ». « Le seul combat qu’on mène, c’est contre la misère », rétorque celle-ci. L'association refuse de rendre les clés.

maire FN d'Hayange (Moselle), Fabien Engelmann, a demandé au Secours populaire d'évacuer le local municipal qu'il occupait d'ici vendredi 30 septembre. Vendredi matin, un huissier de justice s'est présenté sur place mais l'association a refusé de rendre les clés, rapporte l'Agence France-Presse (AFP).

« Un huissier est venu, avec la directrice des services de la mairie, et nous a demandé de rendre les clefs. Nous avons dit "Non" », a expliqué à l'AFP Anne Duflot-Allievi, la présidente du comité local de l'association, qui aide plus de 750 personnes par mois. Le maire frontiste va lancer une procédure d'expulsion. Depuis une dizaine d’années, ces locaux étaient gracieusement mis à disposition du Secours populaire par la ville.

Dans un communiqué, vendredi, le maire assure qu'« il ne s’agit pas, comme certains veulent le faire croire, d’une action contre le Secours populaire français ». Le maire justifie sa décision en invoquant les opinions politiques de la présidente et du trésorier de l'association caritative, des militants du PC, qui font « de la propagande pro-migrants toute l'année » et « utilisent l'image du Secours populaire pour faire de la politique ». « Nous sommes les premiers à regretter que les directions nationale et départementale aient laissé l’antenne locale devenir ainsi une succursale du Parti communiste », écrit-il.

« On n'est pas dans la politique, le seul combat qu'on mène, c'est contre la misère », indique de son côté Anne Duflot-Allievi. « Le maire nous reproche d'aider les migrants, mais nous, on aide tout le monde. Ce qui me fait le plus mal au cœur, c'est que si on perd le local, on ne pourra plus aider les personnes dans la misère. Ce sera la mort du Secours populaire à Hayange », a déploré la présidente de l'antenne locale du Secours populaire.

Selon elle, le maire lui reproche des propos qu'elle a tenus à Libération en décembre 2015, à propos d'un goûter de Noël dont les enfants de migrants auraient été exclus sur décision de la municipalité. « Engelmann a décidé que seuls pourraient venir [à ce goûter] ceux dont les parents touchent les minima sociaux, donc exit les migrants ! », avait-elle alors déclaré au quotidien. Selon elle, le maire reproche également au Secours populaire d'avoir travaillé, lors d'un événement caritatif, avec l'association « Hayange, plus belle ma ville », opposante à la municipalité frontiste.

D'après l'AFP, l'association déplore également la baisse des subventions allouées par la Ville. Selon le Secours populaire, celles-ci s'élevaient à 1 700 euros par an du temps de l'ancienne municipalité socialiste – sauf la dernière année, où la subvention n'avait pas été demandée, un point souligné par M. Engelmann qui évoque une « mauvaise gestion ». Mais elle a ensuite été abaissée à 550 euros après la victoire du FN, puis supprimée cette année. Sur ce point, le maire affirme que l'association « n'a pas daigné déposer son dossier ». Ce que celle-ci conteste.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 09:26
La fin des tracts électoraux bien à l'ordre du jour

La fin des tracts électoraux bien à l'ordre du jour

Malgré deux tentatives lors des projets de lois de finances de 2014 et 2015, le gouvernement persévère.

Faustine Loison, Graphiline: La fin des tracts électoraux bien à l'ordre du jour
http://www.graphiline.com/article/23994/fin-tracts-electoraux-bien-a-l-ordre-jour

C'est une économie de près de 170 millions d'euros qu'attend l'État de l'article 52 du projet du budget 2017 présenté mercredi 28 septembre. Le texte propose la dématérialisation de la propagande électorale,et ce, dès les élections présidentielle et législatives de 2017. L'envoi de ces documents aux citoyens serait remplacé par leur mise en ligne sur un site internet public et leur mise à disposition au sein des mairies, préfectures et sous-préfectures.

"Substituer à l'envoi des circulaires des candidats leur mise en ligne sur un site internet public devrait assurer un meilleur accès à la propagande, susceptible de favoriser une meilleure participation et de réduire l'impact environnemental", affirme le ministère de l'Économie et des Finances.

L'économie nette attendue de ce changement pour les élections de 2017 s'élève à 168,9 millions d'euros dont 68,3 millions pour les élections législatives et 100,6 millions pour la présidentielle. Ce montant tient compte de coûts des mesures d'accompagnement et la campagne d'information (estimés à 8 millions d'euros).

L'État prend en charge les frais liés à la mise sous pli de ces documents, leur affranchissement et rembourse le coût du papier et l'impression des circulaires et bulletins de vote aux listes de candidats ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés.

En Guyane, en Guadeloupe, en Martinique, à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, dans les îles Wallis-et-Futuna, à Mayotte, à Saint-Barthélemy, à Saint Martin et à Saint-Pierre-et-Miquelon, l'envoi et la distribution des circulaires imprimées aux électeurs serait maintenue.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 11:44
Suppression des trains de nuit: André Chassaigne interpelle le gouvernement à l'assemblée nationale

vendredi 30 septembre 2016

M. André Chassaigne a interrogé, dans une question écrite à l’Assemblée nationale, le gouvernement sur la suppression des trains de nuit. Il dénonce l’annonce par le Gouvernement d’une probable réduction drastique des dessertes assurées par les trains d’équilibre du territoire (TET) conformément aux préconisations du rapport Duron. Cette perspective, partant du constat de vétusté du réseau, oublie sciemment la responsabilité de l’État dans cette situation. En effet, le choix exclusif de privilégier le développement du réseau TGV, en sacrifiant l’entretien des autres trafics tout en laissant courir la dette de la SNCF, conduit à l’abandon de nombreuses dessertes TET pour ne conserver que les plus rentables. Il note avec inquiétude que cette politique, qui organise aussi la quasi-disparition des trains de nuit, sacrifie un peu plus le service public et l’aménagement des territoires.

Il précise que les 6 lignes qui assurent des dessertes de nuit représentent pourtant annuellement 75 millions € de recettes et 1,2 millions de passagers. Alors que les émissions de gaz à effet de serre liées au transport routier repartent à la hausse, et après la loi Macron qui a amplifié le transport par autocar, le Gouvernement fait le choix de réduire encore le transport ferroviaire. M. le député dénonce l’incohérence de ces choix qui prennent le contre-pied des objectifs du Grenelle de l’environnement et des récents engagements de la COP 21.

Dans ces conditions, il souhaite clairement connaître les intentions du Gouvernement au sujet des trains de nuit et plus généralement les orientations en matière de transport ferroviaire assuré par les TET.

Suppression des trains de nuit - conséquences - politique ferroviaire

M. André Chassaigne interroge M. le secrétaire d’État, auprès de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, chargé des transports, de la mer et de la pêche sur la suppression des trains de nuit. Il dénonce l’annonce par le Gouvernement d’une probable réduction drastique des dessertes assurées par les trains d’équilibre du territoire conformément aux préconisations du rapport Duron. Cette perspective, partant du constat de vétusté du réseau, oublie sciemment la responsabilité de l’État dans cette situation. En effet, le choix exclusif de privilégier le développement du réseau TGV, en sacrifiant l’entretien des autres trafics tout en laissant courir la dette de la SNCF, conduit à l’abandon de nombreuses dessertes TET pour ne conserver que les plus rentables. Il note avec inquiétude que cette politique, qui organise aussi la quasi-disparition des trains de nuit, sacrifie un peu plus le service public et l’aménagement des territoires. Il précise que les 6 lignes qui assurent des dessertes de nuit représentent pourtant annuellement 75 millions de recettes et 1,2 millions de passagers. Alors que les émissions de gaz à effet de serre liées au transport routier repartent à la hausse, et après la loi Macron qui a amplifié le transport par autocar, le Gouvernement fait le choix de réduire encore le transport ferroviaire. M. le député dénonce l’incohérence de ces choix qui prennent le contrepied des objectifs du Grenelle de l’environnement et des récents engagements de la COP 21. Dans ces conditions, il souhaite clairement connaître les intentions du Gouvernement au sujet des trains de nuit et plus généralement les orientations en matière de transport ferroviaire assuré par les TET.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 07:47
«Voyage en barbarie » par Valentine Goby - lettre à mon père

Fête de l'Humanité

Mardi, 13 Septembre, 2016

L'Humanité

Par Valentine Goby écrivaine

Depuis le village provençal et les champs de fleurs de mon enfance, on ne tolérait les communistes que caricaturés par Thierry Le Luron et le Bébête show – tu te souviens papa ? Le rituel candidat PCF à la mairie de Grasse s’appelait Vassallo, hélas. 1981 sonnait comme une catastrophe, j’avais 7 ans, on s’était étonné que les chars russes n’entrent pas dans Paris. Georges Marchais parlait trop fort, les cheveux des communistes étaient longs et gras, les manifs sentaient la merguez – moi, j’étais fille de parfumeur, j’étais soûlée d’essences pures rapportées de l’usine et de pépiements d’oiseaux. Le Journal de Mickey m’était autorisé, avec ses porte-clés clignotant sous blister, Pif Gadget non, trop vulgaire, comme étaient trop vulgaires Coluche et Serge Gainsbourg. Ma tête de 19 ans, apparue un soir dans le JT de France 2 barrée d’un autocollant du syndicat étudiant AGE-Unef, a dû te faire l’effet d’une mauvaise blague, papa. Mes oncles, puisque ce sont les hommes qui chez nous parlaient politique, soutenaient qu’à Sciences-Po on me retournait le cerveau – repaire de gauchistes, entendais-je –, et ce n’était pas faux, ce qui dans leur langage signifiait bobos intellos ou ploucs sans culture, et plus d’une fois j’ai quitté mâchoires serrées le repas familial. J’imagine que « Fête de l’Huma » évoquait pour eux, pour toi peut-être, quelque chose d’un repère de barbares, version allégée de l’homme au couteau entre les dents. Des barbares, autrement dit des étrangers – disant ce mot, on oublie qu’on désigne aussi la norme qui nous retient.

C’est la littérature qui m’a conduite à La Courneuve. Les livres d’histoire de mon enfance m’avaient ouverte au roman social, naturaliste des Zola et Hugo, c’est dans leurs pas romantiques que j’ai voulu écrire pour être soulevée de terre. Je suis entrée à la Fête de l’Huma par le village du livre. Thomas est là aussi, mon ami d’enfance, son père et toi avez traversé 68 reclus dans votre chambre de la rue Champollion, après avoir assisté, te faisant passer pour un ouvrier, aux débats affligeants, dis-tu, de la Sorbonne. Vous êtes la frontière transgressée.

Tu avais raison, papa, la Fête de l’Huma est saturée de drapeaux rouges, de slogans radicaux anticapitalistes, des haut-parleurs scandent fort les chiffres des inégalités dans le monde, et des militants t’arrêtent aux carrefours : « Tu n’as pas encore ta carte ? » – au Parti bien sûr – ; non, je ne suis pas communiste. Ça sent la bière, la saucisse grillée, l’herbe à fumer, la sueur de milliers de corps debout depuis des heures sous le franc soleil après avoir dansé, chanté, peu dormi. Les musiques s’entrechoquent, te vrillent les tympans, ta voix casse pour les vaincre.

Toi qui as fait le tour de la Terre pour trouver des plantes à parfum, parcouru 70 pays en 40 ans, tu pourrais comme moi au village du monde traverser la planète le temps d’un repas et pour quelques sous : La Réunion et son rhum arrangé, la Chine du porc au caramel, la Palestine au goût de miel via le Marocet sa soupe harira. Sinon, tous les terroirs sont disponibles, leurs vins, leurs accents, huîtres, pâtés, homard grillé et pommes de terre sous la cendre, tartiflette, cacasse à cul nu et même, en cas de nostalgie, juré : un aïoli. Je pense avec tristesse à ces parcs de répliques miniatures à Las Vegas ou à Shenzhen, d’où on saisit d’un seul regard tour Eiffel, pyramides de Gizeh, Taj Mahal, Angkor Vat et chutes du Niagara habités par personne, pauvres de leur silence, de leur immobilité, de leur absence de sueur. Ici, à La Courneuve, on ne voit pas le monde en petit, papa, mais un pays en grand.

Il y a un cirque et une scène de contes pour enfants, des concerts rock et des matchs de rugby-fauteuil, du tir à l’arc, des boutiques éphémères de chapeaux, de vêtements africains, une agora géante pour les débats mais tous les stands en bruissent, basse continue et vivante, ça parle travail, écologie, culture, agriculture, éducation. Tu peux dormir sur des coussins fatboys, danser la samba, trouver une mutuelle, dialoguer avec des féministes d’OLF, des adeptes du naturisme, des libraires, des éditeurs d’art et delittérature, toucher un robot prototype d’aide à la personne, t’initier à l’espéranto, adhérer au Secours populaire, accompagner en photos le périple de réfugiés syriens, découvrir l’imprimerie de Tremblay et le rucher-école de Montreuil ou l’écrivain-aventurier Jack London – le bordel quoi, je t’entends déjà. Ce n’est pas la fête des barbares mais de la parole, le barbare étymologique c’est l’homme qui ne parle pas ta langue, ici elle circule et enfle, se heurte, vibrante, épuisante, refuse toute fatalité et c’est sa grandeur, même quand elle échoue ; c’est le vrai matériau de la Fête, le plus pauvre et le plus dense. Et toi la tchatche, papa, ça te connaît.

Tu aurais j’en suis sûre, comme moi, aimé les colliers d’Elsa Triolet exposés dans la halle Léo-Ferré, d’ordinaire conservés – le découvrir confère soudain à ce lieu éprouvé une grâce inattendue – par la ville de Saint-Étienne-du-Rouvray. Des colliers en cachets d’aspirine, paille et bandes de carton, perles de verre, cuir frangé, anneaux pour harnais de chevaux, pâte à papier enduite de nacre à défaut de coquillages réels, boules de cotillon en coton compressé, catadioptres de vélo recyclés, « ces joyaux faits de rien sous tes doigts orpailleurs / Ces cailloux qui semblaient des fleurs », écrivait Aragon, avec des mots qu’on poserait sur des cadeaux d’enfants pour la fête des Mères, et qui désignent ici des splendeurs prisées par les maisons Poiret et Schiaparelli – je pense, forcément, parce qu’ils ont peuplé un de mes romans, à ces bijoux faits de bois, de mie de pain et de pièces électriques volées aux usines Siemens par les déportées de Ravensbrück. Bijoux « impondérables », disait Elsa Triolet, parce qu’ils défient la pesanteur, tel ce collier en crin blanc, « de neige et de rêve ». Elle n’avait pas d’argent, et voulait les valises de bijoux légères aux bras d’Aragon, qui les vendait à l’autre bout de Paris, ou du monde. Matériaux pauvres et qui résistent, ce qui fait leur noblesse, se tordent, s’altèrent, exigent un travail qui les complexifie, les enrichit, deviennent beaux de ce travail.

On a fait ça, enfants, tu te souviens ? Maman gardait les boîtes de Vache qui rit, les cartons à chaussures, les bouts de laine cardée rescapés de son métier à tisser. La maison était belle, l’oliveraie immense. Mais nos palais étaient cabanes, notre piscine un jet d’eau. On ne trichait pas : on avait de l’imagination. On jouait aux alchimistes, aux orpailleurs, vous trouviez ça génial. C’est exactement ce que je comprends de cette Fête de l’Huma, papa, elle résiste, elle enchante à partir de rien, une chanson, un plat chaud, des paroles en suspension dans l’air dont on fait des poèmes et des armes, choses simples, gratuites et pourtant sans prix, dont naissent de la complexité, de la beauté ; comme de pétales de fleurs, de mousses et d’écorces naissent des parfums.

Peut-être bien que tu es un barbare.

http://www.humanite.fr/

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 06:24
Intervention de Declan Kearney, dirigeant du Sinn Fein, pour la réunification de l'Irlande permise par le Brexit, lors de la rencontre "Solidarité Irlande" du PCF avec le Sinn Fein le 24 septembre à l'occasion des 35 ans de la grève de la faim des prisonniers politiques irlandais

L'intervention de Declan Kearney à l'initiative de solidarité avec l'Irlande samedi dernier:

Il est temps de commencer à planifier l’unité irlandaise

Parallèlement à l’impact du soulèvement de Pâques, les morts des grévistes de la faim furent un grand tournant dans la plus récente phase de lutte politique pour atteindre la démocratie nationale et la réunification irlandaises.

La grève de la faim de 1981 a convaincu de nouvelles générations d’activistes politiques de rejoindre l’IRA, ainsi que le Sinn Féin, qui émergeait en tant que parti majeur dans l’Irlande moderne. Aujourd’hui, le projet stratégique du Sinn Féin est de construire une Irlande des Egaux, une République socialiste, dans laquelle tous les citoyens sont traités avec égalité, dignité et justice. Toutefois, le prérequis à l’atteinte de l’objectif républicain final d’une Irlande des Egaux de garantir l’indépendance nationale et la réunification territoriale au sein d’une démocratie représentative, ainsi qu'un processus de réconciliation et de guérison envers l'héritage de la politique britannique en Irlande, et du conflit politique, jette une longue ombre sur le présent.

La partition de l’Irlande demeure la principale contradiction au cœur des politiques et de la société irlandaises. Elle polarise et perpétue des divisions sociétales et communautaires.

La partition enracine l’hégémonie des forces conservatrices dans les Etats du Sud et du Nord, et facilite l’influence antidémocratique persistante de l’Etat britannique dans les affaires irlandaises. L’existence d’un Etat au Nord est toujours contestée en raison de la juridiction de l’Etat britannique et des violations de la démocratie nationale irlandaise qui en résultent.

Un élément essentiel pour l’émergence réussie du processus de paix a été le rôle stratégique positif de l’influence internationale. Cela a conduit à ce qu’aujourd’hui la paix et les processus politiques irlandais sont les projets les plus importants en Irlande. Il y a encore beaucoup à faire pour les deux.

Un contexte politique entièrement nouveau a été créé basé sur le partage du pouvoir politique à travers des institutions gouvernementales régionales sur mesure dans le Nord de l’Irlande entre partisans du Royaume-Uni et Républicains sous les auspices de l’Accord du vendredi Saint (Good Friday Agreement, GFA) signé en 1998.Sa signification résidait dans le fait que la reconnaissance du statu quo n’était pas une option et que construire le futur dépendrait de la gestion du changement à travers des compromis démocratiques et un accord. La souveraineté du parlement Britannique sur la réunification du territoire national a été retirée. À l'avenir, elle devra être déterminée au moyen de sondages sur les frontières, et de referendums sur l'unité irlandaise au Nord et au Sud, requérant une majorité pro-unité dans les deux Etats.

Rien ne saurait rester comme avant.

Depuis le début, le syndicalisme politique n'a pas réussi à soutenir inconditionnellement ce cadre. Et depuis lors, des sections importantes de cette circonscription électorale sont restées profondément hostiles à un partage du pouvoir et un gouvernement de partenariat comme une condition du Good Friday Agreement, avec les républicains et les nationalistes - notamment le Sinn Féin .

L'effet de cette profonde résistance négative au changement a été de ralentir et entraver la transformation démocratique du Nord commencée avec le processus de paix. Cela a d’autant été exacerbé par l’échec des deux gouvernements britannique et irlandais à remplir toutes leurs obligations aux termes du GFA, et d'autres accords résultant de périodes successives de négociations.

Ainsi, alors que le changement social politique fondamental est devenu irréversible et que la guerre a pris fin, l'absence d'une dynamique positive cohérente et l'existence d'une résistance négative au changement, maintiennent les processus de paix et politiques dans un état fragilité permanente.

Pendant cette période, la politique du gouvernement britannique a endommagé le processus politique dans le Nord. Les mêmes puissantes institutions de la sécurité et de l’armée britannique qui conduisaient la «sale guerre» de la Grande-Bretagne en Irlande exercent encore aujourd’hui une énorme influence sur la politique de l'Etat britannique. Ils ne veulent pas le progrès.

Ceux qui ont toujours été hostiles au processus de paix au sein des services du Ministère de défense et de sécurité Britanniques à Whitehall sont encore politiquement et psychologiquement en guerre avec la direction du Sinn Féin.

La leçon stratégique des six dernières années dans le Nord est que le processus de paix en Irlande ne peut pas être tenu pour acquis. Les gouvernements britannique et irlandais doivent prendre leurs responsabilités à la fois à l'égard du processus de paix et du processus politique, sur une base juste et équitable, afin d'éviter le développement de graves problèmes politiques.

Le gouvernement britannique n'a pas reconnu les circonstances économiques et sociales particulières du Nord. Il a continué à nier l'indépendance financière aux institutions politiques régionales et a refusé de mettre fin à ses politiques négatives d'austérité économique. Il a refusé de reconnaître son propre rôle dans le conflit politique en Irlande et d’accepter sa responsabilité d'aider à faire face au passé. Ces facteurs sont tous des obstacles au plein développement du processus de paix et au processus politique. La conduite du gouvernement Britannique dans les domaines politique et économique envers le Nord doit changer afin de permettre un progrès politique durable.

Ces dernières années, il y a eu des bouleversements sans précédent dans la politique irlandaise, au Nord et au Sud. L'incapacité du principal parti conservateur, Fine Gael, dans le sud de l'Irlande pour former une administration viable pour plus de soixante jours après la dernière élection générale démontre la fragmentation et le réalignement du système politique. Il est trop tôt pour dire si la tendance actuelle représente un réalignement politique durable, mais le statu quo est installé à travers l'île, et le potentiel existe pour qu’un plus grand changement puisse se faire.

Ce contexte découle des retombées gépolitiques et économiques de la crise financière internationale de 2008 et des courants idéologiques et politiques qui ont trouvé à s’exprimer dans la société irlandaise et à travers toute l'Europe occidentale et les Amériques.

De grandes différences idéologiques existent sur la façon dont la société irlandaise devrait s'organiser. Il y a une polarisation croissante entre les intérêts des droits des citoyens et de la communauté, et ceux des banques internationales et du capital.

Les politiques d’austérité mises en œuvre par l'État du Sud en raison de l’accord de « sauvetage » de la Troïka, ainsi que les mesures d'austérité imposées au gouvernement régional du Nord par la réduction de ses dépenses publiques par le gouvernement conservateur britannique, ont provoqué une crise d'austérité et de grandes difficultés économiques Nord et Sud.

Le sujet de l’austérité n’est pas la reprise économique. Il s’agit entièrement d’idéologie, de contrôle politique et d’enracinement de l’idéologie conservatrice. Voilà pourquoi elle est synonyme dans l'hémisphère Nord d’'autoritarisme politique, de déréglementation élargie et de recul de l'État.

C’est un agenda anti-démocratique en soi. Et ce sont les raisons pour lesquelles l’austérité a eu une influence omniprésente au sein de l'Union européenne. Et c’est pourquoi l'UE a joué un rôle vindicatif contre le gouvernement grec en 2015.

Dans le contexte irlandais, le Sinn Féin a été le moteur du réalignement politique et social en Irlande et la principale force d'opposition à l'austérité, au Nord comme au Sud.

En tant que fier parti internationaliste, nous érigeons notre objectif d'une Irlande des Egaux au sein d’une vision d'une Europe de Egaux.

En juin de cette année, le référendum sur l'adhésion de la Grande-Bretagne à l'UE, a une fois de plus radicalement changé le paysage politique et économique en Irlande.

La majorité des électeurs dans le Nord de l'Irlande de tous horizons politiques (et aussi en Ecosse) ont voté pour rester en Europe. Malgré ce résultat, la volonté démocratique exprimée par le Nord est maintenant annulée et renversée par un vote qui émane de l’Angleterre. Cela est inacceptable pour le Sinn Féin et la plus grande majorité de l'opinion dans le Nord et le Sud de l'Irlande. En réalité, ce référendum a été l’occasion d’un affrontement entre factions britanniques de droite conservatrice, alimenté par la xenophobie.

Tandis que le Sinn Féin a une analyse critique de l'UE, nous croyons que les réformes nécessaires ne peuvent être effectuées au sein de ses structures. D’un point de vue stratégique, il vaut mieux que l’Irlande soit à l’intérieur, plutôt qu'à l'extérieu, de l'avenir économique et financier de l’UE.

Le futur économique et financier des citoyens du Nord est devenu l'une des énormes incertitudes.

Il y a beaucoup de répercussions sur l'économie de toute l’île. 200.000 emplois en Irlande dépendent directement et indirectement des centaines de millions d'euros générés par les échanges commerciaux entre le Nord et le Sud chaque semaine. 3,5 milliards d’euros de financements et investissements européens ont été alloués au Nord pour la période 2014 à 2020. Environ 10% du PIB de l'économie régionale du Nord dépend de sa place au sein de l’UE. Le Brexit menace tout cela et plus encore. Le Brexit est le prix de la partition continue de l'Irlande.

L'impératif politique pour les institutions politiques du Nord doit être de se lever pour la démocratie locale et contre l'austérité. Le gouvernement de coalition régionale et le Parlement doivent respecter et soutenir la décision démocratique des électeurs du gouvernement nord-irlandais. Le gouvernement irlandais devrait convoquer un « Forum de toute l'Irlande » représentatif des partis politiques et de la société civile de l'île afin de se mettre d'accord et de présenter des propositions concrètes pour sécuriser la place du Nord de l'Irlande au sein de l’UE. Il est inacceptable que le nord de l'Irlande soit retiré de l'UE tandis que le reste de l'Irlande y reste. Le Brexit a une fois de plus mis en évidence les contradictions portées par la partition au sein de la politique irlandaise. Cela remet en question directement la démocratie et les intérêts nationaux irlandais.

Cependant, cela a également engendré une discussion politique et civique sans précédent en Irlande à propos de l’avenir.

Il a provoqué une importante réévaluation de l'avenir économique et politique du Nord; de la relation avec l'Etat britannique; et des dommages causés avec un le sud de l’Irlande restant au sein de l'UE tandis que le Nord en est exclus. Un danger inhérent à ces incertitudes existe qui risque de créer une nouvelle instabilité politique pour le processus de paix. Le Sinn Féin travaillera stratégiquement et politiquement avec d'autres parti afin d’éviter que cela se produise.

Nous croyons que ces nouveaux défis doivent être transformés en une conversation nationale positive sur la façon dont l'avenir constitutionnel, politique et économique de l'île peut être repensé et réécrit. Un réel potentiel a émergé pour permettre une nouvelle conversation populaire et inclusive en Irlande à propos de notre avenir commun; de la manière dont les relations peuvent être développées pour le plus grand bien; à propos de nouvelles dispositions constitutionnelles sur l'île, et d’une nouvelle relation entre l'Irlande et la Grande-Bretagne; ainsi que d'une nouvelle relation de confiance, ouverte sur l'extérieur, entre l'île d'Irlande, l'Europe, et la communauté internationale.

Le futur de l’Irlande, Nord et Sud, doit pouvoir évoluer dans le contexte des nouvelles relations internationales démocratiques progressistes fondées sur la solidarité sociale et une coopération démocratique mutuelle.

Le Brexit a tout changé et met au défi toutes les anciennes hypothèses sur le précédent constitutionnel, politique et économique du statu quo dans le Nord et le Sud de l'Irlande. Dans un contexte européen et mondial qui évolue rapidement, la décision du Brexit expose la contradiction de la partition, et la stupidité d’une situation qui verrait une partie de l'Irlande rester dans l'UE tandis qu’une autre partie de l'île serait maintenue en dehors de ce cadre politique et économique.

Le Sinn Féin estime que ce contexte représente une opportunité stratégique pour maximiser l'argument démocratique en faveur de la fin de la partition de l'Irlande, et en faveur de l'unité irlandaise, tant au niveau national qu’international.

Le processus de paix a été facilité et soutenu par la bonne volonté, le soutien et la diplomatie internationaux. Une fois de plus, la communauté internationale tient un rôle essentiel à jouer pour continuer à consolider le processus de paix et encourager la réconciliation et la guérison. Cependant, une nouvelle phase de changement politique est arrivée et l'influence politique stratégique significative de la communauté internationale devrait à présent aider à la planification d’une transition vers une nouvelle Irlande, acceptée et unie

Il est temps de mettre fin à la division de l'Irlande et de préparer la transition vers l'unité irlandaise. Un appui international positif pour encourager, convaincre et soutenir cet objectif est désormais nécessaire.

Intervention de Declan Kearney, dirigeant du Sinn Fein, pour la réunification de l'Irlande permise par le Brexit, lors de la rencontre "Solidarité Irlande" du PCF avec le Sinn Fein le 24 septembre à l'occasion des 35 ans de la grève de la faim des prisonniers politiques irlandais
Intervention de Declan Kearney, dirigeant du Sinn Fein, pour la réunification de l'Irlande permise par le Brexit, lors de la rencontre "Solidarité Irlande" du PCF avec le Sinn Fein le 24 septembre à l'occasion des 35 ans de la grève de la faim des prisonniers politiques irlandais
Intervention de Declan Kearney, dirigeant du Sinn Fein, pour la réunification de l'Irlande permise par le Brexit, lors de la rencontre "Solidarité Irlande" du PCF avec le Sinn Fein le 24 septembre à l'occasion des 35 ans de la grève de la faim des prisonniers politiques irlandais
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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 06:20
Pologne. Les femmes se mettent en grève pour défendre l’IVG (Courrier International)

Elles sont déjà des dizaines de milliers à avoir répondu en ligne à l’appel à la grève du lundi 3 octobre pour protester contre le projet de loi interdisant l’avortement, sur lequel se penche le Parlement de Varsovie.

Pour manifester leur opposition au projet de loi interdisant l’avortement, les Polonaises feront grève lundi prochain, annonce ce mercredi 28 septembre le grand journal d’opposition Gazeta Wyborcza. Selon ce projet, actuellement étudié par le Parlement polonais, dominé par le parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir, toute femme qui avortera, et les personnes qui l’y aideront, sera passible d’une peine de cinq ans de prison.

Actuellement, l’accès à l’IVG est déjà très limité en Pologne. Selon la loi en vigueur, il n’est permis d’y avoir recours qu’en cas de risque pour la vie ou la santé de la mère, d’une grave pathologie irréversible chez l’embryon, et dans les cas de grossesses résultant d’un viol ou d’un inceste. Seuls les médecins qui pratiquent les IVG illégales sont punis.

Bataille sur un projet de loi interdisant l’IVG


C’est pour protester contre ce projet qu’un appel a été lancé sur Facebook.

Nous annonçons une grève préventive d’une journée. Nous l’avons nommée ‘Grève générale des femmes’. N’allez pas au travail ou à l’université. Prenez une journée libre, prenez une journée pour vous occuper de votre enfant (garantie par la loi sur le travail). Fermez votre commerce”.

L’appel a aussitôt été soutenu par des milliers d’internautes : le 28 septembre, 53 000 personnes avaient déjà indiqué qu’elles participeraient à la mobilisation. Elle a été lancée la semaine dernière par l’actrice Krystyna Janda, notamment connue pour ses rôles dans les films d’Andrzej Wajda. Le 28 septembre, elle a annoncé qu’elle-même ne se produirait pas le 3 octobre, dans son théâtre, et que les tickets seraient remboursés. La maire de Varsovie, Hanna Gronkiewiecz, issue du parti chrétien démocrate Plateforme civique, a pour sa part décrété que les femmes travaillant pour la mairie étaient libres de prendre leur journée.

Lundi noir

A l’initiative du mouvement, Krystyna Janda s’est inspirée d’une grève semblable en Islande, le 24 octobre 1975. “Ce jour-là, 90 % des femmes en Islande ont arrêté de travailler. Les femmes au foyer ont cessé les travaux domestiques, le ménage, la cuisine. Elles étaient 20 000 à défiler à Reykjavik. Elles demandaient l’égalité de traitement et des salaires”, rappelle Gazeta.

La Pologne veut interdire totalement l’avortement

“En démocratie, le refus de travailler est la forme la plus radicale de pression politique. Nous estimons que son application est justifiée”, note la rédaction du journal dans son éditorial publié en première page. “En conséquence de la loi, les femmes qui ont avorté seront poursuivies et pénalisées par la justice. […] Le durcissement de la loi aura pour effet le développement du marché noir de l’avortement”, souligne le quotidien de Varsovie qui propose, pour ce “lundi noir”, un congé payé à toutes ses salariées

De son côté, le journal conservateur Rzeczpospolita critique l’initiative, la qualifiant d’action “peu raisonnable”. Dans un texte intitulé “Les abstractions des féministes”un chroniqueur écrit : “en attisant la guerre sur l’avortement, les milieux pro-choice montrent bien, comme c’est souvent le cas pour les forces politiques en position défensive, qu’elles se laissent emporter par des émotions et commettent des erreurs”.

Portes ouvertes en Biélorussie

D’ici lundi, des protestations contre la loi sont prévues à travers le pays, notamment à Varsovie ce samedi.

En outre, les centres médicaux de la Biélorussie voisine seront prêts à accueillir les femmes polonaises si la loi est adoptée, rapporte Bielorousski Partizan. “Il suffit pour cela de signer un accord et de se munir de la somme suffisante, à savoir 230 roubles [3,20 euros], pour une IVG médicamenteuse”, explique-t-on à la clinique Horizon de Minsk. Il ne sera pas forcément nécessaire de se rendre dans la capitale : à l’hôpital de Grodno ou à la clinique Medline de Brest, “on ne leur fermera pas la porte au nez”.

Pour le pape, l’avortement pourra être pardonné, mais reste un péché

Le site d’information ajoute : “Les médecins et les infirmières les plus anciens se souviennent qu’il y a vingt ans, les Polonaises arrivaient en Biélorussie par cars entiers pour faire pratiquer des avortements de façon illégale”. Libre pendant la période communiste, l’avortement a été restreint en 1993 sous l’influence de l’Église catholique.

Service Europe de Courrier International

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 06:18

Le choix scandaleux et déshonorant de Manuel Barroso de se vendre à l’un de ses anciens « contacts », la banque d’affaires américaine, fauteuse de crises à la réputation sulfureuse, Goldman Sachs, après avoir présidé, dix ans durant, la Commission européenne, a suscité un vent d’indignation tant parmi les citoyens qu’au sein même des institutions européennes.

Cette affaire était encore sur toutes les lèvres qu’un nouveau scandale consternant éclaboussait l’ex-Commission Barroso : Neelie Kroes, qui fut, de 2004 à 2014, l’un des piliers de l’exécutif européen, chargée du tout-puissant portefeuille de la « concurrence » avant d’être promue à la vice-présidence de la Commission, avait « oublié » qu’elle exerçait une responsabilité de direction dans une très opaque société offshore du paradis fiscal des Bahamas . Des cas flagrants de conflit d’intérêt si ce n’est de corruption -ce que les enquêtes devront établir.

Comment réagir face à des comportements aussi indignes qu’inacceptables de la part d’anciens hauts responsables politiques ? Sanctionner durement tout ce qu’ils ont commis d’illégal et durcir sensiblement les règles qui leur ont permis , le cas échéant, d’enfreindre « légalement » le code de déontologie correspondant à de si hautes fonctions ? Certainement. Mais cela ne fera pas le compte. Pour une raison bien triste mais trop réelle : ces deux affaires ne constituent que la partie émergée de l’iceberg dans une « Europe des marchés » , où la connivence entre finance et politique est la chose la mieux partagée.

Je ne veux pas du tout insinuer par là que tous les commissaires européens, ni même la majorité d’entre eux, seraient assimilables aux deux individus en question. J’en ai côtoyé de nombreux -fussent-ils des adversaires politiques patentés- à qui personne n’a jamais eu à reprocher d’avoir mis leur mission au service d’intérêts personnels. Pour autant, Barroso et Kroes sont loin d’être les premiers ex-membres de la Commission à avoir pratiqué le « pantouflage » -c’est à dire avoir, sinon pendant leur mandat, du moins après leur départ de l’exécutif européen, chèrement valorisé leurs connaissances et leur carnet d’adresses dans une grosse multinationale, travaillant de préférence dans leur domaine de compétence. Une ONG spécialisée dans ce type d’investigation et réputée pour son sérieux avait ainsi révélé à la fin du premier mandat de Barroso, en 2010, que 6 des 13 commissaires de son équipe avaient quitté leur poste pour se placer au service de grandes entreprises privées (1). Devant le tollé que provoqua déjà cette divulgation, le Président de la Commission s’engagea par écrit à ce que dorénavant les règles seraient alignées sur « les meilleures pratiques en Europe » (2). Ce ferme engagement n’empêcha pas qu’à l’issue de son second mandat, en 2015, la Commission Barroso compta… 9 membres (sur 28) « recyclés » dans de grands groupes privés, pour y exercer des fonctions interférant avec leurs anciennes missions publiques ! S’agirait-il chaque fois de quelque mouton noir égaré qu’il suffirait de punir ? Evidemment non: rappelons que chacun(e) de ces commissaires a , auparavant , exercé d’importantes responsabilités dans son pays , avant d’être proposé à l’UE par son gouvernement. Le mal est donc plus profond.

Dès lors, où gît le lièvre ? Dans les rapports incestueux qu’entretient quotidiennement l’exécutif de cette « Europe des marchés » avec les plus grands groupes et leurs puissants lobbies . Les « portes tournantes »entre les instances publiques et les intérêts privés y sont considérées comme naturelles. Ce n’est qu’au prix de ruptures radicales avec cette vision frelatée de la construction européenne qu’on tarira la source des « affaires » pour se concentrer sur la recherche du bien commun.

———
(1) Il s’agit de l’ONG « Corporate Europe Observatory ».
(2) Lettre de la Secrétaire générale de la Commission à ALTER-EU Steering Committee (9/6/2011)

Affaires Barroso et Kroes: partie émergée de l'iceberg (Francis Wurtz, l'Humanité Dimanche - 30 septembre 2016)
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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 06:01
887 usines fermées depuis 2012: les raisons d'une débâcle industrielle (L'Humanité, 28 septembre 2016)

887 usines fermées depuis 2012 : les raisons d’une débâcle industrielle

MERCREDI, 28 SEPTEMBRE, 2016

L'HUMANITÉ

Selon une étude de l’observatoire de l’investissement Trendeo, la désindustrialisation n’a pas cessé depuis 2009. Et la politique de l’offre, matraquée par le gouvernement Hollande-Valls, ne produit pas les effets escomptés. Lire la suite

Il en va de la désindustrialisation de la France comme de la cause humaine du dérèglement climatique. Étude après étude, le doute n’est plus permis sur sa réalité. Pis, les chiffres que nous publions du cabinet Trendeo, qui scrute l’évolution du nombre des usines en France, montrent que le tissu productif du pays continue de s’effilocher sans interruption ou presque depuis 2009 et la propagation de la crise mondiale. Compilées sur les durées respectives des mandats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, les données font apparaître une véritable hécatombe, que l’action du président socialiste ces quatre dernières années n’a pas freinée. De l’été 2012 au printemps 2016, 887 sites industriels ont fermé leurs portes en France, contre 609 inaugurés durant la même période, soit une perte nette de 278 usines. Sur une période un peu plus courte – trois ans et demi –, de début 2009 à la mi-2012, le bilan du prédécesseur de Hollande à l’Élysée s’élevait à 329 usines de moins. Une érosion au rythme comparable si l’on excepte la terrible année 2009 et son printemps meurtrier. Autant dire, dans ce contexte, que les Alstom montés de Belfort et d’autres sites du groupe au siège de l’entreprise, hier, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) pour sauver l’usine franc-comtoise en réclamant d’autres choix industriels s’engagent dans une lutte dont l’enjeu est politique au sens noble. Lire la suite

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