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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 13:34

Une société apaisée sous le talon de fer du capitalisme et de la "liberté du renard dans le poulailler", des travailleurs dociles, conformistes, malléables, besogneux, comme au temps d'arrière grand-papa dans les propriétés terriennes familiales, François Régis Hutin, le brillant "moraliste" chrétien qui nous inflige chaque année son esprit de Noël dans le Ouest-France, un journal régional de qualité malgré tout, est un multi-récidiciviste en matière de volonté de discréditer les conquêtes sociales et l'esprit "d'utopie et de jouissance" des travailleurs qui veulent briser leurs chaînes.

Il y a deux ans par exemple, il se fendait d'un éditorial tout tranquille et débonnaire en apparence, rempli de haine de classe en vérité, où il comparait la France du 21e siècle, celle des 35h et des conquêtes sociales que des partis et des syndicats démagogiques voulaient défendre, à la France du Front Populaire qui, toute occupée de jouissance, de pastis et de fornication, avait parait-il conduit à la débâcle de juin 40 et à l'occupation, en prenant un retard considérable sur l'Allemagne nazie "réaliste, travailleuse", soumise à un ordre type d'ordre social.

C'était évidemment ressusciter la vieille thèse de l'extrême-droite et des milieux réactionnaires expliquant la défaite par la démagogie sociale du Front Populaire... tout en se jetant avec allégresse et impudeur dans les bras de Pétain et de l'occupant fasciste,

C'est oublier bien curieusement qu'en dépit peut-être d'un certain angélisme pacifiste du gouvernement de Front Populaire n'ayant pas conduit à une politique d'armement et de fermeté plus importante face à l'Allemagne nazie, les seuls à combattre à l'époque les fascistes, en Espagne notamment, étaient cette gauche populaire, vibrante et généreuse, communiste, anarchiste, trotskiste, qui donne des boutons au vieux et triste François Régis.

Hier, dans le Ouest-France, François Régis Hutin a à nouveau fait très fort dans le nouveau sport journalistique, très prisé depuis des semaines et le Congrès de la CGT, s' expliquant par la volonté d'écraser les dernières résistances du monde du travail et par les intérêts des propriétaires de journaux, ces grands féodaux souvent clients ou obligés du pouvoir gouvernemental (pensons à Dassault, Niel, Drahi, Bolloré...): salir la CGT, l'accuser de faire plonger la France dans le chaos, le retard économique, de la freiner dans son ascension au ciel de l'ultra-libéralisme!

Le titre de l'édito du 28 mai 2016, "Ce conflit est le contraire de la modernité".

Sous-entendu, l'exploitation et l'autoritarisme présidentiel pour imposer les intérêts du patronat, ça c'est moderne...

Le texte d'une rare violence vaut le coup d'être cité en longueur tant il s'illustre par la franchise du discours anti-syndical et anti-grève d'un conservateur libéral en matière économique qui se retrouve très bien dans la politique du gouvernement Hollande-Valls-Macron.

Ce texte montre bien aussi à rebours le caractère complètement hypocrite et idéologique des discours lénifiants défendant le "dialogue social" entre "partenaires sociaux". Ce que ces gens veulent, ce sont des syndicats faibles, soumis, aux ordres, voire disparus...

"Non ce n'est pas le progrès qui est en marche en France ces temps-ci. Ni la modernité, ni la liberté, ni la démocratie. Au contraire, c'est le repli sur soi étouffant, le conservatisme le plus ringard, le plus nocif et aussi le plus dissimulé, le plus hypocrite".

François Régis parle t-il des partisans de la Manif pour tous?

D'islamophobes hystériques ou des islamistes fanatiques. Pensez-vous!

Il parle des centaines de milliers de français "égoïstes et irresponsables" qui ont fait plusieurs jours de grève depuis février contre la loi travail de Mme El Khomri et de M. Macron, il parle d'abord et surtout de la CGT, avec ce Philippe Martinez à la figure de grognard d'Empire qui fait frémir les mères de famille comme il faut dans les bonnes maisons.

"- Des rouges qui hurlent à nos fenêtres, oh François Régis, qu'allons-nous devenir! Ou vais-je cacher les bijoux et l'argenterie. Et la bonne qui traîne avec eux!.... "

"On veut bloquer le pays alors qu'il est déjà à la traîne derrière les autres grands pays européens. Ainsi, les investisseurs étrangers ont augmenté leurs implantations de 12% en Europe, avec des records pour la Grande-Bretagne et l'Allemagne, tandis que la France recule de 2% dans ce domaine. Notre retard s'accentue.

On a dénombré 20 000 demandeurs d'emploi en moins, bon signe même si une hirondelle ne fait pas le printemps".

Vous vous extasieriez peut-être moins à propos des hirondelles et du printemps, cher François Régis, tel un émule moderne de Lamartine, si vous faisiez partis de ces chômeurs radiés, privés d'indemnités, sortis des listes, ou parqués dans des formations bidons ou des petits boulots à la con pour soigner les chiffres du chômage.

"C'est donc maintenant qu'il faudrait souffler sur cette petite braise qui luit quand même sous la trop épaisse cendre de nos activités en berne".

Et les 800 000 chômeurs en plus causés par la politique libérale et austéritaire de Hollande, oubliés?

Ce qui est important, c'est la concomitance entre des chiffres mensuels du chômage plutôt "bons" pour les gens qui regardent ça de loin et qui n'ont jamais reniflé un chômeur de près (d'ailleurs on l'évite!) et la plus grande attaque contre le droit social imposée depuis la Libération (le dernier précédent, c'est justement le fait du gouvernement réactionnaire de Daladier qui a suivi le Front Populaire, avec la même assemblée parlementaire, devenue farouchement anti-communiste et anti-syndicale).

Montrer qu'il y a une relation entre les deux, que se battre contre la loi El Khomri, c'est vouloir condamner la France au chômage et au déclin économique. Leur propagande n'est pas plus subtile que ça, elle s'adresse à des veaux, puisque c'est comme ça qu'ils nous considèrent du haut de leur superbe.

"Et bien non, un syndicat s'acharne à l'étouffer"...

A étouffer le progrès, bien sûr... Cette petite braise d'espoir.

François Régis est un poète, un poète qui ne craindrait pas de faire fusiller la piétaille insoumise, à l'image, toute comparaison gardée, de Lamartine en 1948, des Goncourt, de Flaubert, de Maxime du Camp et de tous ces littéraires anti-conformistes de pacotille qui ont applaudi au massacre des communards parce qu'ils adoraient en secret le veau d'or de l'ORDRE ET DE LA SÉCURITÉ BOURGEOISE.

"Les syndicats proclament en permanence vouloir défendre les travailleurs et leurs avantages acquis."

Ce ne sont pas des droits, ce ne sont pas des conquêtes, ce sont des avantages acquis, en somme, des privilèges.

"Qui y serait opposé?" Toi, bonhomme. Celui qui a intérêt à faire trimer l'autre. Le propriétaire.

"Personne". Tu mens! Toi François Régis, tous les pores de ta peau se hérissent quand tu entends parler de conquêtes des travailleurs!

"Malheureusement, ces proclamations semblent oublier les six millions non encore travailleurs qui aspirent désespérément à le devenir".

La corde est désormais usée, l'argument dégueulasse ressassé: salauds de travailleurs à statut et protections collectives, salauds de syndicats, c'est vous, non les patrons, non les politiques libérales et de désindustrialisation, qui affamez et privez d'espoir ces millions de chômeurs, de travailleurs pauvres.

Si on étendait la précarité et la flexibilité à tout le monde, du travail, il y en aurait pour tout le monde...

Enfin, tout le monde, il ne faut pas exagérer non plus. Il y a un pas qu'il ne faut pas franchir: l'égalité des travailleurs devant la flexibilité oui, mais pas l'égalité des conditions tout de même.

"Or la loi El Khomri, si l'on a bien compris, veut desserrer les freins de l'emploi. Croit-on que la combattre va dans le bon sens?"

C'est sûr que dit comme ça, comme un curé qui s'adresse à un enfant de 8 ans, c'est difficile de dire Oui.

"Cette loi est certainement imparfaite. On en discerne mal les contours, mais donner plus de souplesse dans la gestion des embauches et des licenciements va dans le bon sens. Les Français, contrairement à ce que pensent les syndicats, ne veulent pas d'abord être protégés par eux mais d'abord travailler. "Qu'on laisse donc avancer la France qui veut travailler!" comme l'a écrit M. Macron".

Macron qui exhume la France qui se lève tôt.

Vous croyiez vous être débarrassés du sarkozysme en envoyant Sarkozy se faire dorer dans les îles paradisiaques et les villas de Marrakech ou autres édens pour riches bannis, on ne se débarrasse pas comme ça du discours de la grande bourgeoisie sur le bon peuple qui trime et qui regarde avec haine ces nantis qui fainéantent: rmistes, chômeurs, planqués de fonctionnaires, travailleurs à statut.

Sous-titre: "Que souffle un vent de liberté".

Non, ce n'est pas un appel à l'insurrection civique, à la révolution citoyenne, plutôt le contraire: CRS, faites le ménage, et laissez-nous faire des affaires tranquille.

"Pour cela, il faut cesser d'effrayer les investisseurs, de les détourner des embauches comme c'est le cas depuis des années avec l'instabilité fiscale, sociale, législative, et un marché du travail rigidifié".

L'investisseur, c'est le Messie dont la CGT, véritable antéchrist, retarde la venue sur la terre de France.

"Il est temps que souffle ici le grand vent des libertés, du dynamisme, dans le respect des personnes."

Le grand vent du printemps ... ou de l'hiver patronal qui balaiera toutes les conquêtes sociales et les protections des travailleurs pour installer une société libre à l'américaine ou à l'anglaise après Thatcher ?

"Au lieu de cela, on déclenche des grèves tout azimuts et l'on décourage tout le monde, en France comme à l'étranger. Oui, la grève est légale. Ce n'est pas une raison pour en abuser. Par contre, ce qui est illégal, ce sont les casses désastreuses auxquelles on a assistés... Ce qui est illégal aussi, ce sont les entraves à la circulation, à l'entrée de ceux qui veulent travailler dans leurs ateliers, leurs usines, leurs bureaux.

Cela doit être réprimé sans délai. C'est le premier devoir d'un gouvernement démocratique, sinon les gens iront chercher de l'autorité ailleurs...".

Hutin, c'est la République du bout des lèvres, celle des Versaillais, celle qui subordonne les droits imprescriptibles de l'homme (liberté, égalité,...) à la liberté et à la sécurité du propriétaire, du propriétaire des moyens de production, du riche, de l'investisseur et qui met la Police financée par l'argent de tous au service des intérêts de ces derniers.

Hutin, c'est Versailles, c'est cette France qui préfère, sinon Hitler, du moins Vichy ou tout maréchal de pacotille qui pourra réprimer le peuple insoumis, au Front Populaire ou à la Commune.

L'édito se termine par un vibrant appel:

" Le gouvernement doit tenir bon".

La sainte alliance de la réaction et du PARTI SOCIALISTE new age, version ultra-libérale...

Cette semaine pourtant, un autre chrétien éminent tenait des propos d'une toute autre teneur, le pape François.

De quoi donner des doutes ou des problèmes de conscience à François Régis.

Pensez-vous, ces gens là ont les idées de leurs conditions et de leurs intérêts, la religion n'est en eux qu'un vernis social ...

" Le pape François a ainsi dénoncé mardi dernier, lors d'une visite à une soupe populaire, le "capitalisme sauvage" et prêché pour un retour des valeurs de générosité et de charité. La semaine dernière, il avait lancé un vibrant appel à une réforme de la finance mondiale, estimant que l'impitoyable "culte de l'argent" et la "dictature de l'économie" avaient aggravé la vie de millions de personnes à travers la planète. Il a sévèrement critiqué le capitalisme sauvage qui a introduit la logique du profit coûte que coûte, du donner pour obtenir, de l’exploitation au détriment des personnes. Les résultats nous les voyons dans la crise actuelle. Nous devons tous retrouver le sens du don, de la gratuité et de la solidarité – a lancé le Saint-Père. "

A Régis Hutin, décidément je préfère François, qui a pris le nom de du mystique d'ASSISE.

Ismaël Dupont

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 09:25

Samedi, la montée au mur des Fédérés s'est faite sur fond de luttes sociales, dignes de l'histoire du mouvement ouvrier français, comme nous le rappelle l'auteur, natif de Belleville et Ami de la Commune.

145 ans après la Commune, le discours officiel dominant est de caricaturer l'action revendicative populaire?

Gérard Mordillat: Déjà, Saint-Just le pointait: "Il n'est pas de pire ennemi du peuple que son gouvernement".

Le pire ennemi du peuple insurgé pendant la Commune de 1871, ce n'était pas Bismark ni von Moltke, mais le gouvernement de Thiers et des généraux félons, battus sur tous les champs de bataille - Mac Mahon en tête - se faisant une gloire de massacrer 20 000 hommes, enfants, vieillards désarmés qui, à Paris, n'avaient pas renoncé à lutter contre les Prussiens.

Aujourd'hui, le pire ennemi du peuple, c'est le gouvernement de François Hollande et ses socialistes félons: Macron, Sapin, Cazeneuve, El Khomri, ces nouveaux Versaillais battusà toutes les élections et sous les ordres de Manuel Valls - nouveau Galliffet -, prêts à massacrer tous ceux qui n'obéissent pas aux diktats du Medef au nom duquel ils gouvernent la France.

La Commune mise à genoux n'est pas morte et ne mourra jamais pour ceux qui gardent au coeur une plaie ouverte.

De même qu'il n'y a qu'un livre qui s'écrit depuis la nuit des temps, il n'y a qu'une seule insurrection qui anime les hommes et les femmes épris de liberté, de justice et d'égalité. Les pathétiques tentatives de disqualifier tout mouvement populaire ne sont que des gesticulations politiciennes. M. Hollande s'interroge (comme Thiers) de la place qu'il laissera dans l'histoire. Gageons que ce sera celle d'une trace douloureuse sur un slip sale.

Concernant 1871, la question est toujours celle de la réhabilitation. Pourquoi la République hésite t-elle toujours autant à célébrer la commune.

Gérard Mordillat: Célébrer la commune et les communards reviendrait à reconnaître qu'en 1871 le peuple avait raison contre les politiques, l'armée, l'église, les nantis, les bourgeois, les Zola, Flaubert, les Goncourt, les Georges Sand et tous ceux qui leur ressemblaient, seulement capables d'exprimer la haine des classes populaires et la peur de voir leurs privilèges disparaître. Pour les bourgeois d'aujourd'hui, l'oligarchie politico-financière au pouvoir, les médias aux ordres et les philosophes de salon, ce serait reconnaître que l'intelligence populaire dépasse et de beaucoup leur médiocrité, leurs bassesses, leurs malveillances conduites par la seule raison financière. Ce serait rendre à la démocratie son sens premier et ce serait insupportable.

Les Amies et Amis de la Commune de Paris 1871 ont pris une initiative forte à l'approche du 150e anniversaire?

Gérard Mordillat: Les Amis de la Commune ont obtenu que désormais il y ait une station de Métro qui porte le nom "Belleville, Commune de Paris 1871", célébrant la mémoire de cette insurrection populaire, l'inscrivant dans la ville elle-même. Ce fut un long combat, alors qu'il demeure à Paris deux voies dédiées aux assassins de la Commune. Et n'oublions pas qu'il n'y a toujours pas à Paris d'artères Robespierre, ni Saint-Just, ni Marat, mais un square Louis XVI.

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 07:36
Commémoration de la guerre 14-18: l'ennemi principal est dans notre pays (L'Humanité)

Grande Guerre : le discours compassionnel de l’État est la forme ordinaire du consentement au massacre - par Jean-Jacques Régibier (L'Humanité, samedi 28 mai)

http://www.humanite.fr/lennemi-principal-est-dans-notre-pays-608191

Notre époque aime les commémorations.

Il y a pour tout homme d’État en quête de reconnaissance une forme de satisfaction sourde à afficher la mine qu’il faut, à l’instant où retentissent les sonneries aux morts. C’est un exercice obligé de la fonction auquel on se prête avec d’autant moins de modération que celui qui s’y livre peut,pour une fois, et en toute sincérité peut-être, ressentir qu’il incarne symboliquement, à cet instant précis, sinon l’humanité toute entière, tout au moins la « communauté nationale », qui en est juste son contraire. Il y a aussi, disons-le sommairement, des jugements qui se veulent universels mais qui n’engagent pas à grand chose. Barak Obama vient d’en donner un nouvel et brillant exemple à Hiroshima où, après avoir condamné toutes les guerres pour les « souffrances indicibles » qu’elles occasionnent ( qui s’en serait douté ? ), a réussi à éviter de dire que ce bombardement était une faute, ni comment il fallait s’y prendre pour débarrasser concrètement le monde de l’arme nucléaire puisque c’est son vœu, prétend-il.

On est surtout là dans un exercice de style habile qui consiste à louvoyer entre les mots afin d’en dire le moins possible, tout en affichant cet air grave qui sied aux messages « historiques » (comme le claironnent les médias ) qu’on voudrait adresser à l’humanité.

Angela Merkel et François Hollande passeront eux aussi par cet exercice obligé à Verdun, sans imagination particulière, on peut le prévoir.

Pourtant deux évènements regrettables, pour qui eut aimé un centenaire plus consensuel, sont déjà venus gâter la fête à quelques jours des commémorations. Le fait que ces évènements aient été assez largement commentés alors qu’ils auraient pu passer inaperçus, en dit long sur le remord encore bien vivant qui travaille notre perception de la Grande Guerre. Mais il en dit long également sur l’état et le niveau actuels du débat politique en France.

Le premier, c’est le refus de l’Assemblée nationale de réhabiliter de manière collective les fusillés pour l’exemple de 14-18. Un projet de loi avait été déposé par les députés du Front de Gauche, l’Assemblée l’a rejeté jeudi, à 3 jours des commémorations de la bataille de Verdun. Le secrétaire d’état aux Anciens combattants, Jean-Jacques Todeschini a jugé que « le moment n’était pas venu pour une réhabilitation générale » pour le 200ème anniversaire peut-être ? ), entrainant dans son combat contre la réhabilitation un magma informe mais déterminé, de députés PS, de radicaux de gauche, de députés de droite et du centre, une version contemporaine de l’Union sacrée qui a donné le coup d’envoi du grand massacre de 14-18.

Lire : L’Assemblée refuse la réhabilitation collective des fusillés de 14-18

Le second, qui pourrait sembler plus anecdotique, c’est la décision prise par le maire PS de Verdun, Samuel Hazard d’interdire le concert du rappeur Black M, pourtant prévu dans le cadre des commémorations du Centenaire, dimanche à Verdun. Les détails qui ont mené à cette interdiction sont intéressants puisque toute la polémique est partie d’un site identitaire confidentiel « Français de souche », relayé par un autre conglomérat d’extrême-droite comptant les Le Pen, Philippot, Ménard et Morano, dont les positions ont entraîné une bordée de discours haineux. Le maire de Verdun a affirmé que le standard de sa mairie avait été saturé « d’appels insultants », lui-même s’étant senti « menacé physiquement par ces appels », des groupuscules menaçant de venir troubler l’ordre public. S’en est suivi un pas de trois lamentable entre le Secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, la mission du Centenaire et le maire de Verdun, chacun, dans un élan de courage digne d’une montée au front, renvoyant à l’autre la responsabilité de l’annulation du concert de Black M. La décision a été finalement prise par Samuel Hazard, non sans qu’il ait fait savoir qu’il avait été « lâché » par l’Etat et la Mission du centenaire. A « Verdun-on-ne-passe-pas », 100 ans après la boucherie et la chanson, on aurait pu s’attendre à un peu plus d’héroïsme… Le jeune rappeur, dont quelques paroles de chansons ne brillent pas par leur subtilité excessive - mais la provocation et les excès sont la marque de fabrique du genre - a eu beau rappeler que son grand-père avait combattu au sein des Tirailleurs sénégalais durant la Seconde guerre mondiale, qu’il avait lui-même ressenti « une immense fierté » à l’idée de participer à un concert où doivent se retrouver les jeunes Allemands et Français, en marge des commémorations du Centenaire de Verdun ( et non pas dans les commémorations ), Alpha Diallo - c’est le nom civil de « Black M »-, « enfant de la République et fier de l’être », comme il l’a écrit dans unelettre publiée sur les réseaux sociaux, sera interdit de concert à Verdun, lors de l’un de ces moments voué en principe à la paix, au consensus national et à la concorde universelle. Les tenants d’une vision nationaliste de la guerre, ces descendants des ligues d’extrême-droite qui en 1914 appelaient au massacre et inspiraient le meurtrier de Jean Jaurès, ont donc gagné, avec la complicité honteuse des plus hautes autorités de l’état et de la plupart des partis. « L’émotion palpable » des commémorations - que ne manqueront pas de nous ressortir, dimanche, tous les médias - ne changera rien à l’affaire. Comme le dit le philosophe Alain Badiou, « le risque de cette domination de l’affect, c’est de renforcer les pulsions identitaires ». On est bien partis pour.

Lire : Black M : « Moi, Alpha Diallo, français né en France »

La vérité, c’est qu’aucun état ne peut fournir aujourd’hui une interprétation raisonnable de la Grande Guerre, pas plus que deux états, même si leurs dirigeants se tiennent par la main devant l’ étendue infinie de tombes alignées.

Il n’y a plus de place non plus pour parler de « France » à propos de cette guerre, qui n’a été rien d’autre qu’un massacre de la jeunesse d’Europe par leurs propres états, répondant aux injonctions de leurs classes dominantes respectives, engagées, elles ,dans un combat à mort qu’elles ont fait faire à d’autres, pour s’assurer des richesses du monde et de ses fabuleux débouchés. La mondialisation ne date pas d’hier.

Le dirigeant socialiste allemand Karl Liebknecht résumait parfaitement cette autre vision de la guerre, conforme à la fois à la vérité et à l’intérêt des peuples dans un tract de mai 1915 intitulé : « L'ennemi principal de chaque peuple est dans son propre pays ! »

“L'ennemi principal du peuple allemand est en Allemagne », expliquait-il, « l'impérialisme allemand, le parti de la guerre allemand, la diplomatie secrète allemande. C'est cet ennemi dans son propre pays qu'il s'agit pour le peuple allemand de combattre dans une lutte politique, en collaboration avec le prolétariat des autres pays, dont la lutte est dirigée contre ses propres impérialistes. Nous ne faisons qu'un avec le peuple allemand et nous n'avons rien en commun ( … ) avec le gouvernement allemand de l'oppression politique, de l'asservissement social. Rien pour ceux-ci, tout pour le peuple allemand ! Tout pour le prolétariat international, pour le prolétariat allemand, pour l'humanité qu'on foule aux pieds ! ( … ) A bas les fauteurs de guerre de ce côté-ci et de l'autre de la frontière ! Fin au génocide ! Prolétaires de tous les pays ! Suivez l'exemple héroïque de vos frères italiens ! Unissez-vous dans la lutte de classe internationale contre le complot de la diplomatie secrète, pour une paix socialiste ! L'ennemi principal est dans votre propre pays ! »

L’Histoire nous a appris que les seuls socialistes à avoir combattu à la foispour l’arrêt de la guerre et pour la révolution, et les seuls, qui, une fois après avoir pris le pouvoir, sont les seuls à avoir respecté leur promesse, furent les bolchéviques russes. Ils ont réalisé ainsi le rêve de Jaurès qui lui aussi, quelques jours avant le déclenchement de conflit et avant d'être assassiné, ne voyait que la révolution pour arrêter la folie meurtrière des nations d’Europe.

Lire aussi :

« Qui n’a pas fait Verdun n’a pas fait la guerre »..., disent les survivants

Les fraternisations en 1914-1918, une idée à creuser

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 05:30
photo Ouest-France

photo Ouest-France

Rennes. L'Internationale chantée au petit matin, à la salle de la Cité
http://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/rennes-linternationale-chantee-au-petit-matin-la-salle-de-la-cite-4258713

Ils sont toujours là : sur le toit et dans la salle de la Cité, réinvestie hier soir par les opposants à la loi Travail.

La Maison du Peuple est à nouveau occupée depuis vendredi soir par les opposants à la loi Travail. Tout est calme ce matin aux alentours de la rue Saint-Louis. Les commerçants s'installent, place des Lices et tout près de la place Sainte-Anne, la grue du chantier du Centre de congrès a repris du service, dès 8 h. Sur le toit de la salle de la Cité, toujours occupée, les activistes interpellent les passants et c'est en chantant l'Internationale qu'ils réveillent les riverains.

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 04:45
Saint Brieuc: le ticket de bus va passer de 1,20€ à 1,50€: on arrête pas le progrès! (Ouest-France)

Saint-Brieuc. Le ticket de bus va passer de 1,20 € à 1,50 €


http://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-brieuc-22000/saint-brieuc-le-ticket-de-bus-va-passer-de-120-eu-150-eu-4256538

Les tarifs des transports en commun devraient augmenter le 1er septembre prochain. Une hausse de 25 % du ticket de bus est envisagée.

Saint-Brieuc Agglomération et Baie d’Armor Transport envisagent d’augmenter les tarifs de leur réseau de bus. À compter du 1er septembre prochain, les tickets à l’unité coûteront 1,50 € au lieu de 1,20 € actuellement. Soit une augmentation de 25 % !

Le carnet de dix voyages passerait de 10,5 € à 12 €. Le coupon hebdomadaire passerait, lui, de 8 € à 10 € mais sur une période de validité glissante. Aujourd’hui valable du lundi au dimanche, il le sera désormais sur sept jours consécutifs.

30 € de plus sur l’abonnement

Cette augmentation des tarifs des titres de transport devait être actée, jeudi soir, lors du conseil d’agglomération pour une entrée en vigueur dès le 1er juillet. Mais la délibération a été reportée au 7 juillet pour une entrée en vigueur le 1er septembre. Pourquoi ce report ? Pour que les services sociaux puissent intégrer cette augmentation dans leurs services proposés aux personnes dans le besoin.

Les abonnements aussi devraient augmenter (cela concerne 13 150 abonnés en 2015) : 10 € de plus pour les scolaires (135 € pour les - 16 ans et 160 € pour les - 26 ans), « tout en restant inférieurs aux tarifs pratiqués sur les autres réseaux comparés », nuance la collectivité.

Pour les plus de 26 ans, l’abonnement mensuel coûtera 3 € de plus (28 €). L’abonnement annuel 30 € de plus (280 €). « Ce titre pouvant être pris en charge à 50 % par l’employeur. »

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 04:33
Lorient: une famille de demandeurs d'asile expulsée

Une famille de demandeurs d’asile, avec de jeunes enfants, a été expulsée ce samedi matin de l’hôtel où elle était hébergée depuis cinq nuits. Les associations s’indignent.

Une famille de demandeurs d’asile, avec de jeunes enfants, a été expulsée ce samedi matin de l’hôtel où elle était hébergée depuis cinq nuits à Lorient. Le mari est Indien, la maman est Arménienne, ses deux enfants sont âgés de 18 mois et 3 ans.

Pas de police

Après avoir été reçue dans divers lieux d’accueil de Lorient, la famille a reçu l’ordre de quitter l’hôtel après cinq dernières nuits d’hébergement. La famille a quitté les lieux ce samedi matin à 10 h, d’elle-même. La police n’était pas présente.

« La maman est arrivée à Lorient en 2003, elle ne parlait pas un mot de français, aujourd’hui elle parle. Cela montre bien son désir d’intégration », rappelle Claire Herlic, d’Europe Écologie - Les Verts du pays de Lorient.

« Des enfants à la rue »Cimade, Dal 56, RESF, les associations sont indignées. « Par principe, quelle que soit la situation administrative des personnes, il n’est pas concevable de jeter des gens, et des enfants, à la rue », martèle Bruno Noblet, de la Cimade. « Cette famille n’a aucune solution et nous n’avons pas réponse de la préfecture. »

D’autres expulsions à venir. Jeudi, une autre famille, arrivée de Géorgie en 2013, a vu sa demande d’asile rejetée et a été expulsée. D’autres familles, « avec des enfants », devraient connaître le même sort la semaine prochaine.

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 16:20

Les syndicats qui agissent ensemble pour le retrait de la loi El Kohmri sont majoritaires !

L’article ci-après de ce 27 mai 2016 dans l’Humanité fait état d’un arrêté du 26 mai 2016 à paraître au Journal officiel, fixant la liste des organisations syndicales dites représentatives au niveau national et interprofessionnel.

Selon cet arrêté le poids des syndicats est le suivant :

CGT : 30,63%

CFDT : 29,71%

FO : 18,28%

CGC : 10,76%

CFTC : 10,62%

CGT et FO représentent donc ensemble 48,91%.

Mais à ce chiffre il faut rajouter la FSU et Solidaires (165 000 et 100 000 adhérents revendiqués) qui ne figurent pas dans l’arrêté car considérés comme non représentatifs, une partie des adhérents de l’UNSA qui sont dans l’action (200 000 adhérents revendiqués)

et aussi... les organisations étudiantes et lycéennes (UNEF, UNL et FIDL)

Les organisations qui sont dans la rue sont donc majoritaires, contrairement aux affirmations gouvernementales mensongères.

Représentativité syndicale: sortir des contre-vérités pour discréditer les syndicats qui résistent au libéralisme!
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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 12:44

Les 600 adhérents cotisants de la fédération PCF du Finistère, réunis dans 20 sections locales, ont élu les semaines passées à l'occasion de leurs congrès de section 60 représentants pour leur Congrès Départemental demain, samedi 28 mai salle Asphodèle à Berrien, entre 9h et 18h.

Le choix de la commune de Berrien ne s'est pas fait au hasard: une petite commune des "montagnes rouges de l'Arrée" qui a eu un passé actif et courageux dans la Résistance, qui est administrée par un maire Front de Gauche, Paul Quemener, ayant succédé à Marie-Pierre Coant, qui a déclaré sa commune zone hors TAFTA, s'est battu avec la population pour le maintien de son école, contre la désertification, est revenue en régie publique de l'eau.

Commune symbole du volontarisme politique des élus du monde rural et de leur conscience du "penser global pour agir local".

Ce congrès départemental s'inscrit dans le cadre de la préparation du 37e Congrès national du PCF à Aubervilliers entre le 2 et le 5 juin.

Cette année, en même temps qu'il combat activement avec la population et les syndicats pour le retrait de la loi El Khomri, qu'il cherche une voie pour unifier en 2017 une gauche de progrès social et de rupture avec le néo-libéralisme, qui ne peut évidemment être positionnée sur la ligne Hollande-Valls-Macron, et cela afin de déjouer le scénario désastreux d'un duel extrême-droite-droite au second tour, notre Parti, le plus vieux de France, et le 3e parti de France en terme de nombre de militants et d'élus, fête ses 95 ans, et les 80 ans du Front Populaire, moment clef de l'histoire de France dans lequel il a joué un rôle décisif au service de l'unité politique pour la défense des intérêts populaires et la lutte contre le fascisme.

Ce Congrès Départemental nous permettra d'échanger sur les 3 parties principales du texte national voté par tous les adhérents le 5 mai, Le Temps du Commun, la partie portant sur le Projet (débats de 9h à 10h30), la partie portant sur la stratégie pour 2017 - législatives et présidentielles (débats de 10h50 à 12h30), et la 3e partie l'après-midi portant sur les transformations du Parti Communiste, articulée au bilan et aux orientations de l'activité de la fédération du Finistère et à la vie et l'activité politique des sections finistériennes.

Ce Congrès Départemental élira aussi nos délégués au Congrès National, la Direction départementale du PCF pour les 3 ans à venir, avec le secrétaire départemental et le Conseil départemental du PCF Finistère qui devrait compter environ 35 élus.

Médias:

Ce vendredi soir, 27 mai, des interviews à propos de notre 37e Congrès et de notre Congrès Départemental à Berrien seront diffusés aux journaux départementaux de RCF Rivages et de Radio Nord Bretagne.

J'ai aussi demandé un point presse avec invitation à Ouest-France, au Télégramme, au Trégor, à Poher Hebdo à 18h demain.

Fraternellement,

Ismaël Dupont

Congrès départemental du PCF du Finistère à Berrien ce samedi 28 mai
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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 11:58

COMMUNIQUE CGT, FSU, FO, SOLIDAIRES, UNEF, UNL, FIDL

Loi Travail : un nouvel élan avec plus de salarié-es, jeunes, privé-es d’emploi, retraités dans l’action

La mobilisation contre le projet de loi travail s’amplifie et s’enracine durablement pour le retrait du projet de loi et l’obtention de nouveaux droits. La détermination des salarié-es, jeunes, privé-es d’emploi et retraité-es est sans faille, comme le démontrent le nombre de manifestants ce jour et le nombre d’initiatives dans les entreprises, les sites industriels, les zones commerciales. La violence des propos tenus par le gouvernement, le mépris à l’égard du mouvement social et son entêtement à ne pas retirer le projet de loi renforce cette détermination. Les organisations réaffirment les termes de leur courrier commun envoyé le 20 mai au Président Hollande dans lequel elles demandaient à être reçues.

Alors que celui-ci dit faire du dialogue social sa méthode de gouvernement, les organisations attendent toujours la réponse à leur courrier. La mobilisation des salarié-es, jeunes et privé-es d’emploi est aujourd’hui majoritaire, l’opinion publique reste massivement défavorable au texte de loi et l’unité des organisations syndicales engagées, représentant du front large et résolu, reste intacte.

Des milliers de nouveaux salarié-es d’entreprises des plus petites au plus grandes, de tous secteurs professionnels sont entrés dans la mobilisation.

De nombreux secteurs professionnels restent engagés, souvent dans un mouvement de grève reconductible, comme dans les raffineries, les centrales nucléaires, les ports, les cheminots, la RATP, les transports, etc. Les organisations appellent à poursuivre et amplifier les mobilisations : - En multipliant et en soutenant les actions décidées par les salarié-es en assemblées générales, y compris reconductibles, dès ce soir. 

- En travaillant à des temps forts de convergence de luttes interprofessionnelles par la grève et les manifestations dans les prochains jours, sur tout le territoire et dans les professions. Chaque jour doit être un nouvel élan dans la mobilisation. 

-En déployant dès le début de la semaine prochaine la votation citoyenne décidée en intersyndicale dans les entreprises, les administrations et les lieux d’études. Cette votation sera remise au président de la République lors d’un nouveau temps fort dans la deuxième quinzaine de juin. 

-En créant les conditions de la réussite d’une puissante manifestation nationale le 14 juin à Paris, Elles se retrouveront de nouveau pour assurer l’organisation et la réussite des mobilisations et initiatives.

Montreuil, le 26 mai 2016

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 10:37
Conseil Municipal de Morlaix du 26 mai: retour au calme après la tempête (Le Télégramme)
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