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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 09:06

Les sympathisants PS se détournent de Hollande, machine à perdre, mais il n'y a pas que l'hypothèse Montebourg qui se renforce (pour les primaires, sans doute, mais pour un premier tour, ne restera t-il pas identifié au bilan catastrophique du PS au pouvoir et à ses reniements? Inspirera t-il suffisamment confiance, lui qui a porté l'arrivée de Valls au gouvernement et a soutenu Hollande au deuxième tour des primaires en 2012, qui a porté d'abord les idées de 6ème République avant de se couler complètement dans la cinquième?).

Valls séduit de plus en plus, signe peut-être d'une forme de droitisation de l'électorat social-démocrate, qu'incarne aussi les intentions de vote très flatteuses pour Emmanuel Macron, l'homme du néo-libéralisme et du dépassement du clivage droite-gauche décomplexé, sorte d'héritier de Pompidou et de Chaban-Delmas, dont le "Mouvement en marche", porté par les médias au service des puissances d'argent, réunit sur le moment de nombreux soutiens citoyens...

Symptôme de repères politiques de plus en plus confus...

Article Ouest-France:

S'il devait participer à la primaire socialiste, François Hollande serait battu au second tour par Arnaud Montebourg selon un sondage BVA-Salesforce pour la Presse Régionale et Orange.

L'ancien ministre du Redressement productif serait en revanche battu par Manuel Valls si ce dernier se présentait à la primaire. La primaire socialiste passionne-t-elle autant que la primaire de droite ? Presque. Selon l'enquête BVA-Salesforce pour la Presse Régionale et Orange (1), près d’un Français sur trois (32 %) se dit intéressé par la primaire socialiste contre 35 % pour la primaire de la droite. Et c'est sans surprise chez les sympathisants socialistes que cet intérêt est le plus fort (67 %). Cet intérêt n'est toutefois pas synonyme de belle participation. 4 % seulement des électeurs interrogés ont en effet l’intention de voter au premier tour de cette primaire, soit environ 1,8 million de votants. Une mobilisation très en deçà des prévisions pour la primaire de la droite et du centre (8 % soit 3,5 millions d’électeurs potentiels). Loin aussi de la primaire socialiste de 2011 qui avait rassemblé 2,7 millions de Français. « Néanmoins, le scrutin reste encore flou dans ses modalités tout comme dans la liste des candidats en présence. Cette double incertitude n’est pas de nature à mobiliser », fait toutefois remarquer BVA.

Hollande en difficulté

Passons aux intentions de vote. L'enquête révèle un François Hollande en difficulté si le chef de l'État se présentait à la primaire. Dans l’hypothèse d’un scrutin l'opposant aux candidats actuellement déclarés ou pressentis, M. Hollande arriverait certes en tête du premier tour, avec 43 % des intentions de vote, mais serait en revanche battu au second tour par Arnaud Montebourg (52 % contre 48 %). L'ancien ministre du Redressement productif bénéficierait, selon l'étude, de bons reports de voix des électeurs de Benoît Hamon (56 %) et du vote des plus jeunes (65 % des moins de 35 ans).

Autre scénario avancé par les sondeurs : la candidature de Manuel Valls.

Le Premier ministre dans cette hypothèse sortirait vainqueur des deux tours de scrutin. Manuel Valls arriverait en tête du premier tour, avec 44 % des intentions de vote, devant Arnaud Montebourg (31 %) et Benoît Hamon (14 %). Il remporterait ensuite un second tour serré - 51 % des suffrages contre 49 % - qui l'opposerait à Arnaud Montebourg.

Au 1er tour, Alain Juppé est donné dans ce sondage à 36% - Marine Le Pen à 30% (+2 points) - et Jean-Luc Mélenchon à 12% (-1,5 points).

Primaire du PS: Hollande en difficulté s'il se porte candidat (Ouest-France, 2 octobre 2016)
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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 16:08
affiche "chasseur de syndicalistes" - Info Com CGT

affiche "chasseur de syndicalistes" - Info Com CGT

VIOLENCES & REPRESSIONS :
L'ONU MET LA FRANCE À L'AMENDE !

Un rapport du Comité contre la torture des Nations unies fustige l'usage "excessif" de la force employée par les représentants de l'ordre ces derniers mois… Un comble pour ce gouvernement qui prétend défendre les libertés individuelles et collectives !

http://www.lepoint.fr/…/violences-policieres-l-onu-met-la-f…

Cette violence instrumentalisée, est à l'image de celle lors du mouvement contre le CPE en 2006. M. Buisson vient d'ailleurs de rapporter des faits et des propos glaçants du Ministre de l'intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy : « On laissera (les casseurs) faire leurs courses chez Darty et à Go Sport. » Le ministre de l'Intérieur était ensuite apparu sur les lieux, « fier de montrer à quel point il maîtrisait la situation face à un Premier ministre englué dans un affrontement mortifère avec la jeunesse ».

http://www.lepoint.fr/…/patrick-buisson-tance-nicolas-sarko…

[LIRE, PARTAGER, TÉLÉCHARGER…]

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goo.gl/QMZD1l

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 15:53
Marie-Claude Vaillant Couturier en 1945

Marie-Claude Vaillant Couturier en 1945

Elle a planté ses yeux dans ceux des nazis

DANY STIVE

JEUDI, 7 MAI, 2015

L'HUMANITÉ

"Une vie de résistante, Marie-Claude Vaillant-Couturier", de Gérard Streiff.

Marie-Claude Vaillant-Couturier, rescapée d’Auschwitz, témoin à Nuremberg, militante communiste.

Quand elle entre dans la salle du procès des dirigeants nazis à Nuremberg le 28 janvier 1946, Marie-Claude Vaillant-Couturier aimante tous les regards. Cette belle et grande femme blonde aux yeux bleus, plutôt que s’avancer vers la barre où le président du tribunal vient de l’appeler, se dirige droit vers les bancs des accusés. Plantant ses yeux dans ceux des dignitaires nazis, cette femme sortie de l’enfer concentrationnaire sept mois auparavant défie les responsables de la solution finale. Avec elle, est entré dans cette salle le « terrible cortège de tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l’un des nôtres » (1). À la barre, elle apostrophe les responsables nazis : « Regardez-moi car, à travers mes yeux, ce sont des centaines de milliers d’yeux qui vous regardent, par ma voix, ce sont des centaines de milliers de voix qui vous accusent. »

Par cette scène initiale, Gérard Streiff ouvre une biographie rapide et bien enlevée de cette communiste hors du commun à l’usage des jeunes lecteurs. Autant dire que, en suivant les pas de Marie-Claude Vaillant-Couturier, on arpente le monde du XXe siècle. Photographe, journaliste, militante infatigable, pacifiste et féministe, élue communiste, elle a voyagé de par le monde et traversé les classes sociales. Issue de la bourgeoisie éclairée, elle rejoint les rangs des révoltés refusant les inégalités. Difficile avec un tel personnage, dans un texte si court, de ne pas verser dans l’hagiographie. L’auteur y parvient en refusant de l’enfermer dans la légende, mais en décrivant une femme « unique, engagée, habitée par la passion politique, d’une incroyable vitalité, élégante et discrète, humble mais tenace, simple et altière à la fois. Une sorte d’aristocrate rouge qui semble sortie d’un roman de Jean Vautrin ». Marie-Claude Vaillant-Couturier n’entrera pas au Panthéon en ce mois de mai, François Hollande ayant choisi d’autres personnalités pour féminiser un peu ce temple républicain si masculin. À lire ce portrait, on comprend qu’il a fait une erreur. Raison de plus pour encourager sa lecture par les plus jeunes.

(1) Discours d’André Malraux pour l’entrée au Panthéon des cendres de Jean Moulin.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 15:01
Connie Hedegaard, une ex commissaire européenne au Climat, chargée du green washing chez Wolkswagen (Marianne, 30 septembre)

Marianne, Vendredi 30 Septembre 2016

Après les scandales de l'arrivée de José Manuel Barroso chez Goldman Sachs et la société cachée de Neelie Kroes, la Commission européenne offre un nouvel exemple de sa perception très ouverte du conflit d'intérêts. Connie Hedegaard, anciennement en charge du climat pour Bruxelles, rejoint ainsi Volksawagen, avec la bénédiction de la Commission.

C'est ce qu'on appelle un mauvais timing : au moment où la Commission européenne veut enfin rendre obligatoire l’inscription des milliers de lobbies actifs auprès des institutions européennes, une nouvelle affaire de conflit d'intérêts éclabousse Bruxelles. Après Barroso chez Goldman Sachs et la société cachée sous les palmiers des Bahamas de Neelie Kroes, ex-commissaire européenne à la concurrence, voici Connie Hedegaard.

Cette ex-commissaire européenne chargée du climat entre 2010 et 2014 et ancienne ministre du Climat et de l'Énergie au Danemark rejoint le groupe… Volkswagen. Plus précisément le pompeux "Conseil international de la durabilité" mis en place par le constructeur allemand, pris la main dans la boîte à gants d'une gigantesque fraude à la pollution en 2014.

La commission européenne n'y trouve rien à redire

Heureusement, à la Commission européenne, on ne voit pas où est le problème : le choix de carrière audacieux de Connie Hedegaard est une "décision individuelle" intervenue après la "période d'attente de 18 mois", délai après lequel les ex-membres de la Commission sont libres d'aller se vendre au plus offrant sans que le conflit d'intérêts ne puisse être retenu.

Rappelons qu'en 2014, Connie Hedegaard faisait feu de tout bois pour convaincre les États-Unis de s'engager sur la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, un an avant la conférence sur le climat de Paris. Désormais, la nouvelle conseillère d'un des plus grands groupes de l'industrie automobile mondiale jetera ses compétences dans le vaste tambour du greenwashing à la sauce Volkswagen. Avec du beau linge pour lui tenir compagnie.

Des leaders internationaux pour tenter de rattraper le désastreux "diesielgate"

Parmi les autres membres de l'académie des sages du climat créée par le constructeur automobile, on note la présence de Margo T. Oge, ancienne directrice du département transports de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA). La même EPA qui a révélé le scandale des moteurs diesel truqués aux Etats-Unis en septembre 2015. Sur la photo de rentrée, on retrouvera aussi Yves Leterme, ancien Premier ministre belge, ou encore un professeur d'économie spécialiste de l'impact du changement climatique de l'Université technique de Berlin.

Des personnalités de premier plan dont la rémunération reste floue. "Nous présumons que Mme Hedegaard touchera des émoluments", indiquait ainsi benoîtement un porte-parole de la Commission au sujet de son ancienne collègue. Mais, selon l'ONG Corporate Europe Observatory, Connie Hedegaard ne touchera pas d'argent de la part de Volkswagen en dehors des frais liés à son activité, tout comme ses petits camarades. Une rémunération pas vraiment nécessaire dans l'immédiat : les collaborations de haut niveau de ce genre s'inscrivent dans un temps long. Tout comme les renvois d'ascenseur, dont les détails n'ont nul besoin d'être étalés sur la place publique.

À lire
>> Après les affaires Kroes et Barroso, course à la transparence sur les lobbies à Bruxelles
>> Barroso chez Goldman Sachs : Juncker en appelle au comité d'éthique européen
>> Mails, visites secrètes… Quand le commissaire Barroso fricotait déjà avec Goldman Sachs
>> "Bahamas Leaks" : cette commissaire européenne qui cachait une soci
été offshore

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 06:46
Ruffin, photo Sud-Ouest

Ruffin, photo Sud-Ouest

Ce jeudi, sur le parking de Bigard, j’ai croisé mon député socialiste.
L’occasion, pensait-on, d’une discussion chaleureuse.
Mais on a failli assister à une noyade…

Ce jeudi, le groupe Bigard, le n°3 européen de la viande, annonçait aux 84 salariés la fermeture de son site d’Ailly-sur-Somme (voir notre tract ici). On se trouvait sur le parking, entre le thermos de café et les chasubles CGT quand on a repéré un bonhomme en costume.

« C’est pas le député, lui ?
- Si
si. »
Pascal Demarthe, élu PS de ma circo.
Suppléant de Pascale Boistard, entrée au gouvernement.
Je ne l’avais jamais vu en vrai, lui.
C’est toujours différent sur les photos.
On s’est approchés pour discuter : c’est notre parlementaire à nous aussi, après tout !

François Ruffin : Bonjour, Monsieur. (On est polis.) D’après nos données, le groupe Bigard a reçu des aides de l’Etat, l’an dernier, à hauteur de 32 millions d’euros. Dont 11 millions de Crédit Impôt Compétitivité Emploi. Et là, ils ferment le site d’Ailly…
Pascal Demarthe : Ce qu’on peut dénoncer, en effet, c’est qu’il ait reçu des subventions et qu’il ait investi ailleurs.
François Ruffin : Mais vous ne pouvez pas les reprendre, ces 32 millions ? C’était fait pour créer de l’emploi…
Pascal Demarthe : Non, c’était fait pour investir, et ils ont investi. Sur d’autres sites, mais ils ont investi. Les emplois, en théorie, doivent arriver après, c’est une conséquence.
François Ruffin : Quand même, dans « Crédit impôt compétitivité emploi », y a « emploi ». Là, ils suppriment des emplois. Vous n’allez pas reprendre les 32 millions ?
Pascal Demarthe : Ce n’est pas possible. Vous pointez là, à mon avis, une faille du système : il n’y a pas eu de fléchage.
François Ruffin : Pourquoi vous l’avez fait, alors ? Là, vous donnez 32 millions à un groupe qui est déjà bénéficiaire ? Sans la moindre condition ?
Pascal Demarthe : Vous avez raison, on l’a bien dit : il n’y a pas de conditions, et ça, en effet, on peut le regretter.

Je me pince.
Le plus étrange, dans cet échange, c’est que Pascal Demarthe parle de cette mesure comme si elle lui était étrangère. Comme si elle n’avait pas été voulue par un président socialiste, mise en œuvre par un gouvernement socialiste, votée par des députés socialistes – dont, à l’époque, Pascale Boistard.
Allons-y pour l’estocade.

François Ruffin : Le problème, avec vous, le PS, c’est que, ici, dans vos circos, vous venez dire « on est avec vous, on est de gauche », mais à Paris, vous votez des lois de droite, avec des dizaines de milliards pour le patronat, avec des contrats de travail précarisés…
Pascal Demarthe : Ah mais…

Silence.
Un long silence.
Un très long silence.
Avec des borborygmes au milieu : « nous… non… nous… mais… »
Je compte.
Un… deux… trois… quatre… cinq…
Je regrette de ne pas avoir un chronomètre, pour mesurer combien ça dure.
Dix secondes.
Quinze secondes.
Je regrette de ne pas avoir une caméra, un téléphone, pour enregistrer ça.
Car le type fait des gestes.
Agite ses bras.
Il se noie en direct.

Pascal Demarthe : Nous, on le constate… vous et moi… sur le terrain… je pense que, effectivement, y a une faille…
Xavier Riffaudeau (son attaché parlementaire) qui vient le sauver : Il y a une faille dans le dispositif, etc.
Pascal Demarthe, se ressaisit : Ce que je peux déplorer, vraiment, c’est que nous on demande, depuis deux ans, à être reçus dans l’entreprise, avec la maire, de pouvoir visiter, mais le groupe Bigard a toujours refusé. Il n’a même pas répondu !

À cet instant, vous voulez que je vous dise ce que j’éprouve pour ce député ?
De la pitié.
On ne veut pas être méchant.
Il a déjà l’air si fragile, si perdu.
Sinon, on lui aurait bien demandé pourquoi, alors, depuis deux ans, depuis quatre ans même, avec un président socialiste, un gouvernement socialiste, des députés socialistes, pourquoi ils ne votent pas des lois pour diminuer le pouvoir des actionnaires ? Pour qu’entrent dans les Conseils d’administration des salariés, des élus, des consommateurs ? Pour que la démocratie ne s’arrête pas à la porte de l’entreprise, qu’on donne plus de pouvoir aux employés, aux syndicats ? Pour que Bigard et les autres soient contraints d’ouvrir leurs portes et leurs comptes ?
Pourquoi, à l’inverse de tout ça, depuis ans, depuis quatre ans, Pascal Demarthe et ses collègues votent-ils des lois, CICE, Pacte de responsabilité, Loi Travail, qui renforcent le pouvoir des actionnaires ? Qui délivrent des dizaines de milliards aux financiers sans le moindre contrôle ? Qui flexibilisent l’emploi, cassent le CDI, pour nous ramener lentement à la féodalité, au bon vouloir des maîtres ?
J’allais l’interroger sur tout cela.
Mais j’ai eu peur que, à nouveau, il se noie.

Je me suis éloigné, donc, me souvenant de son incompétence affichée.
C’était au printemps dernier.
On l’avait invité à débattre avec nous, en public, où il le souhaitait, quand il le souhaitait, sur les questions d’industrie et d’emploi.
Il nous avait répondu une longue lettre, se défilant savamment. Sur l’industrie, sur l’emploi, Pascal Demarthe s’y déclarait incompétent.
On avait apprécié la franchise.
Et un peu dommage, quand même, pour un député qui compte la Zone industrielle sur la circonscription…
Enfin, c’est pas ça qui va sortir les 84 salariés, et leurs 84 familles, de la panade.

Voir en ligne : Mais qui est Monsieur Bigard ?

Pascal Demarthe, député PS de la Somme

Pascal Demarthe, député PS de la Somme

Fakir, septembre-octobre 2016

Fakir, septembre-octobre 2016

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 06:41
Agents communaux de Morlaix: nouveau debrayage mardi 4 octobre (Le Télégramme - Ronan Tanguy, 30 septembre)

Réunis hier en assemblée générale, les agents communaux ont voté une nouvelle heure de débrayage pour mardi. Ils s'inquiètent des mesures visant à réduire certains de leurs acquis.

L'inquiétude demeure palpable au sein du personnel de la ville, qui emploie 420 personnes. Hier après-midi, environ 70 d'entre eux se sont retrouvés dans les locaux de la CGT, à Kernéguès, pour une assemblée générale organisée conjointement avec la CFDT.

Au terme de la réunion, un débrayage a été voté pour mardi. Le personnel est appelé à se rassembler dans la cour d'honneur de l'ancien lycée, de 14 h à 15 h, au moment où se tiendra le comité technique qui devrait valider le plan de mesures concernant l'Ehpad de La Boissière. Avec, notamment, la diminution du nombre de contractuels, qui passera de 19 à 13, en raison de la baisse du nombre de résidents durant le chantier de rénovation des locaux. Une décision qui avait déjà engendré un premier débrayage d'une heure, la semaine dernière.

« Des économies de bout de chandelles »


Outre la situation de la maison de retraite, ce sont les mesures visant à réduire leurs acquis qui préoccupent les fonctionnaires. « Il est question, par exemple, de nous supprimer les cinq jours dont nous bénéficions pour préparer les concours.

On n'aurait plus une journée pour la rentrée scolaire, mais simplement une heure, et pas au-delà des enfants qui entrent en 6e. On veut revenir sur les principes fondamentaux de nos avantages, qui sont pourtant minimes. On a demandé combien ça rapporterait.

On attend toujours la réponse. Ce sont des économies de bout de chandelle », ont protesté les syndicats et les agents réunis hier.

« Il va falloir qu'on soit unis »

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 06:35
Il y a 120 ans ... naissait Jacques Duclos (par Robert Clément)

Naissance de Jacques Duclos le 2 octobre 1896, il y a 120 ans
Né le 2 octobre 1896 à Louey (Hautes-Pyrénées) et mort le 25 avril 1975 à Montreuil, Jacques DUCLOS était l'un des principaux dirigeants du Parti communiste français. Il est resté plus de trente-cinq ans dans l'équipe dirigeante du parti aux côtés de Maurice Thorez et Benoît Frachon. De l'adhésion au PCF à la Seconde Guerre mondiale
Ouvrier pâtissier, il participe à la Première Guerre mondiale, où il est blessé. À son retour à la vie civile, Jacques Duclos entre à l'ARAC (Association républicaine des anciens combattants) et au Comité de la IIIe Internationale, puis, le 31 décembre 1920, au parti communiste (PCF), juste après l'adhésion de la majorité de ses membres à l'Internationale communiste.
Membre du Comité central du PCF en 1926, il est élu, la même année, député contre Paul Reynaud ; réélu en 1928 contre Léon Blum, il sera battu par Marcel Déat en 1932.
Arrêté en 1927 pour propagande antimilitariste, il vit dans la clandestinité de 1928 à 1931. Il travaille à Moscou pour la IIIe Internationale (dont il deviendra membre du Comité exécutif en 1935) et accomplit diverses missions pour cet organisme en Allemagne, en Belgique et en Espagne.
Membre du Bureau politique du PCF (1931-1975), dont il est longtemps secrétaire (1931-1964), il est chargé des services de propagande à partir de 1933, et joue un rôle important dans la formation du Front populaire.
Réélu député en 1936, vice-président de la Chambre, il entre dans la clandestinité en octobre 1939 quand le PCF est interdit.
Après un séjour à Bruxelles, il revient à Paris, où il dirige jusqu'en 1944, avec Benoît Frachon, le PCF clandestin. Principal rédacteur de l'Appel du 10 juillet 1940, qu'il signe conjointement avec Maurice Thorez, il dirige l'Humanité clandestine.

Après la Libération, c'est lui qui est à la tête du PCF jusqu'au retour de Maurice Thorez en novembre 1944. Député de la Seine (Montreuil) de 1945 à 1958, président du groupe communiste à l'Assemblée nationale de 1946 à 1958, vice-président de l'Assemblée nationale de 1946 à 1948, secrétaire général du PCF de fait de 1951 à 1953 lors de la maladie de M. Thorez, Jacques Duclos est, en mai 1952, à la suite d'une manifestation contre la guerre de Corée, arrêté et inculpé de complot. Il est libéré après un mois de détention.

Battu aux élections législatives de 1958, il devient sénateur en 1959 et le demeurera jusqu'à sa mort. Lors de l'élection présidentielle de juin 1969, il est le candidat du PCF et obtient 21,27 % des voix.
Ses principales publications sont : Écrits de prison (1952), la Commune de Paris à l'assaut du ciel (1961), la Première Internationale (1964), Octobre 17 vu de France (1967), Mémoires (7 volumes 1968-1973), Que sont devenus les communistes ? (1971), Bakounine et Marx (1974), Ce que je crois (1975).

Il était un excellent orateur, doté d’une culture exceptionnelle qu’il s’était forgé en autodidacte, en lisant énormément. Sa petite silhouette (il mesurait 1m49), sa voix rocailleuse et son accent deviennent familiers aux électeurs.

Suite à la démission du Général de Gaulle en 1969, Jacques Duclos est candidat à la Présidence de la République. Il est soutenu, entre autres, par Louis Aragon et Jean Ferrat.

Jacques Duclos est presque un inconnu aux yeux des Français. Mais grâce à son talent d’orateur, il grimpe vite dans les sondages au point d’arriver à la troisième place du premier Tour des élections présidentielles, avec un excellent score (21,27 %). Sa phrase prononcée entre les deux tours : Poher et Pompidou sont « bonnet blanc et blanc bonnet » et doivent donc être renvoyés dos à dos par un vote blanc ou une abstention sonnent le glas des derniers espoirs de Poher. Oui, c’est Jacques Duclos qui a popularisé cette expression de « bonnet blanc et blanc bonnet Au mois d'avril 1975, après une hospitalisation en janvier, Jacques Duclos se rend à Louey où la télévision doit commencer le tournage d'un film sur sa vie. Mais se sentant mal, il est hospitalisé à nouveau à Paris pour une congestion pulmonaire et décède à son domicile le 25 avril 1975. Ses obsèques se sont déroulées au cimetière du Père-Lachaise à Paris devant une foule considérable.

Robert Clément, sur sa page Facebook.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 06:23
Boycott, désinvestissement, sanctions contre la politique coloniale d'Israël contraire au droit international: actions BDS ce samedi 1er octobre à Brest et à Morlaix

A Brest une douzaine de militantEs et sympathisantEs de l'AFPS ont fait signer des pétitions et distribué environ 300 tracts en centre ville hier matin.
Très bien placés et bien vus. Bonne réaction du public, des discussions intéressantes et des signatures. Un violent orage inattendu nous a fait ramasser table et papiers plus tôt que prévu...

A Morlaix aussi, plusieurs militants ont sensibilisé sur le marché à l'intérêt de la campagne BDS pour faire pression sur Israël et en finir avec la politique d'occupation illégale et d'apartheid dans les territoires palestiniens.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 05:57
Shirin Ebadi se bat toujours pour les droits de l’homme en iran. l’an dernier, quelque mille prisonniers ont été exécutés. Photo John Murphy

Shirin Ebadi se bat toujours pour les droits de l’homme en iran. l’an dernier, quelque mille prisonniers ont été exécutés. Photo John Murphy

Shirin Ebadi « Il faut être bienveillant à l’égard des réfugiés »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR STÉPHANE AUBOUARD

JEUDI, 29 SEPTEMBRE, 2016

L'HUMANITÉ

De passage à Paris pour la sortie de son livre Pour être enfin libre,Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003, milite inlassablement pour la défense des droits de l’homme en Iran. En exil depuis 2009, elle s’inquiète des politiques d’accueil menées en Europe envers les victimes de conflits.

Shirin, Ebadi votre livre « Pour être enfin libre » est l’histoire d’un exil tout à la fois intérieur et géographique commencé après la réception du prix nobel de la paix en 2003. Cette récompense destinée à honorer votre activité d’avocate des droits de l’Homme ne fut-elle pas au fond un cadeau empoisonné, au vu des souffrances, des pertes, des humiliations que le régime des mollah vous a fait subir depuis tout ce temps ?

Shirin Ebadi Non il ne fut pas un cadeau empoisonné. Malgré les souffrances infligées, malgré l’exil, malgré une vie privée qui a été affectée notamment par un divorce je continue de penser qu’en dehors du simple honneur, ce prix Nobel m’a donné l’occasion d’avoir accès à une plus large tribune dans le monde, à plus d’opportunités pour m’exprimer et pour dénoncer ce qui me parait valoir la peine de l’être au sujet des violations des droits de l’Homme dans mon pays. Toutes les épreuves qui m’ont été infligées sont attribuables uniquement et strictement à l’impossibilité pour le régime iranien de tolérer les combattants des droits de l’Homme. Avec ou sans Nobel, mon sort aurait été le même. Comme vous le savez j’ai déjà fait de la prison et je ne crains pas la prison. Mais la question que j’ai dû me poser était la suivante : d'où serais-je le plus utile pour défendre les droits de l’Homme dans mon pays ? L’étau s’était considérablement resserré avant la réélection d’Ahmaninedjad en 2009, j’ai donc fait le choix de l’exil. En prison on ne vous entend plus. J’ai gardé la leçon apprise par le cas de Akbar Ganji. Un jour que je visitais la prison d’Evin pour y parler à l’une des personnes que je défendais, je croisais la silhouette émaciée de cet éminent journaliste réformiste. Condamné à dix ans de prisons, il avait complètement disparu de la sphère médiatique iranienne. Il croupissait en prison depuis quatre ans sans que personne ne s’inquiète de lui.

A l’étranger je suis devenu la porte-parole des Iraniens du monde entier. C’est pour cela que je me retrouve à voyager dix mois par ans. J’ai écrit ce livre et beaucoup d’articles sur les bancs d’aéroport. Ce n'est pas une vie facile. J’essaie par là de contrecarrer tant soit peu la censure que subit le peuple iranien. Ce prix m’a offert des victoires importantes. Notre combat a permis par exemple à l’esprit de solidarité de se développer contre le régime. Je peux même dire aujourd’hui que le peuple iranien a fini de prendre acte que la révolution islamique de 1979 n’était pas la révolution populaire qu’il attendait. Et je suis persuadé que s’il y avait un référendum en Iran, la majorité du peuple, bien qu’étant musulman voterait pour un gouvernement laïc.

Justement, quelques heures avant votre arrivée en France ce mardi, on apprenait que Mahmoud Ahmadinejad, dont vous avez été une des cibles privilégiées lorsqu’il était président (2004-2012), ne pouvait se représenter pour un troisième mandat en mai prochain. Comment recevez-vous cette nouvelle ?

Shirin Ebadi Mahmoud Ahmadinejad était certes un dictateur corrompu, mais sa non-participation à la prochaine élection ne garantit en rien une amélioration de la situation. En Iran, les élections ne sont pas libres. Chaque candidat doit d’abord être approuvé par le conseil de sécurité de la République islamique. Or, ce conseil est dans les mains du guide suprême, qui choisit lui-même les candidats. Tout revient donc à la Constitution islamique, dans laquelle il est écrit que l’ensemble des pouvoirs découle du guide suprême nommé à vie. La plupart des difficultés que rencontre le pays sont donc avant tout le résultat des politiques édictées par Ali Khamenei en personne. N’est-ce pas lui qui, en 2009, a précipité la victoire de Mahmoud Ahmadinejad malgré les contestations des candidats rivaux et une insurrection populaire réprimée dans le sang ? En 2013, certains Iraniens ont nourri l’espoir d’un changement avec l’élection de Hassan Rohani, en vain. J’ai appris ce matin (hier mercredi) que Narges Mohammadi, ma collègue et amie du centre de défense des droits de l’homme de Téhéran, a vu sa condamnation à 16 ans de prison confirmée. Alors que Narges est malade et qu’un médecin officiel a demandé qu’elle soit hospitalisée, les autorités judiciaires ont refusé de la transférer. Le régime se venge d’elle et punit sa résistance. Aujourd’hui, sa vie est en danger. Narges n’a pas voulu rédiger une lettre de démission en échange d’une libération immédiate. Voilà comment notre régime traite une militante féministe dont le seul crime est de promouvoir les droits de l’homme ! Malheureusement, elle n’est pas la seule dans ce cas. En Iran, il n’y a pas de chiffres officiels concernant le nombre de journalistes, d’artistes, d’avocats ou de défenseurs des droits de l’homme emprisonnés. Comme je l’explique dans mon livre, les familles elles-mêmes hésitent à faire parvenir des informations concernant l’un des leurs lorsque celui-ci a été arrêté ou tué par le régime. Je tente pourtant de les convaincre de mettre leur témoignage sur la place publique. Les informations sont récoltées au compte-gouttes, parfois grâce au travail courageux de journalistes, d’informateurs engagés, ou encore par les réseaux de prisonniers qui, eux-mêmes, communiquent des informations. Avec ce seul matériel lacunaire, je peux affirmer qu’il y a aujourd’hui plus de mille prisonniers d’opinion enfermés dans les geôles du régime.

Et d’un point de vue personnel, y a-t-il eu un assouplissement ?

Shirin Ebadi : Il n’y a plus de menace sur ma famille, car le pouvoir a compris que rien ne me ferait céder. Cependant, l’un des chefs de renseignement qui m’a le plus harcelé est toujours en poste. Mahmudi - c’est sous ce faux nom qu’il se fait connaître - avait été missionné il y a dix ans maintenant dans le seul but de me briser moi et le centre des droits de l’homme que j’avais ouvert à Téhéran. Tous les moyens ont été utilisés pour me faire céder y compris depuis ma décision de rester en Europe après la réélection truquée d’Ahmaninedjad. Chantages, menaces, écoutes, destruction de mes bureaux, intrusion dans la vie privée de mes enfants. Tout a été fait pour trouver mon point faible mais ils n’ont pas réussi.


Il y a eu votre mari tout de même…


Shirin Ebadi Oui, mon mari a été une victime. Dans mon livre j’explique comment le gouvernement iranien a jeté dans ses bras une femme pour le piéger : leurs ébats ont été filmés. Mon mari a été condamné à mort par lapidation pour adultère. En échange de cette sentence, Mahmudi lui a proposé de lui anti-dater un contrat de mariage en échange de l’enregistrement d’une vidéo où il devait médire de moi et renier toutes mes activités. Vidéo qui fut ensuite diffusée sur les canaux de la télévision nationale. Mais le vrai coupable c’est le gouvernement iranien. Ce gouvernement qui dit d’une part que si les femmes montrent leurs cheveux cela met en péril l’Islam, et qui d’un autre côté n’hésite pas à utiliser des prostituées pour piéger les hommes et les filmer pour en abuser. Et cela s’appelle République islamique! Ce genre de mésaventures était déjà arrivé à d’autre personnes notamment certains de mes clients. Je leur avais demandé d’en parler de porter cela sur la place publique. Mais ces questions là sont tabous en Iran, personne ne veut en parler. En la personne de Mahmudi, Ahmaninedjad avait trouvé la personne idéale, comme un prolongement de lui-même et de sa haine contre moi. Mais Mahmudi n’est pas seul. Il est le symbole d’une jeunesse qui ne voit pas d’autres solutions que l’obéissance aveugle à un régime corrompu pour défendre leurs propres besoins et intérêts. Il est le produit d’un désespoir collectif. Je crois qu’il est très marqué par son ancrage social. Il est issu d’une famille très modeste marqué par le populisme d’Ahmaninedjad qui savait acheter les pulsions les plus basses de l’humanité à coup d’enveloppes remplis de billets et de phrases toute faite. Cet homme ne voit pas d’autres perspectives d’ascencion pour lui et c’est un homme ambitieux. Quand vous avez de l’ambition mais aucune perspective il ne vous reste plus qu’à obéir. Absolument.

En tant que première femme musulmane prix Nobel de la paix, vous êtes justement une figure tutélaire du féminisme au plan international. Comment analysez-vous la situation des femmes dans le monde en 2016 ?

Shirin Ebadi Malheureusement, le recul du droit des femmes augmente partout sur la planète. Et je m’en désole. On peut de façon générale attribuer ces reculs à la montée de l’extrême droite en Europe et à l’apparition de groupes extrémistes motivés par des raisons religieuses. La récente loi sur l’avortement passée en première lecture au Parlement polonais est le fruit du mariage consanguin entre le pouvoir nationaliste et l’Église catholique. La même chose existe en Hongrie. Et cela m’amène à constater qu’il y a beaucoup de points communs entre les groupes de fanatiques religieux tels que nous les connaissons dans nos régions et l’extrême droite en Europe. Le mépris de la femme et les lois discriminatoires à leur encontre font partie de la mentalité commune entre ces extrémismes de droite et le fondamentalisme musulman. Or, cette montée de l’extrême droite que l’on voit aussi en France, en Allemagne ou aux États-Unis s’explique en grande partie par l’échec des politiques de gauche. Et dans un monde anesthésiant où la technique a remplacé l’éthique, les femmes ne se battent plus autant qu’il y a cinquante ans. C’est aussi cela qui nous vaut des reculs en matière de droits des femmes. Dans la sphère musulmane, il y a aussi beaucoup à dire. Je voudrais d’abord parler de la burqa. Des femmes musulmanes se couvrent le visage, stipulant que la charia les y oblige. C’est faux ! Non seulement la charia ne demande pas aux femmes de se couvrir le visage, mais elle l’interdit. C’est écrit très clairement : si une femme se rend à La Mecque – qui est l’un des piliers les plus sacrés de l’islam – le visage couvert ou caché, son pèlerinage ne compte pas. De même, pendant la prière, le visage ne doit pas être couvert. Expliquez-moi donc comment une religion pourrait exiger d’une femme qu’elle ne se couvre pas le visage en allant à La Mecque et lui dire de le couvrir à Paris ? Il s’agit d’interprétations erronées produites par des sociétés patriarcales archaïques. Sans parler des questions sécuritaire et policière que cela induit. Dans toute société, il faut pouvoir identifier un visage. Il est donc normal qu’un État interdise le port de la burqa. Concernant le port du voile, c’est une autre question. Si, selon son libre arbitre, une femme choisit de se couvrir la tête et que cela ne se fait pas sous la pression des hommes de la famille, je ne vois pas comment ni pourquoi l’on pourrait l’en empêcher. Cela induit en fait la question de l’égalité homme-femme. Dans certaines sociétés occidentales, notamment en France, on perçoit le voile comme le symbole de l’islam, voire de l’islamisme, et de la soumission de la femme. Or, dans l’islam, le symbole équivalent chez l’homme est la barbe longue. Je pose la question : pourquoi donc la barbe n’est-elle pas montrée du doigt dans ces sociétés ? Pourquoi est-ce toujours la liberté des femmes, et plus largement le corps de la femme, qui pose problème ? La réponse est claire : il ne s’agit donc pas d’une question de laïcité mais bien d’un problème d’égalité homme-femme.

Certains intellectuels croient en un islam soluble dans les droits de l’homme. Pourquoi ces voix-là ont-elles du mal à se faire entendre ?

Shirin Ebadi Je suis musulmane, et en tant que musulmane, je constate que l’islam, comme toute culture, est sujet à certaines interprétations. Nous voyons bien qu’en Occident, une Église chrétienne pourra tolérer l’avortement, une autre le rejeter. Comme une Église pourra tolérer des mariages homosexuels et l’autre ne pas vouloir en entendre parler. L’islam connaît aussi toute une panoplie d’interprétations et de clivages, mais aujourd’hui, seule la voix des fondamentalistes porte. Que ce soit par leurs actes terroristes ou par le pouvoir politique comme en Iran ou en Arabie saoudite, ce sont eux qu’on entend le plus. Quant aux musulmans modernes, ils croient qu’il y a une compatibilité entre la charia et les droits de l’homme, mais leur travail et leur voix ne pénètrent pas le champ social. Pour ma part, je milite pour une laïcité affirmée. Je continue de penser que la Déclaration universelle des droits de l’homme ne se fonde pas sur un principe judéo-chrétien mais sur la question de la dignité universelle de l’homme. En cela, les Iraniens ont très largement apporté leur pierre. N’est-ce pas Cyrus II le Grand, roi de Perse, qui inscrivit pour la première fois dans l’histoire de l’humanité la première charte des droits de l’homme sur un cylindre d’argile ? S’il fallait redéfinir les droits de l’homme en fonction des systèmes juridiques ou religieux tels qu’ils fonctionnent aujourd’hui, il n’y aurait plus de droits de l’homme. Ce sont les religions qui doivent être interprétées dans le but de rentrer dans ce cadre et non l’inverse. Parce que la société évolue, les lois aussi – tout en préservant l’esprit – doivent évoluer. Par exemple, il est écrit dans le Coran qu’il faut couper la main d’un voleur. L’esprit de cette loi est de dire que le vol est une chose néfaste et qu’un voleur doit être puni. Mais comment définir cette punition ? Cela dépend du moment et de l’endroit où le vol a eu lieu. Au Moyen Âge, en Europe, on brûlait les voleurs et dans les pays musulmans, on leur coupait la main. Aujourd’hui, au XXIe siècle, il est évidemment absurde d’appliquer les mêmes châtiments. Pourquoi y a-t-il une résistance à cette évolution dans des pays comme l’Iran ou l’Arabie saoudite ? Parce que les gouvernements de ces pays s’accrochent au fait religieux dans une interprétation immuable volontaire et machiste du dogme qui facilite par la peur le système de corruption d’une certaine élite.

Comme vous l’expliquez dans votre ouvrage, vous connaissez personnellement la douleur de l’exil. Que vous inspirent les réfugiés que l’Europe a tant de mal à accueillir ?

Shirin Ebadi Mon centre des droits de l’homme est justement très attentif à ce problème. Les réfugiés vivent dans des conditions désastreuses, notamment dans les camps. Les pays occidentaux ne sont pas innocents dans cette affaire. Et je fais la distinction entre les peuples et les décisions politiques de leurs gouvernements. Je n’oublie pas que les États-Unis ont provoqué l’arrivée du régime des mollahs dont je condamne aujourd’hui la politique extérieure au Yémen et en Syrie. Je sais pertinemment que les intérêts économiques du gouvernement français le portent à vendre des armes à l’Arabie saoudite. Et si la France, à l’échelle du monde, reste le pays des droits de l’homme, je dis quand même à la France : il faut être bienveillant à l’égard des réfugiés. Si les personnes avaient le choix, elles ne seraient pas là. Avant d’être reconnues par l’État, d’avoir des papiers, elles n’ont aucun droit, pas même celui d’apprendre la langue. Or ce processus peut prendre deux ans. Pendant ce temps, ces personnes-là n’ont accès à rien. Elles n’ont pas d’argent, elles n’ont pas d’abri, elles n’ont pas accès à votre langue ni à votre culture. Les réfugiés sont donc malmenés, méprisés. Ce qui ne peut qu’entraîner des difficultés par la suite. Il faut que tous les États concernés mettent en place un système d’accueil convenable, en leur enseignant la langue et donc en rendant accessibles à ces femmes et ces hommes votre propre culture et les règles de vie qui en découlent tout en respectant la leur. Les réfugiés n’ont pas seulement besoin d’un toit et de nourriture. Ils ont aussi besoin de votre sourire.

Pour être enfin libre, de Shirin Ebadi. Éditions l’Archipel, 21 euros.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 10:44
photo Ouest-France

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Communiqué de presse

Les Associations des Parents d’Elèves des écoles publiques de Morlaix ont appris aujourd’hui la teneur d’un courrier de Mme le Maire adressé aux directions des écoles primaires.

« Compte tenu du degré élevé de la menace qui pèse actuellement sur notre pays, et conformément aux instructions de M. le Préfet concernant les consignes de vigilance, j’ai le regret de vous informer que je n’accorderai la tenue d’aucune manifestation dans les écoles de la ville durant l’année scolaire, en dehors des kermesses de fin d’année.

Je vous rappelle par ailleurs que la salle socioculturelle de Ploujean peut être mise à votre disposition à titre gracieux une fois par an. »

Sur la forme, une nouvelle fois, nous nous demandons à quoi peut servir une commission municipale « enseignement », à quoi peut servir un Conseil Municipal, puisque nous ne sommes même pas informés, dans aucune de ces instances de dialogue et d’échange, des prises de position de Mme Le Maire. L’autoritarisme est devenu le mode de gestion de la ville.

Mais au-delà de l’opposition municipale élue, elle aussi, par les morlaisiens, dans chaque école œuvre une APE (Association de parents d’élèves) pour animer la vie extrascolaire et récolter des fonds réinvestis dans le fonctionnement des écoles et de leurs projets pédagogiques (sorties notamment).

Visiblement, mais nous l’avions déjà constaté lors du retour au menu unique, il importe guère à Mme le Maire d’avoir un minimum de concertation rendant les décisions plus compréhensibles, voire même, pouvant ouvrir la voie à un compromis. Mais nous sommes là dans le registre du rêve à Morlaix !!! Un compromis, quelle drôle d’idée ?!?

Car si l’impératif de sécurité s’entend, la récolte de fonds pour financer les activités de nos enfants s’entend également.

Nous demandons donc à Mme le Maire d’ouvrir une concertation avec les APE afin de trouver des solutions qui permettent la continuité de leurs activités. Le prêt, une fois par an de la salle socioculturelle n’est pas suffisant pour préserver le dynamisme de la vie associative des écoles.

Si la question de la sécurité se pose, un dialogue serein et constructif peut aboutir à des solutions qui préservent la qualité de notre vie et concilient les impératifs de protection de nos concitoyens.

La sécurité, c’est un impératif compris de tous, c’est aussi une culture qui s’acquiert par la pédagogie, mais notre vie ne doit pas s’éteindre face à la menace terroriste, car ce serait abdiquer face à elle. Ce sujet doit donc être traité dans la concertation, le dialogue avec tous les acteurs, sans avoir recours à des courriers lapidaires. Les acteurs des APE, adultes responsables et engagés pour nos enfants, peuvent entendre la sécurisation des accès, peuvent agir sur les conseils des forces de l’ordre, peuvent agir en augmentant le niveau de sécurité des manifestations.

Ce mode d’action de Mme Le Maire, grande oratrice nationale sur les questions d’enseignement de la campagne sarkoziste, ne fait donc qu’ajouter à une forme d’hystérisation des légitimes questions de sécurité. On reconnait bien là la patte de la communication de la famille sarkoziste.

Nous invitons donc Mme Le Maire à ouvrir le dialogue pour préserver l’activité des APE, et plus globalement, pour sortir de cette vision autoritaire de l’action d’un Maire.

***

Voilà la dernière lettre d'Agnès Le Brun. Outre le fond du sujet, une nouvelle fois le degré atteint en terme de concertation est proche de zéro.

Les APE sont sidérées et se demandent comment elles vont financer les activités de l'année.

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