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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 06:24

Est-ce une société civilisée celle qui fait le choix d'accepter que 15 % de la population s'enfonce dans le dénuement, l'exclusion et le mal vivre lié aux privations matérielles alors que les profits et les richesses privés de quelques-uns prospèrent de manière éhontée?

La France est un des 10 pays les plus riches du monde, son PIB est deux fois plus élevé qu'il y a 30 ans, et elle tolère que 13,5% (en 2009) à 15% (aujourd'hui) de la population soit touchée par la pauvreté. Cette année, à cause de la crise, du chômage, de la cherté du logement, de l'énergie, des transports, de l'alimentation, mais aussi de l'extrême précarité des populations immigrées, il y a eu 15% à 20% de fréquentation en plus des banques alimentaires, Restos du Coeur et autres Secours Catholique ou Secours Populaire.

En 2009, la pauvreté touchait 8,2 millions de personne ne disposant que de 954€ pour vivre chaque mois (moins de 60% du revenu médian). Près de 2 millions de personnes vivaient en 2009 avec moins de 640€ par mois (40% du revenu médian), soit 3,3% de la population contre 2,7% en 2000 (chiffres de l'ONPES, Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion, cités par le Ouest France aujourd'hui).

Les causes de cette paupérisation de la population française, ce sont la vie chère liée à la spéculation et aux politiques fiscales injustes, le chômage de masse, la dérèglementation et la précarisation des conditions de travail, les bas salaires et les faibles pensions de retraite et la baisse du niveau de protection sociale des chômeurs.  

    

Conséquence des politiques d'austérité et de démantèlement de la protection sociale, des services publics et des protections salariales, conséquence aussi de la dérèglementation, de la financiarisation et de la mise en concurrence des salariés du monde avec ses effets associés - délocalisation, licenciements-, conséquence enfin de la crise financière de 2008, la montée de la pauvreté des chômeurs, des retraités, des jeunes et des travailleurs précaires (bas salaires, temps partiels imposés, CDD) en France est dramatique.

Les perspectives pour les années à venir, à défaut de réorientations globales des politiques publiques en Europe pour plus de redistribution des richesses, de protections des salariés, de partage du temps de travail et de remise au pas des intérêts financiers, sont elles aussi plus que sinistres, puisque la généralisation de l'austérité en Europe conduit à déprimer l'activité économique et la très faible croissance qu'elle pourrait tolérer encore ne créera pas d'emplois. Dans ces conditions, vouloir la rigueur et la discipline budgétaire comme le PS de Hollande, EELV, et la plupart des candidats aux présidentielles en dehors de celui de celui du Front de Gauche, c'est faire le choix de renforcer la pauvreté d'un cinquième ou d'un sixième des français.

    

Pierre Le Steun m'a communiqué cette semaine un lien avec une page du forum participatif Agora Vox où "Pat du 49" commentait en se basant sur un rapport de la DARES les vrais chiffres du chômage. Ceux-ci sont accablants pour la société française, le bilan du gouvernement et du libéralisme.

En février 2012, lors de la publication des chiffres annuels,  il n'y avait officiellement que 19800 demandeurs d'emploi en plus mais 294.700 radiés des listes, les reprises d'emplois déclarées ne représentant que 20% des sorties de listes de pôle emploi.

Le chiffre officiel de 5.300.000 demandeurs d'emploi ne correspond pas à la réalité du nombre de sans activité et de personnes sans ressources suffisantes pour vivre correctement. Déjà parmi ces chômeurs déclarés, 50% ne reçoivent pas d'indemnité et le chômage de longue durée (2 à 3 ans) a augmenté de 4,7% en 2011 et celui de très longue durée ( plus de 3 ans) a augmenté de 22,8% en 2011. Le chômage de longue durée concerne à peu près 40% des chômeurs.

A ces 5,3 millions de chômeurs officiellement déclarés s'ajoutent 1 million de bénéficiaires de l'allocation adulte handicapé ou de pension d'invalidité, 1 million de sans droits (notamment des jeunes de moins de 25 ans ne pouvant bénéficier du RSA) et 1,2 millions de bénéficiaires du RSA non comptabilisés parmi les chômeurs. Au total, le chiffre de 8 millions de chômeurs en France serait plus fidèle à la réalité.

Une seule issue acceptable à la souffrance inacceptable des chômeurs et des précaires: revaloriser le montant et la durée des indemnisations, mieux accompagner les chômeurs vers le retour à l'emploi en leur proposant de vraies formations qualifiantes (mais aussi améliorer la formation continue des salariés eux-mêmes) et de vraies facilitations pour trouver du travail sans chercher à les montrer du doigt, à la fliquer, ou à les radier des listes. Il faut surtout sécuriser l'emploi des salariés (contre le licenciement, le temps partiel imposé, le recours excessif aux contrats précaires), relancer l'activité économique par la hausse des salaires et le partage des richesses et encourager les entreprises à embaucher par la limitation des profits, le partage du temps de travail, et le crédit bancaire sélectif proposé par un pôle financier public.

 

Ismaël Dupont.  

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