Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 05:36

Petits échos des propos instructifs captés à la radio (sur France Culture et France Inter) et dans les journaux.

 

Montebourg: une élection présidentielle n'est pas là pour sélectionner un projet politique mais un homme, on ne mettra donc pas en discussion des compromis politiques avec le Front de Gauche avant le deuxième tour des présidentielles. Je me suis dit: quel faux-cul et quelle girouette fait cet ancien promoteur de la VIème République qui s'accommode lui aussi très bien, sans doute par pragmatisme de circonstance par rapport aux institutions actuelles, du bipartisme, de la personnalisation des enjeux politiques, et d'une alternance sans contenu politique différent bien défini, bref d'une élection "course de chevaux" plus que "bataille d'idées". En même temps, je suis peut-être injuste avec Montebourg, nettement plus aimable avec nous (puisqu'il n'exlut pas qu'on négocie sur le programme de gouvernement après les législatives) que Gérard Collomb, l'ami de François Hollande, qui peut dire sans crainte du ridicule que "le modèle que (Mélenchon) défend a déjà été essayé en URSS et au Cambodge, qu'il ne marche pas".  Mélenchon lui a répondu sans politesse excessive: " Me comparer à Pol Pot est une nouveauté dans l'infamie que je ne suis pas près d'oublier". Michel Sapin n'a pas été non plus en reste de caresses en appelant chacun à "se déterminer par rapport aux projets eux-mêmes et pas simplement par rapport à la sonorité de la voix". Et bien, chiche:  que les électeurs de gauche qui hésitent à "voter utile" lisent vraiment le projet rachitique (car corseté par l'impératif austéritaire et les engagements européens néo-libéraux) de François Hollande et le comparent avec celui du Front de Gauche, et l'on verra que la clairvoyance ne sert pas forcément les intérêts du favori, car Mélenchon rime avec passion mais aussi avec raison tandis que Hollande rime avec Maastricht, Amsterdam, Versailles, ces lieux où l'on a gentiment massacré la souveraineté populaire et les possibilités d'alternative sociale.   

On ne l'aime pas mais il ne dit pas que des bêtises, Jean-Louis Bourlanges (commentateur sur France Culture et député européen libéral et centriste) : la montée du Front de Gauche révèle que l'électorat de gauche en France dans ses profondeurs n'est pas favorable au social-libéralisme, social-libéralisme auquel se rattache pourtant Hollande depuis 25 ans. Elle ne devrait pas forcément empêcher la victoire de Hollande tant Sarkozy est décrié et tant le total des voix de gauche au premier tour augmente mais elle lui posera des problèmes pour gouverner et appliquer la politique de rigueur qu'il souhaitait mettre en oeuvre, car elle risque de rendre les citoyens plus combatifs et exigeants. Nous nous en rejouissons! Par ailleurs, Hollande est pris en tenaille: il ne peut pas taper trop fort sur Mélenchon et décrédibiliser le projet du Front de Gauche car ce serait clairement se ranger dans une social-démocratie centriste qui ne correspond pas aux aspirations des électeurs de gauche. Il ne peut pas non plus faire trop de surenchère à gauche pour contrer la progression du Front de Gauche car ce serait prendre le risque de s'aliéner les voix des électeurs centristes de Bayrou pour le second tour. Voilà qui explique bien la paralysie actuelle de Hollande qui n'annonce rien, reste campé sur sa figure miterrandienne (le Mitterrand de 88) de rassembleur oecuménique au plus près de la France rurale éloignée des passions politiques.  Son affiche d'ailleurs évoque le bleu horizon "travail, famille, patrie" de la " Force Tranquille" et les prouesses à demi pétainistes de Séguéla, l'homme qui a su gagner sa Rolex à moins de 50 ans!  

Europe Ecologie Les Verts est au bord de la crise de nerfs: après Duflot qui nous a fait le coup du retroviseur, du candidat du passé, du projet beaucoup "trop rouge", Eva Joly sur France Inter dimanche soir, comme quoi cette communication agressive aux relents d'amertume a été bien huilée, a cherché à mordre le Front de Gauche à son tour en qualifiant les communistes de pro-productivistes et de pro-nucléaires, sans aucun égard pour notre programme commun qui prévoit la planification écologiste et qui est autrement plus conséquent que ses développements assez pathétiques sur le souci des français pour l'écologie et la santé publique lié aux problèmes d'asthmes dont ils souffrent dans les villes. Les 15% de Mélenchon: c'est bon pour faire gagner François Hollande mais c'est "un candidat IIIème République", un "candidat de la nostalgie", qui propose des mesures passéistes. Oui, nous n'avons pas honte de la tradition révolutionnaire et ouvrière de la gauche française: oui, nous ne nous rejouissons pas en petit bourgeois de la montée inéxorable de cette gauche post-moderne qui transforme la lutte des classes en lutte des places et petits débats sur le bio, les éoliennes, le transport à vélo... Comme elle aurait aimé, la candidate Verte qui soutenait Bayrou en 2007, que la vraie gauche de transformation sociale appartienne au passé et que l'on puisse se contenter de parler éthique, moralisation du capitalisme, et non mesures anti-capitalistes ou volonté de dépassement de celui-ci. Marie-George Buffet lui a bien répondu 5 Mn après: non Mélenchon n'est pas le candidat de la IIIème République mais celui de la VIème République, de la prise de pouvoir des citoyens dans les institutions, les entreprises, sur les féodalités économiques.  

Pouthou est tout aussi risible quand il dit dans le Télégramme ou le Ouest-France vendredi, je ne sais plus trop bien, que Mélenchon "n'est pas le candidat des travailleurs", qu'il ne se déplace pas dans les usines, qu'il est éloigné du mouvement social. Rendez-vous à l'évidence, vous les derniers quarterons du NPA: ce n'est pas votre attitude sectaire et isolationniste qui contribue à renforcer la combativité des salariés mais l'espoir que donne le rassemblement de citoyens et d'organisations politiques d'histoire et de sensibilités différentes sur des bases clairement à gauche dans le but de créer une dynamique à vocation majoritaire.     

La palme du grotesque revient à Douste-Blazy et Laurence Parisot: Douste-Blazy - le porte-parole d'un François Bayrou qui a trouvé son nouveau modèle en Merkel, lui qui compte mener une politique d'hyper-austérité plus dure encore que celle de Sarkozy -  voit dans Mélenchon ce sans-culotte nostalgique qui veut réhabiliter la guillotine. Laurence Parisot le tient elle pour un représentant attardé de la Terreur révolutionnaire et non des belles idées de la Révolution bourgeoise de 89, celles des propriétaires et des esclavagistes qu'elle continue à représenter sans doute: je pense au club des Feuillants! ... Ouest-France, comme d'habitude avec nous, fait dans l'originalité et la nuance en prenant pour titre de son portrait (où il s'offre le luxe d'affirmer contre toute évidence, probablement pour servir un peu LO et Nathalie Ertaud, que Mélenchon le socialo déplaît aux communistes...) en page 4: "Mélenchon, sans culotte de Gauche et tribun culotté" . Il y avait dimanche déjà le titre du JDD: "la révolution Mélenchon": tout ça pour dire que Mélenchon menaçait l'élection de Hollande avec ses 15%... Peut-être bien qu'elle ressemblera à autre chose qu'à un phénomène médiatique et sondagier éphémère, notre révolution citoyenne. C'est amusant de voir ces nantis libéraux jouer à se faire peur et essayer de faire peur en agitant, un peu à la manière dont en 81 la droite et ses journaux parlaient des chars russes qui menaçaient déjà Paris, le spectre du retour de la violence tragique de l'histoire et des coupeurs de têtes "partageux". C'est qu'il sente que les bases de la domination sont en train de se léarder sous les coups de boutoir de la crise systémique du capitalisme financier, conséquence de la rapacité de leurs amis et protégés.  

Je me rejouis de cette diabolisation, si injuste et excessive soit-elle vis à vis d'un candidat qui est le seul à batailler frontalement contre les semeurs de haine que sont Sarkozy et Le Pen, et qui a adopté avec le Front de Gauche ce slogan si universel, fraternel et humaniste: "L'Humain d'abord". En effet, elle montre la peur des élites, leur belle union sacrée pour défendre les politiques néo-libérales, et elle témoigne d'un mépris des candidats qui parlent au peuple et représentent ses intérêts, mépris dont, comme en 2005, celui-ci saura se souvenir.  

Les Français sont frondeurs, ne l'oubliez pas. Ils n'acceptent le partage du populisme et de la respectabilité, du sérieux et de la démagogie, que les médias qui mangent dans la soupe du pouvoir et du monde des affaires leur proposent chaque jour, en mettant Mélenchon et son antithèse Le Pen dans le même sac des candidats protestataires, expression de la colère du peuple, qui ne pense pas, c'est bien connu...

L'insurrection citoyenne est en marche! Haut les coeurs!

 

Ismaël Dupont.    

 

  

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011