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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 08:58

 

RETRAITE A 60 ANS A TAUX PLEIN : UN CHOIX DE SOCIETE

 

En apparence, les propositions du Gouvernement peuvent sembler sans douleur et de peu d'importance. En réalité, elles restent dans la même logique que toutes les réformes depuis vingt ans : reculer l'âge de départ, augmenter le nombre de trimestres donnant droit à une retraite complète, réduire les pensions, et faire des cadeaux aux entreprises, surtout aux plus grandes.

 

Quelques mensonges, diffusés à longueur de temps dans la plupart des journaux, des radios, et à la télé, visent à faire croire qu'on ne peut pas faire autrement :

 

"On vit plus vieux, alors il faut bien travailler plus longtemps…". Non ! C'est le contraire ! C'est parce que les retraites existent, que la durée du travail diminue, et que la Sécurité Sociale existe, que l'on vit plus longtemps. Si l'on repousse à 68 ans l'age donnant droit à une retraite complète pour les jeunes générations d'aujourd'hui, une chose est sûre : il vont beaucoup souffrir au travail, et vivront moins longtemps que leurs parents.

 

"Il y a de moins en moins de cotisants actifs pour un retraité…". C'est exact, mais c'est le cas depuis le début des systèmes de retraite ! Et ça a été possible parce que l'efficacité du travail, les richesses produites et les salaires ont considérablement augmenté depuis 1945. Il a donc été possible d'augmenter les cotisations sans faire perdre du pouvoir d'achat aux actifs. Cela est toujours possible demain…à condition d'avoir une politique économique qui aboutisse à une croissance intelligente et au plein emploi.

 

"Il n'y a plus d'argent, les retraites coûtent trop cher…". Si, il y a de l'argent, les bénéfices des très grandes entreprises, en France et ailleurs, n'arrêtent pas d'augmenter depuis trente ans, et les dividendes versés à leurs actionnaires explosent. Pourquoi la fiscalité n'en prélève-t-elle qu'une partie de plus en plus faible, ce qui est la source principale de tous nos déficits, au lieu de s'en servir pour favoriser des activités nouvelles, construire des logements et réorienter vers le marché intérieur des secteurs en difficulté comme l'agro-alimentaire ?

Il y a plus de trois millions de chômeurs qui ne demandent qu'à cotiser !

 

Tuer la répartition au profit de la capitalisation: à la suite de toutes les réformes précédentes, celle du gouvernement Ayrault vise à saboter petit à petit notre système public de retraites par répartition, système de solidarité collective, géré par la Sécurité Sociale, pour permettre aux assurances et banques privées de mettre en place des "fonds de pension" qui vendront des contrats de retraites individuelles par capitalisation, en se metttant dans la poche des profits garantis à long terme, déguisés en "frais de gestion".C'est ce que voulait déjà faire Strauss-Kahn, quand il participait au gouvernement Jospin : il avait baptisé ça "fonds de pension à la française"…Les dirigeants du PS changent, mais leur objectif reste peu différent de celui de l'UMP .

 

Pourtant, il faut savoir que partout où ces "fonds de pension" existent (Japon, USA, Royaume-Uni en premier lieu), ils sont en difficulté, même ceux gérés par des multinationales, n'arrivent plus toujours à boucler leurs fins de mois, et ne garantissent plus aucun montant de retraite. Leur logique, c'est : donnez-nous votre épargne pendant quarante ans, et vous verrez bien ce que vous aurez à la sortie… Après cela, on nous présente comme des explois enviables ces salariés anglais, américains ou japonais qui travaillent encore à 80 ans pour compléter leur retraite de misère ! De qui se moque-t-on ?

 

Alors, nous disons : non ! Pas un € de moins pour les retraités, pas un trimestre de plus pour les actifs, et retour progressif au droit de partir en retraite à soixante ans pour tous !

 

Pourquoi ?

Parce que c'est possible, en renonçant à l'austérité que la Commission Européenne et la plupart des gouvernements européens nous présentent comme la seule politique possible, au nom de la compétitivité des entreprises et de la soi-disant nécessité de baisser le coût du travail.

S'il faut, partout en Europe, baisser le coût du travail au niveau des salaires de l'agro-alimentaire en Allemagne ou en Pologne, où allons-nous ? Les salariés de GAD, de TILLY et de MARINE-HARVEST ont déjà compris la stupidité d'un tel choix : des salaires divisés par deux ou par trois, ou le chômage !

Mais Hollande, Ayrault et la plupart de ses ministres ne l'ont pas encore compris, eux qui promettaient de s'opposer au "monde de la finance" et de réorienter l'Europe. Ou alors, ils mentaient, et savaient déjà qu'ils signeraient dès septembre 2012 le Traité Merkel-Sarkozy instaurant l'austérité budgétaire partout, qu'ils attaqueraient le Code du Travail dès janvier 2013 sous les applaudissements du MEDEF, et qu'ils trahiraient leurs promesses sur les retraites de l'automne 2010, quand ils manifestaient avec nous contre la réforme Sarkozy.

 

La France peut casser la dérive libérale de l'Europe.

Qu'ils ne disent pas : La France ne peut rien faire seule, nos "partenaires européens" ne nous suivraient pas, nous devons conserver la confiance des "marchés financiers"pour financer notre dette…

Si, nous pouvons faire quelque chose. Ce sont les autres qui ne peuvent rien faire sans nous ! La France n'est pas un petit pays en Europe. Regardez la carte : nous sommes au milieu des activités les plus importantes, les échanges de marchandises se font en passant par chez nous, les autres viennent en vacances chez nous ou en passant par chez nous…Nous avons donc des moyens de négociation, nous pouvons remettre les pendules à l'heure en Europe, exiger une Europe où les règles sociales (salaire minimum, retraite, assurance maladie…) convergent vers le haut, pas vers le bas, exiger une Europe qui ne soit pas une passoire pour tous les produits venant de pays où aucune règle sociale n'existe.

 

En clair : le but de la vie en société, ce n'est pas d'un côté la hausse des profits pour une petite minorité, et de l'autre l'austérité à vie, la précarité ou le chômage pour le peuple, comme on le constate depuis maintenant une trentaine d'années.

Ce n'est pas ça, la République !

La République, c'est le devoir de travailler, mais aussi le droit à un emploi, la solidarité, la Sécurité Sociale, dont fait partie notre système de retraite par répartition.

 

Alors, manifestons aujourd'hui notre opposition au projet de réforme Ayrault, exprimons-nous pour une Europe sociale, au mois de mai prochain, lors des élections européenne, et regroupons-nous dès maintenant pour préparer le combat contre l'Europe des capitalistes.

 

C'est ce que vous propose de Front de Gauche du Pays de Morlaix.

 

Hervé Penven, Front de Gauche Morlaix.

30 août 2013 

 

front de Gauche Morlaix

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