Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 19:00

http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/L-interview-d-Europe-1-Soir/Videos/L-esperance-de-vie-depend-de-la-retraite-a-60-ans-1552401/

 
Sur Europe, le 14 juin, il y avait un socialiste sur Europe 1! Et oui, ça existe encore ... Affaire Cahuzac, lutte contre l'évasion fiscale et la fraude fiscale, réformes des retraites, le parler vrai de Gérard Filoche.  
...................................................................................................................................................................
  
En annexe, vous trouverez ci-dessous une contribution commune d'Attac et de la Fondation Copernic pour la table ronde n°4 de la Conférence sociale : Assurer l’avenir des retraites et de notre protection sociale des 20 et 21 juin.  
 
Retraites : pour un choc de répartition
ATTAC - Fondation Copernic

Les précédentes réformes de retraite ont eu des effets catastrophiques, qui n’ont pas fini de se faire sentir. Une étude récente de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques a calculé que si les réformes de 1993, 2003 et 2008 s’étaient appliquées aux affiliés de la CNAV et de la MSA-salariés de la génération 1938, ceux-ci auraient eu des pensions de base réduites de 28 % en moyenne lors de la liquidation, et de 35 % sur l’ensemble de leur période de retraite.
 
Comme précédemment, l’argument « on vit plus vieux, il faut travailler plus longtemps » est invoqué, et il semble de bon sens. Notons pourtant que l’augmentation de l’espérance de vie ne date pas d’aujourd’hui et que, par le passé, le partage de la richesse produite a permis qu’elle s’accompagne de la diminution du temps passé au travail et d’une amélioration globale du niveau de vie. Mais surtout, vouloir augmenter la durée de cotisation relève d’une double hypocrisie.
 
Hypocrisie quand on sait qu’une grande partie des salarié-es (plus de la moitié pour la génération 1942) est déjà hors emploi au moment de liquider leur retraite. Repousser encore ce moment revient simplement à prolonger cette période hors emploi, qui peut être de chômage, de pré-retraite, en tout cas de précarité, et donc à enfermer dans les minimas sociaux en attendant de pouvoir toucher une pension. Augmenter la durée de cotisation revient au final à faire baisser le montant des pensions sans oser le dire. Hypocrisie encore car vouloir faire travailler les salariés plus longtemps dans le contexte actuel de chômage revient aussi à rompre le contrat entre les générations. Car la solidarité intergénérationnelle a deux faces. Les actifs paient les pensions des retraités, et les salariés âgés se retirent de l’emploi pendant que les nouvelles générations y accèdent. Décaler l’âge de départ à la retraite revient à préférer entretenir le chômage des jeunes et celui des seniors, plutôt que payer des retraites. Ainsi, depuis le recul de l’âge de départ de 60 à 62 ans, on constate bien une hausse du taux d’activité de 15 % entre 2010 et 2012 pour la tranche d’âge de 55 à 64 ans… accompagné d’une augmentation de plus d’un tiers de la part des chômeurs dans cette tranche d’âge !
Tandis que les jeunes font les frais du maintien forcé en emploi des seniors : leur taux de chômage dépasse 26%, l’écart de taux de chômage entre les moins de 25 ans et l’ensemble des actifs atteint un record.
Enfin, ce qui est important est moins l’espérance de vie que l’espérance de vie en bonne santé, et toutes les années de retraites ne sont donc pas équivalentes. Prolonger la durée d’activité, alors même que la souffrance au travail se développe et que de nouvelles pathologies apparaissent, obère le temps dont les salariés disposent pour jouir réellement des meilleures années de retraite.
L’objectif annoncé pour la nouvelle « réforme » est de combler un déficit des régimes de retraites plus important que prévu, qui serait d’environ 20 milliards en 2020. Il y a d’abord là un élément paradoxal. Car l’aggravation du déficit est la conséquence directe des politiques d’austérité qui jettent la France et l’Europe dans une spirale récessive et entrainent une montée du chômage… et donc des déficits. Dans son rapport de décembre 2012, le Conseil d’orientation des retraites explique ainsi « la dégradation beaucoup plus rapide que prévu des comptes des régimes de retraite du fait de la chute des recettes liée à la crise ». Le rapport Moreau fait le même constat. Pourtant, ce qu’il propose est de réduire encore les dépenses en faisant porter l’essentiel de l’effort sur les salarié-es et les retraité-es, qui n’ont aucune responsabilité dans la crise. Difficile de considérer qu’un montant de 20 milliards d’euros constituerait un déficit insoutenable des caisses de retraite, lorsque la même somme est attribuée sans contrepartie aux entreprises via le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi ! En finir avec l’austérité, relancer l’emploi par une réduction du temps de travail et une politique audacieuse d’investissement en matière sociale et écologique permettraient déjà de résoudre une bonne partie du problème.
La part des retraité-es augmentant dans la population, il est nécessaire, à moins de vouloir les appauvrir, d’accompagner cette évolution en attribuant aux pensions une part plus grande de la richesse créée. Il est ainsi possible de relever progressivement les cotisations patronales en baissant en parallèle les dividendes versés aux actionnaires (cette part est en effet passée en trente ans de 3 % à 9 % de la valeur ajoutée brute des sociétés non financières, sans aucune justification économique). L’investissement productif ne serait ainsi pas touché et cette mesure n’aurait pas d’impact sur les prix. La sacro-sainte compétitivité des entreprises serait donc épargnée. Le rapport du COR de décembre 2012 indique que l’augmentation du taux de cotisation pour équilibrer le système de retraites est de l’ordre de 2 % en 2020. Rien d’inaccessible. Mais il est vrai, et c’est là que le bât blesse, cela suppose un « choc de répartition » et non un choc de compétitivité.
Une voie supplémentaire pour améliorer le financement des retraites, systématiquement négligée, est celle de l’activité des femmes. Le taux d’activité des femmes est sensiblement inférieur à celui des hommes (84,2 % contre 94,8 % dans la tranche des 25-49 ans en 2010).
De nombreuses femmes souhaiteraient travailler professionnellement mais y renoncent, ou se contentent d’un emploi à temps partiel, par manque de solution pour l’accueil des enfants. Il y a donc de larges marges de progrès pour réaliser l’égalité. Si l’activité des femmes rejoignait celle des hommes, l’effectif de population active serait supérieur d’environ 5 % (4.8 % en 2020, 4.9 % en 2030) à celui retenu par les projections actuelles. En première approximation, cette augmentation se traduirait, à taux égal de chômage, par un accroissement de même ampleur - près de 5 % - du volume de cotisations. À comparer donc au besoin pour 2020, chiffré à 2% par le COR ! Cet accroissement du taux d’activité des femmes serait d’autant mieux bienvenu que des besoins collectifs nombreux restent à satisfaire et que des activités utiles correspondantes pourraient être créées. De même, supprimer les inégalités salariales entre les femmes et les hommes permettrait d’augmenter très sensiblement les recettes de cotisations.
Bref, des solutions existent à condition de rompre avec les politiques actuelles et la logique d’un capitalisme financier prédateur. Les conditions préalables en sont un arrêt des politiques d'austérité et une action énergique en faveur de l'emploi par une reconversion industrielle écologique, la réduction du temps de travail, la formation, le développement des crèches, ...
Les objectifs pour un système équitable et durable de retraite comportent le droit à la retraite à 60 ans à taux plein, la revalorisation du minimum contributif au niveau du SMIC pour une carrière complète, la convergence de la durée de cotisation nécessaire pour une pension à taux plein avec la durée moyenne de vie active constatée, l’élimination des inégalités de pension entre les femmes et les hommes et la prise en compte effective de la pénibilité, sans oublier celle des métiers à prédominance féminine.
Les moyens à mettre en oeuvre pour financer ces objectifs sont un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits distribués, ces derniers (notamment les dividendes) étant soumis à cotisation ; une augmentation de l’activité des femmes en levant les obstacles qu’elles rencontrent, et la réalisation de l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes ; la suppression des allègements inutiles de cotisations sociales, ainsi que la majoration du taux de cotisation patronale sur l'emploi à temps partiel.
...................................................................................................................................................
 
DANS LIBERATION:"Retraites : les pistes prudentes du rapport Moreau"14 juin 2013

Analyse Le rapport remis vendredi à Matignon propose notamment de baisser les pensions et de poursuivre l’allongement de la durée de cotisation.

Par Luc Peillon Photo Sébastien Calvet
Que les Français se rassurent : «les efforts à faire» pour redresser les comptes du système de retraites ne «seront pas écrasants», a promis vendredi le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lors de la remise du rapport de la conseillère d’Etat Yannick Moreau. D’autant qu’ils seront réalisés «dans un esprit de justice et d’efficacité», a assuré, de son côté, le président de la République. Pas de panique, donc, semble vouloir dédramatiser l’exécutif, qui promet, pour combler les 20 milliards d’euros de déficit attendus en 2020, un projet de réforme à la fin de l’été, après concertation avec les partenaires sociaux.
Cependant, le gouvernement a déjà quelques idées sur la question ( Libération du 14 juin) : pas touche aux régimes spéciaux, grande prudence sur le rapprochement public-privé, allongement de la durée de cotisation, et surtout sollicitation des retraités, par une baisse relative des pensions (via une désindexation par rapport à l’inflation et/ou une suppression de certains avantages fiscaux et sociaux). Le tout parfumé d’un livret de pénibilité, permettant aux salariés d’y noter leurs conditions de travail (de nuit, debout…), et ouvrant droit à une formation ou à un congé de fin de carrière.
Difficile, néanmoins, d’ignorer totalement le rapport de Yannick Moreau, que le gouvernement lui a commandé, et qui servira de base aux discussions entre partenaires sociaux sur les retraites, lors de la conférence sociale. Et qui seront animées, qui plus est, par cette même Yannick Moreau.
Espérance de vie. L’exécutif devrait d’autant moins le snober que le rapport contient la plupart des pistes envisagées par le pouvoir. Avec un premier objectif : assurer l’équilibre des comptes à court terme, c’est-à-dire d’ici à 2020. Pour ce faire, il envisage tout d’abord de faire contribuer les retraités. En alignant leur taux de CSG (6,6%) sur celui des actifs (7,5%), pour un gain de deux milliards d’euros, et en réformant certains avantages (fiscalisation de la majoration de pension pour trois enfants et plus, suppression de l’abattement fiscal de 10% pour frais professionnels), permettant de dégager entre 1,5 et 2,5 autres milliards. Mais c’est surtout la sous-désindexation «exceptionnelle» des retraites pendant trois ans qui pourrait faire le plus couiner. Le document propose, du coup, de la réserver aux plus hautes pensions.
Du côté des actifs, la commission Moreau envisage une hausse des cotisations (0,1 point par an pendant quatre ans), partagée entre employeurs et salariés, pour un montant de 2,6 milliards. A plus long terme, le rapport propose de jouer sur l’allongement de la durée de cotisations. Et de prolonger ainsi, au-delà de 2020, le principe du partage du gain d’espérance de vie entre le temps passé au travail (deux tiers) et la retraite (un tiers), prévue par la loi Fillon de 2003. Ce qui conduirait à passer d’une durée de cotisations pour une retraite à taux plein de 41,75 ans en 2020, à 43 ans en 2035 et à 44 ans en 2050. En cas de dégradation de la conjoncture, serait alors envisagée une accélération de ce calendrier, qui ferait évoluer la durée de cotisation à 43 ans dès 2024 et à 44 ans en 2028. Prudente, et surtout réaliste quant aux intentions du gouvernement, la commission écarte l’idée de repousser l’âge légal de départ, déjà reporté de 60 à 62 ans, par la droite dans sa réforme de 2010.
Âge légal. Dernier point délicat, enfin, le rapprochement des règles de calcul de la pension entre le public et le privé. Aujourd’hui, le montant de la retraite pour les fonctionnaires est établi sur la base des six derniers mois de salaire, contre les vingt-cinq meilleures années pour le privé. La commission Moreau suggère, non pas un alignement, mais un élargissement de cette période de référence pour les agents publics «sur une période plus longue», en y en intégrant une partie des primes. Une mesure qui n’a pas pour objectif de générer des recettes, rappelle le document.
A peine remis au Premier ministre, le rapport Moreau n’a pas vraiment suscité l’adhésion de la CGT et, pour d’autres raisons, du Medef. «Les principales pistes évoquées dans le rapport n’augurent rien de bon», estime ainsi la confédération de Montreuil, qui fustige l’allongement de la durée de cotisation, la baisse des pensions et l’alignement du public sur le privé. Le patronat, de son côté, réclame un report de l’âge légal, et dénonce toute hausse des cotisations. Quant à Force ouvrière, elle considère que si ces pistes étaient retenues, «elles seraient écrasantes et inacceptables». Seule la CFDT ne semble pas s’opposer frontalement aux conclusions du rapport, tout en réclamant «une réforme de fond». Reste deux mois au gouvernement pour convaincre…
Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011