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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 11:55

 

Restitution de l’Atelier n°2

Transition Ecologique

Les 3 personnes ayant préparé l’atelier ont introduit le sujet, exposant le cadre que chacun connaît, celui du Capitalisme et du Productivisme prédateurs de l’Humain et de la Planète.

Après un tour de table pour que chacun exprime les sujets qu’il souhaitait aborder, une bonne partie de la discussion s’est déroulée autour de divers projets que nous pourrions qualifier de Petits Projets Inutiles et qui présentent de nombreuses similitudes avec les Grands Projets Inutiles tels que l’aéroport de Notre Dame des Landes. En particulier, les projets de ports de plaisance (Le Guilvinec, Plougasnou), le projet de Centrale à Gaz de Landivisiau et le cas des usines de méthanisation ont été exposés et discutés.

D’autres grands thèmes ont également été abordé ou évoqués : le modèle agricole et ses dégâts (humains et environnementaux), l’urbanisme (mitage) et l’habitat écologique, la transition énergétique. Concernant l’habitat, l’un des participants, professionnel du secteur, a présenté une proposition qu’il fait aux communes : il s’agit d’employer des personnes sans travail et/ou sans logement (en cdd et pendant un an) pour construire des logements sociaux écologiques. Les employés deviennent ensuite au locataire du logement construit.

Deux grandes réorientation de la société ressortent de ces discussions :

  1. La nécessité de faire progresser la démocratie :

Les Projets Inutiles mettent en lumière l’important déficit démocratique des processus de décision et ce, même lorsque les règles actuelles de la démocratie (enquêtes publiques, décisions d’assemblées élues, débats publics) sont respectées. A chaque fois, des responsables élus prennent des décisions faisant fi des besoins et des souhaits des populations locales. Ce n’est que lorsque les citoyens se mobilisent, faisant preuve d’une grande capacité d’analyse et de proposition, que ces projets peuvent être mis en doutes (Association pour un petit port sympa à Plougasnou, Scénario électrique alternatif breton du collectif GASPARE contre la centrale à gaz, contre-étude économique dans le cas de l’aéroport de NDDL).

Les discussions ont également fait apparaître le manque de formation des élus face aux problématiques complexes soulevées. Par exemple, les conseillers municipaux (certains participants à l’atelier) ne peuvent maîtriser tous les sujets, loin de là, ce qui les rend moins à même de contrer les argumentaires des lobbys ou groupes organisés et d’expérimenter de nouvelles voies. Par exemple, pour ce qui concerne le logement social, certaines entreprises sont spécialisées dans ces marchés et proposent des prestations faciles à mettre en œuvre pour la collectivité et juteuses pour les intérêts privés (on pourrait également penser à la gestion de l’eau). Entre la complexité de certains dossiers et le nombre d’entre eux, les élus peuvent parfois reconduire les pratiques habituelles par manque d’arguments, ce qui ne favorise pas la transition.

  1. La nécessité de repartir des besoins des populations 

L’ensemble des sujets abordés font apparaître le fait que notre société et les décisions publiques sont basées sur d’autres critères, d’autres intérêts que les besoins fondamentaux humains :

Ainsi, dans le cas des projets de ports de plaisance qui se multiplienti, c’est bien souvent l’intérêt d’un petit nombre de propriétaires fortunés qui est privilégié plutôt que celui de la majorité de la population locale. Par exemple, le projet de port du Diben à Plougasnou prévoit un tarif tel que les pêcheurs professionnels ne pourront se payer leur place. Et ce alors même que la moyenne de sortie des bateaux de plaisance est d’une journée par an ! Le projet détruira des zones naturelles à fort intérêt et a déjà entraîné une hausse de l’immobilier avec un risque de désertifier le bourg hors période touristique. Les importants investissements publics prévus ne seraient-ils pas plus utiles ailleurs, par exemple pour mettre en place un véritable réseau de transports en commun à l’échelle intercommunale ? Dans cet exemple, les besoins des habitants de la commune et de l’intercommunalité (qui est financeur) sont-ils prioritaires ?

Pour ce qui concerne la transition énergétique, les projets tels que la centrale à gaz (le nucléaire a également été mentionné) répondent-ils aux enjeux actuels ? Ils ont plutôt tendance à accentuer la consommation alors que la priorité devrait être donnée à la sobriété et aux économies d’énergie. De même, dans le cas des usines de méthanisation fonctionnant avec les déjections du bétail, on encourage plutôt la poursuite du modèle agricole productivisteii.

Lorsque les gens n’ont pas les moyens de rénover leur habitation avec des matériaux et selon des techniques écologiques, il apparaît également clairement que la société n’est pas organisée pour répondre aux besoins concrets de la population.

La consommation de terres agricoles (et de milieux naturels, de biodiversité) par les Grands Projets Inutiles et par l’urbanisation effrénée sont également très problématiques à l’heure où le besoin de relocalisation des cultures vivrières et de souveraineté alimentaire se fait pressant.

L’ensemble de ces réflexions montre que la nécessité de partir des besoins des populations pose la question du modèle de développement. Souhaite-t-on perpétuer le modèle agro-industriel breton avec son cortège de dégâts sur l’eau, l’environnement, le milieu de vie, ses conditions de travail et ses exportations prédatrices ? Quelle politique industrielle (que fait-on de l’arsenal de Brest) et quelle place de l’artisanat ? Quelle politique énergétique (économies d’énergie, modes de production, moyens de productions) ?

L’un des participants a également attiré l’attention sur le fait que, de plus en plus, le Finistère est voué à une vocation touristique (accentué par les ports de plaisance et par la logique d’aménagement du territoire que met en lumière le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes), ce qui se traduit par des emplois précaires et mal payés.

La discussion a laissé en suspens nombre de questions et a souligné la nécessité de poursuivre les débats sur certains sujets, avec le besoin définir certains mots afin de parler un langage commun :

- Transition écologique ou Planification écologique ? Quelle place pour l’autogestion ?

- Croissance/Décroissance/Objection de croissance

- Partage de l’emploi : la question est à relier aux questions écologiques car elle est liée au productivisme et au consumérisme

- Place des comportements et pratiques personnels : question de cohérence, mais attention à ne pas culpabiliser

 

Pour finir, l’atelier montre que face à l’urgence d’engager la transition écologique, notre société n’est pas organisée pour répondre rapidement. Bien que de nombreuses alternatives au système se fassent jour, elles peinent souvent à se développer. Parmi les obstacles, figurent les manques de formation professionnelle (habitat écologique par exemple), le manque de formation des élus (cf plus haut), et bien sûr le pouvoir de l’argent, des lobbys et des multinationales.

Dans ce contexte, le Front de Gauche doit travailler sur des propositions alternatives. Il doit se mobiliser et se positionner sur les questions locales, qui concernent directement les populations, afin de démontrer sa capacité d’analyse et de proposition. Il doit enfin travailler avec les mobilisations citoyennes, afin de pousser les élus à les entendre ou d’aider ceux qui portent ces espoirs de changement.

1) Lors de la discussion ayant suivi la restitution, des personnes semblant bien connaître le sujet ont exprimé l’intérêt qu’ont pour elles ce type de projets en termes d’emploi et de revivification des ports finistériens.

2) Là encore, la discussion après restitution a donné l’occasion à une personne d’exprimer l’intérêt qu’il peut voir dans la technique de méthanisation

3) Les expériences de parcs éoliens citoyens et d’Energie Partagée ont été mentionnées.

 

Synthèse par Franck Simonnet (Front de Gauche Morlaix)

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