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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 06:20

Le président bolivien Evo Morales, à Moscou, le 1er juillet. Le président bolivien Evo Morales, à Moscou, le 1er juillet. | AFP/MAXIM SHEMETOV

Les Boliviens sont en colère. "La vie du président a été mise en danger", "les lois du trafic aérien ont été violées"... L'objet de leur courroux ? Le refus par la France, le Portugal et l'Italie du survol de leur territoire par l'avion du président Eva Morales, mardi 2 juillet.

Dans la soirée, le dirigeant bolivien revient d'une réunion de pays producteurs de gaz naturel à Moscou. Une rumeur court alors qu'Edward Snowden, l'ex-consultant de la National Security Agency (NSA) à l'origine des révélations sur les pratiques de surveillance et d'écoutes du renseignement américain, recherché par les Etats-Unis, se trouve à bord de l'avion. Coincé depuis le 23 juin dans la zone de transit de l'aéroport Cheremetievo à Moscou, où il est arrivé en provenance de Hong Kong, ce jeune homme de 30 ans se retrouve piégé dans des limbes juridiques. Prétextant des raison techniques, selon les autorités boliviennes, la France et la Portugal décident de fermer brutalement leur espace aérien.

"Mais après avoir obtenu des explications auprès de certaines autorités, nous avons déterminé qu'il semblait y avoir une rumeur infondée sur la présence de M. Snowden à bord de l'avion, a expliqué le ministre des affaires étrangères bolivien, David Choquehuanca. Nous ne savons qui a inventé ce mensonge." Son homologue de la défense, Ruben Saavedra, estime que le département américain d'Etat était peut-être derrière cette décision.

"Nous avons des soupçons sur le fait que ces deux pays ont été manipulés par une puissance étrangère, en l'occurrence les Etats-Unis, afin d'intimider l'Etat bolivien et le président Evo Morales".

Ainsi interdit de passage au-dessus de l'Hexagone, l'avion présidentiel bolivien est contraint de faire une escale imprévue en Autriche.

L'avion du président Morales a été contraint de stationner sur le tarmac de l'aéroport de Vienne. L'avion du président Morales a été contraint de stationner sur le tarmac de l'aéroport de Vienne. | REUTERS/HEINZ-PETER BADER

 

Après vérification, Vienne confirme que Snowden ne se trouve pas à bord. La France, le Portugal puis l'Italie autorisent finalement, dans la nuit, le survol de leur territoire.

  

"PARANOÏA"

Mais le mal est fait. Evo Morales a passé la nuit de mardi à mercredi dans un hôtel de Vienne et l'indignation monte en Amérique latine. "C'est un attentat contre la vie du président Morales", a déclaré le ministre des affaires étrangères vénézuélien, Elias Jaua, dont le pays est l'un des principaux alliés de la Bolivie. En déplacement à Minsk, en Biélorussie, où il accompagne le président Nicolas Maduro en visite officielle, il a fustigé "une agression grossière, brutale, impropre et non civilisée" de la part "de gouvernements d'Europe et des Etats-Unis" qui "mettent en danger la vie d'un président".

Le ministre des affaires étrangères de l'Equateur, Ricardo Patiño, pays où le jeune Américain a également envisagé de se réfugier, a estimé que "cela semble une terrible offense au président Morales". "Il n'est pas possible qu'ils aient osé refuser à un président sud-américain le passage par leur espace aérien [parce qu'ils] suspectaient que dans l'avion du président Morales pouvait se trouver M. Snowden. Ça me semble une énorme offense, pour le moins", a ajouté le ministre, évoquant "la paranoïa" de certains pays après les révélations de l'ancien consultant pour le renseignement américain.

Manifestation devant l'ambassade de France en Bolivie, mardi 2 juillet à La Paz. Manifestation devant l'ambassade de France en Bolivie, mardi 2 juillet à La Paz. | AP/Juan Karita

A La Paz, quelques dizaines de personnes ont manifesté devant l'ambassade de France pour protester contre le refus initial de Paris d'ouvrir  son espace aérien au président Morales. "Vive la Bolivie, vive le président Evo" ont crié les manifestants, agitant des drapeaux boliviens. Par ailleurs, des communautés indigènes proches de Morales ont annoncé de prochaines manifestations devant les ambassades des Etats-Unis, de France, du Portugal et d'Italie, taxées d'hostilité envers la Bolivie.

La Bolivie est l'un des 21 pays à qui Edward Snowden a demandé l'asile politique et s'est dite "prête" à examiner cette demande. Parmi ces pays figure également... la France.

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