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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 18:54

Je relis la presse de la semaine à tête reposée et... patatra, moi qui rêvait d'une autre politique possible que celle conduite par le duo Sarkozy-Fillon, je dois me rendre à l'évidence: nous vivons dans le meilleur des mondes possibles et la droite au pouvoir en France est extraordinairement progressiste et prudente par rapport à ce qu'il eût fallu faire et ce que font déjà nos voisins plus raisonnables et rigoureux... Car nous sommes dans une économie de guerre, n'est-ce pas? Je suis prié d'ouvrir les yeux, de laisser mes illusions au vestiaire: quoiqu'il en soit, le vote du 22 avril ou du 6 mai ne changera rien. Il y a des réformes qui s'imposent, vitales pour ces économistes de cimetières qui font semblant d'oublier que la France n'a jamais été aussi riche..

Jugez plutôt, le titre de la page spéciale Présidentielle:  

              "Tour de vis après le 6 mai"

 

Vous vous sentez déjà un brin étranglés. Qu'à cela ne tienne: on va serrer un peu plus fort.

Le sous-titre à côté de la jolie photo de groupe du triumvirat Merkel, Sarkozy, Monti, écrasés par le poids de leur responsabilité qu'ils assument avec tant de courage: "Partout en Europe, l'austérité fait rage. Pourtant, en France, à la veille de l'élection présidentielle, peu nombreux sont les candidats à aborder les inévitables mesures de rigueur à venir".

 

Le développement est à l'avenant:

Le premier qui dit la vérité, il sera exécuté, chantait Guy Béart... - un vrai poète! - François Bayrou baisse t-il dans les sondages parce qu'il claironne que la rigueur, la vraie, est pour demain? -... tiens, nous ne connaissions que la fausse, la confortable. (...). Il y a peu, The Economist (il ne s'agit pas d'un journal équatorien ou vénézuélien, c'est du sérieux!) s'est fondu d'une "cover" (Henri Lauret pense globish) vacharde sur le "deni français". Quand il s'agit  de nous brocader, les Anglais ne manquent jamais de talent. En l'occurence, l'hebdo de la City appuie là où ça pourrait faire mal.

Partout en Europe, l'austérité fait rage. Elle est d'une violence inouïe depuis la guerre (Vous croyez qu'il s'en attriste, mais non, mais non...). L'Italie de Monti prévoit 230 milliards d'économies sur trois à quatre ans. Les impôts grimpent de 40 milliards cette année et l'essence est à 2 euros! En Espagne, Rajoy table sur 80 milliards (on dirait le sherif de la forêt de Sherwood)réforme en cinq semaines le marché du travail, la banque, adopte la règle d'or et serre les dépenses de santé. Ouf! (suffoque t-il le petit Henri, au spectacle de tant de souffrances partagées par nos voisins?) A Londres, Cameron poursuit un plan dà 130 milliards, gèle le salaire des fonctionnaires, monte la TVA et supprimera 700.000 emplois publics. Tour de vis en Belgique, baisse du Smic en Irlande... Grèves, colère, dépression sociale. Le tout applaudi par Bruxelles".

 

Bref, l'Europe est à feu et à sang. Et les Français continuent tout de même à se goinfrer en toute insouciance pendant que les hommes politiques- mais pas tous, heureusement - leur mentent avec des promesses qu'ils savent ne pas pouvoir tenir.

 

Et la France? Deux plans de rigueur, siglés Sarkozy/ Fillon ont ramené le déficit de 7,1% du PIB à 5,2% d'une année sur l'autre (tiens, on oublie de dire à quel niveau se trouvait le déficit quand Sarkozy en 2007 ou la droite en 2002, est arrivé au pouvoir). Excellent résultat obtenu sans déréglementer le travail (il ne rit pas), sans baisser les salaires des fonctionnaires, sans la retraite à...67 ans.

 

Bref, des philanthropes! Sarkozy/ Fillon: peut mieux faire...

 

" Nicolas Sarkozy a hérité de 1200 milliards de dettes et d'une dépense publique de 54% du PIB. Il promettait d'en finir avec 30 ans de financement à crédit de la croissance et de la protection sociale. La dette, depuis, s'est envolée à 1800 milliards et la dépense publique dépasse 56%.... Bien que Fillon ait dénoncé l'état de faillite, le président a tourné le dos à la lutte contre la dépense et le déficit".

 

La conclusion, vous le devinez: le couplet habituel sur la cigale et la fourmi.

 

"L'extrême rigueur nous est-elle promise comme aux voisins du Sud? Non, plus de rigueur, certainement, car ceux qui nous prêtent pour bouvcler nos fins de mois l'exigent. Le vainqueur du 6 mai, quel qu'il soit, gouvernera donc les yeux sur le "spread", l'écart de taux d'intérêt des marchés. Il grimpe déjà, c'est mauvais signe. Autre contrainte, institutionnelle celle-là: le futur hôte de l'Elysée devra soumettre son budget pour accord à Bruxelles. Le "modèle" (les guillemets font sentir l'anti-phrase) français d'Etat Providence survivra t-il? La cigale, c'est sûr, n'a plus les moyens de chanter".

 

Et voilà encore le bruit de botte habituel visant à faire peur et à convaincre qu'il n'y pas d'alternative aux politiques anti-sociales, accompagné du petit refrain habituel sur l'exception française, la légèreté et le manque de courage de nos hommes politiques qui flatteraient les bas instincts du peuple gavé de privilèges et qui n'en aurait jamais assez, qui oublieraient le monde,  la mondialisation, la dette, la nécessaire coordination européenne.

Mais où va t-il chercher son inspiration, Henry Lauret, le journaliste du Télégramme, dans son article coup de poing et formidablement impertinent vis à vis du monde politique, sinon dans les comités de campagne de l'UMP, de François Bayrou, ou du côté de chez Mme Parisot?

 

Il y a toutefois certains constats lucides que même un propagandiste du libéralisme peut faire quand ça l'arrange:   

 

"Nous nous sommes engagés...à réduire des comptes en 2016-2017. Sarkozy et Hollande, au détail près, s'alignent sur les horizons imposés par Bruxelles, Berlin et les marchés. Chacun à sa manière, bien entendu. Le président-candidat promet tant et plus, et privilégie la baisse des dépenses à la hausse des impôts, sans renoncer à celle-ci. Le leader socialiste élude la dépense pour ne pas se brouiller avec Mélenchon  (ou plutôt les électeurs du Front de Gauche, qui ont un peu plus d'influence sur Hollande que Mélenchon tout seul... Mais c'est vrai qu'il n'y a que des maîtres et des moutons dans le raisonnement de ce journaliste) et veut embaucher, réformer la fiscalité...".

 

Donc "Exit le mythe de l'exception française"

Et Henry Lauret de se demander si les candidats n'auraient pas dû revêtir l'uniforme de psychologues pour intervention  d'urgence après trauma de groupe ou de préparateurs de deuil plutôt que de démiurges:

"Les candidats ont-ils clairement préparé les Français à un tel effort?"

 

Mais Henry Laurent en est convaincu: les Français ne sont pas dupes, ils savent bien malgré les cajoleries et les caresses enjôleuses qu'on les amène à l'abattoir.... Du sang et des larmes, ils vont en avoir plus que leur compte, et cela les aguerrira...

"Dans l'embrouillamini des chiffrages, promesses, philippiques et incantations (tiens, ça rime avec Mélenchon...) , tout, en fait, a été dit. Mais rien n'émerge. Les électeurs voient ce qui se passe chez les voisins. Ils ne croient plus au mythe de l'exception française. Ils savent que leur tour est venu".

 

Au suivant!

 

Quel mélange plus vil de cynisme que ces demi-vérités mêlées de gros mensonges et d'une pégagogie de la soumission par la peur qui constitue le fil rouge du message!

 

Français, Bretons, lecteurs du Télégramme, ne nous laissons pas impressionner par ces donneurs de leçons privilégiés qui prophétisent avec tant de plaisir non communicatif notre ruine! Ils n'ont droit qu'à une chose: notre mépris!

 

Ismaël Dupont

 

 

 

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