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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 17:36

 

 

Ce n'était pas encore une insurrection mais ce fut un raz-de-marée de compatriotes enthousiasmés par les perspectives de transformation de la société et de la République qu'offre le Front de Gauche !

120.000 personnes dans le cortège entre Nation et Bastille, et, à côté d'une foule de militants Front de Gauche gonflés à bloc (citoyens associés aux Assemblées citoyennes depuis des mois, communistes, membres du PG, de la Fase) venus de toute la France, un nombre incroyable de salariés, de jeunes et de moins jeunes, issus des quartiers populaires mais aussi de toutes catégories sociales, partis de la région parisienne pour faire de ce 18 mars historique le jour du retour de la Gauche populaire et sociale sur le devant de la scène en France.

Autant dire que ce fut pour nous un très grand moment de militantisme qui a permis de réaliser l'ampleur des exigences et de la confiance dans la possibilité du changement que parvient depuis des semaines à recréer le Front de Gauche, lancé à l'abordage des présidentielles par sa dynamique militante et citoyenne de terrain, et par le talent de Jean-Luc Mélenchon, la clarté, la rationalité et la radicalité concrète qui émane de notre programme partagé qu'il sait si bien mettre en valeur. Comme le dit Patrick-Appel Muller dans son éditorial d'aujourd'hui dans L'Humanité: "le Front de Gauche n'est plus la seule addition de ses partis fondateurs. Il n'est plus un noyau entouré d'un halo de sympathie. Il est devenu un mouvement populaire...".

La presse libérale sent le danger de ce retour du peuple de l'exigence sociale et des insurrections. Ainsi, en en-tête d'un article un peu plus honnête, Ouest-France titre "Mélenchon et 50000 camarades à la Bastille". Il n'y avait pas que des camarades militants à La Bastille, loin de là, et nous étions au moins 100.000. Cette falsification des faits est tout simple scandaleuse: un pur exercice de manipulation. Libération, après avoir s'être fendu d'un tire vendeur samedi "Les bataillons de Mélenchon" continue à personnaliser à l'extrême les enjeux de la montée en puissance du Front de Gauche  en titrant aujourd'hui "Mélenchon a fait sa place". En troisième page, le titre est "Mélenchon trône à la Bastille". Non, notre candidat qui veut abolir la monarchie quinquenale et retablir la souveraineté du peuple, des citoyens et du Parlement, ne trône pas, ne s'approprie pas une place...

De qui se moque Libération qui reprend le chiffre de 80000 manifestants proposé par Rue 89, en mettant en avant l'infime minorité de curieux présente dans le cortège qui aurait fait néanmoins le choix d'un pseudo-vote utile PS au premier tour?

Cela rassure ces gens-là, cela leur permet surtout d'allumer des contre-feux à notre élan de remobilisation d'une partie chaque jour grandissante du peuple de gauche déboussolé depuis des années, que de dire qu'il n'y là finalement qu'une dynamique électorale intéressante qui permettra de faire monter une personnalité politique, de la rendre plus influente, et de truster quelques places au soleil.

En témoigne la tonalité très politicienne de la chronique de Dominique Régnier ce matin sur France-Inter sur la supposée contradiction à l'intérieur du Front de Gauche entre les intérêts des communistes et de Mélenchon qui chercheraient selon eux, sinon à avoir des places au gouvernement, du moins à avoir des circonscriptions en comptant sur la bienveillance du PS et un accord plus ou moins formel pour nous les réserver, et l'intérêt du candidat Mélenchon aux présidentielles qui pourrait être d'insister sur les faiblesses de Hollande et de son projet tant la supériorité de son charisme et de sa force de conviction tendent maintenant à être très largement reconnues.

En témoigne aussi l'assaut de questions relevant du calcul tactique et du traquenard malveillant dont a été l'objet Pierre Laurent sur Radio France Politique hier soir. "Ne croyez-vous pas que ce succès du Front de Gauche avec Mélenchon comme porte-parole enterre le PCF? Ne commencez donc vous pas à négocier un accord avec le PS en vue des législatives, ou de l'après : participation gouvernementale, conditions d'un soutien à une législature?"

 Pierre Laurent a été assez clair: nous sommes et resterons jusqu'aux législatives en compétition et nous n'avons pas le même projet. Maintenant nous avons trois objectifs: débarasser le pays de Sarkozy, faire reculer l'extrême-droite, éviter la dérive centriste de la gauche et faire grandir la gauche de transformation sociale. Nous sommes en train de remplir ces trois objectifs et plus le Front de Gauche sera haut, plus on a aura de chance de bien les remplir. On ne sait pas jusqu'où va s'arrêter notre dynamique ascendante ni si elle va persister car l'élection présidentielle est rude et l'argument du vote utile et la bipolarisation de la vie politique sont des laminoirs pour l'alternative... Mais on ne s'interdira pas de monter, de se rapprocher du PS dans les intentions de vote, voire de le doubler car nous sommes dans une situation de concurrence saine, fondée sur une claire différence d'analyses et de projets qui n'exclut pas notre volonté commune de dégager cette droite infâme.

Après, comme le scénario le plus probable n'est pas que nous soyons au second tour, il faut s'arranger pour être en mesure d'influer le plus fortement possible sur une politique d'une majorité présidentielle PS pour l'orienter à gauche. Est-ce que le moyen le plus sûr pour le faire sera la participation gouvernementale ou la participation à une majorité parlementaire sous réserve d'adhésion à certaines conditions fondamentales? (par exemple: refus de l'austérité, retraite à 60 ans...)?¨Pierre Laurent ne l'a pas exclu catégoriquement hier mais n'a pas dit non plus que ces solutions avaient sa préférence.  Pour ma part, je pense que même si c'est loin d'être le scénario le plus probable, car ce PS risque plutôt de chercher une alliance au centre pour mener une politique de rigueur faute de remettre en cause les conditions structurelles de la domination des marchés et de la finance, il ne faut pas exclure par avance la possibilité que les socialistes, confrontés à un rapport de force extrêmement dangereux pour eux, cèdent à certaines revendications fondamentales du Front de Gauche, mais je ne crois pas qu'une participation gouvernementale ou un ralliement parlementaire qui ne sont pas à l'ordre du jour soient nécessaires et particulièrement utiles pour cela.  

Par ailleurs, le projet actuel de Hollande et du PS et tout ce qui l'oppose au programme partagé du Front de Gauche rendent à mon avis injustifiables et dangereuses pour l'avenir, pour l'unité et la capacité à grandir encore du Front de Gauche, toute alliance gouvernementale ou parlementaire avec les socialistes. Il faut privilégier la montée en puissance de cette fragile nouvelle gauche citoyenne de transformation sociale en voie d'invention appelée je l'espère à prendre l'ascendant un jour ou l'autre sur les socio-libéraux aux tentations d'agir de l'intérieur dans les ministères, car on voit qu'elles ne nous ont pas globalement servi, au PCF, ni non plus forcément au pays sur le moyen terme, dans les épisodes d'union de la gauche au pouvoir en 1981-1984 et 1997-2002.

De toute façon, Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon ont été clairs depuis le début en disant qu'ils ne soutiendraient pas un gouvernement qui s'astreindrait à l'austérité, renoncerait à lutter contre la précarité, la domination de la finance et à proposer des progrès sociaux significatifs dans les services publics, la protection sociale, les droits des salariés, la préservation de l'environnement, après des années de casse sociale de la droite. En réalité, je crois que ces soudaines interrogations sur l'après-juin 2012 du Front de Gauche lancées par les médias visent surtout à faire artificiellement et tout aussitôt dégénérer la mystique en politique et à dégoûter les citoyens qui reviennent à la politique et qui croient sincèrement en la volonté de changer réellement les choses du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon que tout cela n'est qu'un produit de combinaisons partisanes, de calculs d'appareil et d'intérêts pour préserver des positions, se faire des meilleures situations, renforcer les appareils. 

Ces débats aujourd'hui sont une manoeuvre pour nous désingulariser, ramener la nouveauté riche d'espoirs qui germent extrêment vite à la médiocrité commune, nous enliser dans le même discrédit pour la politique politicienne des intérêts et des petits arrangements entre amis dont souffre aujourd'hui EELV après son accord électoral sur des bases programmatiques incohérentes et de renoncement avec les socialistes.

Quel plus grand démenti à ces insinuations que l'ambition de refondation globale de la démocratie sur les bases de l'égalité, de la liberté, de la fraternité, proposée par notre candidat dans son court mais dense discours de 25 mn habité par l'émotion de voir à nouveau le peuple français se mettre en marche pour l'émancipation et la fin des privilèges!  

 

Quelques chansons qui prolongent l'ambiance festive et révoltée de la Bastille, communiquées par Jean-Marc Nayet.    

 

  A a  Bastille (je n'y étais pas)  y avait  1 excellent groupe = HK et les Saltimbanks, son tube le + connu "On lâche rien"
 http://www.dailymotion.com/video/xfzjnb_hk-les-saltimbanks-on-lache-rien_music

« Je coupe le chon et je re-Mélenchon ! »

Détournement de « Louxor j'adore » de Philippe Katerine
http://www.youtube.com/watch?v=h8jtM8OfAIw&feature=player_embedded



Rachi Taha : Voilà, voilà  
(une chanson qui date de ... 1993)

 

Voilà, voilà, que ça recommence
Partout, partout et sur la douce France
Voilà, voilà, que ça recommence
Partout, partout, ils avancent

La leçon n'a pas suffit
Faut dire qu'à la mémoire on a choisi l'oubli
Partout, partout, les discours sont les mêmes
Etranger, tu es la cause de nos problèmes
Moi je croyais qu'c'était fini
Mais non, mais non, ce n'était qu'un répit

Voilà, voilà...

La leçon n'a pas suffit
Faut dire qu'à la mémoire on a choisi l'oubli
Dehors, dehors, les étrangers
C'est le remède des hommes civilisés
Prenons garde, ils prospèrent
Pendant que l'on regarde ailleurs
Prenons garde, ils prospèrent
Pendant que l'on regarde ailleurs

Voilà, voilà...

Les photos de notre voisine de bus brestoise, l'artiste sympathisante du Front de Gauche Cosette Saby:       

 

  photo bastille cosette

 

photo Bastille Cosette Saby 4photo bastille cosette Saby 3      photo bastille cosette 2

photo Bastille Cosette Saby 7photo Bastille Cosette Saby 5photo Bastille Cosette Saby 6

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