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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 09:00

rapport introductif de Daniel RAVASIO

Je ne vais pas revenir, dans cette introduction, sur l’ensemble de la situation sociale, économique et politique : nous savons tous ce qu’il en est.

Je voudrai mettre l’accent sur 4 points de l’actualité : les renoncements du gouvernement et leurs conséquences ; la colère sociale et les tentatives de récupération ; le FN qui cherche à surfer sur la colère sociale ; le Front de Gauche.

 
Un gouvernement qui va de reculades en renoncements.

 

Les reculades et renoncements successifs du gouvernement sont légions depuis son installation. Inutile ici d’en faire une liste que chacun connaît bien.
Ce que l’on peut constater aisément c’est que ces renoncements ne sont jamais assez  pour  la droite, l’extrême droite, le Medef et qu’au contraire cela leur laissent le champ libre pour avancer leurs pions. A mesure que se creuse un fossé entre le gouvernement et les aspirations du peuple de gauche qui l’a élu, la droite et le Medef deviennent plus arrogants et en demandent toujours plus.

 

La force d’un gouvernement ne réside pas dans sa capacité à faire des courbettesdevant ceux qui le combattent. Elle est de s’appuyer sur la souveraineté populaire, et c’est ce que le président de la République et le Premier ministre ont écarté d’emblée, ce n’a pas été leur choix. Les éditorialistes de la droite peuvent bien parler aujourd’hui de paralysie car, de fait, ils ont raison, et nous sommes entrés dans une crise politique sérieuse et inquiétante qui ne peut que s’aggraver dès lors même que le dernier atout de François Hollande, l’inversion  de la courbe du chômage, fût-ce par des emplois aidés, semble bien en passe de lui échapper.

Au point où nous en sommes, faute d’attendre par le haut un changement de cap, il faut l’impulser d’en bas. Les élections municipales ne doivent pas être la chronique des défaites annoncées. Elles peuvent être l’occasion pour les hommes et les femmes de gauche, avec des équipes rassemblées sur des contenus, d’exprimer et de mettre en œuvre des choix politiques transformateurs.

 

La colère sociale monte, colère que Droite et Medef tente de récupérer.

 

La colère des salariés et plus largement de la population s’est traduite, dans notre région, par des actions fortes et massives comme l’action des bonnets rouges à Quimper et à Carhaix.

Cette colère, c’est d’abord la colère, le désarroi de milliers de personnes que la politique d’austérité, la crise, les fermetures d’entreprises frappent durement que ce soit le salarié qui perd son emploi et son pouvoir d’achat, l’artisan ou le patron de PME qui voit avec angoisse l’avenir de son entreprise, l’agriculteur qui se demandent comment vivre de son métier. Oui, comme le dit Pierre Laurent dans son interview au Télégramme de dimanche « En Bretagne, la situation est explosive ».

 

Cette colère, la droite, le patronat, la FNSEA tente de la récupérer pour faire valoir non pas ce que demandent salariés et population, à savoir la fin des licenciements et la pérennisation des entreprises, une justice fiscale.

En réalité leurs buts sont bien autre chose : 

  • Ils demandent la réduction des contraintes fiscales et non pas la justice fiscale : le grand patronat réclame clairement  de payer moins d’impôt voir ne plus en payer du tout.

  • Ils demandent la restriction des contraintes environnementales. Les exploitants agricoles se plaignent de ne pouvoir vivre de leur travail, des tracasseries administratives, des inégalités de traitement entre les pays européens : sur de nombreux points (pas sur tous loin s’en faut) ils ont raison. Mais ce n’est pas en allant encore plus loin dans la politique agricole actuelle que se trouveront les solutions à la crise.

  • Ils demandent la diminution des contraintes sociales. Qu’est ce que cela veut dire ? La baisse des cotisations sociales c’est moins de sécu, moins de retraite, moins de droits au chômage, …. Ou alors une sécu privatisée, une retraite  par capitalisation que seuls ceux qui en auront les moyens pourront se payer.

  •  Ils demandent plus d’autonomie pour la Bretagne, une autonomie qui permettrait, tout en gardant le même système capitaliste de régler les problèmes que l’Etat Français ne règle pas. Qui peut y croire ? Si la décentralisation n’est pas une mauvaise chose en soit son contenu, le contexte économique dans laquelle elle se place peut laisser planer de graves dangers. Ainsi elle peut être la porte ouverte au chacun pour soit entre les régions françaises. Quand on voit ce que cela donne dans certains pays (Italie : la ligue du Nord refuse de payer pour ses fainéants de l’Italie du sud ; Espagne : la Catalogne refuse de payer pour l’Andalousie ; Belgique : la Flandre refuse de payer pour les Wallons) on peut craindre le pire. On peut même craindre que la Bretagne soit perdante si des régions plus riches disaient chiche et refusaient de participer au financement solidaire pour la France. On peut même craindre, dans le cadre d’une concurrence entre les régions une réduction des droits sociaux des travailleurs : pourquoi pas un Smic Breton inférieur au Smic Français !

     

    Avec les manifestations de Carhaix (3 000 manifestants venus de toute la Bretagne), les manifestations du samedi 23 novembre dont celle de Morlaix (5 000 manifestants) le mouvement social avec les organisations syndicales a commencé à lever le voile sur ces tentatives de récupération. Il faudra continuer dans cette voie : rien n’est encore acquis.

     

    Bien sûr certaines motivations exprimées par des manifestants de Carhaix [Humanité du lundi 2 décembre : « il faut donner moins d’aide à ceux qui en abusent » ; « Ce sont les immigrés, les chômeurs de longue durée qui en profitent ! Pas les chômeurs bretons, il faut appeler un chat, un chat » ; … ] sont inacceptables. Au-delà il faudra s’adresser à tous ceux qui ont les mêmes intérêts qu’ils aient manifesté à Carhaix ou à Morlaix, pour déjouer les manœuvres en cours et faire valoir les vraies solutions solidaires.

     

    Le FN qui tente de tisser sa toile.

     

    Le FN tente lui aussi de surfer sur cette colère pour faire valoir « ses solutions »  utilisant un vocabulaire antilibéral  pour récupérer les classes populaires, notamment celles qui votent à droite (Comme l'avait fait Mussolini avec le fascisme dans les années 20, en Italie).

    Marine LE PEN est venu sur nos terres, à Guerlesquin, pour faire la promotion du FN, essayer de récupérer le désarroi de la population et des ouvriers de Tilly.

    Malgré le peu de temps qui nous a été laissé entre l’information de la venue de Marine LE PEN, malgré la difficulté de mobiliser un lundi matin nous nous sommes retrouvés à une vingtaine avec drapeaux et panneaux du Front de Gauche sur le marché de Guerlesquin à partir de 10h 30. Les médias nationaux étaient venus en force.

    Spontanément, nous l'avons donc accueillie, suivie sur le marché et raccompagnée jusqu'à la porte de son restaurant tout au long de sa visite. Parmi les slogans : "Non, aux mensonges du FN !", "les travailleurs n'ont pas besoin du FN !", "pas de fachos en Bretagne, pas de Bretagne pour les fachos !" et puis les indémodables "F comme et N comme... !".

    Situation un peu ubuesque, il faut bien l'admettre dont on peut se demander quel bilan politique le FN peut en tirer.  Renforcer des liens militants en vue des municipales (Brest, Quimper et peut-être Morlaix) ? Faire parler de MLP et du FN dans les médias par rapport aux mouvements sociaux en cours ? Tester les possibilités de construction du FN dans les régions sinistrées au niveau de l'emploi en exploitant la détresse sociale ? Sûrement tout ça à la fois, malheureusement !

    Même peu nombreux et avec une organisation un peu aléatoire parce que trop rapide, nous avons bien fait de marquer le coup. Au moins la presse locale n'a-t-elle pas pu nous ignorer et a dû faire savoir que tous les habitants de la région ne sont pas prêts à tomber entre les pattes du FN. Même, si nous en avons rencontrés sur le marché avec qui les discussions n'ont pas été agressives du tout mais plutôt à coup de : "Pourquoi vous insultez Marine et le FN, alors que tous les autres nous ont arnaqués ?", "On a tout essayé, pourquoi pas eux ?"... 

    Des échanges qui confirment la nécessité de convaincre, programme contre programme de la nocivité du FN. Nous sommes partis encore plus convaincus que les slogans ne sont plus suffisants pour dénoncer l'extrême-droite aux yeux des gens touchés de plein fouet par l'austérité et la crise (même si ça soulage de les crier à la face des militants chevronnés du FN qui eux savent très bien de quoi il est question).

    Il est temps de faire la clarté sur le programme du FN. Le «nouveau FN» continue à copier-coller de nombreuses propositions du FN de Jean-Marie Le Pen.

    Trois exemples :

  • Le logement : Le programme du FN s'attaque au logement public ; Il prévoit de pouvoir le « vendre au bout de 10 ans », décrète la « fin de l'APL » ou « l'extension des sur-loyer », la suppression de la loi SRU qui impose la construction dans chaque ville de logements pour tous... entre autres.

  • La fiscalité : de vagues principes pour tous, pas un mot de la TVA, mais pour les riches c'est du concret : abaissement de la tranche supérieure de l'impôt des plus hauts revenus et suppression de l'Impôt Sur la Fortune.

  • L’Europe : retour du Franc mais pas un mot crédible sur comment et les conséquences ; sortie de l'UE au bénéfice d'une alliance stratégique avec la Russie...

    Sans parler de la fin des 35h branche par branche, de la fin du droit du sol, de la mise en cause du droit à l'avortement et du rétablissement de la peine de mort.

    Rien d'utile aux salariés, aux citoyens, que du nuisible. Derrière leur parade anticapitaliste, l'objectif du FN est simple, prendre le pouvoir dans la droite libérale.

     

    Le Front de gauche

 

 

Le Front de Gauche connaît quelques difficultés liées aux élections municipales mais plus au fond sur la nature du rassemblement.

Pour les uns le FDG doit « rassembler la fraction la plus déterminée de notre peuple, celle qui est prête à se mobiliser pour bâtir une alternative », le FDG doit se montrer clivant (JLM : « je crois que le conflit crée la conscience »).

Pour d’autre, il faut rassembler la majorité du peuple de gauche. Plutôt que de cliver, il faut rechercher les points de convergence les plus hauts possibles, pour lutter et gagner ensemble.

La question des élus est un des points d’achoppement :

  • Pour les uns avoir des élus, pas dans n’importe quelles conditions et pas pour y faire n’importe quoi, est important. Pour cela il faut rassembler  sur des bases claires : mettre en place ou de participer à la mise en place de politiques de gauche au service de la population. C’est la position du PCF.

Un tel rassemblement passera, le moment venu, par des alliances sur des bases claires (mettre en place une politique de gauche  au service de la population ; une politique qui va à l’encontre de la politique  d’austérité) car chacun sait que pour avoir des élus il faudra rassembler au-delà des rangs du Front de Gauche. Pour Morlaix comme dans de très nombreuses grandes ou très grandes communes, une liste du Front de Gauche sera présente au 1er tour avec pour objectif au terme du processus électoral de battre la droite, d’avoir le maximum d’élus Front de Gauche.

  • Pour d’autres, avoir des élus est important mais ce n’est pas une priorité. Passer les alliances nécessaires pour y arriver ce serait nous dénaturer. On peut peser, même avec peu d’élus, en appuyant le mouvement social.

C’est pourquoi, dans certaines communes, on risque (hélas !) de se retrouver avec 2 listes du Front de Gauche, toutes deux indépendantes du PS au 1ertour mais qui divergent sur le rassemblement qu’il faudra faire au 2èmetour.

Le FDG doit sortir par le haut de ce débat. Nous sommes divers : faisons de cette diversité une force.

De Leonarda au droit à la retraite, du vote des étrangers au droit du travail, du mariage pour tous au pacifisme, de la lutte pour une Europe solidaire au refus du budget, nous sommes ensemble avec la volonté de construire une alternative à ce gouvernement.  Alors, ne perdons pas de vue l’essentiel, poursuivons le débat fraternellement pour que vive le Front de Gauche.

La manifestation de Paris le 1er décembre (100 000 personnes pour une autre fiscalité juste et solidaire) montre la voie du chemin à suivre pour le FDG : un FDG dans l’action pour une autre politique.

La fête de l’Huma Bretagne a été l’occasion lors d’un débat, en présence de Pierre Laurent, d’échanger sur toutes ces questions.

 

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