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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 16:19

Certains souhaiteraient-ils que les mobilisations défensives des travailleurs pour conserver leurs emplois soient émaillées de violence pour mieux les discréditer?

Toujours est-il que dans les plusieurs médias on agite le risque que les ouvriers concernés par les plans sociaux, les délocalisations et autres baisses de salaires se transforment en casseurs. Pourtant aucune violence ouvrière n'a été constatée ces dernières semaines malgré l'avalanche de fermetures d'usines et de licenciements, notamment chez ArcelorMittal à Florange et à PSA. 

Le seul blessé  grave que l'on déplore sur le front de la lutte sociale, c'est un jeune ouvrier belge de 25 ans, qui a perdu un oeil, victime d'un tir policier de Flash-Ball lors de la manifestation européenne des salariés d'ArcelorMittal à Strasbourg le 6 février.

 

Sur le ton martial d'un Clémenceau prêt à réprimer les grévistes au nom de l'ordre bourgeois, Manuel Valls multiplie néanmoins les interventions sur les risques "d'implosion ou d'explosion sociale", assurant qu'il fera "respecter l'ordre républicain". Selon une dépêche AFP du 4 février, ses services ont même ordonné que les policiers de la Direction de la sécurité intérieure (ex-renseignements généraux) aient à l'oeil les mobilisations sociales.  

 

Puis, cet appel du pied droitier ayant été effectué, Manuel Valls  a regretté dernière dans le Parisien que ses propos sur les protestations contre les plans sociaux aient été "mal compris" et à assurer ne pas "vouloir criminaliser les syndicalistes" tout en disant refuser le désordre car "le désordre n'est pas une bonne chose". "Les explosions sociales, a t-il ajouté, il faut essayer de les comprendre, mais on ne peut pas les admettre".  "On peut essayer de comprendre les raisons qui poussent des hommes et des femmes au désespoir" mais "on ne peut pas casser l'outil de travail".  

 

Pierre Laurent  a dit qu'il était "profondément choqué" par les propos anti-syndicaux de Manuel Valls, qu'il jugeait "scandaleux".

 

On peut y voir, outre une stratégie de communication au service d'intérêts individuels à la manière d'un Sarkozy qui a bâti sa popularité sur son image d'homme fort et premier flic de France, on peut y voir une forme de provocation visant justement à un durcissement du mouvement social pour lui retirer de la légitimité aux yeux de l'opinion, comme cela été pratiqué vis à vis des opposants aux projets d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les zadistes entre autre. Il est surtout spectaculaire de constater à travers ces propos qu'une partie du PS choisit clairement choisi son camp, à rebours de la tradition du mouvement socialiste, entre le patronat et les actionnaires qui réclament toujours une main d'oeuvre au moindre coût pour accroître leurs taux de profit et les salariés en lutte pour leurs emplois et leurs rémunérations.  

 

Dans ce contexte, comment ne pas s'indigner du fait qu'il y a quelque jour, au Sénat, il s'est trouvé un parlementaire du parti radical pour remettre en cause la proposition du groupe communiste et républicain d'amnistie des syndicalistes condamnés sous le gouvernement Sarkozy-Fillon?

Voilà une mesure à la forte teneur symbolique qui ne coûte rien et que pourtant Hollande et le gouvernement Ayrault ont été incapables de prendre, laissant les parlementaires en prendre l'initiative. Une mesure qui du coup pourrait ne pas aboutir parce que des vieux parlementaires cumulards et privilégiés y voient un risque pour l'ordre social ! On se croirait revenu cent-vingt ans en arrière, quand les ouvriers en grève et en lutte étaient payés pour leur peine et leur courage à coup d'emprisonnements!    

 

Voici le communiqué du groupe Communiste et Républicain du Sénat suite au rejet de la proposition d'amnistie des syndicalistes en Commission des lois:  

 

 

JUSTICE ET POLICE

Les droits des travailleurs s’arrêtent-ils à la porte de la commission des Lois ?

Amnistie sociale

Par le groupe CRC / 13 février 2013

Ce mercredi 13 février, la commission des Lois du Sénat, pourtant majoritairement à gauche, a rejeté la proposition de loi « Amnistie sociale » du groupe Communiste républicain et citoyen.

Ce rejet est inacceptable !

Ces dernières années, les difficultés rencontrées par les Français se sont fortement accrues : chômage, précarité, accès au logement, à la santé, inquiétudes sur l’environnement... Beaucoup de nos concitoyens se sont légitimement engagés dans des mouvements sociaux. Ils se sont exprimés pour faire respecter leurs droits fondamentaux, protéger leurs conditions de travail, préserver l’emploi, les services publics, un système de protection sociale efficace et solidaire, leur environnement…

Parmi eux, beaucoup sont frappés de procédures criminalisant leurs actions revendicatives. Or, les travailleurs en lutte, les citoyens qui défendent l’école, leur outil de travail, leur hôpital, le droit à l’emploi et à la retraite, ne sont pas, n’ont jamais été des délinquants ou des criminels !

Le 27 février, en votant cette proposition de loi « d’amnistie sociale », la gauche sénatoriale avec le soutien du gouvernement, peut rétablir ces travailleurs injustement poursuivis dans leurs droits.

Cela constituerait enfin un premier signe positif en leur direction.


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