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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 10:12

Le "traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire" va faire l'objet d'un vote au Parlement à la fin du mois de septembre et Hollande et le gouvernement Ayrault ont déjà annoncé aux députés de leur majorité qu'il n'était pas question de s'abstenir ou de voter non, alors que la mention tardivement ajoutée de l'impératif de croissance dans un Traité qui impose la contraction budgétaire et la rigueur est purement formelle. Ce traité européen conçu par Merkel et Sarkozy pour servir de verrou austéritaire rassurant les marchés en contrepartie de l'aide apportée par les Etats européens aux pays les plus endettés de la zone euro, remet en cause profondément l'avenir de l'Etat social et le respect de la souveraineté populaire.

Ce traité prévoit le contrôle du budget par une autorité extérieure au Parlement et au gouvernement et la limitation constitutionnelle (la fameuse "règle d'or") du déficit annuel à 0,5% pour toutes les administrations publiques (Etat, collectivités territoriales, Sécurité Sociale, entreprises publiques) sous peine de très lourdes sanctions financières et d'une mise sous tutelle des Etats par la commission européenne et la Cour de justice européenne.

L'an passé, on était déjà au-dessus des 4% de déficit annuel/ PIB: jugez de la brutalité de la politique de rigueur, de démantèlement des droits des salariés, de privatisation des services publics et de la solidarité, de hausse des impôts pour les couches moyennes et populaires qu'il va falloir conduire pour atteindre ces objectifs qui correspondent aux injonctions de la finance et de ses serviteurs néo-libéraux. Les Grecs, les Espagnols, les Italiens, les Portugais qui sont déjà soumis à de tels oukazes austéritaires, ne parviennent pas à s'y plier, et la dette pèse d'autant plus à cause de la récession et de la souffrance sociale généralisée causée par l'hyper-austérité.  

La domination d'un tel traité sur les politiques publiques donnerait de bonnes excuses à la gauche réformiste et libérale pour mener à un peu près la même politique que la droite partout en Europe, ce qui viderait de tout contenu de changement l'alternance politique.  

Il est inconcevable que des progressistes attachés au respect de la démocratie, au maintien et à la progression des solidarités et des services publics puissent accepter ce texte qui, concrètement, ne permettra pas de sortir l'Europe de la crise parce qu'il ne s'attaque pas à ses vrais causes: non l'endettement public essentiellement, mais les politiques néo-libérales de mise en avant systématique des intérêts des banques (avec des Etats obligés d'emprunter auprès d'elles et une BCE qui se met à leur service) et d'assèchement des recettes fiscales et des caisses sociales de solidarité au non du moins d'impôt. Si les Parlements nationaux, qui sont soumis à la sanction du vote, sont complètement dépossédés de leurs compétences budgétaires et financières au profit de la Commission européenne et non du Parlement Européen, la politique économique et sociale des Etats sera dictée par des technocrates influencés par les lobbys financiers et non par des élus responsables devant les citoyens.

 

Comme l'écrit Patrick Le Hyaric dans son éditorial de L'Humanité dimanche du 23 août, "un gouvernement de gauche ne peut se satisfaire d'un tel traité qui n'est pas le sien puisqu'il a été coécrit par M.Sarkozy et Mme Merkel. L'accepter reviendrait à s'amputer de la possibilité de mener une politique sociale, économique et écologique au service des travailleurs, des jeunes, des créateurs et chercheurs, des retraités, en résistant aux violentes pressions de la finance. Il est encore temps de se raviser pour créer les conditions d'un débat et d'une mobilisation populaire européenne contre le traité austéritaire qui assassine la République et fracasse l'Europe contre le mur de l'argent".

 

Nationalement, le Front de Gauche a initié la campagne contre ce texte en tentant cet hiver, sans succès manifeste, de sensibiliser l'opinion aux enjeux du Mécanisme Européen de Stabilité, sa contrepartie qu'ont voté sans état d'âme 90% des députés socialistes tout en prétendant, pour certains tel Jean-Marc Ayrault, qu'il pourrait y avoir un remodelage du Pacte budgétaire Sarkozy-Merkel ou un référendum à son sujet.  Aujourd'hui, une partie des militants et députés d'Europe Ecologie les Verts semblent également près à refuser de voter ce texte, et chez les militants de la gauche du PS, on doit grincer des dents en observant les positions de repli consensuel et opportuniste de Montebourg et Hamon.

Mais, qu'importe ces jeux politiques, l'important est que le peuple s'empare de cette question qui est décisive quant à sa capacité à continuer à se gouverner lui-même et à préserver des systèmes de solidarité conquis grâce à la lutte sociale et la mobilisation citoyenne.  

 

Comme un samedi du début du mois d'août, des militants PCF Morlaix étaient présents sur le marché ce samedi 24 août pour expliquer les dangers de ce nouveau traité européen ultra-libéral et faire signer une pétition de L'humanité pour exiger un référendum sur ce traité budgétaire qui contredit des articles de la Constitution et réduit la souveraineté populaire. 112 signatures ont été recueillies pour l'instant sur Morlaix, rien qu'avec une présence sur le marché deux matinées. La pétition en ligne du journal L'Humanité a recueilli elle déjà 11000 signatures au niveau national. Le lien: www.humanite.fr

Le samedi 8 septembre, c'est au sein du Front de Gauche que nous distribuerons un tract contre le pacte budgétaire et pour exiger le référendum, avec signature de la pétition de "L'Humanité", et nous tenterons d'organiser un débat public la semaine suivante avec d'autres organisations pour faire connaître les enjeux du texte à plus grand nombre possible. Une rencontre avec le député Gwenegan Bui, une manifestation le jour du vote, sont également des actions envisageables.

 

Surtout, ne lâchons rien et faisons grandir la pression sur la majorité de centre-gauche au pouvoir pour qu'elle n'oublie l'aspiration au changement qui explique son élection.   

 

Ismaël Dupont       

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