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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 06:45

TSPIRAS Altra Europa

Grèce. « Nous avons gagné une bataille, pas la guerre »

 

Alexis Tsipras commente le contenu de l’accord obtenu avec l’Union européenne.

Le Premier Ministre grec Alexis Tsipras a déclaré hier que l’accord conclu vendredi avec la zone euro sur la poursuite de son financement permettait à la Grèce de « laisser derrière (elle) l’austérité », tout en soulignant que les « difficultés réelles »sont à venir.

« Nous avons gagné une bataille mais pas la guerre (…) les difficultés réelles sont devant nous », a affirmé, dans une allocution télévisée, le chef du gouvernement grec qui estime également qu’avec le compromis trouvé à Bruxelles, le pays « laisse derrière lui l’austérité, le mémorandum, la troïka » de ses créanciers (UE, BCE, FMI) et qu’ainsi, la Grèce a atteint son « objectif principal ».

Une idée sur laquelle le Premier Ministre a insisté en affirmant que le gouvernement de gauche radicale Syriza a remporté « beaucoup de succès » mais a devant lui « une route longue et difficile ».

« Nous avons hérité d’un pays au bord du gouffre, aux caisses vides et nous avons mis en échec le plan des forces conservatrices aveugles, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, qui voulaient nous asphyxier », a ajouté le dirigeant du parti Syriza.

Un plan de développement

Cette « bataille longue et difficile » a désormais un autre « horizon » de négociation, a-t-il souligné : c’est le mois de juin lorsque l’accord de financement de quatre mois conclu vendredi va expirer et que la Grèce sera amenée à présenter « son propre plan de développement ». Le compromis trouvé vendredi soir à Bruxelles, au terme d’âpres négociations, « donne donc du temps » au pays, estime Alexis Tsipras.

Le gouvernement grec, selon le Ministre des Finances Yanis Varoufakis, devrait être dispensé d’inclure certaines mesures jusqu’alors exigées : hausse de TVA, nouvelles coupes dans les retraites ou poursuite de la dérégulation du marché du travail.

C’est ce qui permet à Athènes de se présenter désormais en « coauteur des réformes et de sa destinée », plutôt qu’en élève soumis, selon le MinistreVaroufakis.

Mais comme le souligne le Premier Ministre grec, la partie n’est pas encore gagnée tant les tenants du libéralisme veulent faire rentrer les Grecs dans le moule de l’austérité. Alexis Tsipras devra conquérir la partie la plus débattue de son programme : hausse du salaire minimum -que le gouvernement avait fixée pour 2016-, hausse des petites retraites, protection des saisies immobilières ou arrêt des privatisations.

Dans l’accord trouvé, la Grèce s’engage à ne pas légiférer avec un « impact négatif sur les objectifs budgétaires, la reprise économique et la stabilité financière ».

D’autant que ce compromis exclut pour l’instant que le gouvernement grec puisse utiliser les quelque onze milliards d’euros restant dans le fonds de stabilité des banques grecques pour autre chose que la sauvegarde du système financier. Et que la zone euro ne déboursera pas l’argent restant dans le programme d’aide (7,2 milliards d’euros, dont 3,6 venant de l’UE) avant une seconde évaluation des réformes, en avril.

L’UE a autorisé Athènes à dégager un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) plus faible que ce qu’elle souhaitait initialement. Toute réforme « qui n’a pas de sévère impact budgétaire pourra être mise en œuvre », a dit hier le Ministre de l’Economie Giorgos Stathakis.

Selon lui, certaines mesures de lutte contre la pauvreté promises peuvent aussi rapporter à l’État (via les rééchelonnements d’impayés d’impôts), ou être compensées par les recettes attendues de la lutte contre l’évasion fiscale, la corruption, et la réorganisation de l’administration.

La Marseillaise, le 22 février 2015

Le combat de David et Goliath

Personne ne s’étonnera de la dureté de l’affrontement sur le dossier grec. D’un côté, la machine bien huilée à imposer l’austérité et à briser les modèles sociaux qu’alimente le libéralisme décomplexé incarné par le système Merkel.

De l’autre, un pays de moins de onze millions d’habitants, à l’économie rendue exsangue par la purge infligée par la troïka, qualifiée par de nombreux Grecs de « catastrophe humanitaire ». Une version moderne de l’opposition entre David et Goliath. Et pourtant, sous l’impulsion du nouveau gouvernement dirigé par Alexis Tsipras, la Grèce fait de la résistance et commence à enrayer un engrenage jusqu’alors implacable.

Personnalité remarquable, d’une lucidité qui ne contredit pas l’obstination à respecter ses engagements, le Premier Ministre sait que le moment n’est pas venu de crier victoire. Que le chemin sera « long et difficile » même si Bruxelles et Berlin sont aujourd’hui contraints à la défensive. Parce qu’ils s’appuient sur la puissance de frappe de la finance internationale, ces derniers ne manquent pas de ressources et de moyens pour faire obstacle au renouveau grec. Pour les affronter, Tsipras a l’intelligence de jouer la seule carte qui compte  : celle du soutien populaire autour de ses engagements électoraux.

A cet égard, il donne d’ores et déjà une leçon à ceux qui ont préféré la résignation et le reniement à l’action en faveur de la transformation sociale.

Tsipras et Syriza commencent à faire la démonstration que la volonté politique et le respect de la parole donnée peuvent être plus forts que le chantage des puissants. Pour la gauche française, c’est un formidable encouragement.

Christian Digne (La Marseillaise, le 22 février 2015)

Un bon compromis

François Hollande a qualifié hier de « bon compromis pour l’Europe et pour la Grèce » l’accord de Bruxelles. « Sur le dossier de la Grèce, nous avons cherché la bonne solution », a-t-il expliqué. « La bonne solution, c’était de prolonger le financement permettant à la Grèce d’assurer sa transition et de pouvoir honorer ses engagements »« La bonne solution, c’était aussi de lui laisser le temps pour que ses réformes soient engagées et que le respect des électeurs grecs soit aussi préservé », a-t-il encore précisé. « L’Europe, elle doit montrer de la crédibilité, elle doit montrer aussi de la solidarité. De la crédibilité parce que nous devons montrer que nous avons des règles et qu’elles valent pour tous les pays (…) De la solidarité, parce que quand il y a des pays qui souffrent, il est légitime que nous puissions les accompagner tout en leur demandant de respecter leurs engagements », a-t-il expliqué.

La Marseillaise, le 22 février 2015

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