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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 12:20

Après la loi sur les tarifs de l'énergie, le Sénat, grâce au vote de résistance des communistes qui est aussi un vote constructif pour tenter de remettre la gauche et le PS sur de bons rails, a rejeté le 8 novembre (par 189 voix contre 152) la programmation budgétaire qui doit conduire à l'équilibre des finances publiques en 2017.

Le Ouest France d'aujourd'hui, comme la semaine passée, est assez approximatif voire intentionnellement mensonger dans sa présentation des choses parlant d'alliance contre nature UMP-Centristes- Communistes contre le PS et la gauche gouvernementale, d'"alliance de la carpe UMP et du lapin communiste".   

La droite a voté contre évidemment par automatisme oppositionnel et en approuvant l'hyper-austérité (la trajectoire des réformes dictée par le TSCG et la complaisance vis à vis des exigences du patronat) mais non les moyens de celle-ci parce que les revenus des riches et les profits des entreprises étaient selon elle encore trop imposés. 

Le PCF a voté contre pour faire réfléchir le gouvernement sur le respect de ses engagements en faveur du changement faits auprès des électeurs de gauche et sur les impasses de l'austérité et des solutions libérales appliquées désormais. Par-là même, il montre toute l'utilité d'avoir un groupe vraiment de gauche et indépendant du Président, même minoritaire, à l'Assemblée et au Sénat, afin que soient respectés les intérêts des salariés et des classes populaires.

Cela met en cause nettemment la légitimité de "gauche" des projets gouvernementaux alors que chez EELV et chez les parlementaires socialistes, malgré des réserves exprimées plus ou moins discrètement, c'est la solidarité automatique qui prime. EELV, critique vis à vis de la ratification du Pacte budgétaire, de l'ampleur de l'austérité imposée à marche forcée dont le mouvement perçoit les conséquences économiques désastreuses, et vis à vis du Pacte de compétitivité, vote tout de même les yeux fermés le budget et la loi de programmation budgétaire. Avec quel esprit de suite? Quelle cohérence? Quel sens des responsabilités? Tout cela pour garder des ministres au gouvernement qui ne cessent d'être mis en porte-à-faux avec des décisions gouvernementales d'importance.

Contrairement à ce que prétend le journaliste de Ouest-France, Michel Urvoy, que l'on connaît comme un social-libéral proche en idées de Dominique Strauss-Khan, puis de Hollande, "le Front de Gauche ne parie pas sur l'échec des socialistes": le Front de Gauche est certain en revanche que leurs orientations actuelles conduisent à l'échec social, économique et électoral et veut les en détourner pour faire réussir la gauche, c'est à dire améliorer la vie du grand nombre en réduisant les inégalités, la précarité, le chômage.  

A l'inverse de ce qu'affirme encore l'éditorialiste dont nous avons déjà eu l'occasion ici de dénoncer la partialité des points de vue, idéologiquement très orientés, le PCF n'agit pas ainsi comme "une petite formation qui a une capacité de pression bien supérieure à son poids politique réel" grâce au jeu des institutions et à l'absence de majorité absolue PS-EELV-Radicaux au Sénat. Ce sont au contraire ces institutions peu démocratiques qui favorisent l'hégémonie du PS et de l'UMP, disproportionnée par rapport à l'adhésion réelle des gens à leurs projets et à leurs valeurs. Ces mêmes institutions nous condamnent le plus souvent à l'inefficacité - alors que beaucoup de citoyens sont d'accord avec nos propositions, même s'ils peuvent voter pour le PS par réalisme électoral et crainte d'un plus grand mal (la victoire de la droite) - et éloignent les politiques menées par le gouvernement des aspirations de la majorité des Français, qui n'a assurément pas les mêmes intérêts que les banques et le patronat.

Et que penser de la formule purement malhonnête intellectuellement du patron des députés socialistes, Bruno Le Roux: "Les communistes, en faisant ça, n'aident pas la gauche"?

Il est grand temps que le PS, avec avec lui les médias socio-libéraux (Libération, etc...) cessent de croire que le PS peut être identifié à la gauche, toute la gauche.

Au mieux, il n'est qu'une partie de la gauche, celle qui penche vers le centre et les solutions économiques du libéralisme, suivant en cela la tradition démocrate américaine ou la nouveauté social-libérale allemande et anglaise des années 1990 plus que la tradition social-démocrate. La gauche en France a aussi d'autres références, une autre histoire, des électeurs plus exigeants, et si tout le monde ne peut évidemment être absolument d'accord à gauche, il est grand temps que le PS pense à écouter un peu les impatiences des millions d'électeurs qui ont voté pour lui, non pas simplement pour chasser Sarkozy, mais pour tourner le dos aux politiques qu'il a conduites et obtenir des progrès sociaux.

On espère ainsi que, dans l'intérêt de toute la gauche et du peuple, Jean-Marc Ayrault, après avoir reçu Eliane Assassi, présidente communiste du groupe Front de Gauche au Sénat, André Chassaigne, président communiste du groupe du Front de Gauche à l'Assemblée, et Pierre Laurent, co-président de la gauche européenne et secrétaire national du PCF, méprisera un peu moins nos avertissements, nos réclammations, nos exigences et nos propositions.

 

Ismaël Dupont.         

 

PS: voici en pièce jointe un entretien intéressant accordé hier par Marie-George Buffet à l'Express pour restituer le sens du vote des parlementaires communistes contre les lois relatives au budget.

 

Marie-George Buffet, ex-numéro un du PCF, a accusé jeudi le gouvernement Ayrault de multiplier les textes allant "à l'inverse des aspirations populaires", au lendemain du rejet par le Sénat du projet de programmation budgétaire.

Marie-George Buffet, ex-numéro un du PCF, a accusé jeudi le gouvernement Ayrault de multiplier les textes allant "à l'inverse des aspirations populaires", au lendemain du rejet par le Sénat du projet de programmation budgétaire.

Marie-George Buffet, ex-numéro un du PCF, a accusé jeudi le gouvernement Ayrault de multiplier les textes allant "à l'inverse des aspirations populaires", au lendemain du rejet par le Sénat du projet de programmation budgétaire.

"Nous ne sommes pas dans l'opposition, nous sommes à gauche et nous voulons que la gauche réussisse", a argumenté la députée de Seine-Saint-Denis sur LCI, interrogée sur ce vote acquis avec des voix UMP, centristes et communistes.

"Cette loi de programmation nous inscrit dans une politique d'austérité qui va nous mener à la récession, c'est-à-dire à un chômage de masse", a-t-elle affirmé.

L'addition de voix de droite et PCF ? "C'est l'UMP qui n'est pas dans son bon vote, puisqu'elle s'est prononcée pour le traité Merkel-Sarkozy qui, justement, instaure cette politique d'austérité", a-t-elle répondu.

Les sénateurs communistes, reçus dans la soirée par Jean-Marc Ayrault "vont lui demander de prendre des choix politiques qui nous permettent de sortir de la crise", selon l'ex-ministre.

Elle a critiqué la réduction supplémentaire de 10 milliards d'euros prévue par le gouvernement sur les dépenses publiques, car "1% de dépenses publiques, c'est du travail pour les entreprises privées, de l'investissement".

"Il faut revoir le budget de la France", a dit Mme Buffet qui a expliqué: "Ce n'est pas une question d'être dans l'opposition, la question, c'est d'être fidèles aux positions que nous avons défendues pendant la campagne électorale", et qui "visent à ce que la gauche fasse une politique qui répondent aux attentes populaires".

"Or aujourd'hui, le gouvernement multiplie les textes qui vont à l'inverse de ces aspirations populaires", a accusé l'ex-ministre du gouvernement Jospin.

"Nous avons besoin de relance économique, de salaires", a-t-elle plaidé.

Interrogée sur la "révolution copernicienne" pour la gauche mise en avant par le ministre de l'économie, Pierre Moscovici, à propos du pacte gouvernemental de compétitivité, elle a commenté : "c'est un tour à 180 degrés que fait le gouvernement Ayrault, "un tournant négatif, pour moi, de la part de la majorité socialiste, ils reprennent complètement les dogmes du Medef".

Selon la députée communiste "il faut s'attaquer aux charges financières qui asphyxient les entreprises" car "les dividendes mangent tout ce qui permettrait plus de recherche, plus d'innovation".

Quant à la hausse de la TVA, "c'est moins de pouvoir d'achat", selon Mme Buffet.

 

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