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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 21:53

Présentation par lui-même du candidat du Front de Gauche aux législatives de juin 2012 dans la circonscription de Morlaix (4ème du Finistère):

 

photo presentation

 

 Ismaël Dupont

 

J'ai 32 ans. Je vis en couple à Morlaix, et j'ai le bonheur d'avoir deux enfants de 10 et 5 ans en bonne santé.

 

D'où je viens?   

 

Je suis né à Vannes et j'ai vécu mon enfance et mon adolescence entre Morbihan et le Finistère, à Plougoulm, où se trouvait la maison de mon père et de ma belle-mère.

Ma mère était une femme à principes, intelligente, charismatique et généreuse selon ceux qui l'ont côtoyée, militante pacifiste et féministe de tendance libertaire attirée par l'hindouisme comme par l'action sociale vis à vis des plus démunis et des enfants d'immigrés de notre cité HLM de Ménimur à Vannes, avec qui elle faisait de l'aide aux devoirs. Elle m'a transmis je crois, outre une passion pour la littérature, l'Inde et les pays arabes, une part de son idéalisme et sa rigueur morale. Malheureusement pour l'enfant que j'étais, elle s'est donné la mort à 26 ans en 1987, souffrant d'un sentiment d'inadaptation à la vie et à l'époque qui lui venait de sa soif d'absolu et peut-être aussi d'une intériorité tourmentée malgré ses airs de bonne vivante entourée d'une foule d'amis.

Elle fut aussi, il faut le dire, victime de la crise sociale et de la précarisation consentie de toute une partie de la population et en particulier des jeunes au début des années 1980 puisque, après avoir démissionné de son poste d'enseignante maître auxiliaire de lettres modernes (du fait des difficultés du service qu'on lui proposait: deux mi-temps dans des établissements séparés par 40 km alors qu'elle n'avait pas de voiture, des cours de latin à assurer pour les terminales alors qu'elle avait elle-même arrêté le latin en terminale...), elle a dû enchaîner les contrats précaires, les heures de ménages chez les particuliers ou dans les écoles, les périodes de chômage et de privations. Elle a goûté à satiété du contrat précaire TUC payé au lance-pierre, des files d'attente aux ASSEDIC et à l'ANPE, des multiples CV à écrire sans guère d'espoir de succès. Cette situation a été d'autant plus difficile pour elle qu'elle se refusait par orgueil à dépendre des autres. Du souvenir de ses difficultés et de mon enfance dans un quartier populaire et métissé me sont restés une révolte profonde contre l'injustice sociale, la xénophobie et l'arrogance satisfaite des bourgeois.

Mon père exerça le métier d'assistant social après avoir été étudiant en sociologie et surveillant à Tristan Corbière à Morlaix où il avait aussi été élève. Engagé comme des milliers d'autres jeunes dans le combat contre l'installation de la centrale nucléaire à Plogoff, il était de tendance écologiste et était un admirateur de René Dumont, candidat aux présidentielles de 1974, ce qui ne l'empêcha pas de faire la fête quand Mitterrand fut élu en 1981. Profondément laïque et rationaliste, il s'est démarqué du catholicisme éclairé de ses parents vivant à Saint-Pol de Léon et a demandé  lui-même à intégrer l'école publique quand il était lycéen. Il est mort à 32 ans d'une leucémie trois semaines avant le suicide de ma mère, après avoir combattu pendant plusieurs mois la progression de la maladie et laissé de nombreux amis inconsolables.

J'ai ensuite été élevé par mon oncle et ma tante à Vannes, et, un week-end par mois et la moitié des vacances, par mon admirable belle-mère avec mes demi-frères à Plougoulm. Morlaix, c'était pour moi des grands-parents que j'aimais beaucoup. Mon papi était artisan peintre: il était une vraie bible quand on voulait s'intéresser aux petites histoires locales car il connaissait un peu tout le monde.

 

Mes premières convictions politiques, je les ai héritées de mes conversations avec mon oncle, ma tante et ma belle-mère, tous trois électeurs socialistes. J'ai également deux grands-pères qui furent des élus locaux à Saint Pol de Léon et dans un village de Loire-Atlantique, et qui, avec leur foi profonde de catholiques imprégnés d'idéaux évangéliques et leur souci des autres, furent toujours pour moi des modèles de probité et de dévouement désintéressé.

 

Mon court parcours politique

 

J'ai commencé tôt à me passionner pour la chose politique.

A quinze ans je faisais parti de ceux qui animèrent et déclenchèrent dans mon lycée de Vannes les manifestations contre le plan Juppé sur les retraites et les réformes de Bayrou dans l'éducation nationale. Dans la foulée, à seize ans, j'adhérais au Mouvement des Jeunes Socialistes dont nous créâmes avec des copains étudiants en droit et lycéens la section vannetaise, qui fut pendant les cinq ans où j'y travaillai, la principale force militante dans le combat contre une droite si bien implantée à Vannes. A une petite quinzaine de militants, nous avons mené de beaux combats contre les discriminations, les lois Pasqua-Debré, le racisme, pour la dépénalisation des drogues, une prise en compte des problèmes sociaux de la jeunesse et une politique sociale plus égalitaire.

 

Je me suis détaché du PS et du MJS à 22 ans, alors que je rédigeais ma maîtrise sur la philosophie et la conception de l'histoire de Jean Jaurès, et que j'ouvrais les yeux en me replongeant dans la riche et glorieuse histoire du socialisme et du mouvement ouvrier, sur la somme de renoncements historiques et de dévoiements par rapport aux idéaux fondateurs que l'on devait au PS embourgeoisé et libéral d'après 1983.

Malgré les débuts prometteurs du gouvernement de gauche plurielle (les 35 heures, la CMU, les emplois jeunes), je ne me retrouvais plus du tout dans les deux dernières années du gouvernement Jospin et l'évolution du PS: traité de Nice entériné, accord avec Chirac au sommet européen de Barcelone pour l'ouverture à la concurrence des marchés de l'énergie et du transport; privatisations en série; reconduites à la frontière des immigrés par le ministère Chevènement et absence d'abrogation des lois Pasqua-Debré; discours et pratiques social-libérales de Fabius et Strauss-Khan pour une France de « salariés actionnaires », la dérégulation des mouvements de capitaux et des stock-options; mise en avant prioritaire des questions sociétales sur les questions sociales; mépris, commençant déjà à poindre avant la création de la Fondation Terra Nova, pour des classes populaires réputées lepinées et perdues pour la gauche; tentative de ringardisation du marxisme et de l'idée de lutte des classes...

J'ai aussi été beaucoup ébranlé personnellement et déçu dans mes passions par la découverte du rôle d'un président Mitterrand complètement irresponsable dans le soutien aux responsables du génocide des tutsis du Rwanda et dans la perpétuation des pratiques néo-coloniales de la France-Afrique. J'étais un admirateur un peu béat de ce Tonton si brillant, séduisant et romanesque, qui avait de plus le mérite d'avoir triompher provisoirement des rocardiens et d'une deuxième gauche moderniste devenue très vite centriste et libérale par rupture avec l'héritage marxiste. Je me rendais compte progressivement en faisant le point sur le bilan économique, social et démocratique peu glorieux de 10 ans de pouvoir mitterrandien que je m'étais égaré par candeur dans mes engagements politiques affectifs.

Percevant mieux le fonctionnement interne du MJS, je voyais que l'obsession dominante de beaucoup de cadres était surtout d'y faire reculer les idées du courant de la Gauche Socialiste animé par Jean-Luc Mélenchon et (c'est triste à dire tant le bonhomme m'est antipathique) Julien Dray ou de gagner des places au CROUS et dans les instances étudiantes contre les syndicats plus à gauche. Je voyais surtout l'arrogance et le manque de profondeur de convictions de certains de mes camarades (mais pas tous heureusement!) qui, parce qu'ils avaient des responsabilités au MJS ou avaient fait des études prestigieuses de sciences-politiques, se voyaient déjà arrivés, nés pour le pouvoir, et aspiraient à devenir très vite des professionnels de la politique, caste dont ils singeaient déjà le langage grossier pour parler des concurrents et le goût de la langue technocratique pour faire sérieux et compétent et mettre à distance.

En 2001, j'avais alerté par courrier le secrétaire national du MJS sur le problème moral et politique que représentait à mes yeux la transmission, pour mieux dominer les auditoires, de techniques de la communication et du management aux cadres du MJS. Sur le coup, je n'ai pas reçu de réponse, mais quelques semaines plus tard, lors de son passage dans le Morbihan, ce secrétaire national n'a pas manqué de sermonner copieusement comme un petit garçon pris en faute de naïveté et de purisme moral le secrétaire de section MJS un peu trop rebelle ou hors cadre que j'étais. Cette remise au pas préméditée dans une voiture devant des camarades de la direction nationale et départementale m'a blessé sur le coup, d'autant que je n'ai pas su bien trouver alors les mots pour défendre le point de vue qu'exprimait mon courrier et j'ai quitté quelques semaines après le MJS et le PS sans cérémonie, sans tapage, ni regret.

 

En 2002, j'ai voté Besancenot et je ne m'en repends pas. Je ne pouvais connaître la suite des évènements et les socialistes et Jospin n'ont eu, à mon avis, que ce qu'ils méritaient après leur pitoyable campagne sans projet et surtout sans programme socialiste, dont on voit aujourd'hui une forme de répétition inquiétante avec le candidat Hollande tandis que la situation économique et sociale est bien plus grave et devrait conduire les hommes de bon sens à chercher à  ne plus accepte la domination tyrannique de la finance et les carcans libéraux de la construction européenne.

 

De 2002 à 2012, je ne l'apprends à personne, nous n'avons plus connu qu'une droite dure, corrompue, gavée de privilèges et servant de plus grands privilégiés encore, et les formidables mouvements sociaux de 2003 (première réforme des retraites Fillon), de 2006 (contre le CPE), puis de 2010 (deuxième réforme des retraites), lors desquels comme beaucoup d'autres j'ai multiplié les jours de grève et de manifestations avec la satisfaction que l'on puisse encore se mobiliser et résister en nombre mais la déception que ces beaux combats débouchent sur des défaites du fait de l'intransigeance et du tempérament séculairement anti-démocratique de la droite.

A Rennes, je fus un étudiant en philosophie peu actif syndicalement, assez pris déjà par mon travail de surveillant d'internat à temps plein à Hennebont et surtout par les joies de la prise en charge de mon premier enfant, que j'ai eu à 22 ans, mais je suivais régulièrement les réunions d'ATTAC, et me mobilisais pour les droits des palestiniens et contre le FN.

Une fois devenu professeur de philosophie à 23 ans, je me suis syndiqué à la CGT, puis au SNES. Après une année de stage IUFM à Nantes, j'ai rejoint avec ma compagne la région rurale de Saint James, à limite entre l'Ile et Vilaine et la Manche, puisque j'avais obtenu - sans permis de conduire il faut le dire, ce qui m'obligeait à me farcir deux heures de route chaque jour en mobylette par tous les temps - un poste de professeur de philosophie au lycée de Mortain, dans le sud du département de la Manche.

Nous sommes restés cinq ans dans la belle campagne  normande, et j'ai commencé vraiment à me remettre à militer activement au moment de la naissance de mon deuxième enfant en 2006, alors que j'entamais un congé parental de 3 ans qui me laissa davantage de loisirs.

 

Pour faire quelque chose afin de tenter d'empêcher la victoire du sarkozysme et la dérive libérale et centriste d'une partie de la gauche, j'ai intégré le Parti Communiste six mois avant les Présidentielles de 2007.

Je ne viens pas d'une famille communiste. On ne lisait pas l'Humanité chez moi et je connaissais assez mal la grande histoire des communistes français faite de promotion de la culture et de l'éducation populaire, de combat incessant pour les droits sociaux des dominés, de lutte anti-fasciste, de défenses des immigrés, de résistance au nazisme et à Vichy, puis à la guerre d'Algérie et à la monarchie présidentielle instaurée par de Gaulle, sans parler du concours indispensable de mes camarades dans la victoire de la gauche en 1981.

Le communisme, cela évoquait pour moi une belle utopie rationnelle pervertie par une violence révolutionnaire sans doute trop logiquement reliée à l'ambition de faire table rase et aux éléments dirigistes d'une idéologie marxiste née dans le creuset de la tradition des partis d'avant-garde du prolétariat de la social-démocratie. Je l'identifiais aussi comme on m'avait appris à le faire à la grisaille des bureaucraties d'Etat sclérosées, liberticides, et répressives de l'URSS et de ses pays satellites à l'est de l'Europe. Bref, j'étais plus proche du socialisme démocratique, du projet d'une économie mixte et du compromis social-keynésien avec le capitalisme que du communisme, mais je croyais en même temps à l'effectivité de la lutte des classes dans l'histoire, j'adhérais à la théorie de l'exploitation et de l'aliénation de Marx, à sa conception du lien génétique entre rapports de domination économiques et sociaux et superstructures juridiques, politiques, et culturelles.

Pour moi la gauche, c'était la liberté individuelle certes, dont je n'aurais voulu limiter la portée pour rien au monde, mais surtout la souveraineté politique du citoyen et l'égalité sociale, sans laquelle l'émancipation de la grande part des individus est impossible.

Je trouvais quelques raisons de persévérer dans cette voie chez des auteurs que j'admirais et lisais beaucoup: outre Jaurès, Rousseau, Marx, Sartre, Camus, Merleau-Ponty, Bourdieu et Foucault.

 

J'avais aussi beaucoup d'estime et de sympathie pour Marie-George Buffet. J'ai regretté l'implosion des collectifs anti-libéraux à l'approche des élections de 2007 après le formidable espoir d'un rassemblement à vocation majoritaire d'une gauche plurielle du refus de la capitulation face aux marchés et à leurs diktats libéraux, espoir né de la victoire du Non au Traité Constitutionnel Européen en 2005. C'est sans problème de conscience néanmoins que j'ai milité très activement avec mes copains communistes du sud Manche - agriculteurs et éleveurs de porcs, enseignants, salariés d'EDF, chefs d'entreprise, chômeurs - pour sa campagne et celle du PCF aux législatives dans la foulée, avec les résultats frustrants que l'on sait. Avec les camarades du sud Manche, nous nous sommes bien sûrs battus pour faire partager nos propositions en vue de combattre le chômage, la précarité et les bas salaires, la vie chère, l'absence de prix rémunérateurs pour les paysans dans une agriculture ouverte à tous les vents du libéralisme, mais nous avons aussi organisé des réunions publiques pour nous opposer- en militant pour l'enfouissement terrestre ou sous-marin- à la ligne à Très Haute Tension (THT) que l'Etat et EDF voulaient installer à travers toute la Manche, défigurant ses paysages de bocage (en plus des conséquences sur la santé des riverains: hommes et bêtes) pour relier la centrale nucléaire de Flamanville aux réseaux de Bretagne et des pays de Loire.

 

Au PCF, j'ai trouvé chez les militants une fraternité, un désintéressement, un sens du dévouement total à ses idéaux, une égale prise considération de la parole de chacun dans les réunions, un refus de la culture du suivisme vis à vis des petits chefs comme de la personnalisation et de la « notabilisation » de la politique, et aussi il faut le dire une exigence intellectuelle et un sens critique qui font honneur à mon parti et à cette tradition d'engagement politique.

 

En 2008, comme j'étais jeune et qu'il n'y avait pas pléthore de personnes à vouloir aller au charbon et à s'en sentir capable, j'ai été candidat titulaire PCF aux cantonales à Mortain (avec une suppléante socialiste, tendance de gauche, opposée au Traité Constitutionnelle Européen), la ville où j'avais travaillé deux ans comme prof de philo, située dans une région ultra-conservatrice, et j'ai réalisé un score de 10 % pas trop déshonorant, même si j'arrivais derrière trois candidats de droite: deux médecins et le plus gros agriculteur du coin.

 

Puis, ma compagne et moi, nous avons voulu rentrer en Bretagne et y acheter une maison pour y faire durablement notre nid avec nos deux enfants, et c'est Morlaix que nous avons choisi. La beauté de la ville et de la région, la proximité de la mer et de ma famille paternelle, des liens d'enfance avec Morlaix, le Léon, le Trégor et le Poher, nous ont convaincu de faire ce choix que nous ne regrettons absolument pas tant cette ville d'adoption est riche de gens ouverts, sympathiques et accueillants, aimant la fête, forte de liens sociaux, d'un vrai dynamisme associatif et culturel et d'une authentique culture de gauche.

J'ai repris mes activités de professeur de philosophie pendant un an au lycée Tristan Corbière. Dès l'automne 2009, j'ai adhéré à la section communiste de Morlaix, beaucoup plus importante que celle de Pontorson-Avranches dans laquelle je militais auparavant, puisqu'elle compte toujours 60 adhérents. J'ai trouvé là beaucoup de camarades sympathiques et actifs qui avaient un véritable attachement aux promesses de renouveau qu'incarnait le Front de Gauche sans vouloir effacer pour autant l'identité, la particularité et la force militante du PCF.

 

Avec eux, j'ai milité aux régionales de 2010 pour défendre la liste du Front Breton de Gauche emmenée par Gérard Peron et sur laquelle se trouvaient nos amis morlaisiens et Annie Le Calvez du PCF et Hubert Peneau du Parti de Gauche. Nous avons travaillé très tôt en parfaite entente entre forces du Front de Gauche, avec nos interlocuteurs du Parti de Gauche et de la Gauche Unitaire, nous réunissant régulièrement et organisant des réunions publiques ensemble à Morlaix entre 2009 et 2011 lors desquelles nous avons pu réunir une centaine de sympathisants prêts à se mobiliser pour construire une force d'alternative au libéralisme à vocation majoritaire: réunions sur les services publics, les retraites, la démocratie, les énergies.

En 2010, une reconversion réussie et parfaitement satisfaisante de mon point de vue en tant que documentaliste m'a permis de me libérer plus de temps et de disponibilité d'esprit pour être actif dans la vie syndicale (SNES-FSU) associative (Attac et dernièrement Skol Vreizh) et l'action politique, en intégrant le secrétariat de la section communiste de Morlaix.

 

En mars 2011, je me suis présenté aux élections cantonales à Saint Pol de Léon avec Yvette Le Bars, charmante institutrice à la retraite militant depuis plus de cinquante ans avec son mari René en ces terres de mission pour la gauche.

Avec les copains de Roscoff et de la région de Saint Pol de Léon, nous avons fait une campagne politique énergique et de qualité aux cantonales du printemps 2011, dénonçant le bilan du sarkozysme et la réforme des collectivités territoriales, présentant un projet global ambitieux de rénovation de notre démocratie, de conquêtes sociales, et de meilleure prise en compte des enjeux environnementaux, dans l'agriculture notamment. Malheureusement pour nous, le canton de Saint Pol avait eu pour la première fois 5 ans plus tôt la surprise d'élire un conseiller général de centre-gauche, le maire de Sibiril Jacques Edern, très apprécié (et sans doute à juste titre) de la population, et il était difficile pour nous de rivaliser avec quelqu'un de si engagé dans l'action sur le terrain et de faire pièce au « vote utile ». Malgré le résultat décevant de 4,5% des suffrages exprimés, explicable en partie par l'histoire du canton, je garde un bon souvenir de cette tournée de réunions publiques avec les camarades de la section communiste de Roscoff qui nous a fait parcourir toutes les communes du canton et des rencontres que nous avons eu avec les gens dans nos distributions de tracts, même si nous n'avons touché qu'une faible minorité de la population en dépit de notre investissement conséquent.

 

Où voudrions-nous aller ensemble?

 

Je suis convaincu que le travail collectif de terrain que nous menons pour faire progresser dans la population le désir de vraies réformes structurelles de gauche finira par porter ses fruits tant la situation dans laquelle nous ont plongé des années de contre-réforme libérale et réactionnaire est devenue intenable et inacceptable pour beaucoup de gens.

Sans prétention excessive et avec une claire conscience que les idées, le projet, le mouvement politique neuf et riche d'espoirs dont je ne suis qu'un porte-voix parmi d'autres, comptent bien plus que ma petite personne pour mes concitoyens qui pourraient envisager de voter pour le Front de Gauche, je me recommande aux électeurs pour des qualités que je crois avoir: la simplicité, le goût de la vie et des gens, la capacité d'écoute, la fidélité à ses principes et la rigueur morale, l'absence de sectarisme, le souci de travailler les dossiers et de m'investir à fond pour le collectif, la culture historique, le désir de servir les gens et l'intérêt général, le refus d'une vie politique sclérosée par la professionnalisation et le cumul des mandats.

Je me rejouis que Marie Huon, jeune femme intelligente, dynamique, animée par des valeurs authentiquement de gauche et un souci réel de ne pas laisser la précarité dévaster notre société, ait accepté de donner, malgré ses impératifs professionnels et son projet de devenir éducatrice, autant de temps et d'energie pendant au moins 9 mois pour la campagne du Front de Gauche en devenant la candidate suppléante aux législatives. Je lui laisserai le soin de se présenter elle-même.   

 

Le collectif citoyen du Front de Gauche que nous avons créé en octobre 2011 compte maintenant 90 membres déclarés dans la circonscription: il est riche de sa diversité (des communistes, des gens du Parti de Gauche, de la Fase, de la Gauche Unitaire, et une majorité de citoyens non encartés dans des partis politiques, quoique militant souvent dans des syndicats, des associations alter-mondialiste ou sociale) et fonctionne avec un vrai investissement de chacun en toute fraternité et transparence démocratique.

Il a encore vocation à grandir et à s'élargir de manière à se rapprocher toujours plus des électeurs et à convaincre les indécis, ceux qui seraient tentés par la résignation, le fatalisme, que le changement à gauche que beaucoup souhaitent et jugent nécessaire est possible.

 

 En 2012, il faut- bien sûr et partout- battre Sarkozy et ses candidats UMP; mais il faut surtout créer les conditions d'une victoire durable, installer un gouvernement un gouvernement et un Parlement qui amorcent une révolution démocratique pour aller vers une sixième République rendant le pouvoir au peuple à travers l'élection d'une Assemblée Constituante choisissant de nouvelles institutions pour la France afin d'en finir avec la monarchie présidentielle, le bipartisme de fait, la culture de la délégation de pouvoir et la progression de l'abstention, la tyrannie des actionnaires et des patrons dans beaucoup d'entreprises.

Avec le Front de Gauche, nous disons:

° Non à une GAUCHE d'ACCOMPAGNEMENT 

° Oui à une GAUCHE de TRANSFORMATION

Pour y parvenir, le Front de Gauche a élaboré suite à des consultations citoyennes entre l'hiver 2010 et le printemps 2011 un PROGRAMME POPULAIRE PARTAGE réaliste et cohérent, en phase avec les crises sociales, économiques, culturelles et écologiques que nous traversons, ayant toutes pour foyer le système capitaliste actuel. Ce programme place le respect et les conditions de l'épanouissement de l'HUMAIN au centre de ses préoccupations.

 

Il s'est doté d'objectifs clairs sur lesquels nous ne transigerons pas; je vous les rappelle brièvement: 

- Un PARTAGE réel et équitable des richesses et une lutte résolue contre l'insécurité sociale. Il est particulièrement intolérable que la cinquième puissance du monde compte autant de travailleurs précaires, de chômeurs et plus de 8 millions de pauvres. Des citoyens de plus en plus nombreux ne peuvent ni se loger, ni se soigner, ni même se nourrir correctement... tout en travaillant.
- Une reprise de contrôle sur les banques, les spéculateurs et les marchés financiers à travers une limitation de la liberté de mouvements de capitaux, une fiscalité plus forte sur le capital, les dividendes et le patrimoine, un meilleur contrôle démocratique sur la banque centrale européenne et la possibilité de se financer auprès d'elle pour des Etats voulant investir pour les besoins sociaux et la conversion écologique de l'économie.

Nous voulons également un audit sur la dette publique qui déboucherait sur la possibilité de ne pas rembourser une partie de la dette jugée illégitime car créée par des taux d'intérêts trop forts exigés par les banques ou par des baisses d'impôts et de cotisations patronales de complaisance. Nous sommes convaincus que la crise actuelle est produite en premier lieu par un partage de plus en plus inéquitable des richesses, qui se traduit par les dérèglements et instabilités liés à la financiarisation de l'économie. Depuis le début des années 1980, 195 milliards de la valeur ajoutée nationale ont été captés par les actionnaires et le capital chaque année au détriment de la rémunération du travail: récupérer cet argent extorqué au peuple permettrait de redonner de l'ambition au service public et à la solidarité tout en augmentant les salaires et les pensions pour permettre aux français d'alimenter l'activité économique. 

La CONVERSION ECOLOGIQUE de la société et de l'économie par une PLANIFICATION permettant une relocalisation des activités productives (agricoles et industrielles) à travers une forme de protectionnisme. Nous promouvrons un AUTRE MODE DE PRODUCTION au service de l'intérêt général au travers d'investissements publics dans la recherche (économies d'énergie et diversification énergétique, énergies renouvelables) et le soutien social aux circuits courts, aux formes alternatives d'économie sociale et solidaire, aux coopératives, aux activités créatrices d'emploi et favorables au respect de l'environnement et de la santé publique. Sur le nucléaire comme sur d'autres questions, nous voulons donner la parole au peuple et organiser un grand débat national où toutes les options seraient envisagées avant un reférendum. Nous sommes pour une reprise en main publique à 100% du secteur de l'énergie, des télécommunications, du transport ferroviaire, avec une gestion par les salariés et les usagers, et pas simplement par des patrons désignés par l'Etat. 

-  Une République pour de vrai assurant les conditions d'un véritable pluralisme des médias, d'une indépendance et d'une efficacité de la justice, du respect des piliers que sont la Laïcité, la Parité, la lutte contre toutes les formes de discrimation, notamment celles liées au sexe et à l'origine ethnique ou culturelle.  

- Une Démocratie réelle avec la remise en cause du pouvoir du Président et du Sénat, une souveraineté renforcée du Parlement élu, comme toutes les représentations politiques locales, à la proportionnelle, afin que soient representées la diversité des sensibilités politiques. Il faut un véritable pouvoir de décisions des salariés sur les orientations stratégiques de leurs entreprises  et, enfin et surtout, une rupture avec la culture de la délégation de pouvoir passant par le non cumul des mandats, plus de démocratie participative avec des budgets publics gérés directement par les citoyens, volontaires ou tirés au sort, et des consultations systématiques de la population pour les projets qui engagent son avenir.          

Une France jouant un rôle dans la construction d'une EUROPE des peuples solidaire et démocratique, affranchie du Traité de Lisbonne qui nous a été imposé, avec certaines complicités, au mépris du suffrage universel. (mépris qui revient en boomerang, aujourd'hui en Grèce et demain, partout en Europe).

– Une FRANCE enfin, messagère de PAIX, de respect et de coopération entres les peuples, sortant de l'OTAN, militant pour l'éradication de l'arsenal nucléaire militaire, et dressée contre les va-t'en guerre de tout poil.
Pour mettre en oeuvre ce programme ambitieux, le Front de Gauche a vocation à être majoritaire jusque dans les urnes.

C'EST POUR CELA qu'il ne saurait se réduire à un simple cartel de partis politiques.
C'EST POUR CELA qu'il ne saurait s'en remettre à son seul candidat aux Présidentielles, Jean Luc Mélenchon, quel que soit son talent, et il dieu sait s'il est grand et mobilisateur pour nous.
Le Front de Gauche est une façon citoyenne de faire de la politique et son nécessaire élargissement exige un intense travail de proximité en direction des réseaux militants, syndicaux et associatifs.

C'est l'affaire de tous et nous nous adressons, sans exclusive, à tous les électeurs potentiels de Gauche :
Ils sont des milliers et, avec eux, nous pouvons construire un rassemblement majoritaire, porté par une véritable dynamique populaire.
Loin d'être une énième stratégie d'alliance entre des structures politiques constituées, le FRONT de GAUCHE est un lieu d'implication citoyenne, un creuset pour l'élaboration collective des contenus et des programmes, un forum pour une transformation sociale et écologique de la société.



Ismaël Dupont.

 

Morlaix, le 23 janvier 2012.

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commentaires

bourven 25/01/2012 08:48


tu es criant de verite et sincere  bravo m...pour les elections michele

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