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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 12:45

Intervention de Alain Rebours au meeting de Brest avec Martine Billard et Pierre Zarka le mercredi 11 avril 

 

 

C’est devenu une banalité de le dire : mais disons-le : Cette campagne est exceptionnelle, grisante et passionnante.

Qui aurait pu dire il y a quelque mois que notre candidat serait aujourd’hui à 15 % dans les sondages, et, sans doute, encore plus au soir du premier tour.

Qui aurait pu dire que le Front de gauche allait rassembler 120 000 personnes à la Bastille, 50 000 à Lille, 70 000 personnes à Toulouse…

Qui aurait pu dire que nos propositions seraient au cœur de cette campagne.

  • Le Smic à 1700 euros ;

  • La taxation des revenus ;

  • La mise au pas des banques et cette économie financière

  • La nécessité des services publics

  • La rupture avec les traités européens

  • La planification écologique

Qui aurait pu dire que l’événement de cette campagne serait notre candidat Jean Luc Mélenchon.

Qui aurait pu dire la ferveur que déclenche cette campagne.

Qui aurait pu dire la dynamique qui s’est engagée.

Soyons francs : même pas nous.

Et pourtant cela vient de loin, ce mouvement vient de loin.

D’abord, parce le Front de gauche rassemble le meilleur de la tradition socialiste, communiste, troskiste, écologique, alternative, autogestionnaire…

D’abord les organisations qui composent le FDG, ensuite militant après militant, citoyen après citoyen.

Mais aujourd’hui cette dynamique dépasse largement les organisations qui composent le Fdg : Et c’est tant mieux !

Cela veut dire que quelque chose est en train de se passer au sein du peuple lui-même : un peuple qui reprend la main, un peuple qui décide de son avenir : une nouvelle gauche est en construction : enfin !

 

Ensuite, nous avons un programme : il n’est pas simplement une addition des idées des uns et des autres. Non justement, ce programme est un dépassement des divisions stériles qui nous minaient.

Certains privilégiaient l’écologie, regardant de biais le social ;

D’autres pensaient social, dévisageant maladroitement l’écologie ;

D’autres encore cherchaient en bas, se méfiant des solutions d’en haut.

 

Et notre programme, c’est : la planification écologique au service d’un développement bénéfique à tous, à la vie, à la justice sociale, et à une industrialisation repensée et durable, une planification gérée et validée démocratiquement par ceux qui font, par ceux qui travaillent, par ceux d’en bas.

 

Ce programme, c’est une nouvelle synthèse politique pour faire face au capitalisme mondialisé.

 

Et encore : cette campagne par sa dynamique offre un nouvel espoir, une nouvelle donne : elle transforme la façon dont chacun se représente sa propre place dans la société : ceux qui sont précarisés, ceux qui sous payés, méprisés, licenciés retrouvent une place dans cette société qui ne voulaient plus d’eux.

Là où il n’y avait qu’individu, parcellisé, morcelé, déprimé,

nous découvrons la force du collectif, la force d’un « nous »,

la force d’un idéal du nous.

 

Aujourd’hui une parole politique est née et beaucoup peuvent dire : c’est bien de nous dont on parle, c’est bien à nos problèmes qu’on s’adresse et ces propositions, on peut les reprendre. Et nous aussi on écoute : car cela nous revient avec de nouvelles préoccupations, de nouvelles formulations qui nous enrichissent

 

Que de mots oubliés ou d’idées dénigrées avant cette campagne. Les classes – surtout ouvrière – n’existaient plus nous disait-on. Et bien tous les jours, nous prouvons l’inverse. Les communistes, une denrée rare : tous les jours nous disons le commun de ce mot communiste, comme communauté de pensée ! L’horizon indépassable du capitalisme, nous disait-on encore : tous les jours, nos propositions indiquent un autre chemin possible.

 

Oui – et contrairement à ce qu’explique Hollande – nous sommes la gauche du possible car nous mettons l’humain au centre du projet.

Alors oui, ce mouvement vient de très loin. Ce sont des années de colère, de souffrances, de résistances qui aujourd’hui trouvent un moyen d’expression politique.

 

Car, oui, nous avons résisté :

Je ne pourrai nommer ici toutes les grèves, toutes les manifestations, toutes les protestations que nous avons entrepris, ensemble. Il suffit de se rappeler les grèves, les manifestations contre la réforme des retraites – et se rappeler, au passage, ceux qui n’osent pas inscrire le retour à la retraite à 60 ans dans leur programme. Oui, il y en a eu des manifestations et des grèves.

 

Mais là nous réalisons qu’un mouvement social aussi puissant soit-il ne peut gagner complètement sans perspective politique. Il peut combattre, empêcher, défendre, mais il ne peut gagner si le politique reste de côté.

Mais nous réalisons aussi : une dynamique politique ne peut être, ne peut se mettre en mouvement, sans s’appuyer sur les forces vives, sur les idées percutantes du mouvement social.

Il n’y a pas de politique sans le peuple, sans sa capacité de décision, sans son intelligence collective.

Ce que nous réalisons encore : C’est la perspective d’un véritable nouveau Front populaire. Un Front populaire qui s’appuie en permanence sur la mobilisation des travailleurs, seule à même d’assumer la confrontation nécessaire avec les classes possédantes et qui se rassemble autour d’un programme de rupture avec l’ordre établi.

 

Ce qui indique ceci : Le Front de gauche ne saurait s’arrêter au soir du 2e tour des élections législatives.

  • L’enjeu de demain : c’est mettre cette réussite au service d’une grand projet politique : la construction pas à pas d’une force se donnant pour ambition de refonder la gauche.

  • Une force développant la perspective d’une société autre que celle à laquelle nous condamne le capitalisme.

 

Mais une chose est sûre aujourd’hui : on ne fera pas sans le Fdg. On ne fera pas sans les organisations qui le composent, on ne fera pas sans les militants et les citoyens qui ont rejoint les nombreux, très nombreux, collectifs citoyens qui sont au cœur de cette campagne.

 

Nous savons que cela demande encore un travail considérable
puisqu’il faudrait respecter les débats et les évolutions des uns et des autres, inventer des façons de faire qui respectent chacun.

Mais il y a une série de défis qui nous attendent :

Le premier : réussir à intégrer à notre rassemblement la richesse représentée dans les assemblées citoyennes ;

Le second : les moyens de mener de grandes campagnes en dehors des périodes électorales

Le troisième : l’ambition de faire du Front de gauche un acteur de premier plan à gauche.

 

Et enfin il y a une condition à cela : sortir le sortant. Indispensable pour sortir de la spirale de l’échec. Indispensable car ce candidat président a fait le pire, nous prépare encore pire ; et ce pire à un nom lointain : la barbarie. Souvenons-nous de la formule forte de Rosa Luxemburg : « socialisme ou barbarie » : le choix est clair ! Nous avons créé la possibilité de ce choix : à nous d’en être à la hauteur.

 

Alain Rebours.

Responsable de la Gauche Unitaire dans le Finistère.

Membre du collectif citoyen du Front de Gauche de Morlaix

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