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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 07:06

 

Introduction au débat de la fête du 1er Mai 2013:

"L'alternative à l'austérité, avec le Front de Gauche, c'est possible!"

 

Le Front de Gauche, c'est la plateforme de rassemblement de tous ceux qui en France considèrent qu'il n'y a de solutions pour faire grandir la solidarité, l'égalité, la fraternité, le bien-être au travail, la démocratie le souci de notre éco-système, qu'en rompant avec les logiques prétendument réalistes et pragmatiques d'accompagnement et de gestion du capitalisme, car celui-ci rentre dans une phase où il détruit à vitesse rapide la démocratie et des conquêtes sociales fondamentales du XXe siècle.

L'alternative à l'austérité, nous pensons non seulement que c'est possible mais aussi surtout que c'est absolument nécessaire économiquement, socialement et politiquement parlant, l'austérité produisant toujours plus d'inégalités, de souffrance sociale et de scepticisme vis à vis de la capacité du politique à améliorer la vie des gens.

 

A part les riches égoïstes et les doctrinaires ultra-libéraux farouches partisans du moins d'État et de services publics, les gens savent bien que l'austérité est mauvaise pour eux mais beaucoup ne savent pas s'il est vraiment possible de faire autrement. Ils sont portés à croire que ce sont désormais les puissances financières et les agences de notation, qui, dans un contexte de dette publique importante, dictent notre politique et qu'aller à l'encontre de leurs injonctions conduirait à la catastrophe économique!

Malgré les 9 millions de pauvres, les 5 millions de mal logés, les millions de smicards et de précaires, et la baisse du pouvoir d'achat pour le grand nombre, les gens en France ont encore en majorité un certain confort à préserver: ils craignent les conséquences d'un affrontement politique ou social avec les puissances d'argent, beaucoup ne croient pas possible de sortir victorieux d'un tel bras de fer dans un contexte de mondialisation.

Ils croient extrêmement difficile dans le contexte actuel de créer un rapport de force national, européen, international pour changer les règles du jeu. On ne peut leur donner complètement tort mais nous sommes dans une période d'accélération de l'histoire où les choses bougent très vite en raison même de l'instabilité dans laquelle le capitalisme plonge nos sociétés et il faut toujours nous souvenir que la force est du côté du nombre et que la révolte d'un ou deux peuples sur un continent peut avoir des effets de contagion rapides.    

En Amérique Latine où une gauche volontariste est arrivée aux pouvoirs dans plusieurs de pays saignés par l'oligarchie, le FMI, et les diktats néo-libéraux venus des USA, des peuples ont engagé la rupture avec profit! Aujourd'hui, ce sont les espagnols qui émigrent en Argentine, et non plus l'inverse.

 

Dans un contexte de crise du capitalisme financier qui a pris un tour brutal dans les pays occidentaux depuis 2008, l'austérité a été dans les pays européens la réponse globale de gouvernements et d'institutions financières internationales soumis à la finance et au service de ses intérêts:

  • pour ne rien changer à un système qui détruit les hommes, les solidarités, et la nature pour les profits mirifiques de quelques-uns

  • pour faire payer aux peuples (à la classe populaire surtout!) la totalité du coût de cette crise en épargnant les grosses fortunes et les gros intérêts capitalistes. Cette crise est pourtant liée au poids de l'économie financière et spéculative associée à la dérégulation du droit touchant la circulation des capitaux et le travail, à la baisse des cotisations sociales et de la contribution fiscale des entreprises, à la cupidité des riches et à l'aventurisme des banques.

  • pour transformer le sens de cette crise en faisant croire qu'elle était due à des excès structurels de contraintes fiscales et sociales, des excès de dépenses publiques et pour accélérer le démantèlement déjà bien engagé ici et là de l'État social, des services publics et des dispositifs de solidarité au profit des puissances d'argent.

  • Le discours moralisateur, de culpabilisation, d'appel à la vertu et aux sens des responsabilités accompagne et justifie l'austérité au nom du « on ne peut plus vivre au-dessus de nos moyens » et du « il faut penser aux générations futures ». Il vise précisément à faire croire qu'il n'y aurait pas d'autre alternative que de renoncer aux politiques de gauche – d'égalité et de satisfaction des besoins sociaux de tous. A ce discours cynique et abominable sur la vertu qu'il y aurait à saigner un peu plus les peuples pour rembourser la dette ou réduire les déficits s'ajoute un discours apocalyptiptique et décliniste sur le retard français pris dans la compétition mondiale justifiant la prétendue nécessité d'un choc de compétitivité, d'une baisse du coût du travail pour sauver le bateau France. Du FN au PS, en passant par l'UMP, la majeure partie du champ politique tient ce discours, sauf le Front de Gauche.

Il y a assurément tout un travail d'éducation politique et économique à faire, et un travail difficile dans un contexte de propagande libérale intensive orchestrée par les politiques et les médias au service du capital, pour montrer aux gens qu'il est possible de faire autre chose qu'une politique d'austérité.

 

C'est le rôle du Front de Gauche et cela suppose de dire plusieurs choses, que nous pourrons le développer plus tard:

  • Montrer que de l'argent, il y en a. PIB français 2 fois élevé aujourd'hui qu'en 1980, au niveau mondial 4 fois plus élevé. Profits boursiers qui continuent à croître. Augmentation du revenu annuel des 10% les plus riches 13 fois plus importante que celle du revenu des 10% les plus pauvres entre 1999 et 2009.

  • Montrer qu'on a des outils efficaces à notre disposition pour rendre cet argent utile socialement à condition de créer un rapport de force favorable pour satisfaire les besoins sociaux de tous en réduisant les inégalités, en mettant fin à l'enrichissement des gros actionnaires, des plus super-riches, en menant une politique résolue pour mettre fin aux paradis fiscaux, aux niches fiscales, à la baisse de la contribution sociale des entreprises.

  • Montrer que la domination des marchés et des puissances financières sur nos sociétés est issue de choix politiques et non de lois naturelles et qu'elle peut être défaite par d'autres choix politiques, à condition que la majorité prenne conscience de ses intérêts et de la nécessité de la rupture avec les politiques suivies depuis 30 ans.

Nous ne pouvons pas nous satisfaire d'une légère relance de l'investissement public et du pouvoir d'achat, provoquant une relance de la croissance et de la création d'emplois. Pourquoi?

 

Parce que l'austérité n'est qu'un symptôme d'un système fondé sur l'exploitation intensive de l'homme et le pillage de la nature qui reste profondément inégalitaire et destructeur, même sans elle. Ce système, c'est celui du capitalisme financiarisé et mondialisé, servi par les politiques et les idéologues néo-libéraux. Ce système s'appuie sur le développement des marchés financiers afin d'accroître la rentabilité du capital, sur la privatisation des services publics pour favoriser les opportunités de profits, sur la remise en cause de la protection sociale et des institutions qui fondent le salariat pour faire pression sur les salaires, sur la globalisation des grandes entreprises pour maximiser les profits à l'échelle mondiale. Toutes ces évolutions augmentent les inégalités. C'est cette augmentation des inégalités dans une économie financiarisée qui est à l'origine de la crise.

 

Pensons à ces centaines (de 350 à 600) d'ouvrières du textile du Bangladesh surexploitées, payés 30€ par mois, et travaillant dans des conditions lamentables, qui ont trouvé la mort de manière atroce dans l'effondrement du Rana Plaza. Tout ça pour enrichir des multinationales (Mango, Benetton, Carrefour, Leclerc...) qui ont fait le choix de la délocalisation de la production dans les pays où les travailleurs sont les moins bien payés et de la sous-traitance au second ou au troisième degré. On va dire, c'est le Bangladesh ... qui est dans le sous-développement depuis la décolonisation. Occupons-nous plutôt de la pauvreté à nos portes. Mais c'est parce que les industries partent, que les emplois partent, que les sociétés ne paient plus d'impôts et de cotisations en France, que le chômage progresse et que l'argent ne rentre plus dans les caisses de l'Etat, de la Sécu ou des retraites. C'est le choix de la dérégulation globale et de la mise en concurrence des travailleurs sur le plan mondial pour le profit d'un capitalisme sans frontière qui conduit à la nécessité de l'austérité.

 

En vérité, en 2008, il n'y avait sans doute pas d'autre choix: où on faisait payer la facture aux peuples en les enfonçant et en leur faisant peur pour qu'ils ne remettent pas en cause le système, soit on se décidait à s'engager dans un chemin pour transformer en profondeur le système – par une restriction des profits financiers, un encadrement des activités bancaires, une politique du crédit libérée des logiques de rentabilité financière à court terme, des nationalisations bancaires, mais aussi une sortie du libre-échange intégral et du dogme de la libre circulation des capitaux. Cela aurait voulu dire revenir vers des situations d'encadrement du marché, d'économie fortement socialisée, à rebours de 25 ou 30 ans de libéralisme.

 

On le voit, l'austérité est une arme aux mains de nos adversaires plus que notre adversaire elle-même, ce n'est qu'un recours de choix pour le capitalisme financier, dans un contexte de crise et de remise en cause croissante de son fonctionnement par les citoyens qui en voient toute la nocivité, afin de restaurer ses profits et sa domination en plongeant les peuples dans une forme d'angoisse paralysante et en leur faisant croire qu'il n'y a plus assez de richesses pour garder des niveaux de vie corrects pour tous grâce aux solidarités et au poids des redistributions.

 

Au delà de l'austérité, ce qu'il faut combattre, c'est le tournant néo-libéral des politiques menées en Europe, c'est la collusion évidente entre le monde politique et le monde de la finance, c'est la dictature exercée avec toujours moins de contre-pouvoirs d'un capitalisme de plus en plus pur et dévastateur.

 

Sortir de l'austérité est cependant un premier pas nécessaire, une victoire d'étape attendue qui en permettra d'autres.  

Concrètement, l'austérité, cela se traduit dans beaucoup de pays européens par des privatisations à rythme soutenu de secteurs d'intérêt général essentiels, par des baisses de salaires et des suppressions d'emplois dans la fonction publique, par des réductions d'allocations sociales et de pensions ou de droits de retraite …

et chez nous par une réduction de l'emploi public, une détérioration de la qualité des services publics, un sous-financement des hôpitaux publics (100 000 lits d'hôpitaux supprimés en 10 ans) et de la santé, une réduction de la protection sociale, des indemnisations aux chômeurs et de leur prise en charge pour retrouver un emploi, une asphyxie des collectivités locales, une non prise en charge de besoins sociaux essentiels, correspondant à des droits fondamentaux: comme la compensation de la perte d'autonomie, l'accès à un logement de qualité, à la culture, à une éducation correcte.

L'austérité, c'est aussi la stagnation des retraites et des salaires, le refus de l'augmentation du SMIC, la baisse pour la première fois depuis des décennies du pouvoir d'achat moyen, le renoncement à la lutte contre la désindustrialisation (24000 emplois perdus dans l'industrie en 2012, 120000 emplois perdus dans l'industrie depuis 2009) et le développement des emplois précaires, partiels et mal payés, c'est l'abandon progressif de l'investissement public, porté notamment par les collectivités locales dans des secteurs clefs tels que le logement ou les transports, qui se traduit par une baisse de l'activité économique et toujours plus de chômage.

 

Les résultats de cette politique d'austérité, conduite en France sous la houlette d'un gouvernement PS-EELV très social-libéral qui poursuit la trajectoire engagée par les gouvernements français de droite avant 2012, et qui imite sur un mode un peu atténué les politiques de destruction des acquis sociaux des gouvernements italiens, espagnols, portugais ou grecs, sont calamiteux.

 

Les Français espéraient pourtant dans leur majorité une politique de gauche pour sortir de la crise, de la domination arrogante des milieux capitalistes et financiers. Il y avait une vraie aspiration au changement, à un autre partage des richesses, à plus d'égalité et de justice sociale, à la base de la large participation civique des présidentielles et de l'élection de François Hollande, dans le sillage des bons résultats du Front de Gauche au premier tour.

 

Les résultats de l'austérité en France, on les connaît.

Économiquement, il n'y a plus de croissance, l'activité économique se contracte, le chômage augmente et atteint de tristes records (entre 3,2 et 5 millions de chômeurs, selon les modes de calcul). De ce fait, il ne peut y avoir de vraie dynamique de réduction de la dette publique.

Socialement, la pauvreté, la précarité et les inégalités gagnent du terrain, la désespérance et l'inquiétude de la population aussi. Cela a des effets graves sur la vie privée des familles et la vie sociale, sur la qualité du lien social et le degré de fraternité entre les gens.

 

Le dégoût de la politique, la résignation, la peur du lendemain grandissent.
Les gens ne croient plus beaucoup dans l'ensemble en leur pouvoir d'améliorer les choses par leur vote ou leurs mobilisations collectives.

Ils s'éloignent de la chose publique et ont été peu réactifs par exemple sur des questions aussi importantes que l'ANI ou le Traité budgétaire européen.

 

La peur du lendemain et de la déchéance sociale fait qu'ils ne se battent plus forcément pour améliorer leurs conditions de travail et de rémunération, ou alors simplement quand tout est remis en cause dans des contextes de licenciements annoncés.

Dans ce contexte propice à l'exaspération des logiques de ressentiment et de défiance ou de haine contre les autres, ceux qui sont un peu différents, l'extrême-droite prospère en tenant son traditionnel discours de stigmatisation des immigrés, des boucs-émissaires, et en faisant croire qu'elle s'oppose au libéralisme pro-européen et pro-capitaliste des élites politiques UMP et PS.

 

Aujourd'hui, on assiste à des pirouettes sémantiques et à des stratégies de communication pathétiques des socialistes français, ou encore des gouvernements de droite ou du coalition droite-sociale-libérale espagnol ou italien pour dire qu'ils veulent autre chose qu'une politique d'austérité dogmatique suicidaire pour l'Europe, car générant de la récession et du chômage rendant impossible toute reprise de la demande intérieure, de l'activité économique, et donc toute restauration des comptes publics. Cela traduit qu'il y a bien la perception d'une contradiction, d'un problème: l'austérité, justifiée par la réduction des déficits et de la dette, nourrit la crise économique et le déclin économique de nos pays.

 

En même temps, le gouvernement français s'est bien engagé de son propre chef dans une obligation durable de réduction (quelque soit le vote des citoyens et le projet politique de la majorité élue) de la dépense d'État et d'austérité en ratifiant le pacte budgétaire européen, le fameux traité merkozy, en octobre dernier. Ce n'est pas en prônant la relance à la marge de quelques dépenses d'investissement publiques dans les nouvelles technologies, le capitalisme vert ou des activités industrielles d'avenir qu'on changera grand chose au problème!

 

Seuls la mobilisation sociale des citoyens et le rassemblement populaire autour d'objectifs de transformation du système, tels ceux que porte le Front de Gauche, peuvent nous faire sortir de l'impasse. Notre responsabilité est grande, car nous sommes à un point de carrefour de l'histoire, comme dans les années 1930. Il nous faut à la fois porter et orienter la colère de la population, montrer qu'une issue progressiste à la crise actuelle est possible, que cette crise peut même être une chance pour inventer un autre mode de développement, plus émancipateur et épanouissant pour l'humain et plus respecteux de la nature.

 

Ne lâchons rien! Et commençons par réussir la marche citoyenne du 5 mai à Paris pour la 6ème République, contre la finance et l'austérité.  

 

I.D

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