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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 06:05

Hier soir, les députés viennent de voter l'allongement de la durée de cotisation. Tout cela a été vite expédié. De notre côté, nous avions demandé une rencontre à Gwenegan Bui, notre député, pour lui expliquer pourquoi il ne fallait pas voter cette réforme des retraites, et on nous propose comme date de rencontre le 5 novembre, soit un mois après le vote de l'Assemblée Nationale sur ces réformes des retraites exigée par la Commission Européenne dans le cadre de ses nouvelles prérogatives accordées par la signature par Hollande du Traité Merkel-Sarkozy, le TSCG, en septembre 2012...  

 

Données générales à connaître:

 

La différence d'espérance de vie entre un retraité et un cadre: 7 ans.

Moyenne des années validées actuellement : 37 ans. A partir de 55 ans, les 2/3 des retraités sont licenciés, inaptes ou au chômage. La moitié des français seulement est dans l'emploi au moment de prendre sa retraite.

Aujourd'hui, c'est environ 13,5 % des richesses produites qui sont consacrées aux retraites (salaire socialisé, pour la solidarité, retiré au cycle du profit financier et de la consommation immédiate ou de l'épargne individualiste).

Retraite moyenne: 1256€/ mois (en 2011)

Aujourd'hui, la pension moyenne des retraitées est de 930 euros contre 1600 euros pour les hommes. 58 % de celles des hommes. Rançon, pour une part, de carrières plus courtes, mais aussi et surtout de salaires plus bas (moins 27% par rapport aux salaires des hommes).

La précarité d'une partie des personnes âgées est une réalité qui interpelle:

Minimun vieillesse trop bas: 782€ par mois.

A l'heure actuelle, 40% des retraites liquidées le sont au minimum contributif: 629€/mois.

600 000 retraités avec le minimum retraite. 1,6 millions sous le seuil de pauvreté.

 

 

Une nouvelle réforme de régression qui accrédite les arguments de la droite et du MEDEF, qui frappe durement les jeunes et les femmes

 

… et ne règle pas les problèmes de fond du manque de cotisations patronales et salariales, de contribution du capital, du partage du temps de travail et de l'affectation des gains de productivité aux salariés.

 

Pour la première fois, un gouvernement de gauche impose un allongement de la durée de cotisation et un recul de l'âge où chacun pourra, dans des conditions financières décentes, prendre sa retraite.

Pourtant, cela fait depuis 20 ans (les décrets Balladur de 1993) que l'on durcit les conditions d'accès à la retraite et que l'on fragilise notre système par répartition sans pour autant résoudre le déséquilibre financier du système.

A chaque fois, on comble les trous financiers creusés par la crise et le chômage, et les politiques d'exonérations de charges patronales et de laisser-faire face à l'explosion des prélèvements financiers et des revenus du capital par de nouveaux reculs des droits.

De 2001 à 2011, l'âge de la retraite a reculé de 2,1 ans en France (1,6 en moyenne européenne).

 

Le projet du gouvernement non seulement ne remet pas en cause les aspects les plus régressifs de la réforme Sarkozy-Fillon de 2010 (41,5 ans de cotisation et recul de l'âge légal de départ à 62 ans) mais confirme que dorénavant, il faudra cotiser 43 ans à l'horizon 2035 – ce qui touchera la génération née en 1973 et les suivantes: à partir de ceux qui partent en retraites à l'horizon 2020 (55 ans aujourd'hui) la durée de cotisation augmentera d'un trimestre tous les 3 ans.

 

Tous les salariés de moins de 55 ans seront donc frappés par l'allongement progressif de la durée de cotisation. Les salariés qui ont actuellement 40 ans devront cotiser 43 ans! Et dire que la jeunesse était censée être la priorité du candidat Hollande...  

 

L'allongement couplé à la décote, c'est une double peine pour les jeunes: baisse des pensions, nécessité de travailler plus longtemps, difficulté à s'insérer dans le travail. Encouragement à la capitalisation.

 

Avec 43 ans de cotisation requis (172 trimestres), il sera impossible au plus grand nombre de partir à partir de l'âge légal d'ouverture du droit qui reste fixé à 62 ans. A moins d'accepter une pension très largement diminuée par la décote, qui s'applique lorsque des trimestres de cotisation manquent (une baisse de 5% par année manquante). La décote est une pénalité inique qui veut qu'un salarié avec une retraite incomplète voit sa pension amputée plus que proportionnellement aux années de cotisation qui lui manquent.

A l'heure actuelle, en moyenne, une carrière dure 35 ans (source Eurostat). En 2012, les salariés qui ont liquidé leur retraite l'ont fait avec 151 trimestres au compteur.

Pour les jeunes générations, qui n'ont, en moyenne, pas plus de 30 trimestres cotisées à l'âge de de 30 ans, le départ sera difficilement envisageable avant 66 ans. Beaucoup devront attendre 67 ans (âge de la garantie du taux plein, quelle que soit la durée de cotisation) pour pouvoir partir avec une pension complète.

 

Qu'est-ce qu'on aurait pu mettre en place comme réforme de progrès à la place de celle-ci, d'inspiration libérale, pro-austéritaire et pro-patronale?

 

Principes généraux à rappeler:

Le but de la vie en société, ce n'est la compétitivité, ni même la croissance, la hausse des profits pour une petite minorité, et de l'autre l'austérité et le travail à vie, la précarité ou le chômage pour le peuple.

Les années les plus dures du travail se situent entre 60 et 65 ans. Ce sont aussi les meilleures années de la retraite, car après la santé et l'énergie ne sont plus les mêmes et vont décroissants.

Le partage du travail, le partage du temps de vie entre travail et activités non rémunérées mais socialement et individuellement fructueuses, la qualité de vie des vieux sont des enjeux de civilisation fondamentaux : des réponses à la hauteur demandent une meilleure répartition des richesses produites par le travail.

« On vit plus longtemps donc on doit travailler plus longtemps ». C'est au contraire parce que l'on travaille moins longtemps que l'on vit plus longtemps.

 


Revendications sur lesquelles il ne faut pas céder:

  • Le retour au droit à la retraite à 60 ans, avec 75% minimum du salaire d'activité (calculé sur les dix meilleures années). Limiter le décrochage entre la période d'activité et la retraite.

  • Les pensions doivent évoluer comme le salaire moyen.

  • Validation des années d'études. L'élévation du niveau d'études, de qualification est un investissement collectif répondant aux exigences des entreprises. Elle doit être reconnue et ne pas pénaliser les jeunes dans leurs droits à la retraite. L'âge du 1er emploi chez les jeunes est en moyenne 24 ans, et de 27 ans chez les très diplômés.

  • Reconnaissance de la pénibilité par des départs anticipés: ici la prise en compte de la pénibilité est très restrictive (deux ans maximum d'anticipation pour 25 ans d'exposition... soit au mieux un départ à 60 ans).

  • Garantir l'égalité professionnelle hommes/ femmes: en allongeant la durée de cotisation obligatoire, on sanctionne encore plus durement les femmes aux carrières incomplètes. Nécessité d'un vrai combat pour l'égalité professionnelle. Une étude a été réalisée à la demande de la CGT par la Caisse nationale d'assurance vieillesse sur l'impact d'une convergence des salaires des femmes sur ceux des hommes. Résultat: l'égalité salariale générerait à l'horizon 2050 18,5 milliards de cotisations supplémentaires pour le régime général et entraînerait une hausse moyenne de 20% des pensions féminines. Au final, l'égalité améliorerait le financement des retraites de 5 milliards net.

  • Tous les éléments de rémunération (intéressement, participation, primes des fonctionnaires...) doivent être soumis à cotisations et constituer des droits.

 

Les vraies solutions de financement du système des retraites :

 

Le problème n'est pas technique mais politique : il est de l'ordre du rapport de force à reconstruire, des fausses évidences à déconstruire, d'une population à remobiliser pour qu'elle sache reconnaître et combattre les politiques au service du capital.

Une politique qui affronte les logiques capitalistes et la finance, qui repartisse mieux les richesses produites par le travail.

 

  • « On vit plus longtemps, on doit travailler plus longtemps », c'est faux car la richesse produite par le travail augmente et la productivité aussi. D'ici à 2035 (22 ans), avec une croissance de 3 %, la masse de richesse produite peut doubler (comme elle a doublé entre 1980 et 2010). Aujourd'hui, un salarié travaille 2 fois moins mais produit 16 fois plus qu'au 19e siècle. Avec l'augmentation de la productivité, un nombre d'actifs décroissants peut financer les pensions d'un nombre croissant de retraités.

  • Politique de soutien au pouvoir d'achat de la classe populaire (relancer la consommation et l'activité économique par l'augmentation des salaires, des pensions et des minima sociaux). Dans notre pays, la somme des richesses produite repose pour 57% sur la consommation des ménages. En 2012, le pouvoir d'achat a reculé pour la première fois depuis la dernière guerre. La France compte 5 millions de chômeurs qui ne demandent qu'à cotiser et plus de 8 millions de pauvres.

  • La part des salaires dans les richesses créées est plus faible qu'à la sortie de la guerre alors que depuis 30 ans, la part des dividendes versés aux actionnaires est passée de 5 à 25%. Entre 1981 et 2012, en 30 ans, la part du coût du capital (intérêts plus dividendes) sur la richesse produite est passée de 16% à 29%, celle de la Masse salariale (salaires+ cotisations employeurs) de 73% à 67%.

  • Lutter contre l'évasion et la fraude fiscale : il y a 590 milliards d'avoirs français dans les paradis fiscaux et 60 à 80 milliards sont soustraits aux caisses de solidarité et au budget de l'Etat chaque année par la fraude fiscale.

  • Augmenter les revenus de la richesse produite. Revoir les exonérations et exemptions de cotisations: 200 milliards d'euros sont pris sur le budget de l'Etat chaque année pour des exonérations fiscales et sociales sans effet sur l'emploi, l'investissement.

  • 20 milliards d'euros: c'est ce que rapporterait la mise à contribution des revenus financiers des entreprises à la même hauteur que les salariés. Les prélèvements financiers représentent chaque année de 94 à 130 milliards d'euros.

  • Revoir le calcul de la cotisation employeur en fonction de la politique salariale et d'emploi et de la part des salaires dans la valeur ajoutée de l'entreprise.

front de Gauche Morlaix

 

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