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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 06:58

Ouest-France consacrait une page spéciale samedi dernier pour faire connaître des points de vues et des arguments contraires sur la question de la légitimité et de l'opportunité de l'éco-taxe. Même si on peut avoir des doutes sur l'opportunité actuelle de l'écotaxe à défaut de solution immédiate de remplacement à la route pour les entreprises, du fait du démantèlement des capacités de fret ferroviaire, et sur ses effets positifs en pleine période de crise de l'agro-alimentaire, cette tribune de Gaëlle Rougier (conseillère régionale EELV en Bretagne) a le mérite de rappeler les défis essentiels: relocaliser l'économie autant que possible, en finir avec la recherche incessante du coût du travail le moins élevé par le transport incessant des marchandises dans leur process de production, faire contribuer les entreprises pour financer le coût des équipements publics dont elles se servent pour faire des profits, les contraindre de revoir leurs stratégies de manière à mieux respecter l'environnement.

 

Gaëlle Rougier

"Nombre d'affirmations fantaisistes, sinon démagogiques, circulent sur l'écotaxe.

Une nouvelle gabelle? Rappelons cette vérité simple: si les routes bretonnes sont gratuites pour les usagers, leur coût est financé par l'impôt, donc par l'ensemble des contribuables. Ainsi, pour les Bretons, l'écotaxe poids lourds est une bonne nouvelle: en taxant les entreprises, elle allège le coût des infrastructures de transports pour tous. Elle est, en cela, une mesure sociale.

Les détracteurs de l'écotaxe se présentent comme les défenseurs des intérêts bretons. Justement, alors que les Régions disposent de toujours moins de moyens, l'écotaxe est une manne indispensable pour financer les grandes autoroutes maritimes, fluviales et ferroviaires nécessaires pour se connecter aux réseaux économiques européens.

S'ils sont contre l'écotaxe, que proposent-ils donc pour financer l'ambition ferroviaire bretonne? Rien.

On assiste à une manipulation de l'histoire au profit du conservatisme patronal.

Quand le prix du gazole aura doublé, comment la Bretagne exportera ses productions si elle ne dispose pas d'infrastructures de fret ferroviaire ou maritime? L'écotaxe permet d'engager la transition de l'économie bretonne, et donc d'assurer l'avenir de nos emplois. Ne pas fournir cet effort fiscal aujourd'hui, c'est organiser notre défaite demain.

L'écotaxe, tueuse d'emplois? La réalité est que ceux qui sont aux commandes depuis des années font porter à l'écotaxe le chapeau de la désindustrialisation alors même qu'elle n'est pas mise en place. Ils cherchent à se défausser de leurs responsabilités dans la crise dramatique de l'agroalimentaire breton.

Si Gad est en difficulté, c'est notamment parce que 700 000 porcs bretons sont envoyés à l'abattage en Allemagne. Cela n'est rendu possible que parce qu'il est moins cher d'exporter par la route vers l'est de l'Europe que d'abattre les porcs en Bretagne. L'écotaxe touche essentiellement les grandes entreprises exportatrices, beaucoup moins les PME tournées vers le marché régional En augmentant le coût du transport, l'écotaxe peut inciter les groupes agroalimentaires à relocaliser une partie de leurs activités et de leurs emplois.

Le report de la route vers des modes de transport moins polluants et moins énergivores est une urgence vitale. La lutte contre le réchauffement climatique et pour une meilleure qualité de l'air est de notre responsabilité commune, ici et maintenant!

Dans ce contexte, la demande d'un moratoire par le conseil régional de Bretagne n'a de sens que s'il est mis à profit pour engager la mutation du modèle économique breton vers des productions à haute valeur ajoutée, respectueuses des droits sociaux, de l'environnement, et favorisant la relocalisation des activités. Si ce n'était pas le cas, le moratoire serait simplement un énième renoncement face aux lobbies des grands patrons. Nous verrions alors s'éloigner notre volonté de voir émerger une Bretagne connectée au monde, une Bretagne solidaire où les entreprises, autant que les usagers, participent à façonner l'économie de demain et l'avenir de nos enfants".     

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F

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