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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 05:57

La grève dans l'éducation a été très suivie le 27 septembre. Pourtant le ministère annonçait dès midi 22% de grévistes dans le secondaire et 33% dans le primaire.  Mais, une fois de plus, les chiffres du ministère pour le secondaire ne reflètent pas la réalité puisqu’ils ne sont pas le résultat de la division entre le nombre de personnels en grève et le nombre de ceux qui avaient un service à assurer. Ainsi un gréviste n’ayant pas de cours le matin et faisant grève l’après midi au moment d’assurer ses cours sera compté comme non gréviste, les personnels à mi-temps étant comptés comme ½ grévistes !! Partout en France, les manifestations ont été nombreuses et particulièrement bien fournies: 150000 à 180000 manifestants au total, c'est pas rien, et de surcroît dans une unité syndicale et public-privé. Mais Sarkozy avait autre chose à faire qu'à écouter ces planqués fainéants protégés par leurs statuts qui n'ont jamais à subir les dures lois de la compétition internationale comme les ouvriers, les salariés du privé, les cadres... Toujours la même tactique de division, d'exaspération des préjugés et des rancoeurs entre différentes catégories de la société... Qui a dit que la droite misait sur l'intelligence là où la gauche parlait au coeur?    

 

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A Brest, 5000 manifestants de l'enseignement public et privé ont demandé plus de moyens, des effectifs moins surchargés dans les classes, la possibilité de maintenir une diversité d'options dans la secondaire, et le recrutement d'enseignants qualifiés pour pourvoir les départs non remplacés depuis 5 ans. A Quimper, ils étaient 1500 manifestants.  

En Bretagne, la rentrée 2011 a vu une augmentation de 2300 élèves des effectifs dans l'enseignement public alors que dans le même temps, 40 emplois à nouveau ont été supprimés dans le secondaire (137 en comptant le premier degré et l'administration). Depuis 2007, l'Académie de Rennes a gagné 5400 élèves et perdu 360 emplois. C'est pourquoi les personnels ont manifesté fortement leur mécontentement mardi dernier. En Bretagne, même avec le mode de calcul faussé expliqué précedemment, il y avait 41,5% d'enseignants grévistes en collège, 36,6%  en lycée général, 33% en lycée pro, 45,6% dans le 1er degré. 

Un dossier de L'Humanité dimanche du 22 septembre permet de se faire une juste idée des proportions de l'entreprise de démolition du système d'éducation en France par la droite sarkozyste. 66000 postes ont été supprimés dans l'éducation nationale depuis 4 ans. Ainsi, alors que, entre 2000 et 2008, les dépenses pour l'éducation, privée et publique, ont progressé en moyenne de 32% au sein des pays de l'OCDE, la France a diminué les siennes de manière drastique: en 2011, elle consacrait 6% de son PIB à l'éducation, alors que ce taux était de 6,4% en 2000 et de 6,6% en 1995. 

Tout a été mis en oeuvre pour rendre l'école plus inégalitaire, moins efficace pour élever le niveau d'instruction de tous les enfants et des jeunes:

1°) C'est une évidence, le manque de bons moyens de fonctionnement pour l'école (classes surchargées, profs non remplacés...) pénalise d'abord et avant tout les enfants de la classe populaire ou ceux dont les parents ont des difficultés à aider scolairement leurs enfants, à leur transmettre des habitus et une culture générale favorisant la réussite scolaire, à leur payer des cours de soutien privé.

2°) l"assouplissement" de la carte scolaire et la flambée incontrôlée de l'immobilier dans les villes a réduit la mixité sociale à l'école

3°) cette logique de ségrégation est accentuée par les graves dysfonctionnements (stagiaires ayant eu le concours non formés professionnellement et mis dans des classes d'emblée 18 heures par semaine, profs titulaires absents non remplacés pendant des semaines ou remplacés par du personnel précaire non qualifié, niveau d'encadrement vie scolaire réduit, d'où des problèmes de discipline...) liés aux baisses de moyens dans les établissements publics qui conduisent, surtout dans les grandes villes, une partie des classes moyennes et supérieures à mettre leurs enfants dans le privé, conduits en cela par des logiques individualistes visant la performance et la réussite sociale des enfants.

4°) L'autonomie accrue des établissements et la réforme du socle commun de compétences promue par l'OCDE et l'Union Européenne a accru de son côté (en présentant les choses de manière assez caricaturale) le clivage entre des établissements favorisés qui continuent à dispenser une formation intellectuelle généraliste et exigeante visant à préparer, dès le collège, les élèves au supérieur, et des établissements de zones géographiques moins favorisées qui se recentrent sur des apprentissages utilitaires fondamentaux rendant les jeunes employables sans forcement développer chez les élèves l'ambition d'aller au-delà. Comme le dit très bien le journaliste de L'Humanité, Jean-Claude Benard, "c'est la disparition programmée d'une éducation commune délivrée par le service public et son remplacement par deux écoles distinctes: d'un côté, les écoles du socle commun, limitées à la scolarité obligatoire et formant un salariat destiné aux tâches d'exécution; de l'autre, les écoles du programme et une scolarité étendue jusqu'à bac +3 pour former les salariés destinés aux tâches d'encadrement. En réformant l'éducation, la droite construit un salariat clivé, sans culture commune".

5°)Le collège unique a été villipendé en paroles par la droite et attaqué concrètement, comme en témoigne la valorisation de l'apprentissage précoce pour les enfants de la classe ouvrière par Sarkozy: on réduit ainsi les chances que ces jeunes acquièrent les clefs de lecture critique du monde pour se révolter, pour exiger des augmentations de salaire ou pour vouloir reprendre leurs études plus tard pour évoluer professionnellement.

6°) L'école est de plus en plus conçue comme une entreprise où le chef d'établissement se pense, grâce à sa nouvelle formation, aux pressions et aux flatteries dont il est l'objet de la part de son institution, comme un manager (payé en partie au résultat, à la prime) chargé de relations publiques et d'évaluation différenciée de ses enseignants, en fonction de leur investissement, non dans l'activité pédagogique, mais dans la communication et les projets vitrine de l'établissement destinés à séduire des parents consommateurs.               

 

 

Ismaël Dupont.   

 

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