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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 06:21

 

Gad. Explosion de colère des salariés face à la direction

 

Ambiance explosive, ce mardi après-midi, au siège du groupe Gad, à Saint-Martin-des-Champs (29). Inquiets pour leur avenir, 600 salariés de l'entreprise sont entrés de force pour obtenir les explications de la direction. Le face-à-face a été très tendu.

«J'ai trois gosses à nourrir, moi. On va où, là ?». 17 h 15, hier, au siège du groupe Gad, zone de Keriven, à Saint-Martin-des-Champs. En quelques minutes, le climat est soudain devenu explosif. Face-à-face dans le hall, des salariés sur les nerfs et la direction qui se tient dans l'escalier menant aux bureaux. «On nous a promis des choses qui n'ont jamais été tenues», s'emporte cet employé en apostrophant violemment Christophe Peter.

À plusieurs reprises, la situation est à deux doigts de dégénérer. Mais alors que des «Direction démission» fusent de toutes parts, le directeur général de Gad SAS reste de marbre.

«On a frôlé l'incident»

«On savait que les salariés voulaient exprimer leur colère. Mais on ne s'attendait pas à ce que ça soit aussi virulent. On a frôlé l'incident», constate Olivier Le Bras, le secrétaire du comité d'entreprise.

Trois heures plus tôt, c'est pourtant dans le calme que la manifestation avait débuté sur le site de Lampaul-Guimiliau. Celui-là même qui apparaît aujourd'hui menacé depuis qu'aucune offre de reprise n'a été déposée, alors que le groupe Gad est en redressement judiciaire depuis février. 850 salariés craignent pour leur emploi sur le site historique de l'entreprise d'abattage et de découpe de porcs.

«On veut la vérité»

14 h 30. Rejoints par quelques agriculteurs, ils sont environ 500, à bord de 150 voitures, à prendre la route. L'opération-escargot sur la RN12 va durer deux heures. Jusqu'à l'arrivée au siège du groupe, en bordure de la quatre voies. Où Olivier Le Bras prend le micro : «Monsieur le directeur, les salariés sont là. Ayez le courage de sortir les affronter».

Sans réponse durant une demi-heure, les manifestants décident alors d'entrer de force à l'intérieur des locaux, en écartant les portes automatiques, fermées de l'intérieur. Avant d'essayer, en vain, d'entamer la discussion avec le directeur général. «Ça fait trois ans que vous nous mentez. On veut la vérité», entend-on ici et là.

«Pas de plan social déposé»

Il faudra attendre trois quarts d'heure pour que Christophe Peter prenne finalement le micro. «Je sais que c'est compliqué mais aujourd'hui, je ne suis pas en mesure de vous en dire plus. Il n'y a pas de plan social de déposé, c'est faux. Il faut continuer à réfléchir et à travailler avec les actionnaires pour la pérennité de la société
Gad. Le site de Lampaul continuera-t-il à tourner après le 21 août ? J'espère mais je ne suis pas magicien».

«Réfléchissez bien à ce que vous allez faire. N'allez pas sacrifier le site de Lampaul», lui répondent les représentants du personnel. 17 h 45. Accompagné du directeur des ressources humaines, Marc Bijaoui, le directeur général repart dans son bureau sous les huées. Laissant les salariés dans l'expectative.

«On va rappeler le père
Gad»

«On va rappeler le père
Gad. Avec lui, au moins, on s'en sortira», glisse un ancien de la boîte. Pendant que les syndicats se projettent sur la journée de vendredi, date de l'assemblée générale de la Cecab, l'actionnaire majoritaire de Gad. La coopérative morbihannaise qui est dans le collimateur des salariés.

«C'est elle qui dirige. Elle n'attend qu'une chose : qu'on cesse le travail pour fermer le site. Et ça, il n'en est pas question».

  • Ronan Tanguy

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/gad-explosion-de-colere-des-salaries-face-a-la-direction-12-06-2013-2133646.php

Gad. Quand les nerfs lâchent...

12 juin 2013 - Réagir à cet article

1. Environ 600 salariés du site de Lampaul-Guimiliau ont manifesté leur colère au siège du groupe Gad, zone de Keriven. Tous s'inquiètent pour leur emploi, alors qu'aucune offre de reprise n'a été déposée à l'administrateur judiciaire. 2. « J'ai trois gosses à nourrir, moi », s'est emporté ce salarié en apostrophant violemment le directeur général de Gad SAS. 3. Avant de rejoindre le siège, les salariés de Gad ont mené une opération escargot sur la RN 12 entre Landivisiau et Morlaix. 4. Accompagné du directeur des ressources humaines, Marc Bijaoui (à gauche), le directeur général de Gad SAS a pris la parole brièvement à l'extérieur des locaux. « Je sais que c'est compliqué, mais aujourd'hui, je ne suis pas en mesure de vous en dire plus », a notamment déclaré Christophe Peter.
1. Environ 600 salariés du site de Lampaul-Guimiliau ont manifesté leur colère au siège du groupe Gad, zone de Keriven. Tous s'inquiètent pour leur emploi, alors qu'aucune offre de reprise n'a été déposée à l'administrateur judiciaire. 2. « J'ai trois gosses à nourrir, moi », s'est emporté ce salarié en apostrophant violemment le directeur général de Gad SAS. 3. Avant de rejoindre le siège, les salariés de Gad ont mené une opération escargot sur la RN 12 entre Landivisiau et Morlaix. 4. Accompagné du directeur des ressources humaines, Marc Bijaoui (à gauche), le directeur général de Gad SAS a pris la parole brièvement à l'extérieur des locaux. « Je sais que c'est compliqué, mais aujourd'hui, je ne suis pas en mesure de vous en dire plus », a notamment déclaré Christophe Peter.

Les nerfs des salariés de chez Gad ont lâché, hier après-midi, lors de la manifestation au siège du groupe, zone de Keriven, à Saint-Martin-des-Champs. Accompagnées de quelques dizaines d'agriculteurs, environ 600 personnes employées à Lampaul- Guimiliau ont demandé au directeur général de leur donner des explications sur l'avenir de l'entreprise. La rencontre a bien failli dégénérer.

« L'immobilisme des élus est honteux »

Émile Riou, vice-président de la FDSEA du Finistère : « C'est la première fois que les agriculteurs s'associent aux salariés de l'agroalimentaire. Ça montre qu'on est dans une situation critique. Si Gad disparaît, combien de temps nous tiendrons ? Il est temps que les élus, de gauche comme de droite, se mettent au boulot. Leur immobilisme est honteux ».

« Je veux rester chez Gad, on y est bien »

Corinne, 35 ans, de Commana, à la découpe depuis 12 ans : « J'ai envie de rester chez Gad, on y est bien. On fait bien notre boulot. On n'est pas des fainéants ni des bons à rien, contrairement à ce que la direction a dit à Intermarché qui voulait nous racheter. Le directeur ne nous a quasiment pas adressé la parole. On attendait plus de réponses ».

« J'ai déménagé de Brest pour venir ici »

Stéphane, 45 ans, de Lampaul-Guimiliau, au fumé-salé depuis quatre ans : « J'ai déménagé de Brest pour venir ici. Trouver du travail ailleurs ? Mais tout ferme, et les politiciens ne font rien. Où est le ministre de l'Agriculture ? Quand on sera au chômage, on aura le temps d'aller mettre le feu aux camions de la Cecab, qui ne veut pas de repreneur pour Gad ».

« Pas capable de nous dire franchement »

Patricia, 51 ans, de Plougar, à l'abattoir depuis 13 ans : « Christophe Peter n'est même pas capable de nous dire franchement les choses... On nous ment, la direction s'en fout. Je croise les doigts pour que ça ne ferme pas car on a nos enfants à élever. Je ne peux pas imaginer que ça ferme à Lampaul alors qu'il y a des porcs partout autour ».

« On se lève à 3 h tous les jours »

Yvon, 50 ans, de Plougourvest, à l'abattoir depuis 19 ans : « On en a gros sur la patate. On se lève tous les jours à 3 h. Même quand on a mal au dos, on est présent. On n'a aucune reconnaissance. Il est inadmissible que le DRH ne passe jamais dans les ateliers nous dire bonjour. Les gens sont à bout. J'ai eu un peu peur que ça dégénère ».

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