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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 10:41
  • Eva Joly, la candidate d'EELV qui soutenait Bayrou en 2007, a estimé samedi 14 avril sur TF1 que le programme de Jean-Luc Mélenchon, c'est "en réalité le programme commun de 1981". Interrogée sur le candidat du Front de Gauche, Mme Joly a estimé que "Jean-Luc Mélenchon parle avec ses tripes, il parle aux tripes de la populations. Cela risque de générer une grande déception parce qu'il se base sur le passé, il évoque des évènements historiques, cela est très agréable à entendre". "Mais en ce qui concerne les projets, ils ne sont pas réalisables, c'est en réalité le programme commun de 1981", d'après elle. "Il crée beaucoup d'espoir qu'il ne pourra pas remplir". Pour l'ex-magistrate, "il n'est pas écologiste, il est allié au Parti communiste", une formation "pro-nucléaire"...
  • Pour François de Rugy, député EELV de Nantes, la planification écologique n'évoque que la centralisation étatique et bureaucratique: "Je ne suis pas certain que c'est en ressortant de la naphtaline un vocabulaire que l'histoire s'est chargée de discréditer qu'on réussira vraiment à convaincre de la nécessité de la transformation écologique". 
  • Conclusion:  Chez EELV, on passe bien plus de temps à tirer sur le Front de Gauche qu'à remettre en cause les partis-pris pro-croissance ou nucléaire de Hollande et du PS ou à critiquer son choix d'une politique d'austérité et de soumission à la règle d'or budgétaire voulue par le pacte Merkel-Sarkozy. C'est en effet que dans ce parti la préservation des intérêts électoraux, comme l'a montré l'accord avec le PS, rentre en concurrence ou du moins en tension avec le désir de faire aboutir des combats pour la préservation de l'environnement et de la santé publique. EELV s'approprie l'écologie comme une marque déposée et n'a pas l'honnêteté de se féliciter que d'autres organisations politiques - et le Parti Communiste en fait partie- évoluent de manière positive dans la prise en compte de la nécessité de la transition écologique de la société. Beaucoup d'écologistes sont viscéralement anti-communistes par tradition - un combat anti-nucléaire à connotation quasi religieuse, un terreau militant fait d'"anarchisme individualiste" et de "deuxième gauche" chrétienne -  et aussi, osons-nous dire, du fait d'un socle sociologique de sympathisants à esprit ou intérêts "petit-bourgeois" effrayés par la tradition révolutionnaire et les principes de confrontation sociale. Les dirigeants EELV sont en majorité  des socio-démocrates hostiles au marxisme et au discours de rapport de force entre classes sociales aux intérêts contradictoires, Dominique Guizien, candidat EELV aux législatives à Morlaix,  l'a rappelé l'autre jour au débat de la gauche à Plourin les Morlaix. Ils ne prennent pas réellement en charge les aspirations des précaires, des chômeurs, des salariés au bas salaires, à un volontarisme de l'Etat qui impose un vrai partage des richesses et une garantie de droits sociaux permettant à tous la vie bonne et l'émancipation. L'Europe fédérale est leur horizon ultime et pour avancer vers cet idéal, ils sont prêts à être des alliés objectifs des ultra-libéraux qui renforcent les limitations de souveraineté des Etats et des Parlements nationaux au nom des impératifs d'austérité budgétaire. Comme ces néo-libéraux, ils rêvent d'une politique post-moderne libérée du conflit et basée sur le consensus des hommes compétents, éclairés par la science, s'imposant aux masses populaires conduites par leurs seuls appétits matériels. Comme ces néo-libéraux, ils caricaturent comme archaïques et passéistes les propositions et combats d'une gauche de transformation sociale qui remet en cause fondamentalement les règles du capitalisme, ne renie pas son lien avec l'héritage ouvrier et populaire de la gauche, remet à l'honneur l'Etat, la loi, l'insurrection citoyenne, la planification contre la toute-puissance des marchés... Leur refus de remettre en cause de manière fondamentale le capitalisme financiarisé et mondialisé, le libre-échange dans l'UE et les règles d'ouverture à la concurrence des services publics, rend leur volonté de préservation de l'éco-système partiellement inefficace ou réduite à des combats partiels ou symboliques. Enfin, il y a chez beaucoup de dirigeants et peut-être de militants écolos un mépris du peuple qui se traduit bien par les références dédaigneuses d'Eva Joly sur les "tripes de la population" qui seraient remuées par la voix de Mélenchon, elle-même moins porteuse d'une réflexion intellectuelle valable que d'une colère ou d'une passion, quand elle-même ne parlerait qu'aux plus intelligents et conscients des citoyens...  
  • Heureusement, ce tableau ne concerne pas, loin de là, tous les électeurs de sensibilité écologiste, qui pour beaucoup se retrouvent dans la démarche et le projet du Front de Gauche et militent ou votent pour lui, et c'est bien ce qui explique les attaques systématiques, outrancières et malhonnêtes dont nous faisons l'objet vis à vis de dirigeants "verts de rage".  


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