Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 15:12

 

Morlaix le 8 /06 /12. P.Zarka

 

La victoire de François Hollande nous met face à une question nouvelle et les quelques heures qui nous séparent de la législatives peuvent encore nous permettre d’en préciser les enjeux.

Sarkozy a été battu par une formidable aspiration au changement. En même temps, la lucidité nous force à nous rappeler que nous avons été lourdement déçus à deux reprises : l’une après 1981 l’autre avec la Gauche plurielle après 1997.

Et à chaque fois que les gens ont été déçus, c’est parce que la situation sociale et économique avait fini par se dégrader davantage, laissant trop d’hommes et de femmes sur le carreau et préparant un retour d’une droite, encouragée par cet échec, rendue à chaque fois plus dure et agressive qu’avant sa défaite. A chaque fois, des hommes et des femmes meurtris, se sentant abandonnés se sont réfugiés un peu plus nombreux dans le vote en faveur de l’extrême-droite. Et si l’on regarde la situation dans d’autres pays d’Europe, les mêmes causes ont produit les mêmes effets désastreux. Nombre de commentateurs disent que l’émergence d’une extrême-droite est due à la crise. Mais c’est surtout le sentiment qu’il pourrait en être autrement qui met en colère.

Faut-il pour autant douter de la démocratie et se sentir impuissants ou au contraire ne devons-nous pas penser qu’élire celles et ceux auxquels on remet son sort et auxquels il faudra obéir ensuite n’est pas pleinement la démocratie ? Ne sommes-nous pas capables de faire mieux que d’attendre que tout nous vienne d’en haut ? Changer la société ne peut ressembler à un coup de peinture neuve passée à la hâte sur un mur décrépit. Le Front de Gauche a fait sa campagne sur le thème « Prenez le Pouvoir ». Ce n’était pas un slogan de circonstance mais la bien désignation de l’enjeu politique du moment.

Le bilan du XXème siècle, montre que, sous toutes ses latitudes, à chaque fois qu’un peuple a cru trouver son salut en remettant ses capacités de pouvoir à un ou à des sauveurs, cela s’est toujours terminé par d’amères déceptions. La démocratie, c’est l’exercice concret du pouvoir par le peuple. Et la citoyenneté n’est pas un métier, elle ne peut qu’être accessible à tous ou alors elle n’existe pas.

 

Pour arracher le respect de nos droits, nous avons besoin de prendre la mesure de l’adversité. L’économie n’est pas une science mais un terrain d’affrontement. Selon que l’on soit un gros bourgeois ou un travailleur on n’en a pas la même vision. Pour nous l’économie, c’est du savoir, de la santé, de la culture, du bien-être, du pouvoir d’achat, de la participation aux décisions, de la communication. Bref, vous n’êtes pas des victimes, vous êtes des indispensables à la société et durant des décennies, les services publics ont fait la démonstration qu’ils se passaient très bien des actionnaires, mais ni de la formation, ni de la santé, parce qu’ils ne se passaient pas du travail. L’économie c’est de l’humain, et les humains mangent, s’habillent, se logent.

Pour d’autres, l’économie, c’est pouvoir nous tondre la laine sur le dos. Les entreprises du CAC 40 ont versé 44,6 milliards d’euros aux actionnaires en 2011, soit une progression de 15%. Les profits des grandes entreprises ont augmenté de 35%. La dette grecque représente 30% des bénéfices des banques débitrices. Les paradis fiscaux abritent 800 milliards d’euros pour la part française. La Banque centrale européenne prête mille milliards aux banques privées à un taux de 1% et celles-ci prêtent aux états à 4 ou 6%. L’argent immobilisé par la spéculation en France représente plus du double du budget de l’État. 60% des profits réalisés par le travail ne sont pas réinvestis dans l’économie réelle : la dette est moins une question de dépenses, même si on pourrait faire des économies sur l’armement, qu’une question d’utiliser l’argent pour relancer l’activité. Et comme la spéculation rapporte davantage aux gros actionnaires que l’activité utile, relancer l’activité ne pourra que rétrécir les marges des gros actionnaires : plus d’argent dans la vie, c’est moins d’argent dans les coffres. 

Tiens, d’ailleurs avez-vous remarqué que les actionnaires sont la seule catégorie sociale dont on ne dit pas qu’ils coûtent trop cher et à qui on ne demande pas de faire des « efforts » ? Même encore aujourd’hui après la Présidentielle. Et la crise bancaire n’a rien à voir avec les dépenses sociales des Etats mais avec la spéculation et ce qu’on appelle pudiquement les placements toxiques. Ce sont des Etats qui viennent au secours des banques , c’est-à-dire nous avec nos impôts, et en retour elles leur prêtent de l’argent à des taux faramineux.

Nos intérêts à nous issu du petit peuple, comme on dit et ceux des capitalistes sont inconciliables. Pour nous l’Europe, c’est de la coopération, mettre dans un creuset commun ce que chaque nation a de meilleur à offrir. Pour les gros bourgeois l’Europe est un moyen de tirer les acquis sociaux vers le bas, de surexploiter et d’exacerber la concurrence. Notre Europe est celle de la solidarité des travailleurs entre eux, la leur est celle de la tension, tension par exemple entre l’Allemagne et la Grèce ou l’Espagne. Ils parlent de guerre économique et ils la font : peu importe les dégâts causés, ce sont les travailleurs qui en font les frais. Et maintenant, avec l’union budgétaire, ils tentent de concentrer encore davantage de pouvoirs à l’abri du suffrage universel à l’image des gouvernements italiens ou grecs. Nous sommes face à des coups d’Etat peut-être rampants mais réels. Le tout est de savoir qui aura le courage de bloquer cette machine infernale.

C’est pourquoi, pour eux, tous les coups et tous les bobards sont permis.

La commission de Bruxelles annonce des dépenses de protection sociale exagérée pour la France au regard du budget de l’Etat. Mais de qui se moque-t-on, le budget de la Sécu n’a rien à voir avec les dépenses de l’Etat, il découle des cotisations. Et là encore, la spéculation ne paie aucune cotisation. Cela dit à quel point les puissances d’argent cherchent à comprimer tout ce qui ne les intéresse pas. A propos de l’Italie et de l’Espagne, on nous explique très sérieusement que la liberté de licencier est bonne pour l’emploi (sic) ou que pour sauver notre modèle social il faut cesser de le financer (re-sic). Plusieurs commentateurs ont pris désormais l’habitude de dire que « l’économie a détruit des emplois ». Mais comment peut-on dire que l’économie peut détruire l’économie sans s’interroger davantage ? Si le système est à ce point cannibale et destructeur eh bien, c’est le système qu’il faut changer. Les capitalistes ont conscience qu’il n’y a pas de solutions sociales et démocratiques dans leur système et c’est pour cela qu’ils s’arc-boutent.

 

Il y a quelques années de cela, l’Humanité avait enquêté sur les ressources de la fameuse Madame Béthencourt : elle gagnait, tenez-vous bien, un smic toutes les deux minutes. Pensez-vous qu’il suffise de lui demander gentiment pour qu’elle les partage ? Elle ne veut déjà pas les lâcher à sa fille alors comment voulez-vous qu’elle les lâche de bon cœur pour l’Ecole, la Santé ou les transports en commun ?

C’est pour cela que faire pression sur le PS ne suffit pas. Lorsqu’il a commencé à s’y essayé le PC faisait plus de 20% des suffrages et le PS à peine 16 et vous connaissez la suite. Face à la pression des affairistes et des exploiteurs, seule la force du peuple peut faire contrepoids de manière efficace. François Hollande annonce un coup de pouce au smic en fonction de la « croissance ». Mais que fait-on si les tenants de l’économie préfèrent la spéculation à la croissance ? On attend qu’ils changent d’avis ? La semaine dernière, le JT de France 2 annonçait que le gouvernement déplorait que l’ex-PDG d’Air France se sucre au frais de l’entreprise en partant, entreprise dont on nous dit qu’elle pourrait supprimer 5000 emplois. Le gouvernement s’oppose à ce parachute doré mais le commentateur de France 2 d’ajouter que cela n’avait pas d’effet dans la mesure où l’Etat n’avait que 30% des parts de la compagnie. Hier encore, les médias disaient à propos de la Famille Doux qu’elle était davantage préoccupée de ses intérêts que de ceux de l’entreprise. Eh bien si la famille Doux n’a pas envie de se préoccuper des entreprises, elle n’est pas obligée de le faire, libérons-la et donnons l’entreprise aux salariés ! Ils savent déjà la faire marcher. On nous serine qu’il ne faudrait « rassurer » les marchés. Les rassurer ?! %Mais s’ils ont peur, il faut leur retirer toute responsabilité et tout risque. Comme cela, s’ils n’ont plus de pouvoirs, ils seront « rassurés ». Car, quel enseignement tirer de ces exemples? Si ce n’est que la question du pouvoir que donne la propriété est posée dans la vie.

Et dans ce domaine les bonnes intentions ne font pas force de loi. Car il est aussi difficile de demander aux parasites et aux pilleurs de ne plus piller que de demander à des fauves de devenir végétariens. Le moyen le plus sûr est encore de leur retirer tout pouvoir sur les circuits financiers et de nous approprier collectivement ces pouvoirs. C’est effectivement une mesure radicale, mais pensons qu’une femme ne peut être un petit peu enceinte, elle l’est ou elle ne l’est pas ; en politique c’est pareil : le pouvoir de décision se prend ou il ne se prend pas.

Et c’est, ne nous le cachons pas, l’enjeu d’un conflit acharné, où il faut être ferme et qui décidera du sort de la planète. C’est pourquoi, renégocier les traités européens ne peut s’obtenir simplement en plaidant la cause du redémarrage économique comme si nous avions à faire à des interlocuteurs de bonne volonté amis qui ne comprendraient que lentement. Non, le développement de la société ce n’est pas le problème des décideurs actuels. Encore faut-il que la menace, et même déjà seulement la menace, de s’approprier les leviers de l’économie les fasse fléchir.

Évidemment, dès que l’on parle d’appropriation collective, on nous agite le fantôme de feu l’URSS ou celui des nationalisations de 1945 ou de 1981 dans lesquelles ni les salariés ni les usagers n’avaient leur mot à dire sur la gestion de l’entreprise. La socialisation n’est pas l’étatisation, l’étatisation a été ce qui s’est produit dans les exemples cités, et ni les salariés ni les usagers n’ont eu leur mot à dire. Ni ici, ni en ex-URSS. L’appropriation collective ne nous renvoie non pas à l’État, mais à la nation. Et la nation n’est pas l’État mais le peuple rassemblé se dotant de pouvoirs réels d’intervention à travers les élus du personnel de l’entreprise, ceux de la nation et les associations. Voilà aussi ce que veut dire « prenez le pouvoir ».

Souvent on dit « mais cela c’est le rôle des partis pas des syndicats ni des associations… » Comme si les uns et les autres nous n’affrontions pas les mêmes problèmes. Bien sûr avec des approches différentes. Mais quand il y a une délocalisation, que l’on vienne d’horizon politique, que l’on soit syndicalistes ou membre d’une association, peu importe, on finit tous chômeurs.

Alors quand il faut changer la société que l’on soit politique, syndicaliste ou associatif, il faut changer la société et le faire ensemble. C’est cela qui a fait du Non au référendum en 2005 une majorité. On mesure la potentialité d’un mouvement à la multiplicité des raisonnements qui conduisent à la même conclusion. Tout simplement parce que la société sera toujours diversifiée, que tous ne peuvent penser la même chose au même moment, y compris pour atteindre le même but, que personne ne peut prétendre tout savoir et qu’aucune formation ne peut prétendre être le lieu du rassemblement, n’en déplaise à François Hollande qui aime se présenter comme le seul homme du rassemblement. Mais quel homme ou quelle formation seule peut-être à elle seule l’image de toutes les composantes et les pensées de la société ? Ce sont les mouvements à la fois composites et convergents, qui forment un ensemble polyphonique qui peuvent devenir force d’entraînement et au final créer des majorités d’idées et de volontés. C’est bien ce qui s’était produit en 1936 en 1945 ou en 1968. Et le Front de Gauche cherche à relancer une telle dynamique populaire. Regardez cette campagne où syndicalistes et « politiques » ou « associatifs » mêlent leurs efforts et leurs cultures. Ismaël Dupont issu du PC et Marie Huon qui, elle a un parcours syndical et associatif. Ce sont des militants qui mêlent leurs expériences et leurs cultures, partagent leurs convictions avec d’autres sensibilités, d’autres forces.

Tous ici, nous sommes ainsi l’expression de diversités militantes associées, chacun gardant sa personnalité, et nous formons un tel mélange d’approches et d’expériences que qui que ce soit, même s’il ne s’identifie à aucune des forces dont nous sommes issus, il peut se dire : dans un assemblage aussi large et composite, il y a obligatoirement une place pour moi. La politique, ce n’est pas la chasse gardée des partis, c’est une affaire de citoyenneté et on n’est pas tantôt travailleur, tantôt citoyen, on est ou on devrait ^être considérés continuellement les deux à la fois.

De ce fait, l’enjeu du vote ne s’arrête pas à avoir une « bonne » représentation. Je l’ai dit, nous n’obtiendrons pas grand-chose sans luttes et sans définir ce qui doit changer et comment cela doit changer. Ce qui compte c’est le peuple rassemblé en force décidée. Or nous partons de 4 millions de voix à la Présidentielle qui veulent mêler colère sociale et solutions politiques. En même temps dans toute l’Europe : en Espagne, Italie, en Grèce, au Portugal, en Hongrie, Russie et même en Allemagne dont on nous vante les salaires à un Euro de l’heure et au-delà : des USA au Canada en passant par l’Islande ou Israël, les peuples sont « vent debout » contre les injustices, les discriminations et mettent de plus en plus directement en cause le capitalisme.

Il y a sur une grande part de la planète une véritable déferlante populaire. Mais pour l’instant cela ne suffit pas à changer le monde. Partout se pose à des mouvements qu’ils se désignent comme des Indignés, ou «occupy » ou anticapitalistes, partout se pose cette question : comment arracher du pouvoir et faire en sorte que les institutions ne soient pas chasse gardée des financiers ? En France, nous avons un début de réponse : le Front de Gauche qui associe des forces sociales et politiques en un mouvement d’ensemble. C’est en cela que le vote pour les candidats du Front de Gauche sera un tremplin pour la suite. Un tremplin en France mais aussi une expérience pour les autres peuples, tout comme les tunisiens et égyptiens ont revivifié la notion de Révolution ou les américains celle d’anticapitalisme. Il y a désormais quelque chose dans l’air du temps qui cherche à remettre à plat ce qu’est une société. Et c’est en cela que chaque voix en faveur du Front de Gauche compte.

D’abord parce qu’ élire un représentant que l’on reverra plus tard (peut-être) pour nous expliquer la décision qu’il aura déjà prise ou élire un partenaire avec lequel on va à chaque fois que l’on en éprouvera le besoin, co- élaborer et co- intervenir, ne sont pas identiques. Dans un cas, l’élu nous dit –s’il est de bonne composition- ce qu’il a déjà fait. Si nous sommes contents, tant mieux, sinon, il nous reste à attendre la prochaine fois pour ne plus voter pour lui. J’ajouterai qu’élire quelqu’un sur la base d’un programme très général et sans pouvoir intervenir ensuite ne veut pas dire grand chose. Regardez par exemple, au-delà de la qualité de leur vote, celles et ceux qui avaient voté Sarkozy en 2007, ne pouvaient pas prévoir la crise de 2011, de ce fait, il avait les mains libres, sans aucun mandat. Et ainsi nous passons notre vie à courir après des voies d’eau. De plus, dans ce cas, on vote pour celui qui est déjà le plus fort, même si on ne l’aime pas trop. On voit bien ce que certains font du « vote dit utile » ce qui sous-entend que lorsque l’on vote selon ses convictions on perd son temps. Dans l’autre cas : élire un partenaire, on vote pour celui qui nous rend plus forts et on compte bien que devant chaque problème à affronter, l’élu ou l’organisation sera partenaire de nos combats et de l’élaboration de nos décisions. C’est pourquoi, il ne s’agit ni d’être une force d’appoint pour le Président, ni dans un bloc à part mais d’être libres de nos mouvements pour être réellement et concrètement porte-parole des mouvements populaires à l’Assemblée nationale. Voilà pourquoi les assemblées citoyennes doivent se poursuivre et s’amplifier. Prenez le pouvoir, vous le voyez est une idée à prendre au pied de la lettre, c’est une nouvelle conception de la révolution. C’est celle que le Front de Gauche qualifie de révolution citoyenne.

Et ne les croyez pas tout puissant face à nous. S’ils cherchent à nous berner, s’ils parlent de « relance » sans engager les réformes nécessaires, si nous avons tant de mal à passer dans les médias, comme on dit, c’est qu’ils sont inquiets. Inquiets de notre capacité à bouger. Le mouvement en faveur des retraites de 2010 n’est pas fini et ils le savent. Par centaines de milliers les jeunes ne sont pas disposés à voir leur vie déjà close, et ils le savent. La défaite de Sarkozy, les mouvements qui secouent le monde les taraudent. En France, plus de 4 millions d’hommes et de femmes ont voulu lors de la Présidentielle donner un nouveau cours à la vie politique. Ils ont exprimé non seulement leur volonté de changement mais aussi leur volonté d’intervenir dans les affaires publiques. Si des millions d’hommes et de femmes, de jeunes se cristallisent durablement en courant politique, inévitablement composite, pluraliste, même là où le candidat du Front de Gauche ne sera pas élus, ces hommes et ces femmes deviendront une force motrice, alors ils changeront l’ambiance du pays, ils seront susceptibles d’entraîner d’autres hommes et femmes. Ainsi, ensemble nous pourrons rendre tangible la perspective d’un surgissement des « simples » citoyens dans l’espace actuellement confisqué par toutes sortes de décideurs qui se pensent autorisés de parler à notre place. C’est en cela que le seul vote utile désormais est le vote pour les candidats du Front de Gauche. Ils ne vous disent pas votez et ne vous occupez plus de rien mais au contraire soyons continuellement ensemble pour faire la force nécessaire à pouvoir faire jeu égal avec le monde de la finance et lui arracher son pouvoir.

Alors ici, la campagne que vous avez mené avec Ismaël et Marie candidats du Front de Gauche est un sérieux tremplin pour demain.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011