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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 21:00

Le Préfet du Finistère vient de concéder  aux sociétés Algolesko et Bamejyot l'usage exclusif de 225 hectares du Domaine Public Maritime au large de la Commune de Moëlan sur mer.

Elles y cultiveront 200 hectares d'algues brunes et 25 hectares de coquillages. 

Cette entreprise d’ampleur inédite à ce jour participe du projet  Breizh'Alg soutenu par le Conseil Régional. Elle en est une des premières déclinaisons départementales.

Elaboré en catimini, justifiant d'une enquête publique minimum, certes conforme à la réglementation mais totalement inadaptée à une exploitation d'une telle nature, le projet a soulevé dans un premier temps une série d'interrogations justifiées par l'étude approfondie du dossier soumis à enquête, des associations environnementales et patrimoniales, de la mairie de Moëlan et du Député de la circonscription. Ces interrogations se sont transformées en une franche opposition devant les réponses proposées par les porteurs du projet, certaines collectivités territoriales et les services de l'Etat.

Depuis la découverte fortuite du dossier, au début du mois de janvier dernier, la mobilisation est allée en s'amplifiant. Deux manifestations organisées au mois de juillet et au mois d’août ont réunis chacune 500 personnes.

Huit associations locales et régionales ont constitué un groupe de travail dont chacun a pu noter le sérieux et la compétence. Ce groupe de travail s'est notamment entouré de l'avis de spécialistes, chercheurs en biologie marine, professionnels de l'algo-culture. Les tentatives, habituelles, de disqualification – grincheux, égoïstes, rétrogrades ou opposants systématiques- ont tourné court – devant la qualité des analyses et des propositions du groupe travail.

Le Préfet a du tenir compte d'ailleurs de la mobilisation et des remarques du groupe de travail puisque le projet initial a été modifié. Les superficies concédées et la durée de concession ont été réduites- et la mise en place de commissions de suivi du projet actée.

Cependant il aurait été sage, comme le demandaient le Maire de Moëlan et les associations de différer l'autorisation d'exploitation et de laisser le temps à l'expérimentation comme vient de le faire la préfecture d'Ile et Vilaine dans un dossier similaire.

En effet, ce projet, même contraint reste très impactant tant d'un point de vue du droit des usagers que d'un point de vue environnemental. Il aura par ailleurs à terre, des conséquences logistiques  largement sous estimées, sans parler du traitement des algues récoltées qui pour le coup relève de la plus totale improvisation.

La mise en culture artificielle d'une seule espèce d’algue, fut elle locale, sur une superficie totalement inhabituelle dans le milieu naturel risque de s'accompagner d' effets collatéraux qui ne peuvent, tel que l'étude a été conduite, être appréhendés. Les porteurs de projet et les services de l'Etat le reconnaissent. Ils ne s'en inquiètent pas outre mesure bien que le danger d’interaction des cultures d'algues avec les populations sauvages d'algues soit classé dans la catégorie « incidences dont le degré ne peut être évalué à priori » et aurait justifié à lui seul l'application du principe de précaution.

Les conditions dans lesquelles l'autorisation d'exploitation a été accordée interroge sur l'exercice de la démocratie réelle.

Le Préfet a décidé de ne tenir aucun compte de l'avis des représentants de la commune la plus concernée par le projet. Au passage, il n'accorde pas plus de considération à l'avis du député de la circonscription.

Le travail des associations, favorables sous condition au développement de la phyco-culture, soulignons le, a été considérée de fait avec distance, malgré la présence en leur sein de spécialistes et de professionnels expérimentés.

Les travaux du collège d'experts mobilisé par l'Etat en 2012, dont les résultats sont consignés dans le rapport intitulé «Expertise du projet de filière d'algoculture alimentaire en Bretagne », ont été superbement ignorés. L'économie du projet Bamejyot Algolesko est en tout point contraire aux conclusions des experts. Ceci explique sans doute cela.

Dans la même veine la Charte des Espaces Côtiers Bretons, récemment élaborée par le Conseil Régional et dont la COCOPAQ est signataire. aurait pu trouver en la matière une belle occasion d'expérimentation. Elle a été soigneusement laissée au tiroir.

Porté par un conglomérat associant aux yeux de la population médusée, l'Etat, une partie des élus et les entrepreneurs (que tout bon citoyen est sommé d'aimer faut il le rappeler), un projet hasardeux, potentiellement porteur de dangers environnementaux et de conflits d'usage, a été validé.

Si le développement à vaste échelle en terme d'espace et de production de la phyco culture est un enjeu d'avenir, mobilisateur de savoir faire, créateur d’emplois pour notre département et pour la Bretagne il y a urgence à définir les critères qui permettront le déploiement harmonieux de cette activité.

Il y a dans le Finistère une tradition multi séculaire d'exploitation, de transformation et d’utilisation des algues. Mais les projets portés à l'échelon européen, national et régional sont d'une autre nature que les pratiques actuelles. Leurs dimensions industrielles et artificielles modifient les approches traditionnelles et supposent que la puissance publique se dote de méthodes d'évaluation en rapport avec les nouveaux enjeux.

La mer, le littoral ont été de tout temps des espaces de production et d'échange. Il n'est as question aujourd'hui qu 'il en soit autrement au moment où  nombre de secteurs de l'activité  maritime connaissent de profondes mutations bouleversant l'économie des territoires. La mer est une espace de production, un espace partagé et doit le rester.

 Dans cet esprit la fédération finistérienne du Parti  Communiste Français considère que le développement de la phyco culture doit être à la fois soutenu et encadré.

Elle propose notamment que :

Les parlementaires du département s'attachent à rendre compatibles les enquêtes publiques avec la nature des projets de mise en culture des algues. Les procédures en vigueur sont celles utilisées pour l'autorisation de concessions conchylicoles et mytilicoles de dimensions modestes et pour des espèces connues. Elle soutiendra toute initiative en ce sens.

Les projets d'algo culture fassent l'objet d'une procédure de publicité et de concertation associant tous les acteurs très en amont de la mise en enquête.

Le référentiel de validation s'appuie sur les documents d'expertise et de gestion durable des territoires

 

le département du Finistère élabore, avec les services de l'Etat, les associations représentatives et les professionnels du secteur un cadre de critères économiques, sociaux et environnementaux et se dote d'une charte de développement durable de la phyco culture. 

 

Commission Maritime du Parti Communiste du Finistère

 

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