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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 07:40

Réunion du 25 juin 2014 en Mairie– bilan annuel DSP Vinci Park

Relation par Ismaël Dupont, élu du Front de Gauche à Morlaix

Le contrat de DSP arrive à échéance le 31/12/2019 – il peut être rompu auparavant par l'une ou l'autre des parties mais la ville devrait rembourser les investissements faits sur les horodateurs, barrières, cablages place Charles de Gaulle.

Vinci a la gestion de 788 places payantes (dont les recettes vont à Vinci EFFIPARC BRETAGNE en échange d'une redevance pour la ville) qui se repartissent comme suit: 255 places Parc de Gaulle Cornic, 76 places place Allende, 457 places sur la voirie.

Les recettes du stationnement payant sur l'année 2013 sont de 566 713€ TTC  (337 806€ pour la voirie, 157 460€ pour de Gaulle Cornic, 71447€ pour la place Allende).

Le recours a la gratuité est très important, ce qui prouve que les Morlaisiens n'ont pas envie de payer pour se garer tout court, et surtout pas envie de payer pour Vinci (30 mn sous barrière, 15 mn sur la voirie, renouvelable éventuellement): Parc Allende 72, 6% / Parc de Gaulle-Cornic 70%, Voirie 53,7%. Le montant moyen du ticket Voirie: 1,20€ en 2013 (contre 2€ en 2012) sur la Voirie, 1,7€ parc Allende, 1,8€ parc de Gaulle Cornic. 

Selon des études que Vinci prétend avoir réalisées, les paiements à l'horodateur sur la voirie présenteraient un taux de respect de 50%

Vinci verse cette année une redevance de 366 230€ fixe à la mairie (sur laquelle est comprise la rétribution des agents communaux qui verbalisent). Niveau de recettes minimum pour que la ville touche la part variable : 792 000€ (contre 565 000€ actuellement).

Deux salariés travaillent pour Vinci Park sur Morlaix: 

Le responsable Grand Ouest de Vinci Parc Effiparc juge lors de la réunion de bilan annuel de la DSP Vinci Park que le bilan d'activité est très inférieur au prévisionnel en termes de chiffre d'affaire.

Cette année, Vinci Parc aurait selon lui une activité déficitaire sur Morlaix en raison de la nécessité d'amortir les investissements (environ 700 000€ de travaux et de dépense dans le matériel au départ) , de recettes inférieures de stationnement aux prévisions de Vinci justifiant la redevance fixe négociée avec la mairie de Morlaix.

Les charges d'exploitation revendiqués par Vinci (et sans doute gonflées, comme il est de coutume) : charges directes (163000€), indirectes (258000€) : total 422000€ - Déficit revendiqué de 196 000€ en 2014.

Du côté de la ville, on commente : « ce déficit s'explique par le déploiement encore récent du service, que les usagers doivent progressivement s'approprier ».

La ville a encaissé via les horodateurs 220275€ et via les abonnements 117531€ soit un total de recettes de stationnement de 337806€ en 2013. Ces 337780€ ont été reversés au délégataire.

Elle paie les ASVP 63 644€ en 2013 (titulaires + saisonniers).

Le solde net pour la ville, selon les calculs des services financiers est de + 292 453€ (en comptant la redevance) contre 63 650€ en 2011, où la ville assurait les charges d'exploitation.

Le taux de paiement par horodateur est très bas selon Vinci, beaucoup plus bas que dans d'autres villes comme Saint Nazaire. Le responsable Vinci se demande s'il n'y a pas des secteurs de la ville ignorés par la surveillance des agents, met en avant le manque d'homogénéité dans la surveillance.

A l'opposé, la ville met en avant les pannes des horodateurs, les dégradations dues à des accidents sur les barrières place Charles de Gaulle et la durée très élevée pour leur remplacement.

Le responsable de Vinci entend revenir à la genèse du contrat, au prévisionnel qui le justifiait, et remettre en cause la gratuité des 15 premières minutes sur la Voirie, des 30 premières minutes sur les parkings sous barrière. Au nom d'une meilleure garantie pour la fluidité des rotations en ville. « On est loin d'atteindre les objectifs initiaux » dit-il. Il faudrait augmenter les tarifs de stationnement payant et supprimer la gratuité.

Première concession qui en annonce d'autres?

Agnès Le Brun et sa majorité proposeront au prochain conseil municipal du 10 juillet d'augmenter légèrement les tarifs du stationnement payant. N'est-ce pas mettre le doigt dans un engrenage défavorable à l'usager?

Déjà, nous qui sommes opposés à la privatisation de l'espace public et de la gestion des parkings, nous constatons que, au détriment peut-être du commerce de centre-ville, la ville gagne financièrement à la DSP et à la réduction du stationnement gratuit ce que l'usager et le citoyen morlaisiens perdent. Un jeu à somme nulle? Pas tout à fait: si le dynamisme du centre-ville en fait les frais.  

Au départ, selon nous, le stationnement payant se justifie uniquement pour assurer la rotation des véhicules, l'accessibilité de la place publique, particulièrement en centre-ville, ou, dans des plus grandes villes, pour valoriser les trajets en transport en commun, réduisant les pollutions. Aujourd'hui, n'est-ce pas un moyen pour la collectivité et Vinci de se renflouer au détriment de l'usager?

Si la délibération de la majorité de droite passe le 10 juillet prochain, à partir de 1h30 de stationnement et jusqu'à 6 heures de stationnement, tous les tarifs augmenteront de 10 centimes, puis de 20 centimes ensuite. L'abonnement mensuel augmentera de 1 €, l'abonnement annuel de 8€.

Les abonnements – selon les constats faits par Vinci, les services de la ville et les élus de la majorité - ont pour effet pervers de figer le stationnement sur la place Allende, la place des Jacobins, la place des Otages, soit l'hyper-centre.

Il n'y a plus de place pour le chaland, le touriste, le consommateur potentiel des commerces de centre-ville. Celui qui en plus pourrait rapporter davantage à Vinci que l'abonné.

Selon la majorité, les commerçants sont dans la schizophrénie, ils se plaignent de la difficulté d'accès au centre-ville pour leurs clients, mais sont les premiers à occuper et figer les places de stationnement. Sa proposition à Vinci : quand les places gratuites du Pouliet seront opérationnelles, renvoyer plus loin les abonnés, faire en sorte qu'ils ne se garent plus dans l'hyper-centre. Le problème, ce ne serait pas le manque de stationnement mais la rotation des véhicules.

Au cœur de la ville, la majorité veut du chaland, pas de l'employé, du commerçant. On veut « privilégier celui qui a un pouvoir d'achat qui peut bénéficier de l'hyper-centre » (le touriste par exemple, ou celui qui veut fréquenter les boutiques). C'est pourquoi on consentirait à durcir la situation pour l'usager place Allende, place des Otages (fin de l'accès abonnement, disparition de la gratuité...?).

Par rapport au refus de paiement, aux stratagèmes pour renouveler les tickets gratuits 15mn, aux recettes inférieures aux prévisions car les morlaisiens quand ils ont un temps important à passer en centre-ville préfèrent venir à pied ou en bus, j'ai rappelé l'évidence: beaucoup de morlaisiens ne veulent pas payer pour Vinci, qu'ils perçoivent Vinci comme un "profiteur", de sorte même que les dégradations de barrière ou d'horodateurs peuvent être perçus comme des actes anticapitalistes, de désobéissance civile, à relier peut-être également avec le conflit autour de Notre-Dame des Landes.

J'ai mis en avant aussi la réduction importante du nombre et des heures de places gratuites aux abords des places payantes et en ville, le choix de certains morlaisiens et habitants des communes périphériques de réduire leurs déplacements au centre-ville, pour ne pas payer pour Vinci.

Sans se prononcer sur le principe de la gestion privée du stationnement par une multinationale, les services financiers mettent en avant le bon impact de la DSP stationnement sur le budget de la ville : 1500 PV une année avant 2008, 7000 aujourd'hui. Taux de paiement du parking bien supérieur. Nombre de contraventions plus normal comparé à la moyenne.

La fin de la réunion fut consacrée aux moyens de réduire la circulation voiture en ville (rocade est, incontournable pour Mme Le Brun, parking payant au centre, gratuit en périphérie) : 8000 véhicules jour rue de Paris, 10000 véhicules jour route de Paris, 8000 véhicules jour rue Gambetta. 

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