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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 21:20

Les salariés de Tilly Sapco, après avoir supporté bien des concessions et des mois de chômage technique et de réduction du temps de travail réduisant leurs revenus, avaient appris par les médias par leur patron que l'activité de production de poulet à l'export allait être suspendue début janvier... C'était une bien curieuse manière d'apprendre la nouvelle à des producteurs qui triment semaine après semaine dans l'incertitude de l'avenir. Mme Lebranchu avait dénoncé cette décision inacceptable et accusé le manque d'anticipation de la suppression des restitutions, annoncée depuis 10 ans mais anticipée par la Commission Européenne à la suite de la décision du Parlement Européen. Il y avait du vrai dans ces déclarations, bien que des investissements dans l'outil de production, la formation et la diversification aient été réalisés par le propriétaire du sîte, Daniel Sauvaget, mais insuffisants pour faire face à la nécessité de s'affranchir de la dictature du prix mondial et de la concurrence des pays à bas coût de main d'oeuvre en réorientant la production vers des poulets de meilleure qualité visant un marché national ou européen. En même temps, c'était là sous-entendre que comme le patron n'avait pas fait son boulot, le gouvernement ne pouvait plus rien faire pour empêcher la fermeture de l'entreprise... Cette manière de plaider une nouvelle fois l'impuissance était inacceptable dans ses effets pratiques. La suspension brutale et anticipée des restitutions (aides à l'exportation des poulets congelés), de l'aide publique qui a alimenté c'est vrai pendant des décennies les profits de patrons peu scrupuleux, condamnait les abattoirs finistériens à de lourdes pertes dont ils pouvaient difficilement se relever en les livrant à la concurrence à l'export sur le marché moyen-oriental des productions brésiliennes, américaines, asiatiques, à bas coût de main d'oeuvre. Des milliers d'emplois étaient et restent en jeu. Le gouvernement doit plaider la cause des salariés et producteurs de l'industrie agro-alimentaire et de l'agriculture bretonne devant l'Europe afin d'endiguer l'hémorragie sociale en Bretagne, et s'il n'est pas entendu trouver des mécanismes de soutiens compensatoires.Les salariés de Tilly, en chômage partiel aujourd'hui, attendaient les résultats du comité d'entreprise extraordinaire mais beaucoup avaient déjà prévu de se mettre en grève reconductible à partir du mardi 5 novembre, en se disant, quitte à être cocus et à tout perdre, autant lutter... Mais aujourd'hui, avec les soutiens des éleveurs, Daniel Sauvaget a été avec eux occuper la sous-préfecture de Morlaix en détruisant préalablement son portail. Une action "spontanée" tout de même bien organisée pour faire pression et donner un avertissement. J'ai été à leur rencontre ce soir avec notre ami syndicaliste de GAD, Patrick Le Goas. Ils étaient 300 ou 400, avec quelques salariés de GAD, des habitants de la région de Guerlesquin, quelques habitants de Morlaix, assis ou debout devant un grand feu. Les CRS étaient juste derrière, prêts à charger. Mais on sentait beaucoup de résolution, de fraternité, d'envie de lutter pour sauver leur gagne-pain et la région, chez les salariés. Investir la sous-préfecture était une manière de mettre l'Etat et le gouvernement devant leurs responsabilités, en s'adressant plus particulièrement aux ministres bretons, Marilyse Lebranchu et Stephane Le Foll.Un millier d'emplois, dont 340 emplois salariés directs, étaient en jeu, et aussi l'avenir des communes de Guerlesquin, déjà fortement touché par le chômage et la crise, de Plounérin (40 salariés de chez Tilly), de Plougras (70 salariés de chez Tilly), et de bien d'autres encore dans le Trégor. Si ces emplois étaient détruits, ce serait dans la foulée des écoles, des commerces, des services publics qui seraient touchés de plein fouet. Finalement, à 9h30, Mr Sauvaget a annoncé aux salariés que le député Gwenegan Bui avait obtenu de Stephane Le Foll une rencontre des représentants de Doux et de Tilly avec le commissaire européen, en présence du ministre de l'agriculture, pour voir comment contrecarrer les effets de la fin des restitutions ou revenir sur cette décision. Un pas de fait. L'urgence étant là.L'entreprise est en très mauvaise posture financièrement. Les coopératives gérant les poules pondeuses menaçaient du fait de leurs pertes depuis juillet d'arrêter la production sous quinze jours, ce qui aurait eu pour effet de couper les approvisionnements de l'abattoir et d'empêcher toute reprise de l'activité. Il faut maintenant que l'Etat s'engage pleinement pour maintenir les emplois à Tilly, mais aussi pour accompagner et diriger le changement progressif du modèle agricole breton, clairement à bout de souffle, et l'écotaxe n'y est pour rien, les partisans forcenés du libéralisme et de l'agriculture productiviste, les patrons, si.  Il faut réorganiser, reconvertir la filière vers de l'alimentation de qualité destinée au marché national. L'élevage hors sol est arrivé au bout de sa logique. Tout cela ne se fera pas en un jour mais il ne faut croire qu'on va reconstruire non plus sans dommage une agriculture plus "vertueuse" sur des ruines sociales.   Ismaël Dupont          Morlaix : les Tilly-Sabco occupent la sous-préfecture Le Point

La grille de la sous-préfecture de Morlaix (Finistère) a été défoncée lundi à l'aide d'un engin de levage lors d'une manifestation des salariés de l'entreprise ...
 
La grille de la sous-préfecture de Morlaix (Finistère) a été défoncée lundi lors d'une manifestation des salariés de l'entreprise agroalimentaire en difficulté Tilly-Sabco, deuxième exportateur de poulets français.

Les Tilly-Sabco quittaient lundi soir la sous-préfecture de Morlaix qu'ils occupaient, à la demande de leur PDG. Ce dernier a reçu l'assurance du ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll d'une demande de rendez-vous avec le commissaire européen pour défendre les restitutions européennes. "J'ai demandé à ce qu'on lève le camp", a déclaré à l'AFP le PDG de Tilly-Sabco, Daniel Sauvaget. "Le ministre (de l'Agriculture, Stéphane) Le Foll s'est engagé par écrit à demander un rendez-vous cette semaine avec le commissaire européen à l'Agriculture, Dacian Ciolos, auquel il participera avec les représentants de la filère, pour défendre les restitutions européennes", ces aides à l'export supprimées par Bruxelles.

En milieu d'après-midi, entre 150 et 200 salariés de l'entreprise, mais aussi des éleveurs de poulets, avaient pénétré dans la cour de la sous-préfecture, après que la grille eut été défoncée à l'aide d'un engin de levage. Les manifestants étaient décidés à rester sur les lieux et avaient allumé un feu, alimenté avec des feuillages et des pneus, tandis que le PDG de l'entreprise, Daniel Sauvaget, s'entretenait avec le sous-préfet.

Un millier d'emplois menacés

Daniel Sauvaget a annoncé la semaine dernière qu'à partir de janvier, Tilly-Sabco cesserait son activité de poulet export. Celle-ci représente 90% de son chiffre d'affaires (136 millions d'euros en 2012) et occupe la quasi-totalité de ses employés (300 sur 340 salariés). Au-delà de Tilly-Sabco, un millier d'emplois seraient menacés, selon Daniel Sauvaget. Le 18 juillet, Bruxelles a supprimé les aides à l'exportation pour les poulets congelés. Ces "restitutions" permettaient aux poulets européens de concurrencer les volailles brésiliennes sur le marché international, notamment au Moyen-Orient.

 

 

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