Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 11:59

Aujourd'hui, le Ouest-France titre: "Le Traité européen adopté haut la main".

Le journaliste social-libéral Michel Urvoy s'en félicite tout en soulignant un peu cyniquement l'exploit tactique accompli par François Hollande en faisant adopter par 477 députés contre 70 "un texte que l'on a longtemps diabolisé", le PS y compris. L'éditorialiste a le culot de dire ensuite, avec un certain mépris pour la démocratie parlementaire: "Cette solennelle formalité accomplie, il ne reste plus qu'à passer aux travaux pratiques". 

Etait-ce vraiment une formalité de voter le traité de l'austérité à tout crin et de la mise sous tutelle budgétaire contre l'avis de plusieurs grands syndicats français (CGT, SUD, FSU, FO), de la Confédération européenne des Syndicats, du MJS, du Front de Gauche, d'Europe Ecologie les Verts, des souverainistes de droite et d'extrême-droite, et surtout contre la volonté de 65% des Français voulant que la ratification de ce traité soit soumise au référendum? 

Etait-ce une formalité de s'exposer dans quelques années à une déroute de l'idée européenne et de la gauche de gouvernement qui sera vraisemblablement sanctionnée pour avoir abdiqué devant le néo-libéralisme et accepté, à l'encontre de ses promesses de changement et de progrès, de casser pour cela la protection sociale, les services publics et la souveraineté du peuple? Et tout cela pour défendre de dérisoires intérêts personnels et partisans sur le court terme. Et tout cela parce qu'on n'a pas le courage ou la volonté de changer véritablement un système financier et politique européen de plus en plus oligarchique, inégalitaire et destructeur.  

Ce mardi 9 octobre restera à mon avis dans les annales de la République comme un jour révélateur de la médiocrité parlementaire présente, du vérouillage complet du débat démocratique accompli par le présidentialisme et de la trahison quasi unanime de valeurs démocratiques et sociales qui légitimaient nos institutions depuis l'après-guerre. Ce sera aussi une date clef quand il s'agira de sonder les responsabilités dans la fuite en avant vers la destruction des systèmes sociaux européens et de l'idée d'union européenne elle-même. Un lâche soulagement a dû s'emparer des responsables socialistes comme en 1938 à Munich: ouf, ils n'ont pas mécontenté le puissant voisin allemand. Tout peut continuer comme avant, ou presque...

Il n'y avait qu'à voir hier l'accueil révolté et haineux réservé à Angela Merkel en Grèce pour pressentir quels terribles lendemains de tensions entre les peuples on prépare en appliquant aveuglement les recettes anti-sociales et aberrantes économiquement aussi bien qu'humainement du néo-libéralisme.  

Les contorsions verbales des députés socialistes pour faire faire état de leurs états d'âme ou de leur temps de réflexion et d'indécision passé quand finalement ils votent le texte par confort personnel m'apparaissent bien pathétiques. La palme du ridicule serait peut-être à attribuer à Richard Ferrand, député PS de la circonscription de Carhaix-Châteaulin, qui dit dans le Ouest France avoir voté le TSCG hier, "oui, mais en marche arrière".  

Il ne croit pas si bien dire: il en faudra du "courage", pour reprendre les mots employés à contre-emploi de Michel Urvoy (l'anti-phrase étant la figure par excellence de la novlangue néo-libérale) à un gouvernement et à une majorité de gauche pour, au nom de la chimère du zéro déficit (en temps de quasi récession surtout), réduire le pouvoir d'achat des Français, l'accès universel aux droits fondamentaux (santé, transports, culture, éducation, aide à l'autonomie, justice...) et défaire des décennies de conquêtes sociales, pour réduire enfin nos coûts de production en diminuant les salaires (leur part indirecte notamment, sous forme de cotisation sociale) afin soi-disant de créer ce fameux "choc de compétitivité" permettant de faire revenir la croissance.

 

Avec ce lien, vous pouvez voir quel a été le vote de nos députés: Gwenegan Bui a voté le texte, avant que Jean-Luc Fichet ne le fasse les yeux fermés au Sénat. Au PS, seuls 20 députés ont voté contre, contre 264 qui ont voté pour!

 

  http://www.assemblee-nationale.fr/14/scrutins/jo0030.asp

 

Alain David nous recommande aussi à juste titre le visionnage de l'intervention d'André Chassaigne qui, après Alain Bocquet, a tenté de faire entendre la voix de la raison et de la démocratie dans une Assemblée malheureusement peu concernée.             

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011