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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 05:31

ACTE 3 DECENTRALISATION – BREST METROPOLE

Depuis fin février 2014, BMO fait partie des 14 métropoles françaises validées par l'acte 3 de la décentralisation, réforme territoriale portée par Marilyse Le branchu. 

Cette nouvelle qualification a fait son apparition dans le langage, surtout dans la communication, depuis quelques années, sans pour autant se départir de son mystère. Métropole, mégapole, fait métropolitain, nouveaux termes à ingurgiter, les explications viendront après. Cela éloigne un peu plus les citoyens du fait politique. Comparaison nécessaire avec l'opacité de la mise en œuvre du Grand Marché Transatlantique.

BMO (207 000 habitants) a pu rejoindre le cercle restreint des communautés de communes primées en plaidant l'amputation de son territoire du fait de la présence de la mer alors qu'elle exerce des fonctions similaires à Rennes et Nantes pour le Grand Ouest. Elle dispose aussi d'un CHU, d'une Université et d'un aéroport.

Ainsi se dessine une France auréolée d'une mégapole mondiale (Paris), complétée des métropoles et de leurs pôles d'excellence. Paris et Londres sont porteuse de la dimension internationale de l'Europe (sans doute surtout pour les activités financières qu'elles génèrent). Lyon, Marseille et Lille sont sur une dimension européenne. Les autres villes viennent ensuite compléter le schéma territorial avec en pointillé l'idée de renforcer les régions, tout en procédant à un redécoupage si nécessaire, et diminuer le rôle du département avec une redistribution des compétences. Fin programmée du tryptique commune/département/état au profit du tryptique métropole ou intercommunalité/région/Europe. De plus fin de la compétence générale pour les collectivités territoriales avec les collaborations qu'elle permettait.

Compétences des métropoles : mobilité durable, organisation des services publics de proximité (dont la distribution de l'eau, les déchets), aménagement de l'espace (PLU, logements sociaux), développement local.

A côté : incitation au regroupement volontaire des communes sous forme d'EPCI. Tout cela conditionne la redistribution des aides et des compétences d'Etat délégables, comme par exemple la politique du logement (dont l'application loi DALO et les réquisitions qui ne dépendraient plus du préfet); 

Important pour BMO: en tant que métropole, elle peut participer au contrat de plan Etat-Région pour défendre ses intérêts. On peut donc penser que dans un schéma national qui se dessinait depuis les années 1980, elle n'a pu que prendre le train en route. Mais on peut aussi remarquer qu'elle avait bien le profil de l'emploi: tertiarisation à outrance (cf le port) et gentrification (Saint Martin), politique d'attractivité pour l'extérieur laissant tout une partie de sa population se marginaliser, acceptation de la compétitivité (pôle) en lieu et place de la coopération entre villes "d'exception" en lieu et place d'une ville ordinaire qui aurait son travail de réseau vers l'extérieur (Lorient, Concarneau, Quimper, Saint Brieuc...). On peut aussi s'interroger sur le déqéquilibre ville-campagne que cette logique accentue et la redistribution de l'Etat providence hors zones métropoles.

Pourtant d'autres pays ont fait des choix différents. Citons l'Allemagne avec des régions très autonomes et fortes, mais aussi avec un réseau de villes moyennes qui maille sans déséquilibres le territoire. C'est ce schéma qui pouvait qui peut toujours être mis en avant car c'est une des particularités de la Bretagne. A l'inverse, dans d'autres pays, la place faite aux régions renforcées ou pas des métropoles, fait courir le risque d'une destabilisation nationale rapide (exemples de la Catalogne, du Nord de l'Italie, de la Frandre) qui s'accompagne d'un identitarisme à l'antipode des solidarités internationales dont nous sommes porteurs.

Quelles propositions pouvons-nous élaborer sur ce constat, quelles vigilances aussi?

- Rétablir un début de démocratie dans ces processus par l'information des citoyens sur les enjeux en cours;

- rejeter toute gouvernance (à nouveau un terme mis en oeuvre pour faire accepter le manque de démocratie) qui ne soit pas réellement basée sur une élection;

- la construction d'une ville est une des compétences humaines au même titre que le langage. Elle doit pouvoir le rester. Pour cela la priorité doit être un retour à l'équilibre entre production et gestion des services publics qui garantisse la possibilité d'une politique égalitaire sur le territoire. Pour cela, la ville doit s'interroger sur les emplois qu'elle veut créer, les productions dont elle a besoin, les reconversions nécessaires, les enjeux écologiques. Le débat doit être largement médiatisé pour redonner sens au politique à tous les habitants. 

 

Christine Panaget Le Roy

- N°2 sur la liste du Front de Gauche à Brest "Colère de Brest" aux municipales de 2014, candidate suppléante aux législatives avec Bertrand Seys à Brest rural en 2012, candidate sur la liste "Finistère à gauche toute. Rassembler contre l'austérité" à l'élection sénatoriale du 28 septembre 2014. 

sénatoriales christine panaget

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