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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 17:47

REUNION PUBLIQUE

  

     Vendredi 7 juin 2013 à 17h30

 

Halles de Guerlesquin

 

"Quel avenir pour l'agro-alimentaire breton? "

 

Dans le cadre d'un travail régional du PCF sur l'agriculture et l'agro-alimentaire débouchant sur une conférence régionale à l'automne 2013 avec les syndicats et acteurs de la Filière

 

Le PCF du pays de Morlaix organise une réunion publique pour réfléchir aux moyens de préserver les emplois dans l'agro-alimentaire breton, nécessaires pour notre territoire et notre souveraineté alimentaire, tout en améliorant les conditions de travail des salariés et en réorientant l'activité pour répondre aux besoins sociaux en matière de santé publique, de qualité de l'alimentation, de préservation de l'environnement.

 

Avec les interventions de: 



Xavier Compain, membre du conseil national du PCF en charge de l'agriculture . 

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Corinne Nicole, salariée chez Tilly-Sapco à Guerlesquin, déléguée syndicale CGT.  

 

avenir filière avicole   

Olivier Le Bras, délégué syndical central FO, représentant des salariés de GAD SAS pendant le redressement judiciaire

 

olivier-le-bras-copie-1.jpg

  

Patrick Le Goas, représentant syndical FO, délégué du personnel à GAD Lampaul-Guimiliau

    

 

POINT DE VUE -

 

Alors que la politique d'austérité du gouvernement  obéissant aux objectifs ultra-capitalistes de  l'Union Européenne aggrave la crise sociale causée par la rapacité de la finance, ce sont des milliers de salariés et d'ouvriers de l'agro-alimentaire qui sont dans l'incertitude par rapport à leur avenir dans notre région alors que la Bretagne compte déjà 15% de chômeurs.  

 

5 ans après la fermeture d'un site à Carhaix, 150 CDI et 150 emplois saisonniers sont menacés de disparition à Rosporden à l'usine Boutet-Nicolas de Rosporden appartenant à la coopérative légumière CECAB. L'argent produit par les salariés est réinvesti ailleurs. La politique industrielle saccagée par des objectifs de rentabilité financière immédiate.  Le PCF Finistère interpelle le gouvernement: Nous réclamons un moratoire sur les licenciements en France. Ici, l'entreprise tourne très bien, l'objectif de fermer est financier. Jusqu'au milieu des années 1980, il fallait une autorisation administrative de licenciements. Cette loi a été abrogée, nous demandons son rétablissement.

 

782 salariés du Pôle frais de Doux ont été licenciés le 10 septembre 2012 à la suite de la liquidation judiciaire décidée par le tribunal de Quimper. Sept mois plus tard, 118 d'entre eux seulement ont réussi à retrouver un emploi et encore ... seuls 18 salariés licenciés ont eu "la chance" de retrouver un  CDI.  Le 14 mai, nous avons appris avec stupeur que les 147 salariés restants du site de Doux Pleucadeuc dans le Morbihan allaient perdre leur emploi à leur tour, victime de la gestion financière et industrielle inconséquente de Doux ces dernières années     

 

Avec la suppression brutale des restitutions sur l'exportation de poulet congelé décidée au niveau de l'UE pour se plier aux règles de l'OMC, l'entreprise Tilly-Sapco pourrait également traverser des difficultés, alors que des efforts importants avaient été fait dans l'amélioration de l'outil de travail et des formations.    

 Le PCF Morlaix a dénoncé le plan de réduction rapide et sans contrepartie des restitutions européennes facilitant l'exportation de poulets congelés bretons au Moyen Orient. Des aides divisées par deux brutalement en janvier après avoir été réduites de 30% en octobre...

Au nom de l'économie budgétaire et du libéralisme, on accepte en réduisant ces aides à l'exportation que la concurrence allemande, américaine, brésilienne, asiatique, qui produit du poulet congelé dans des conditions sociales, écologiques et sanitaires moins bonnes, récupère les clients étrangers de Doux et de Tilly-Sapco. On désorganise la filière avicole bretonne alors qu'elle génère au moins 5000 emplois et que la France importe 40% de la volaille consommée sur le territoire.

Les restitutions, en tant qu'aides directes aux industriels non conditionnées par un droit de regard et de contrôle par les salariés ou les donateurs publics, n'étaient évidemment pas la panacée. Pendant longtemps, elles ont servi de pompe à fric pour des fortunes privées sans être réinvesties dans les salaires, la formation des salariés de l'agro-alimentaire, ni dans l'amélioration de l'outil de travail.

 

Il faut repenser la conditionnalité de ces aides sans les supprimer dans l'immédiat. On ne peut se satisfaire que le marché et la libre concurrence détruisent à eux seuls à vitesse rapide une filière de l'élevage et de l'abattage qui représente le principal vivier d'emploi en Bretagne avec le secteur public.

 

Il aurait été de la responsabilité du gouvernement d'agir au niveau européen pour contraindre la Commission à revenir sur cette décision brutale prise sans aucune concertation et d'agir pour que cessent les inégalités fiscales et sociales qui mettent les peuples en concurrence. Il lui revient aussi de créer les conditions d'un débat sur la nécessaire reconversion d'une filière avicole davantage tournée vers la qualité, le marché intérieur, moins tributaire de l'exportation.

 

 Aux abattoirs Gad aussi, des centaines de salariés sont sur la sellette et se battent pour conserver leurs emplois. Le PCF et le Front de Gauche soutiennent leur lutte.

 

Le groupe GAD compte 650 salariés CDI à Josselin, 850 salariés CDI à Lampaul Guimiliau, 50 au siège social de Morlaix, 77 sur Saint Nazaire. Ce groupe appartient aussi depuis quelques années à la coopérative légumière CECAB. Cette coopérative est gérée de manière capitaliste et sans cohérence pour le maintien et le développement des activités. Il y a eu une mauvaise gestion avérée.

Les conditions de travail à GAD sont très dures du fait de la nature de la tâche, des horaires décalées, des cadences, des gestes à faire à répétition: beaucoup d'ouvriers sont usés par le travail, souffrant de troubles musculo-squelettiques et de douleurs, utilisent des antidouleurs pour moins souffrir au travail.

Les salaires sont très bas, à un niveau révoltant.

Avant le regroupement avec Josselin qui appartenait à la CECAB, l'abattoir de Lampaul-Guimiliau était bénéficiaire. En 2012, il a fait 19,4 millions d'euros de pertes, ce qui est considérable.

Comment cela s'explique t-il? Cela n'est pas seulement imputable à la crise porcine, qui provoque la fermeture d'autres abattoirs dans l'Ouest: un cours du porc très bas en raison de la pression des hypermarchés et de la concurrence des pays à bas coût de production, le prix des aliments trop élevé du fait de la spéculation sur les matières premières agricoles, ce qui se traduit par de la casse chez les producteurs de porcs et un moindre approvisionnement.

Comme les perspectives d'avenir ne sont pas reluisantes, les éleveurs, contraints de faire des travaux dans leur installation pour se mettre aux normes environnementales européennes et aux normes « bien être animal », préfèrent réduire leur nombre de truies, ce qui fait que les abattoirs travaillent en « sous-régime ».

 

GAD souffre aussi de la concurrence allemande. En Allemagne, la main d'œuvre des pays de l'est qui travaille dans les abattoirs (Pologne, ex-Yougoslavie) est payée 600€ par mois. Du coup, ces abattoirs peuvent se permettre d'acheter le porc aux producteurs à un meilleur prix. C'est comme ça que les producteurs indépendants du Finistère se trouvent à envoyer 2000 porcs par jour en Allemagne alors que GAD Lampaul-Guimiliau, qui a des marges suffisantes, dans « les belles années », avec 5200 cochons par jour, tourne aujourd'hui au ralenti, avec environ 3600 cochons par jour.
On marche sur la tête! A cause de cette libre concurrence et de ce dumping social lié à la mise en concurrence de systèmes sociaux inégaux, on multiplie les déplacements et on délaisse l'emploi local.

   

Pour sortir de l'impasse, il faut réorienter globalement notre politique à l'échelle européenne et française et sortir de l'ultra-libéralisme:

  • Priorité au bien-être des salariés par rapport aux logiques de profit financier: le « bien-être animal » est à prendre en compte, mais celui des ouvriers aussi!

  • Soutien de l'État pour une réappropriation publique et une gestion par les représentants des salariés et de la collectivité de l'entreprise où l'on est en train de casser l'emploi.

  • Droit de regard effectif des syndicats sur la direction d'entreprise.

  • Lutte contre le dumping fiscal et social en Europe par la promotion d'un salaire minimum européen garanti, un protectionnisme minimal permettant de relocaliser les circuits de production-distribution.

  • Contrôle des marges de la grande distribution.

  • Planification écologique visant la souveraineté alimentaire et industrielle comme la prise en compte réelle des enjeux environnementaux.

Il faut aller vers des productions de meilleure qualité, une agriculture plus respectueuse de l'environnement et davantage tournée vers le marché intérieur. La qualité de l'alimentation et la qualité des eaux, le recentrage sur les circuits courts sont à prendre en compte. En même temps, cette évolution doit se préparer, être dirigée par étapes, progressivement, sans être laissée aux mains des forces de marché et sans sacrifier les emplois.

 

 

 

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