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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 06:05

 

Le 21 novembre se tient à Paris le grand rassemblement de Fabien Roussel en faveur du pouvoir d’achat et de l’emploi. Le candidat du PCF à la présidentielle défend un « pacte pour le progrès social et l’écologie à 140 milliards d’euros » dédié à « un vrai projet de société ». GRAND

ENTRETIEN 

 

Le capital coûte cher, très cher. Tous les ans, ce sont plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux », dénonce le député du Nord. À l’opposé de cette logique libérale, le candidat pour des « jours heureux » détaille ses propositions et leur financement : baisse des factures d’énergie, augmentation des salaires, réindustrialisation, développement des services publics, réduction des « vraies charges qui pèsent sur les entreprises », ou encore transports gratuits…

 

La lutte contre la vie chère et pour l’emploi est au cœur de votre campagne. La question du pouvoir d’achat arrive en tête des préoccupations, quelles mesures mettriez-vous immédiatement en place si vous étiez élu ?

FABIEN ROUSSEL 

Cet hiver, beaucoup de familles, d’enfants, de retraités risquent d’être contraints de choisir entre se nourrir ou se chauffer, de sombrer dans la misère. Nous ne pouvons pas attendre les élections. Notre rassemblement du 21 novembre à Paris est une grande journée de lutte et de mobilisation pour interpeller le gouvernement sur les mesures d’urgence pour dire stop à la vie chère et porter des propositions pour l’emploi, la formation et les salaires. Les hausses des factures de gaz, d’électricité, d’essence vont s’ajouter à celles des mutuelles, des loyers, des prix de l’alimentation… Cela représente dès maintenant des pertes de pouvoir d’achat de plus de 100 euros par mois. Le gouvernement distribue de petits chèques alors que, durant tout ce mandat, il en a signé de gros, par dizaines de milliards, aux plus riches. Le capital nous coûte cher, très cher, entre le Cice, l’ISF, la flat tax, l’exit tax… Tous les ans, ce sont plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux. Il faut mettre fin à cette gabegie de dépenses publiques, et utiliser cet argent pour baisser les taxes afin de réduire sans attendre de 30 % les factures de gaz et d’électricité, et le litre de carburant.

Mais nous savons que cela ne suffira pas : l’enjeu est aussi de consommer moins. Nous voulons donc un vaste plan de rénovation thermique des bâtiments et logements de 23 milliards d’euros par an et un plan de développement des transports en commun. Dans les 45 métropoles de notre pays, l’État doit prendre à sa charge leur gratuité, en priorité pour les moins de 25 ans et les salariés. Dans les autres territoires, je propose que les 50 % du ticket de TER des salariés non remboursés par l’employeur le soient par l’État. Le TER sera gratuit pour se rendre au travail. Exit les cars Macron, bienvenue aux trains Roussel.

Icon QuoteLe gouvernement distribue de petits chèques alors que, durant tout ce mandat, il en a signé de gros, aux plus riches. (...) Soit plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux par an. »

 

Comment augmenter le Smic et les salaires, comme vous le proposez également, sans mettre en difficulté les entreprises, notamment les plus petites ?

FABIEN ROUSSEL 

D’abord, nous proposons une hausse du Smic à 1 800 euros brut, mais aussi que tous les salaires soient indexés à l’inflation. C’est ce que l’on appelait auparavant l’échelle mobile des salaires, qui n’existe plus depuis près de quarante ans. Et, de ce fait, le salaire moyen se tasse. Pire, dans certaines branches professionnelles, le salaire minimum est inférieur au niveau du Smic. Pour les fonctionnaires, dont le point d’indice est gelé depuis douze ans, il faut augmenter de 30 % les salaires. Bien sûr pour les catégories C, dont les revenus sont très bas, mais je pense aussi à ces sages-femmes, par exemple, qui, après cinq ans d’études, sont à 1 800 euros net. Pour les entreprises, augmenter les salaires sera possible car je propose de baisser les charges.

Vous pensez sans doute à d’autres « charges » que celles sans cesse évoquées par la droite pour s’attaquer au « coût du travail » ?

FABIEN ROUSSEL 

De Xavier Bertrand à Emmanuel Macron en passant par Éric Zemmour et Marine Le Pen, ils n’ont en effet que ces mots-là à la bouche. Eux parlent des cotisations qui permettent pourtant de financer notre système de solidarité, la Sécurité sociale. Moi, je parle des vraies charges qui pèsent sur les entreprises. Elles sont au nombre de trois. À commencer par les factures énergétiques, qui s’envolent du fait de la libéralisation et dont nos entreprises souffrent aussi. Elles ont besoin d’accéder à une électricité moins chère et décarbonée. C’est un enjeu tant économique que climatique qui nécessite de monter en puissance dans un mix énergétique avec une grande part d’électricité nucléaire.

Il faut également réduire les charges des assurances. C’est peu de le dire, ces dernières n’ont pas été au rendez-vous de la pandémie et continuent d’augmenter les cotisations alors qu’elles sont assises sur un tas d’or, avec près de 100 milliards d’euros de fonds de réserve. Je propose de nationaliser Axa et de créer une garantie d’assurance publique aux entreprises beaucoup moins chère.

Ces charges financières sont enfin celles imposées par les banques pour des crédits de surcroît difficiles à obtenir. Nous voulons une banque publique qui prêtera à taux zéro pour des investissements qui permettent de relocaliser l’activité, la transition écologique, de former et d’embaucher, notamment des jeunes.

Icon Quote Quand on additionne les besoins pour l’école, la santé, la police, les éducateurs, la justice... ce sont plusieurs centaines de milliers d’emplois à créer.

 

Vous défendez également un plan de « reconquête industrielle et de relance des services publics ». Comment éviter les délocalisations et réinvestir dans les services publics ?

FABIEN ROUSSEL 

La France a perdu 2 millions d’emplois industriels en vingt ans. C’est une catastrophe nationale, un crime organisé contre notre industrie. Mon plan, c’est d’abord un moratoire sur toutes les délocalisations en cours. Car, quand on perd des compétences dans l’automobile, dans l’aéronautique, dans le textile, il faut des années pour les reconquérir. L’État est complice de ce grand déménagement industriel, or il peut et doit non seulement mettre un garrot sur cette hémorragie mais aussi reconstruire des filières entières, comme celle du textile, du médicament…

Que l’on ne me dise pas que c’est un coût pour le climat. C’est faux. En l’espace de quinze ans, les émissions de COimportées ont augmenté de 75 %, alors qu’ici elles sont en train de baisser. Cette politique de relocalisation de l’activité doit être menée par tous les pays et aller de pair avec des circuits de coopération, hors loi du marché, sur les matières premières.

Pour nos services publics, un pacte sans précédent est nécessaire pour rattraper tous les retards. Quand on additionne les besoins pour l’école, pour l’accompagnement des personnes âgées, pour la santé, la police, les éducateurs, la justice, ce sont plusieurs centaines de milliers d’emplois à créer.

 

Où entendez-vous trouver les moyens de financer toutes ces ambitions ?

FABIEN ROUSSEL 

Je propose un pacte européen pour le progrès social et écologique. Un pacte pour l’emploi et le climat, pour sortir du dogme de l’austérité et de la concurrence libre et non faussée. Parce que le pacte budgétaire est mort ! Remis en cause par la pandémie, les 3 % de déficit et les 60 % d’endettement inscrits dans le marbre du traité de Maastricht et du pacte de stabilité n’existent plus. Tout le monde le dit. Il est donc nécessaire d’en écrire un nouveau qui permettrait de mobiliser 6 % du PIB européen, c’est-à-dire 900 milliards d’euros par an.

Et nous proposons pour la France le même pacte à hauteur de 6 % de notre PIB, soit 140 milliards. Ce pacte budgétaire européen sera financé par la Banque centrale européenne, qui pourra faire tourner la planche à billets, non plus pour gaver les marchés financiers mais pour ces investissements utiles. Il sera aussi abondé par les ressources nouvelles que nous obtiendrons des multinationales en faisant participer le capital. C’est une bataille à mener à l’échelle de l’Union européenne, mais c’est autrement plus ambitieux que les 750 milliards d’euros actuellement prévus pour six ans.

Icon Quote Nous proposons, pour notre réforme des retraites, une cotisation de 11 % appliquée aux revenus financiers. Elle permettrait de récolter près de 30 milliards d’euros par an. »

 

À rebours de ce qu’a exposé Emmanuel Macron lors de sa dernière allocution, vous proposez de réduire le temps de travail. Comment y parvenir tout en préservant les salaires, les emplois et notre système de protection sociale ?

FABIEN ROUSSEL 

La première réforme que nous devons faire, la plus urgente, c’est celle des retraites, pour permettre de partir à 60 ans avec une bonne pension, et d’être remplacé par l’embauche d’un jeune. L’autre urgence est aussi de réduire le temps de travail hebdomadaire. Pas par dogme, mais parce que nous préférons travailler moins pour travailler tous et bien. Je ne le ferai pas en l’imposant brutalement à toutes les entreprises du jour au lendemain. Cette réduction doit se faire progressivement dans le dialogue et la concertation, en fonction des réalités des entreprises, mais surtout en tenant compte des conditions de travail et du besoin grandissant de formation.

Beaucoup de métiers ne sont plus attractifs tellement ils sont pénibles. On doit pouvoir s’épanouir au travail ! C’est pour cela que notre programme, à nous communistes, est un projet de société. L’attractivité du travail n’est pas qu’une question de salaires. Je porte l’ambition que nous redonnions collectivement du sens au travail pour retrouver le goût de participer à un projet de société, à la reconstruction de notre pays, à la transition écologique. La réduction du temps de travail doit s’inscrire dans ce projet-là. C’est ce qu’est en train de réaliser Yolanda Diaz en Espagne, la ministre communiste y engage ce travail par secteur et dans le dialogue. Elle fait la démonstration, par petites touches, que c’est possible et que c’est aussi dans l’intérêt des entreprises.

Le déficit de la protection sociale est imposé comme argument massue par les détracteurs de ces propositions…

FABIEN ROUSSEL 

Et notre système de protection sociale a toujours été basé sur un financement solidaire du travail. Or, aujourd’hui, le capital participe de moins en moins à son financement. C’est pour cela que nous proposons, dans notre réforme des retraites, une cotisation de 11 %, comme celle qui existe sur les salaires, appliquée aux revenus financiers. Elle permettrait de récupérer près de 30 milliards d’euros par an dans le financement de notre protection sociale.

Une autre de mes priorités : l’égalité salariale femmes-hommes, pour mieux valoriser tous ces métiers où 80 % de femmes sont en première ligne, sous-payées et maltraitées. Ce serait non seulement un progrès pour la moitié de l’humanité, les femmes, mais aussi un atout économique. L’égalité salariale rapporterait 5 milliards d’euros dans les caisses de l’État.

 

L’extrême droite et la droite extrême, très médiatisées dans cette campagne, rendent l’immigration responsable de tous les maux sociaux. Qu’y opposez-vous ?

FABIEN ROUSSEL 

C’est pire que ça. Ce n’est pas seulement l’immigration qui est pointée, ce sont aussi des Français qui, en fonction de leur religion ou de leur couleur de peau, sont stigmatisés. C’est une forme d’apartheid qui est mise en débat à travers des candidats qui osent tout. Tout est fait pour diviser la société. C’est honteux. Cela faisait très longtemps que les principes de la République n’avaient été à ce point mis en cause par l’encouragement au repli sur soi et à la haine de l’autre.

L’extrême droite ne remportera pas l’élection présidentielle. Mais ses idées sont un danger majeur pour le vivre-ensemble et nos libertés. Il faut donc combattre à chaque instant ses idées qui diffusent dans le pays et risquent de continuer à nous opposer en fonction de nos couleurs, nos religions, alors que nous avons besoin d’être unis, de lutter ensemble pour de nouvelles avancées sociales et démocratiques. Or, je sens monter l’individualisme, le repli sur soi, la haine de l’autre. Je veux lancer un grand appel à ceux qui se détournent de la politique, qui ne veulent plus voter et qui sont aujourd’hui exploités, maltraités, méprisés. Il faut qu’ils envahissent les urnes, mais en votant pour des jours heureux et pas pour des heures sombres.

 

Comment comptez-vous inverser la donne à l’heure où les sondages sont défavorables à la gauche ?

FABIEN ROUSSEL 

Si nous disions que l’issue est de reconstruire la gauche qui a déçu, qui a trahi, ce serait pire que mieux. Cette gauche-là, qui a été au pouvoir et qui a tourné le dos aux aspirations populaires, a aussi une responsabilité dans la crise démocratique que nous traversons, car elle a contribué à nourrir l’abstention et le rejet de la politique. Je ne veux plus revivre de tels désenchantements. Il existe une gauche qui a le courage de s’attaquer à la finance, de mettre en place des réformes au service du peuple, avec le peuple. C’est ce que je veux incarner dans cette campagne.

 

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