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24 août 2021 2 24 /08 /août /2021 05:58

 

Le niveau 2 du protocole sanitaire s’appliquera à partir du 2 septembre. Le ministre de l’Éducation nationale confirme que la vaccination sera l’outil quasi unique de lutte contre la pandémie à l’école.

Disparu, volatilisé, dispersé façon puzzle… Éradiqué ? On a eu beau la lire et la relire : pas la moindre trace du variant Delta dans les réponses – ni, d’ailleurs, dans les questions – données par Jean-Michel « Magic » Blanquer à l’interview-fleuve qu’il a accordée au Journal du dimanche, le 22 août.

 

Ne pas faire croire que l'école est un talon d'Achille

Ce variant inquiète pourtant les épidémiologistes et, comme l’écrivait Santé publique France dans son point épidémiologique du 19 août, entraîne ces dernières semaines un taux d’incidence « en augmentation dans toutes les classes d’âge chez les jeunes enfants » (0-10 ans). C’est que, pour le ministre de l’Éducation nationale, il ne s’agirait pas de « faire croire que l’école aurait été le talon d’Achille de la gestion de la crise ». La rentrée 2021-2022 se fera donc sans sortir du sillon de « mesures sanitaires qui ont fait leurs preuves ».

Comme l’an dernier, au lieu de passer par les canaux d’information officiels, le ministre a choisi le JDD pour faire connaître ses décisions. Un procédé que Sophie Venetitay, nouvelle secrétaire générale du Snes-FSU (premier syndicat de l’enseignement secondaire), juge « insupportable » : « Il faut payer pour savoir dans quelles conditions on va exercer dans dix jours ! Je ne connais pas une autre profession qui soit dans ce cas », s’indigne-t-elle. Avantage annexe pour le ministre : une vague interview engage beaucoup moins sa responsabilité qu’une circulaire officielle.

 

Pas de passe sanitaire

Parmi les quatre niveaux d’alerte fixés par le protocole sanitaire du 23 juillet, c’est le niveau 2 qui sera en vigueur sur tout le territoire métropolitain. C’est « celui qui nous permet d’avoir la rentrée la plus normale possible », insiste le ministre. Et qui entraîne des mesures de protection allégées : tous les cours en présentiel, port du masque obligatoire seulement à l’intérieur, cours d’EPS en intérieur autorisés (sauf pour les sports de contact)… À partir de quel moment et, surtout, selon quels critères pourra-t-on descendre au niveau 1 ou, au contraire, aux niveaux 3 ou 4 ? Mystère.

Le maître mot de la stratégie du ministre face à la pandémie reste donc la vaccination. Et, puisqu’ « il n’y aura pas de passe (sanitaire – NLDR), ni pour les élèves, ni pour les parents, ni pour les enseignants », Jean-Michel Blanquer annonce « une campagne vaccinale dans tous les établissements ». Déplacements groupés vers les centres de vaccination ou « centres éphémères » montés pour l’occasion par les autorités sanitaires, « cette organisation sera opérationnelle dès la rentrée », affirme le ministre à dix jours de celle-ci… en ayant l’air de le croire.

 

Pour ce qui est des élèves non vaccinés

Quant aux élèves non vaccinés, soit par choix de leurs parents, soit parce qu’ils n’ont tout simplement pas l’âge, à partir de la sixième, ils devront donc s’isoler une semaine s’ils sont cas contact. Petit ajustement au passage : c’est « sur la base d’une attestation des parents », que pourra éventuellement vérifier l’assurance-maladie, que se fera la différence entre vaccinés et non-vaccinés. « Les parents sont donc libres de ne pas dire si leur enfant est vacciné ou non, précise même le ministre, mais cela relève de leur responsabilité. »

Comme en outre le vaccin restreint mais n’empêche ni les contaminations ni la circulation du virus, on mesure l’efficacité potentielle de cette organisation. D’autant que la continuité pédagogique promise par le ministre risque de ne pas inciter à rester chez soi : « Laisser croire aux parents qu’il est possible de faire cours en présentiel et à distance en même temps, rappelle Sophie Venetitay, ce n’est pas possible, les enseignants n’ont pas le don d’ubiquité… »

La crainte de nombreuses fermetures de classe

Sa collègue Guislaine David, porte-parole du Snuipp-FSU (primaire), craint « de nombreuses fermetures de classes dès la première semaine ». Elle évoque carrément une « mise en danger, dans la communauté éducative et au-delà, car on risque de favoriser la circulation du virus », parmi des élèves par définition non vaccinésEn constatant que le ministre, tout en déclarant vouloir « généraliser » les capteurs de CO2 dans les classes, se contente de promettre une vague aide en direction des collectivités locales (qui n’en ont jusqu’ici jamais vu la couleur), la syndicaliste réclame « un plan de financement de l’État » pour ces équipements.

Lire sur le sujet notre entretien avec le mathématicien Bertrand Maury : Covid à l'école : « Les mesures de CO2 devraient être systématisées »

 

Pour un plan d’urgence

Une rentrée « de nouveau marquée par le manque d’anticipation et la confusion de la politique suivie » : c’est ce que dénoncent quatre syndicats de l’éducation (CGT Éduc’action, Fnec FP-FO, FSU et SUD éducation). Ils demandent « un plan d’urgence pour le service public de l’éducation », avec « la création massive de postes (…), dans un contexte qui a rendu plus compliquée la progression des apprentissages ». Les quatre organisations invitent les personnels à se réunir « dès les premiers jours de la rentrée, y compris avec les parents d’élèves », et lancent d’ores et déjà un appel à la grève pour le 23 septembre.

 

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