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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 05:06

 

Depuis plusieurs semaines, suite à un le début de reprise économique, les médias mettent l’accent sur la volonté des Français de dépenser l’épargne cumulée durant les mois de confinement. En occultant le fait que 80% de cette épargne supplémentaire se trouve sur les comptes de 20% des ménages. De leurs côtés, les multinationales de l’industrie automobile lancent une nouvelle forme « destruction » dite « créatrice » au nom de la conversion à la voiture électrique.

La récession économique de 2020 imputable au coronavirus a fragilisé beaucoup de professions, à commencer par toutes celles dont l’activité dépend de l’argent dont disposent les ménages, qu’il s’agisse d’aller au restaurant, de fréquenter une salle de sport ou de s’offrir des vacances pour ne prendre que quelques exemples. Dans une longue note de conjoncture publiée le 1er juillet, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) prévoit une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de +6% sur l’année 2021 après un recul de -8% en 2020. L’inflation serait de +1,8% sur l’année en cours et la « croissance du pouvoir d’achat rapporté au nombre d’unités de consommation en 2021 » serait de +1,4%.

Dans un dossier en quatre parties rendu public le 29 juin dernier, l’INSEE se montrait beaucoup moins optimiste que dans la note du 1er juillet. On apprenait que « fin 2020, 28,2 millions de personnes sont en emploi en France, dont 25,2 millions de salariés. L’emploi salarié a baissé de 296.000 sous l’effet de la crise sanitaire (…) Par ailleurs, les démarches de recherche d’emploi ont été limitées par les restrictions de certaines activités, si bien que le chômage au sens du BIT (Bureau international du travail) a reculé et le halo, la part des personnes de 15 à 64 ans, sans emploi et souhaitant travailler a augmenté de 0,4 point parmi les 15-64 ans pour atteindre 10,3% », précisait l’INSEE dans ce dossier.

L’Institut relevait aussi, qu’en 2020, «la durée effective de travail des salariés à temps complet a fortement reculé par rapport à 2019 : -101 heures.  Les trois quarts de cette baisse sont imputables à la période du premier confinement. Les secteurs dont l’activité a été considérée comme non essentielle où ceux qui sont liés au tourisme ont été les plus touchés ». Certes, l’indemnisation du chômage partiel a compensé une partie importante des pertes de salaires en 2020, mais cela s’est néanmoins traduit par un recul du pouvoir d’achat pour des millions de ménages dont les revenus étaient déjà insuffisants pour vivre correctement avant la crise.

Chute moyenne de 4,9% du salaire par tête en 2020 

Dans la présentation générale de ses notes du 29 juin, l’INSEE précisait à propos de l’évolution de la situation des salariés en 2020 : « Dans le privé, le salaire moyen par tête (SMPT nominal) a chuté de 4,9% en moyenne en 2020 notamment au deuxième trimestre où il s’est effondré. Cela résulte du recours massif au chômage partiel qui s’est substitué aux salaires (…) La crise a davantage pénalisé les bas salaires mais les dispositifs de soutien ont limité l’accroissement des inégalités ». Ce qui signifie qu’elles ont tout de même augmenté. Du coup, même avec 1,4% de mieux qu’en 2020 on est loin de retrouver la situation moyenne de 2019 concernant le pouvoir d’achat.

La partie de l’étude du 29 juin  consacrée à l’évolution de la situation des salariés nés entre 1940 et 1980 montrait, sans surprise,  que les aînés ont travaillé dans un contexte de croissance économique plus favorable que les plus jeunes  tandis qu’au « fil des générations, le diplôme  apparaît de moins en moins rémunérateur relativement aux autres participants au marché du travail» Mais «en période de chômage élevé, les salariés les moins qualifiés sont davantage évincés de l’emploi que les autres», notait  aussi l’INSEE.

Risques de mauvaises surprises en 2021 et 2022

Revenant sur les conséquences de la  récession économique de 2020 dans  le quatrième volet de son étude, l’INSEE indiquait que, l‘an dernier, «quatre salariés sur cinq étaient employés dans une entreprise dont l’activité a fortement baissé; le télétravail s’est fortement développé et a concerné jusqu’à 28% des salariés; le chômage partiel a concerné jusqu’à  27% des salariés (…) Tous secteurs confondus: 37%  des salariés étaient employés dans une entreprise dont l’activité  s’est dégradée lors des deux confinements de 2020». Dans le secteur de la restauration, 70% des salariés étaient dans une entreprise complètement à l’arrêt au premier confinement, le chiffre étant de 60% dans celui du spectacle. Durant la même période, « l’activité a été interrompue ou s’est fortement dégradée dans plus de 80% des entreprises de la construction, le recours au chômage partiel s’est alors généralisé », précisait l’Institut.

Toujours en 2020, « l’industrie automobile a pâti du manque de débouchés, en particulier lors du premier confinement. Pour plus de 90% des entreprises l’activité s’est arrêtée ou a baissé de plus de moitié. Le dispositif de chômage partiel a été fortement mobilisé au cours des premiers mois de la crise », relève cette étude. Mais, depuis des semaines, du fait des ruptures dans les livraisons de pièces- notamment des composants électroniques dont la production a été délocalisées en Asie et ailleurs pour réduire le coût de la main-d’œuvre- on nous informe que des chaînes de montages sont à l‘arrêt en France et en Europe.

Un bilan carbone sous-estimé pour la voiture électrique

Par ailleurs, la course de vitesse dans laquelle sont lancées les firmes multinationales pour produire des voitures dotées d’un moteur électrique se traduit déjà en France par des réductions de commandes chez les sous-traitants produisant des pièces pour les voitures thermiques. Pourtant, les chaînes de montages auront encore besoin de ces pièces durant plusieurs années en France comme en Europe. Mais commander davantage dans des pays à bas coûts de main d’œuvre semble être la stratégie des grandes marques françaises et européennes désormais.

En réalité les grandes firmes de l’automobile sont en train de mettre en place un processus accéléré de « destruction créatrice », au nom d’une nécessaire réduction des émissions de CO2. En tentant de faire oublier que chaque voiture dotée d’un moteur électrique doit parcourir au moins 40.000 kilomètres avant que son bilan carbone ne passe sous celui d’un moteur thermique. Car il faut extraire et travailler beaucoup de fer, de cuivre et d’autres matériaux pour produire ces voitures et leurs grosses batteries.  De ce fait, il est déjà acquis que cette conversion mondiale fera croître les émissions de CO2 sur toute la planète durant les deux prochaines décennies, voire au-delà. Surtout si les voitures thermiques retirées du marché dans les pays développés continuent d’être exportées en Afrique comme c’est le cas depuis de nombreuses années. Il resta aussi à voir quel sera le prix d’une voiture électrique quand le cuivre et les métaux issus des terres rares se feront de plus en plus rares.

Cela arrivera bien plus tôt que les économistes libéraux et les décideurs politiques ne l’imaginent aujourd’hui.               

 

 

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