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18 juillet 2021 7 18 /07 /juillet /2021 06:49
Yolanda Diaz (photo publiée par le site Mozaïk Radio)

Yolanda Diaz (photo publiée par le site Mozaïk Radio)

Marché du travail : l’Espagne détruit la machine à broyer
Samedi 17 Juillet 2021 - L'Humanité

Ministre du Travail du gouvernement de Madrid, Yolanda Diaz s’attelle depuis des mois à détricoter une par une toutes les mesures imposées lors de la crise des dettes publiques. Par cette contre-réforme, il s’agit de rétablir les droits et les protections volés il y a dix ans aux salariés.

Cela peut paraître technique. De la cuisine juridique, en quelque sorte. Mais cela ne l’est pas, en réalité : la réforme du marché du travail, en gestation en Espagne, est éminemment politique. Derrière le minutieux détricotage des mesures de dérégulation les plus néfastes imposées à la faveur de la crise des dettes publiques il y a une dizaine d’années – dans la péninsule Ibérique, mais également en Irlande, en Italie, à Chypre et, bien sûr, pour le pire du pire, en Grèce –, le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez opère une forme de « contre-contre-révolution néolibérale » et tente de remettre les droits comme les protections sociales à l’endroit dans un pays ravagé par les diktats de l’Union européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE).

Sous l’impulsion, dans ce domaine, de la communiste Yolanda Diaz, ministre du Travail et troisième vice-présidente du Conseil des ministres, la coalition au pouvoir à Madrid, rassemblant les socialistes (PSOE) et Unidas Podemos, s’attaque ainsi à quelques-uns des totems austéritaires, hérités des années de gouvernement de droite dirigé par Mariano Rajoy : modération ou même glaciation salariale, multiplication des contrats précaires, hiérarchie des normes inversée avec prééminence de l’accord collectif d’entreprise, etc.

Relance par les salaires

Dans le détail, après avoir augmenté le salaire minimum de près de 30 % depuis l’automne 2019 – il est désormais à 1 108 euros, alors qu’il culminait autour de 800 euros sous Rajoy –, le gouvernement de gauche espagnol promet de persévérer dans cette voie. « Politiquement, il y a toujours de la marge », constate Yolanda Diaz, à rebours des « comités d’experts » qui, sous couvert d’objectivité, limitent, comme mécaniquement, les évolutions salariales dans la plupart des autres pays européens. La Banque d’Espagne a, dans cet esprit, essayé d’allumer un contre-feu, avec une étude censée démontrer que la hausse du salaire minimum détruisait les emplois.

Pour les syndicats, c’est complètement faux, bien sûr. Selon Unai Sordo, le secrétaire général des Commissions ouvrières (CCOO), l’augmentation du salaire minimum « produit », au contraire, « un effet de création nette d’emplois » car les travailleurs peuvent utiliser l’argent pour « relancer la consommation dans les magasins, les bars et les librairies ». Aussi, afin de rattraper le retard en la matière par rapport aux autres pays de l’Union européenne, il convient, pour les CCOO, mais aussi pour l’autre grand syndicat espagnol, l’UGT, de programmer des hausses jusqu’à la fin de la législature. De quoi permettre au salaire minimum en vigueur d’atteindre 60 % du salaire médian, soit 1 200 euros.

Icon QuoteLe recours à des contrats temporaires sera limité à des situations données, comme l’augmentation réellement imprévue de l’activité.

Endémique en Espagne, la précarité des contrats est également au cœur du projet de réforme du marché du travail. Pour le gouvernement, en général, et pour Yolanda Diaz, en particulier, il s’agit de réduire drastiquement le nombre et la variété de contrats à durée déterminée, alors que, parmi les Vingt-Sept, le pays crève tous les records : 27 % des contrats sont à durée déterminée en Espagne. « Le principe fondamental doit être la stabilité dans l’emploi et on n’acceptera plus de limitation temporelle que lorsqu’une cause précise le justifie », avertit la ministre du Travail.

Particulièrement prisée par les employeurs espagnols car extrêmement souple et dénuée d’obligations, la forme du contrat de mission – « contrato de obra y servicio » en castillan – pourrait ainsi disparaître. Dans le projet gouvernemental, le recours à des contrats temporaires sera limité à des situations données, comme l’augmentation réellement imprévue de l’activité. Ce qui permet d’écarter catégoriquement tous les statuts précaires pour les situations « normales et permanentes » dans une entreprise…

Garantir des socles de droits

Dernier volet phare de la réforme en Espagne : le gouvernement introduit une « dérogation » aux lois austéritaires de 2012 qui, engagées dès la victoire du leader du Parti populaire (PP, droite), Mariano Rajoy, avaient renversé la hiérarchie des normes, en faisant de l’entreprise, le lieu où les relations sociales sont les plus inégales au plus grand bénéfice des patrons, le centre névralgique de la négociation et de la fixation des garanties collectives. Comme ailleurs en Europe, et notamment en France, ces textes ont donné la priorité aux accords d’entreprise sur les accords de branche, avec des possibilités de mettre en place des régimes moins-disants en matière de salaires, de temps et d’organisation du travail.

C’est cette machine à broyer les cadres de protection pour les salariés que le gouvernement Sanchez entend détruire. Le but est clairement de garantir des socles de droits au niveau des branches en dessous desquels il sera impossible d’aller dans les entreprises : finis les accords allongeant le temps de travail ou rognant sur les congés au nom de la « compétitivité » !

Dans ce champ, Yolanda Diaz veut également rétablir un principe assez inédit en Europe et protecteur qui avait été annihilé par les forces austéritaires : la « ultraactivitad », qui est un régime juridique garantissant la persistance des dispositions d’un accord arrivé à expiration tant qu’un autre accord n’a pas été validé entre patronat et syndicats. Une manière d’empêcher la dénonciation intempestive permettant aux employeurs de se délester de certaines obligations, sans rien proposer en contrepartie.

Retour de bâton de Bruxelles

Alors que les syndicats CCOO et UGT applaudissent ces mesures, l’Union européenne mais aussi l’OCDE veillent. Ces derniers mois, Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne, n’a pas manqué de tancer le gouvernement espagnol, en particulier sur la faveur qu’il entend rétablir aux accords de branche, au détriment des accords d’entreprise : les institutions européennes considèrent que les accords dérogatoires apportent de la « flexibilité » sur le marché du travail. Et tout le plan a de quoi faire sourciller à Bruxelles, où, pour l’heure, les gardiens du temple, aiguillonnés par le patronat espagnol ou européen, attendent encore leur heure avant de dégainer leur arme de dissuasion et de chantage favorite, l’accès aux fonds européens de sauvetage post-Covid-19.

Espagne. Titre du journal de Galice: "Yolanda Diaz ( la nouvelle ministre du Travail):la lutte ouvrière arrive au gouvernement."

 

Espagne. Yolanda Diaz, la nouvelle ministre du Travail du gouvernement de coalition "plus aimée par les syndicats que par les patrons" est une élue communiste de Galice. Elle annonce trois premiers objectifs: augmentation du salaire minimum, réforme du travail, nouveaux statuts pour les travailleurs.

 

Un nom qu'il faut retenir. La ministre du Travail du nouveau gouvernement de gauche en Espagne.

Une énorme responsabilité pour une femme qui, à l'inverse de Margartet Thatcher, a pour mission de redonner fierté et honneur au monde du travail espagnol, qu'il soit catalan, castillan, galicien, basque ou autre en commençant par faire tomber les loi anti-sociales scélérates qui ont été imposées par le PP et Ciutadanos et soutenues, ne l'oublions pas, par la droite catalane (CIU) à l'époque du président Mas.

Yolanda est galicienne. Quand on parle de la Galice, on évoque souvent Franco et le bastion du PP... mais les choses changent. Pour exemple, Martiño Noriega Sánchez, né en 1975, le maire de la capitale galicienne, Saint Jacques de Compostelle, est soutenu par Podemos.

Yolanda est militante du Parti communiste de Galice affilié au PCE et membre de la coalition IU. Elle a été députée de la Corogne puis de Pontevedra. Elle est titulaire d'une licence de droit et de 3 masters en sciences humaines. Tout un programme diraient certains. Franco doit se retourner dans sa nouvelle tombe ! Pourvu qu'il y reste...

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