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3 juillet 2021 6 03 /07 /juillet /2021 06:16
Elections départementales et régionales - Après la claque, un congrès du RN sous haute tension à Perpignan (L'Humanité, Benjamin König, 2 juillet 2021)

C'était la marche inexorable vers le pouvoir selon la plupart des médias et des sondages... mais:

"Patatras : malgré des scores toujours – trop – élevés, le parti d’extrême droite a pris le bouillon. Il est en fort recul par rapport à 2015, n’a gagné aucune région, a perdu la moitié des 27 cantons qu’il détenait et un tiers de ses conseillers régionaux, soit 252, contre 358 en 2015. Une vraie déculottée qui ranime les doutes et les tensions"...

 

Après la claque, un congrès du RN sous haute tension à Perpignan
Vendredi 2 Juillet 2021

Marine Le Pen, seule candidate à la présidence du Rassemblement national, sera reconduite haut la main ce week-end. Mais l’échec aux dernières élections départementales et régionales sème le doute. Dans le parti et au dehors.

 

Ce n’était pas le plan prévu. Initialement, ce congrès, dont la date et le lieu ont été fixés dès le début de l’année, devait être celui de la marche vers le sacre, dans une mise en scène soignée. Dans la seule ville de plus de 100 000 habitants conquise par le Rassemblement national en 2020, devenue vitrine de la « bonne gouvernance » affichée par le parti, il s’agissait de lancer l’offensive médiatique et la campagne pour 2022 de Marine Le Pen, forte de sondages la donnant à coup sûr au second tour de l’élection présidentielle, et parfois au coude-à-coude (entre 45 et 48 %, selon les instituts) avec Emmanuel Macron. Un congrès également prévu pour surfer sur les résultats aux régionales et départementales, qui devaient constituer « la première étape d’une alternance majeure dont le pays a tant besoin », selon la cheffe du RN. Au dernier jour de la campagne, le 19 juin, elle pérorait encore : « Évidemment, les régionales vont (…) confirmer que le RN est plus fort que jamais. »

« Si vous étiez un vrai chef, vous auriez laissé la place »

Patatras : malgré des scores toujours – trop – élevés, le parti d’extrême droite a pris le bouillon. Il est en fort recul par rapport à 2015, n’a gagné aucune région, a perdu la moitié des 27 cantons qu’il détenait et un tiers de ses conseillers régionaux, soit 252, contre 358 en 2015. Une vraie déculottée qui ranime les doutes et les tensions, même si le congrès ne sera pas le lieu où ils s’exprimeront – ou alors à mots couverts. Les votes des adhérents, qui élisent le conseil national du RN (sorte de parlement qui compte une centaine de membres élus, plus une dizaine nommés par Marine Le Pen), sont d’ores et déjà clos et verrouillés. Après dix ans à la tête du RN, le clan de Marine Le Pen a fait le ménage.

Mais les critiques sur la ligne de sa présidente, sa stratégie de « normalisation » et de recentrage à droite sur les questions économiques (abandon de la sortie de l’euro, retour à des positions libérales) sont déjà audibles. La fédération des Deux-Sèvres s’est autodissoute : « À compter de ce jour, il n’y a plus de Rassemblement national dans le département », écrivent les quatre membres du bureau fédéral. Sur les réseaux sociaux, la contestation se fait de plus en plus virulente, et certains sympathisants, bien que minoritaires, appellent au départ de la cheffe : « Si vous étiez un vrai chef, vous auriez laissé la place après votre débat ­lamentable de 2017. Nous, on veut gagner avec nos idées et cesser de perdre avec celles des autres », écrit l’un d’eux sur la page Facebook de Marine Le Pen. Une position que l’on retrouve aussi chez des cadres, comme Barbara Mézières, conseillère régionale en Pays de la Loire, qui déplore que, dans sa région, « le nombre d’élus est pratiquement divisé par deux (de 13 à 7) » et pointe « l’échec de la politique d’exclusion, ­d’ouverture à gauche et de parachutages ».

Seule candidate à sa succession, pour la présidente du RN, le danger pourrait bien venir de la « droite hors les murs », personnifiée aujourd’hui par Marion Maréchal et Éric Zemmour, qui est dans les starting-blocks pour 2022. Plusieurs voix ont confirmé son intention de se lancer dans la course à la présidentielle. « Il va être candidat, c’est certain », s’est épanché Arnaud Stephan, un conseiller de… Marion Maréchal. Soutenu également par le maire d’Orange, Jacques Bompard (Ligue du Sud), le polémiste affichait sa trombine sur 10 000 affiches partout en France au matin du 28 juin, accompagnée d’un message explicite : « Zemmour président ». Nul doute que cette campagne de communication sera dans toutes les conversations à Perpignan. B. K.

 

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