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3 janvier 2021 7 03 /01 /janvier /2021 20:07
Ian Brossat au meeting de Rennes des Européennes - Photo France Chapa

Ian Brossat au meeting de Rennes des Européennes - Photo France Chapa

Pour Ian Brossat, le communisme reste « un projet qui répond aux aspirations de la jeunesse »

Mercredi 30 Décembre 2020 - L'Humanité

L’élu communiste estime que malgré les contradictions dans l’opinion soulevées dans notre sondage, de nouveaux horizons s’ouvrent pour son parti. Entretien.

Si la perception du terme reste majoritairement négative, les valeurs du communisme sont jugées très positivement par les jeunes. Quel regard portez-vous sur cette contradiction ?

Ian Brossat Nous sommes loin des années du libéralisme triomphant. La jeunesse est en quête d’un horizon différent, qu’elle n’appelle pas « communisme », mais les valeurs auxquelles elle adhère sont celles que les communistes défendent. Cela ouvre des horizons pour les communistes à condition d’expliquer ce que nous entendons par là et de montrer en quoi notre projet répond aux aspirations de la jeunesse. Regardons la société telle qu’elle est : l’inégale répartition des richesses plonge 10 millions de personnes dans la pauvreté. Les jeunes sont les plus exposés. Dans le même temps, 1 % des ménages les plus riches possèdent 25 % du patrimoine français. Cette situation appelle un tout autre partage des richesses qui permette à chacun de vivre dignement de son travail. Autre contradiction : le niveau de formation n’a cessé de progresser ces dernières années. Mais les Français et notamment les salariés dans leur entreprise sont dépossédés de leurs propres vies, condamnés à subir des choix auxquels ils ne sont pas associés. Le communisme, c’est la réponse à cette contradiction car il promeut une nouvelle ère démocratique de partage des avoirs, des savoirs et des pouvoirs.

Le rassemblement de la gauche peut-il favoriser l’implication populaire aujourd’hui ?

Ian Brossat Il ne suffit pas d’en appeler au rassemblement de la gauche. C’est une condition nécessaire à la victoire, mais pas suffisante. Selon les enquêtes d’opinion, la gauche rassemblée, c’est un électeur sur trois. Or, le nombre d’hommes et de femmes qui auraient intérêt au changement est bien supérieur. Notre ambition doit être d’unir ceux qui ont un intérêt au changement, de créer cette conscience de classe qui les rassemblerait. Le monde du travail s’abstient pour une bonne part, et se tourne vers l’extrême droite pour une autre part. Nous avons donc un immense travail de reconquête à engager. Le meilleur remède à l’extrême droite, qui instille le venin de la division, c’est la conscience de classe.

Les élus communistes locaux peuvent-ils encore être un rouage de la transformation du système ?

Ian Brossat Le PCF bénéficie d’un ancrage territorial extraordinaire, fruit du travail de ses militants et de ses élus. Et c’est ce qui fait que nous sommes toujours là. Malgré les restrictions budgétaires qui pèsent sur les collectivités, les élus communistes jouent un rôle fondamental. Un exemple, parmi tant d’autres : les centres de santé, qui sont une des marques de fabrique du communisme municipal. Il y a quelques années, on nous disait que c’était dépassé. Avec la pandémie, qui dirait cela ?

La question écologique est devenue une préoccupation majeure. Le PCF a-t-il été au bout de sa révolution verte ?

Ian Brossat Le PCF est profondément écologiste, mais il doit avoir sa contribution propre à ce débat. Il ne s’agit pas de s’aligner sur les positions des autres, d’autant que ce qui prédomine aujourd’hui, c’est le capitalisme vert. Cette écologie-là est injuste et inefficace. Un écolo capitaliste, c’est comme un lion végétarien, ça n’existe pas. Avec le capitalisme vert, ce sont les plus riches qui polluent, et les plus modestes qui paient. Ils sont même soumis à une double peine : ils subissent la pollution, et on leur demande de payer l’addition. On l’a vu avec la taxe carbone. Une écologie conséquente s’appuie forcément sur un dépassement du capitalisme.

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