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25 janvier 2021 1 25 /01 /janvier /2021 17:08
Éducation. Les choyés prennent le pavé contre maître Blanquer (L'Humanité, 23 janvier 2021)
Éducation. Les « choyés » prennent le pavé contre maître Blanquer
Samedi 23 Janvier 2021 - L'Humanité

L’appel à la grève du 26 janvier réunit toutes les catégories, toutes les professions du secteur. Car aucune n’est épargnée par la politique menée depuis 2017, qui fait craindre une remise en cause du service public.

Le ministre Blanquer nettoie tout dans l’éducation nationale, de la maternelle à l’université, des surveillants aux enseignants-chercheurs, des infirmières aux lycéens, des étudiants aux psychologues, des programmes aux examens, de la formation aux évaluations… On le voit à la diversité de celles et ceux qui s’apprêtent à se mobiliser le 26 janvier, pour répondre à l’appel d’une large intersyndicale (CGT, FO, FSU, SNCL et SUD pour les enseignants, parfois encore plus large pour d’autres métiers) « pour le service public d’éducation ».

« On l’a vu sur le terrain au moment du remaniement », nous confie Guislaine David, porte-parole du Snuipp-FSU (syndicat des enseignants du primaire) : « Tout le monde espérait que Blanquer parte ! On a atteint un niveau jamais vu de discrédit, de rejet de sa personne et de sa politique. » Pour les profs, parmi les plus mal payés en Europe, cela commence par une « revalorisation historique » promise pour tenter de faire passer la pilule de la réforme des retraites. Et qui a finalement abouti, cette année, à 400 millions d’euros, distribués à 1,2 million de professionnels sous forme de primes « qui concerneront seulement 30 % des enseignants », rappelle Guislaine David.

1 900 postes supprimés à la rentrée

C’est aussi une profession qui se sent attaquée par « l’autoritarisme, la répression qui s’est abattue sur ceux qui ont protesté contre la réforme du bac », dénonce Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU (collèges et lycées). Des professionnels qui se sentent dévalorisés par les injonctions, les petits guides qui prétendent leur imposer des pratiques qu’ils réprouvent… Et des conditions de travail qui se dégradent encore : Frédérique Rolet rappelle les « près de 1 900 postes supprimés à la rentrée prochaine dans le secondaire, alors que les effectifs des élèves augmentent » et qu’il va falloir, en plus, gérer les conséquences éducatives de la crise sanitaire.

Dans l’enseignement supérieur, la LPR (loi de programmation de la recherche) a été adoptée malgré l’opposition d’une écrasante majorité des chercheurs, et l’actualité a mis au grand jour la situation dramatique des étudiants. Il ne faut pas s’étonner qu’une intersyndicale ne regroupant pas moins de seize organisations appelle à la grève le 26 janvier, en exigeant un plan de recrutement d’urgence de 65 000 enseignants-chercheurs titulaires sur dix ans. Les lycées professionnels, eux, contestent une réforme qui appauvrit les enseignements dispensés à leurs élèves et bouche leur avenir. Jusqu’aux infirmières scolaires, à qui on promet une décentralisation qui saboterait leur mission de suivi de la santé des élèves dans les établissements…

« La crise sanitaire a agi comme un révélateur, y compris auprès de l’opinion publique et des parents », juge Guislaine David : « Ils ont vu ce que c’est que notre métier. Et une enquête de notre fédération révèle qu’ils font plus confiance aux enseignants qu’au ministre. » Sa collègue du Snes complète : « Oui, le service public d’éducation est menacé. On voit de plus en plus de formes de privatisation, de marchandisation, d’interventions d’officines privées. Cela traduit la vision d’un système très élitiste, comme le montre l’abandon de l’éducation prioritaire. Chacun fera ce qu’il voudra dans sa région, on affaiblit tout cadrage national. Certes, celui-ci ne suffit pas à garantir l’égalité, mais quand il n’y en a pas, c’est encore pire ! » Bien assez de raisons pour qu’aucun couvre-feu ne suffise à éteindre le feu de la colère.

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