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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 06:37

Un collectif de 26 maires du Val-D'Oise interpelle l'État pour refuser le quota de 25% de logements sociaux d'ici 2025.

« Nous ne voulons pas être stigmatisés par les bien-pensants. » Les 26 maires du Val-d’Oise, auteurs d’une interpellation publique de l’État au sujet de la loi SRU, ont des arguments de poids. Pour rappel, l’article 55 de cette loi impose aux communes de plus de 1 500 habitants un quota de 20 % de logements sociaux, qui doit passer à 25 % en 2025. Les contrevenants s’exposent à des pénalités financières s’ils ne s’acquittent pas de cette obligation. Et depuis une vingtaine d’années que la loi est en vigueur, ils sont encore nombreux à traîner la patte.

« Tonneau des Danaïdes »

Pourtant, des plans triennaux signés avec les préfectures permettent d’atteindre progressivement l’objectif des 25 %… Le collectif des 26 maires qualifie pourtant le quota fixé par la loi de « tonneau des Danaïdes ». Ceux-ci vont même jusqu’à invoquer leur souci de « mixité sociale » pour justifier leur refus de voir le quota de la loi SRU augmenté à 25 %. Selon eux, cela reviendrait à créer des « ghettos » pour pouvoir remplir cet objectif. En outre, ils demandent à l’État la prise en compte d’un taux intercommunal : le quota ne serait plus calculé sur chaque commune de plus de 1 500 habitants, mais sur une agglomération entière.

Ces arguments cachent mal le problème politique qu’ont certains maires (de droite) avec la loi SRU et le logement social en particulier. Depuis vingt ans, cette loi n’a eu de cesse d’être attaquée pour la vider de sa substance : le taux intercommunal aurait par exemple pour effet de prendre en compte les logements sociaux de communes en périphérie de grandes villes, déjà fortement pourvues, pour se considérer comme quitte avec la loi. En matière de mixité sociale, on repassera donc. Pourtant, la mairie de Paris, par exemple, crée des logements dans le 16e arrondissement. Celui-ci n’est pas devenu depuis un « ghetto » de pauvres.

 

 

 

Des élus de la capitale ont visité des chantiers de logements sociaux, dans les 6e et 16e arrondissements. L’occasion de promouvoir un levier contre l’entre-soi. Des logements sociaux à bas prix, accessibles aux plus modestes, dans un quartier plutôt bourgeois du 6e arrondissement de Paris, à quelques encablures du Sénat et du jardin du Luxembourg? Ou dans le très chic et très coûteux au mètre carré 16e arrondissement, à quelques pas d’Auteuil et du bois de Boulogne? Ce n’est pas mission impossible, veut démontrer la Mairie de Paris. Mercredi, des élus de la capitale, parmi lesquels l’adjoint communiste au logement, Ian Brossat, et les conseillers socialistes du 6e arrondissement, Céline Hervieu et François Comet, ont visité des chantiers d’immeubles qui ont pour vocation le logement social. Trente-quatre logements, dans le 16e arrondissement, sur un ancien terrain qui appartenait à Rifaat Al Assad, l’oncle du dictateur syrien Bachar Al Assad, et que la Ville de Paris a acquis «par voie d’expropriation». Huit dans le 6e, sur l’emplacement d’un ancien commissariat: l’immeuble sera achevé fin 2021. 260000 demandes L’idée: apporter de la mixité dans des quartiers où les prix au mètre carré (20000 euros dans le 6e) sont prohibitifs et repoussent les plus modestes. «Depuis 2001 (et l’installation de la gauche à la mairie de la capitale – NDLR), 110000 logements sociaux ont été financés à Paris, se félicite Ian Brossat. Mais il ne faut pas que ces logements se concentrent dans les mêmes quartiers.» Le porte-parole du Parti communiste français entend «mettre le paquet sur les arrondissements déficitaires». Autour de 50 % des logements sociaux parisiens se situent en effet aux portes de Paris, particulièrement dans le nord-est et dans trois arrondissements: le 13e, le 19e et le 20e. Et il y aurait environ 260000 demandes enregistrées de logement social, en comptant les banlieusards qui cherchent un logement sur Paris. «Il faut qu’on progresse. Aujourd’hui, dans le 6e , on est autour de 2 à 3 % de logements sociaux, concède Céline Hervieu, qui siège aussi au Conseil de Paris. Pourtant, il y a dans cet arrondissement une vraie demande: des salariés, des agents du service public, des étudiants qui ont besoin de se loger ici et qui n’ont pas d’énormes moyens.» L’élue note que le conseil du 6e arrondissement, à majorité LR, ne s’est pas opposé à ce projet. La loi SRU fête ses 20 ans La visite était aussi l’occasion, pour la majorité municipale de gauche, de marquer l’anniversaire des vingt ans de la loi «solidarité et renouvellement urbain» (SRU). «Une belle loi de gauche», salue Ian Brossat: elle fixait à 20 % le pourcentage de logements sociaux obligatoires dans les villes de plus de 3500 habitants. Un seuil rehaussé à 25 % pour l’horizon 2025, depuis une loi de l’ancienne ministre du Logement Cécile Duflot, votée en 2012. Le logement comme levier contre les inégalités, une thématique qui résonne particulièrement en ce début décembre, alors que la loi contre les «séparatismes» a été présentée en Conseil des ministres. «Le meilleur moyen de lutter contre les “séparatismes”, justement, c’est de faire vivre la mixité sociale, de faire en sorte qu’on n’ait pas de territoires interdits à la solidarité, avance Ian Brossat. Il faut faire en sorte que les gens se mélangent et ne soient pas condamnés à vivre par catégories, sans sortir de l’entre-soi. Le logement social doit être mieux équilibré sur le territoire: il ne peut pas y avoir des ghettos de riches, d’un côté, des ghettos de pauvres, de l’autre.»

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