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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 10:34

Centenaire du PCF. Fabien Roussel : « Le communisme, c’est la jeunesse du monde »

Vendredi 18 Décembre 2020 - L'Humanité

À quelques jours du 100e anniversaire du congrès de Tours, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a livré ce jeudi sur la Toile un discours pour célébrer la riche histoire de son parti « avec les yeux braqués sur le présent et vers l’avenir ».

 

Souffler sa centième bougie est une occasion qui ne se manque pas. Malgré la pandémie, le PCF s’organise pour célébrer comme il se doit les 100 ans du congrès de Tours, qui lui a donné naissance sous le nom alors de Section française de l’Internationale communiste. Avec un peu d’avance, le rendez-vous de 1920 ayant eu lieu du 25 au 30 décembre, son secrétaire national, Fabien Roussel, a prononcé un discours ce jeudi, estimant qu’au-delà du siècle écoulé, « cette fête est celle d’un commencement ». « En 2020 comme il y a cent ans, le communisme, c’est la jeunesse du monde. Et face au vieux système capitaliste, nous avons besoin d’idées radicalement nouvelles », a-t-il lancé lors d’une allocution depuis le siège de la place du Colonel-Fabien retransmise – Covid oblige – sur les réseaux sociaux. Une fête « avec les yeux non pas tournés vers le passé, mais braqués sur le présent et vers l’avenir », a-t-il insisté dans la foulée.

Un engagement internationaliste bien de notre temps

Qui dit anniversaire dit néanmoins détour par l’histoire, surtout lorsque, comme celle du PCF, elle est faite de combats emblématiques et de conquêtes sociales qui ont marqué la France au fil des décennies. « C’était déjà l’urgence du présent qui présidait le congrès de Tours, quand le Parti communiste s’est créé sous la banderole “Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !” », a ainsi estimé Fabien Roussel, rappelant qu’après « l’horreur de la Première Guerre mondiale, il s’agissait de garantir pour de bon la paix entre des peuples que l’impérialisme montait les uns contre les autres, de tourner la page d’un capitalisme broyant les vies humaines ». D’une guerre à l’autre, « c’est cette volonté de changer le cours du monde, d’être tout simplement utile qui hante encore le jeune Guy Môquet, lycéen de 17 ans, à la veille de son exécution par les nazis, le 22 octobre 1941, dans sa dernière lettre », note le député du Nord. Parmi ces grandes conquêtes, sont égrenés les congés payés de 1936, la création de la Sécurité sociale portée par le ministre communiste Ambroise Croizat ou encore le droit de vote des femmes inscrit dans la loi en 1944 par un amendement de Fernand Grenier. « C’est Étienne Fajon, autre député communiste, qui proposera en 1946 de graver dans le marbre de notre Constitution la laïcité », ajoute Fabien Roussel en écho aux débats des dernières semaines autour de la loi « confortant les principes républicains », au cours desquels le PCF a dû essuyer des accusations en complicité avec les tenants de l’islamisme. Mais ce sont aussi « 1968 et le rôle majeur des communistes, au côté des syndicats et de la jeunesse, dans les conquêtes sociales du printemps dont une hausse du Smic de 35 % » et « 1981 et la victoire de la gauche grâce au score de 15 % de Georges Marchais avec un projet ambitieux pour le monde du travail » qu’évoque également Fabien Roussel, retraçant l’histoire de son parti.

Le communisme municipal à la pointe du progrès social

Une centaine d’années par ailleurs marquée par un engagement internationaliste à travers la lutte pour la décolonisation et les indépendances ou encore contre l’apartheid. Des combats eux aussi bien de notre temps : « C’est le même engagement que nous avons aujourd’hui pour demander la libération de Marwan Barghouti, le député palestinien enfermé dans les geôles israéliennes, ou pour mettre fin au blocus contre le peuple cubain », a expliqué le parlementaire, soulignant au passage les batailles livrées contre l’Europe du fric, et notamment celle, victorieuse en 2005, contre le traité constitutionnel.

Autre pilier de l’histoire du PCF : le communisme municipal. « Notre honneur, hier comme aujourd’hui, c’est l’engagement des maires communistes, à la pointe du combat pour créer des logements sociaux de qualité ou des centres médicaux de santé, pour développer la culture et l’éducation populaire, pour favoriser la diversité et la mixité sociale, pour permettre à tous les enfants de partir en vacances, pour garantir à chaque citoyen les mêmes droits », a salué l’élu du Nord. « Rien que dans la période qui s’étend de 1965 à aujourd’hui, environ 2 900 communes ont eu à un moment ou un autre un maire communiste ou apparenté, ce qui représente 10 millions d’habitants », selon les calculs de l’historien Roger Martelli. Aujourd’hui encore, l’une des forces du PCF réside dans son réseau de militants et d’élus, avec 50 000 adhérents, 660 maires à l’issue du dernier scrutin municipal et des « milliers d’élu-es locaux, départementaux, régionaux ».

À l’heure où les lieux de culture ont porte close, c’est en pointant les liens entretenus par son parti avec le monde de la création – de Picasso à Éluard en passant par Ferrat – que Fabien Roussel a saisi l’occasion de dénoncer les décisions de l’exécutif en la matière. « Quelle honte de voir le gouvernement décréter, lorsque des mesures de restriction sanitaire s’imposent, que la culture n’est pas indispensable », a-t-il taclé.

« Nous portons l’objectif d’éradiquer le chômage et la pauvreté »

Au-delà de la culture, la crise sanitaire met en relief « l’actualité » du communisme sur bien d’autres terrains, a encore assuré Fabien Roussel – arrivé à la tête de son parti en 2018 sur le thème « PCF is back », un slogan décliné lors des européennes de 2019 en « Red is the new green ». « Jamais les inégalités, les injustices, les espoirs d’un monde de justice, de paix, de fraternité, écartant les menaces climatiques, préservant la planète, jamais ces colères et ces espoirs n’ont été aussi forts », a-t-il martelé, voyant dans le communisme « la réponse pertinente à un système économique qui menace la civilisation humaine comme le climat ». Face aux « centaines de milliers de salariés qui reçoivent en ce moment même leur lettre de licenciement », a-t-il poursuivi, « nous portons l’objectif pour notre pays d’éradiquer le chômage et la pauvreté, de garantir à chacun un emploi, une formation, un salaire tout au long de sa vie » et de « donner plus de pouvoir, plus de droits à tous ceux et toutes celles qui créent les richesses par leur travail, quand une minorité les accapare ». Fustigeant les « authentiques vieillards » que sont « les Bernard Arnault, les Jeff Bezos et autres Bill Gates », c’est à leur reprendre le pouvoir qu’appelle le secrétaire national du PCF, dans une lutte des classes des plus acharnées, malgré tous les discours aimant à faire croire à sa disparition. En somme, conclut Roussel : « C’est le capitalisme qui a fait son temps. Une nouvelle ère doit s’ouvrir. Et le communisme est le nom de cet espoir pour l’humanité. »

À l'occasion du centenaire du congrès de Tours et de la création du PCF, l’Humanité publie Besoin de communisme, un hors-série qui explore le passé, le présent et l’avenir de cette visée « commune », plus que jamais nécessaire face aux crises sociales et environnementales. Un numéro exceptionnel à commander ici.

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