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22 décembre 2020 2 22 /12 /décembre /2020 06:41

 

Deux mois après son élection triomphale, le président socialiste bolivien a déjà pris une série d’initiatives pour redresser une économie laissée en ruine par le régime issu du coup d’État.

La cérémonie a pris des allures de fête, entre offrandes consumées et chants de joie. Le 1er décembre, à La Paz, le gouvernement de Luis Arce faisait rouvrir le ministère des Cultures, dont la fermeture par le régime issu du coup d’État symbolisait, l’an dernier, la volonté de démantèlement d’un État plurinational respectueux des multiples et mouvantes identités du pays. « Une dépense absurde », avait justifié à l’époque, brutale et lapidaire, l’autoproclamée présidente par intérim Jeanine Añez. À la tête, désormais, de ce ministère des Cultures, de la Décolonisation et de la Dépatriarcalisation : une femme, paysanne quechua, syndicaliste et dirigeante indigène, Sabina Orellana.

Faire face à l’urgence sociale

Deux mois après sa triomphale élection, le 18 octobre, le nouveau président bolivien déploie des trésors de patience et de volonté politique pour réparer les dégâts causés par les putschistes avec leurs politiques de division, de répression, d’asphyxie sociale et de pillage économique. Pour les Boliviens des classes les plus modestes, sciemment laissés à l’abandon par le gouvernement de facto, ce retour à la démocratie se traduit déjà par des conditions de vie meilleures. Premier geste de la gauche revenue au pouvoir pour faire face à l’urgence sociale : l’attribution de « bons contre la faim » qui avaient déjà bénéficié, au 15 décembre, à près de 850 000 personnes. Les aînés, eux, ont vu leur pension revalorisée de 3,38 %, augmentation rétroactive depuis janvier 2020 pour les petites retraites. Et sur le terrain de la production, plusieurs unités mises à l’arrêt après le coup d’État, en vue de leur privatisation, ont été remises en marche, en particulier dans le domaine agroalimentaire. C’est le cas, par exemple, de l’usine de produits laitiers d’Ivirgarzama, renationalisée, qui fournira les petits déjeuners scolaires supprimés avec la suspension des cours. Un enjeu de souveraineté alimentaire, justifient les nouvelles autorités boliviennes qui ont aussi abrogé, en invoquant le même argument, les décrets du gouvernement de facto favorisant les grands exportateurs et importateurs de denrées alimentaires ou mettant fin à l’interdiction des OGM.

En artisan du modèle communautaire et solidaire qui a rendu possible le « miracle économique » de la décennie écoulée dans un contexte de crise globale, Luis Arce est convaincu que la relance passe par une revalorisation significative des revenus des Boliviens et par une reprise de l’investissement public. Plusieurs grands chantiers d’infrastructures laissés en friche, comme celui du train métropolitain de Cochabamba, ont ainsi été relancés. L’économiste hétérodoxe devenu chef d’État parie aussi, pour sortir de la crise, sur une croissance sociale donnant la priorité à l’éducation, à la santé, à l’accès aux services publics de base. «  La crise politique de novembre 2019 et la mauvaise gestion du gouvernement de facto ont détérioré l’économie bolivienne, situation aggravée par la pandémie. Cela mettait en péril les grandes avancées sociales réalisées en quatorze ans de gestion  » du Mouvement vers le socialisme (MAS), résume Luis Arce, qui dit avoir trouvé en prenant ses fonctions « un État absolument en faillite, sans ressources  ». En fait, les orientations austéritaires des putschistes et leur volonté de restauration de l’ordre néolibéral n’ont pas seulement eu des effets sociaux désastreux : elles ont sérieusement creusé le déficit budgétaire.

Suppression de privilèges fiscaux

Pour surmonter « la récession économique, la pauvreté croissante, les inégalités et l’augmentation exponentielle de la dette intérieure et extérieure », le président bolivien entend « démanteler l’échafaudage du modèle néolibéral, redémarré en novembre 2019 ». En quête de nouvelles ressources, le gouvernement de gauche a fait voter au Parlement, le 10 décembre, une loi créant un impôt sur la fortune et mettant fin à certains privilèges fiscaux. De retour dans les espaces d’intégration latino-américaine, La Paz plaide aussi, pour surmonter la crise sanitaire mondiale, en faveur de l’allègement de la dette extérieure pour les pays en développement. Avec une conviction : à l’échelle locale ou globale, pas de sortie de crise possible sans appui aux populations les plus vulnérables. 

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