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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 06:38

 

L’année 2020 a été marquée par une chute des rendements céréaliers et fourragers. D’où une diminution du revenu net et une augmentation des coûts de production dans les exploitations. Sont venues s’ajouter les perturbations dans les circuits de commercialisation, lesquelles risquent de durer en 2021. Pourtant, la manière dont le monde paysan a répondu à la demande en cette année marquée par la pandémie du coronavirus, nous montre qu’ils méritent un meilleur traitement de la part du gouvernement.

Par Gérard Le Puill

Alors que les paysans français ont travaillé dur pour produire de quoi nourrir leurs concitoyens en cette année 2020 marquée par la pandémie du coronavirus, les comptes prévisionnels de l’agriculture réalisés par l’INSEE pour l’année qui se termine nous montre que cette profession a été bien mal récompensée. En 2020, nous avons connu de longues périodes de sécheresse qui ont fait chuter les rendements céréaliers comme ceux des prairies. La production de blé tendre a chuté de - 26,4 % cette année par rapport à 2019 ; celle de l’orge a baissé de -23,5 % et celle du blé dur de -17,1 %. Sur l’année les prix auraient progressé de + 5,4 % par rapport à ceux de 2019, ce qui est très insuffisant pour compenser la perte imputable au recul des volumes produits.

La production de maïs augmenterait de 5,5 % en volume, mais cette hausse est imputable à une augmentation des superficies. Faute d’avoir pu semer des céréales à paille en automne 2019, quand les sols étaient successivement trop secs ou trop mouillés, on a semé du maïs au printemps 2020.

Chute des rendements pour la betterave sucrière et les fruits

La production de betterave à sucre est en baisse de – 28,4 % en 2020 par rapport à 2019. C’est le résultat cumulé de la sécheresse estivale et des ravages causés pas la jaunisse provoquée par la prolifération d’un puceron. Cette année, la France a été le seul pays européen à interdire l’enrobage des graines par des néonicotinoïdes, tandis que les douze autres pays européens produisant des betteraves ont demandé, et obtenu, des dérogations auprès de la Commission européenne. La France a mis en avant le fait que les fleurs des plantes traitées aux néonicotinoïdes sont dangereuses pour les abeilles quand elles butinent. Mais à l’Élysée, à Matignon et au ministère de l’Agriculture, on ne semblait pas savoir que la betterave ne fleurit jamais entre le semis du printemps et la récolte des racines en automne pour produire du sucre et de l’éthanol. Pour fleurir et monter en graine, cette plante doit rester une seconde année en terre, ce qui n’est jamais le cas quand elle est destinée aux sucreries.

La production de fruits a diminué de - 9,3 % en 2020 dans notre pays en raison de gels printaniers succédant à un hiver trop doux alors que la végétation avait pris de l’avance. Qui plus est, des récoltes ont parfois été perdues en raison de la difficulté à trouver des saisonniers, voire des débouchés pour des produits périssables du fait notamment des fermetures de la restauration en ville, de la sous-fréquentation des cantines dans les entreprises et les administrations. De ce fait, rien ne prouve que l’augmentation moyenne des prix de 13 % a compensé les effets de la chute des volumes de production et du coût plus élevé de la récolte. Le prix du vin au départ des exploitations a baissé de 4,4 % sur l’année du seul fait du recul des débouchés et l’augmentation des stocks dans les chais risque de peser sur les cours en 2021.

La crise porcine va se poursuivre en 2021

Si les volumes des productions animales ont augmenté d’un petit + 0,4 % en 2020, celle des bovins est stable et on constate un recul de – 1,7 % pour les volailles. Les prix des bovins, ont baissé d’environ -1 % sur un an, ceux des porcs ont chuté de -4 % sur l’année avec une baisse de 20 % depuis septembre tandis que le prix des aliments du bétail est en train de grimper d’autant, à commencer par le soja importé. Cette situation risque de durer en 2021, comme nous l’avons montré dans un article publié ici même le 14 décembre. Le prix du lait de vache a baissé de -1,5 % alors que le manque de fourrage augmente les coûts de production jusqu’au printemps 2021.

« Il faut donner des perspectives aux nouvelles générations »

Du côté de la profession agricole, la note d’analyse des Chambres d’Agriculture constate que « face à la crise globale provoquée par la pandémie de Covid-19, l’agriculture française a tenu bon et réussi à assurer la continuité de l’approvisionnement en produits agricoles des consommateurs et des industries de la transformation agroalimentaire. À ce titre, elle a été un facteur de résilience pour l’ensemble de la société française ». Mais cette note nous dit aussi que « du côté des charges, les dépenses d’intrants ne progressent pas car l’agriculture française a poursuivi en 2020, son effort d’utilisation d’intrants. Cette modération est insuffisante pour empêcher la baisse de la valeur ajoutée qui est de -7,3 % ».

De son côté, la FNSEA indique qu’il est « impératif de permettre aux agriculteurs de tirer un revenu décent de leur activité ». Elle note que « le chemin à parcourir pour des résultats à la hauteur des attentes est trop long », suite au vote de la loi EGALIM en 2018. Pour la FNSEA, « il est encore temps de redresser la situation même si l’heure est grave. Il faut donner des perspectives aux nouvelles générations qui viennent de s’installer ou qui envisagent de rejoindre le secteur agricole ! L’agriculture est un secteur d’avenir essentiel pour l’alimentation et la lutte contre le réchauffement climatique, à condition de permettre à ses acteurs de vivre de leur métier »

 

 

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