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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 06:57

 

Les 100 milliards d’euros promis par le gouvernement devraient d’abord profiter aux grandes entreprises, confirme une évaluation réalisée par deux centres de recherche. EXPLICATIONS.

Les critiques fusent contre le plan de relance. Ce lundi, c’était au tour des économistes de l’Institut des poli­tiques publiques (IPP) et du Cepremap (Centre pour la recherche économique et ses applications) de s’interroger sur la pertinence des 100 milliards d’euros sur trois ans débloqués par le gouvernement pour faire face à la crise. Avec, comme cible, la baisse des impôts de production (dont 10 milliards d’euros dès 2021) à ­laquelle s’ajoute la poursuite de la baisse de l’impôt sur les sociétés.

Car la ristourne fiscale profiterait essentiellement aux grandes entreprises, notamment industrielles, en laissant de côté « ceux qui ont le plus pâti de la crise du Covid-19 » et qui « ne bénéficieront pas particulièrement de ce plan ». À l’inverse des aides d’urgence – comprenant les mesures de chômage partiel, prêts garantis, exonérations et reports de cotisations – qui ont « permis d’amortir le choc », en ciblant les entreprises « dont l’activité avait le plus baissé ainsi que celles en plus grande ­vulnérabilité financière », assurent les économistes. Des mesures qui ont également « aidé des entreprises petites, peu capitalistiques et peu ­productives d’avant-crise », notent-ils.

 

L’investissement public, clé de la relance

Ainsi, l’effet sur la croissance d’une baisse des impôts de production, estimé par Bercy à 0,5 point de PIB, serait « très optimiste ». Les économistes s’interrogent également sur le poids de l’investissement public dans ce budget de relance (un tiers du budget contre les deux tiers pour la baisse de la fiscalité). Dans un tel contexte d’incertitude, l’investissement public est, pour eux, la clé de la relance, surtout à long terme, avec un multiplicateur potentiellement supérieur à 2, explique de son côté l’économiste du Cepremap.

Un plan d’autant plus discutable que le retour du confinement rend les perspectives de reprise très incertaines et que le financement de cette mesure n’est pas abordé dans le budget 2021. Selon leurs estimations, ce deuxième confinement devrait entraîner une perte d’activité comprise entre 10 et 20 % par rapport à la normale en ­novembre. Ce qui représente environ un tiers à deux tiers du choc constaté au printemps dernier. Si ce deuxième coup d’arrêt de l’activité semble moins fort qu’en mars-avril, en ­revanche, l’effet sur le secteur productif pourrait être « sensiblement ­aggravé », ­notamment dans les branches particulièrement touchées. Ainsi, la croissance pour 2020 plongera au mieux à - 8,6 %, au pire à - 11 %. « L’incertitude de ce deuxième confinement est donc de l’ordre de 2,4 % du PIB », soit quelque 50 milliards d’euros.

 

Des inégalités de revenus amplifiées

Côté ménages, les économistes relèvent que malgré les mesures, l’effet de la crise a amplifié les inégalités de revenus. Même si, « d’une façon générale, nos connaissances de l’impact sur les inégalités de la crise restent encore très incomplètes », notamment sur les pertes d’emploi et le non-emploi des nouveaux entrants, les économistes relèvent que « les actifs des ménages les plus modestes exercent en moyenne une activité dans des secteurs plus durement touchés ». Ce sont également ceux dont la possibilité de télétravailler est la moins élevée et dont les contrats (contrat court, intérim) sont les moins protecteurs.

Les aides exceptionnelles aux bénéficiaires d’aides sociales et l’allocation de rentrée scolaire – qui ont atteint 173 euros pour les 20 % de ménages les plus modestes – ont permis de compenser en partie leurs baisses de revenus, note l’étude. À l’inverse, les plus aisés, « moins touchés par l’activité partielle », ont eu de « moindres pertes de revenus ». 

 

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