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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 16:44
Christian Lasson, photo Le Télégramme, 16 octobre 2019

Christian Lasson, photo Le Télégramme, 16 octobre 2019

Hommage des camarades communistes à Christian LASSON

Discours lu par Philippe Moreau pour la section PCF du Pays Bigouden à la cérémonie d'obsèques de Christian Lasson

C'est avec beaucoup d'émotion que les communistes du Pays Bigouden s’associent aux camarades de Saint-Dizier et de la Haute-Marne pour rendre hommage à Christian et présenter nos plus sincères et fraternelles condoléances à Véronique son épouse, à ses enfants Pierre-Damien et Sally-Ann, à ses petits enfants Alex et Benjamin, à toute sa famille. Nos condoléances vont aussi aux familles de sa belle sœur et de son conjoint disparus tragiquement en même temps que Christian.

Christian a rejoint notre section du parti communiste il y a seulement trois ans mais les camarades bigoudens ont eut le temps d'apprécier l'homme de conviction, le cœur sur la main, toujours battant pour la cause humaine en faveur des plus démunis.

Les camarades de Saint-Dizier et de la Haute-Marne, qui pendant plusieurs années ont partagé avec Christian un nombre impressionnant de combats nous ont fait parvenir un texte chaleureux que je vais m'efforcer de résumer au mieux.

Pour beaucoup de camarades Christian était une référence, un modèle, son engagement au service des autres était guidé par son souci permanent de combattre l'injustice, de lutter sans relâche, souvent au détriment de sa vie de famille, pour la dignité de l'être humain.

Homme de combat, mais aussi de dialogue, il n'avait de cesse de tout mettre en œuvre pour rassembler, unir les salariés contre les mauvais coups. Deux exemples où il a joué un rôle primordial et qui ont marqué les mémoires à Saint-Dizier ; la lutte des 287 cheminots dont certains postes devaient être supprimés et l'occupation de l'usine des Pigeat-Hazard menacée de fermeture. Tant d'autres luttes aussi ont jalonné sa vie, il faudrait des heures pour en parler, gagnées ou perdues peu importe Christian est toujours allé au bout de ses engagements et de la parole donnée.

A la CGT, son militantisme lui a valu de très hautes responsabilités du local jusqu'au national.

Puis il y a son engagement politique au Parti Communiste. Alors qu'il se sentait depuis longtemps "communiste de cœur", c'est au 1er Mai 1988 qu'il décide de prendre sa carte.

Cette adhésion il l'a très bien exprimé l'année dernière à un journaliste du "Télégramme" qui l'interrogeait lorsqu'il a succédé à son ami et camarade Alain BONNET à la tête du Secours Populaire de Pont l'Abbé; "mon choix est politique, quand on connaît l’histoire du Secours populaire, qui l’a fondé, à savoir le parti communiste, les valeurs d’entraide et de solidarité qu’il véhicule... ça en dit long sur les idées du bonhomme" avait-il dit en souriant.

Au sein du Parti, il poursuit son combat pour une société plus juste où la loi du fric n'écraserait plus l'Être Humain et c'est en 1983 qu'il entre au Conseil Municipal de Saint-Dizier avec le maire communiste Marius CARTIER

Durant ses trois mandats (de 1983 à 2001) ses nombreuses interventions au Conseil Municipal reflétaient la vie des plus humbles, des chômeurs, des ouvriers, du monde du travail, il était leur avocat. Il s'est également grandement investi à l'organisation du Festival de la Jeunesse en faisant partie de l'équipe qui concoctait les programmes.

Christian croyait en la jeunesse, en sa capacité à changer le monde. Sans doute cela lui venait de son expérience aux « colonies de vacances » SNCF qu'il a animées, puis dirigées avec tant de réussite.

Christian fait parti de ces gens dont c'est un vrai bonheur de les croiser et c'est un crève-cœur pour nous les communistes du Pays Bigouden de l'avoir perdu si tôt d'autant que, comme il n'était pas de nature à s'étaler sur son passé, nous découvrons aujourd'hui à l'appui des témoignages des camarades de Saint-Dizier quel sacré combattant il était vraiment.

Christian, les communistes de la Haute-Marne et du Pays Bigouden te dédient ces paroles d'une chanson de Jean Ferrat, persuadés que tu les entendras ;

« Tu aurais pu vivre encore un peu pour notre bonheur, notre lumière avec ton sourire avec tes yeux clairs ton esprit ouvert, ton air généreux »...

Nous rendons hommage à notre camarade victime avec deux autres personnes de ce drame de la mer qui s’est joué mercredi 14 octobre près de Saint-Guénolé. Christian Lasson était arrivé dans le pays bigouden depuis 3 ans et s'était tout naturellement rapproché de la section PCF du pays bigouden dont il était membre du comité de section.
Il vivait auparavant en Haute-Marne et avait été élu communiste à Saint-Dizier pendant trois mandats (1983-1989, 1989-1995, 1995-2001).
Nous avons aujourd'hui une pensée forte pour lui bien sûr, parti bien trop tôt, et pour ses amis, sa femme, son fils, ses proches et ses camarades de Haute-Marne et du Pays Bigouden.
Un hommage de la CGT, du secours populaire et du PCF lui sera rendu dans les jours à venir à Penmarc'h, comme nous en a informé André Le Roux, secrétaire de section du PCF Pays Bigouden. 
 
Article du Télégramme, Publié le 16 octobre 2020.
 
La famille du Secours populaire de Pont-l’Abbé a perdu l’un des siens
"La grande famille du secours populaire est en deuil après la disparition de Christian Lasson, 62 ans, lors d’un tragique accident de mer, mercredi soir, à l’entrée du port de Saint-Guénolé à Penmarc’h. Après trois ans passés en tant que bénévole au sein de l’association, il avait pris la présidence du comité de Pont-l’Abbé à la suite d’Alain Bonnet, il y a un an. Originaire de Champagne, il a fait toute sa carrière à la SNCF, et a mené des activités syndicales en siégeant au sein du CCE (Comité d’entreprise européen) de la SNCF. Son parcours professionnel l’avait par ailleurs amené à occuper plusieurs fonctions. Il avait eu notamment la responsabilité de 52 colonies d’enfants sur le territoire français, plus les séjours à l’étranger, ainsi que le service des livres et les bibliothèques. Il avait été aussi longtemps directeur de colo, et c’est comme ça qu’il avait découvert la Bretagne. À 54 ans, en prévision de la retraite, il avait passé un diplôme de Gestionnaire d’entreprise en économie sociale, ce qui l’avait conduit tout naturellement à prendre en main la gestion du Secours populaire. Son objectif, en prenant les rênes du comité, un des quatre comités les plus importants du département, avec Brest, Quimper et Châteaulin, était de l’ouvrir davantage aux jeunes, de les inciter à prendre plus de place et de responsabilités dans l’organisation."

Voici une interview que Christian Lasson donnait au Télégramme en 2019 en tant que responsable local du Secours Populaire:

Publié le 16 octobre 2019 - Le Télégramme

Secours populaire. Christian Lasson : « C’est une grosse machine collective »

Christian Lasson, bénévole depuis trois ans, est le nouveau président du comité local du Secours populaire. Le biker au grand cœur revient sur les motivations de son engagement.

Annoncé lors de la dernière assemblée générale, le départ d’Alain Bonnet, président du comité de Pont-l’Abbé pendant huit ans, est effectif depuis la rentrée. Et comme prévu, c’est son ami Christian Lasson, bénévole depuis trois ans, qui est désormais aux manettes. Vous l’avez peut-être croisé sur les routes au guidon de sa Kawasaki 1400 GTR, ou au large de Saint-Guénolé, à la manœuvre sur son Pen Sardin. Ou bien, sûrement, lors d’une braderie ou d’une collecte alimentaire du Secours populaire. Bonnet vissé sur le crâne et barbe de biker, Christian Lasson ne passe pas inaperçu. Sa gentillesse et son discours engagé non plus.

Quel a été votre parcours avant le Secours populaire ?

Je viens de Champagne où j’ai fait toute ma carrière à la SNCF. C’est dans le cadre des activités syndicales que j’ai connu Alain Bonnet, puisque j’ai siégé comme lui au CCE (Comité d’entreprise européen) de la SNCF. J’ai eu la chance durant mon parcours professionnel d’occuper plusieurs fonctions. J’ai eu notamment la responsabilité des 52 colonies d’enfants sur le territoire français, plus les séjours à l’étranger, et le service des livres et bibliothèques. J’ai été aussi longtemps directeur de colo, et c’est comme ça que j’ai découvert la Bretagne. À 54 ans, en prévision de la retraite, j’ai passé un diplôme de Gestionnaire d’entreprise en économie sociale, ce qui me permet d’être à l’aise aujourd’hui dans la gestion du Secours populaire.

Le choix du Secours populaire était-il réfléchi ?

Absolument, c’est un choix politique. Quand on connaît l’histoire du Secours populaire, qui l’a fondé, à savoir le parti communiste, les valeurs d’entraide et de solidarité qu’il véhicule, ça en dit long sur les idées du bonhomme (rires). Cela dit, l’association est apolitique et personne ici ne revendique d’appartenance à un parti ou à un autre. Ce qui ne veut pas dire oublier ses origines, ses convictions et ne pas regarder ce qui se passe autour.


Quel regard portez-vous sur l’avenir du monde associatif ?

On est à une époque où on parle sans cesse de repousser l’âge du départ à la retraite. Or, en France, 80 % des associations sont dirigées par des retraités. Quand on leur pose la question sur les raisons de leur engagement associatif, ce sont des chiffres Insee, ils répondent « parce qu’on a le temps et qu’on est encore en bonne santé ».
Alors, si on prolonge de plus en plus l’âge de départ à la retraite, le temps, il y en aura moins. Quant à la santé, selon une étude qui vient de sortir, les hommes restent « en bonne santé » jusqu’à 63 ans, après, ça se gâte. Donc, ce genre de décisions politiques risque de poser problème au monde associatif, qui est une grande force chez nous.


Quels seront les grands axes de votre mandat ?

J’ai un mandat de deux ans et je m’inscris dans la continuité de ce qu’a accompli Alain Bonnet et son équipe. On va juste essayer d’apporter des améliorations ici ou là pour être encore plus efficaces dans notre aide aux personnes dans le besoin. Je dis « on », car le Secours populaire à Pont-l’Abbé, c’est une grosse machine collective qu’on ne peut pas diriger tout seul : on fait partie des quatre comités les plus importants du département, avec Brest, Quimper et Châteaulin. Et on aide 263 familles sur notre secteur, soit 565 personnes.


Quels sont vos projets ?

Mon objectif principal, c’est de « rajeunir » les troupes. Jeune, ça va de 18 à 50 ans, car actuellement la moyenne d’âge du bureau, c’est plus de 60 ans. Pour cela, il faut ouvrir davantage nos portes et inciter les jeunes à prendre plus de place et de responsabilités dans l’organisation. L’autre projet à plus court terme est sur le point d’être finalisé : il s’agit de proposer à nos bénéficiaires de participer aux sorties et activités de la MPT. L’accord va se faire en novembre, il ne reste plus qu’à écrire les modalités noir sur blanc. Un autre sujet me tient à cœur, c’est de mettre en place un projet culturel à destination des jeunes, en leur proposant des concerts, théâtres, expos et loisirs. Voilà pour les projets principaux. Mais il y a aussi le développement du « 15 », notre nouveau local qui fonctionne déjà très bien, et la recherche de partenariats avec les associations et les commerçants. On veut aussi trouver des producteurs locaux et développer le circuit court pour les produits frais. Et rencontrer les maires des différentes communes où on intervient, car nos besoins ont évolué, mais pas les aides.


Le Secours populaire se substitue-t-il aux institutions ou aux services publiques ?

On entend dire parfois qu’on fait le jeu des politiques, mais ce n’est pas vrai. Ce qu’on fait, personne d’autre ne le ferait si on n’était pas là. Ce n’est pas les politiques qu’on vise, ce sont les gens, on est là pour les aider, c’est ça qui compte pour nous et ça n’a pas de prix. Ce qui ne dédouane pas du tout les politiques de leur inaction. C’est important de le dire, même si ça ne plaît pas à tout le monde.

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