Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 13:51
Attentat. Un professeur d'histoire décapité pour avoir montré des caricatures de Mahomet - L'Humanité, 17 octobre 2020

Attentat. Un professeur d'histoire décapité pour avoir montré des caricatures de Mahomet

Samedi 17 Octobre 2020 - L'Humanité
  • Un professeur d'histoire-géographie a été décapité en fin d'après-midi ce vendredi 16 octobre à Conflans-Saint-Honorine (Yvelines). 
  • Son agresseur présumé a été tué par balle par la police dans la ville voisine d'Eragny (Val-d'Oise).
  • L'identité de l'assaillant a été confirmée par les enquêteurs, selon une source judiciaire. Il s'agit d'un jeune Russe tchétchène de 18 ans né à Moscou.  
  • Neuf personnes ont été placées en garde à vue dans la nuit de vendredi à samedi.
  • Le parquet antiterroriste a été saisi pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". 
  • Cette attaque survient trois semaines après celle devant les anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris, en plein procès des attaques de janvier 2015, qui avaient décimé la rédaction de l'hebdomadaire satirique.
  • L’Elysée a annoncé qu’un « hommage national » serait rendu à l’enseignant mercredi, en coordination avec la famille.
  • Des rassemblements en hommage se tiendront dimanche à Paris et dans plusieurs grandes villes également.
 

Où en est l'enquête ?

Suite au meurtre d'un enseignant ce vendredi à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le Parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé être saisi de l’enquête, ouverte pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». La sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire et la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont été saisies.

Neuf personnes, dont un mineur, ont été placées en garde à vue, a appris franceinfo samedi de source judiciaire. Les parents, un grand-parent et le petit frère de l'assaillant auraient été interpellés à Evreux (Eure). Un parent d'élève qui avait posté une vidéo sur Facebook, appelant notamment à l'éviction de l'enseignant, ferait également partie des gardés à vue. Les autres seraient des membres de l'entourage non familial de l'assaillant. Toutefois, selon Europe 1, "Selon les tous derniers éléments de l’enquête, le père de l'élève à l'origine de la vidéo ne dit pas la vérité dans son message. En réalité, sa fille ne se trouvait pas dans la classe le jour où l'enseignant à montré la caricature aux élèves, et n'a même jamais eu cours avec la victime, ayant un autre professeur d'histoire. Peut-être avait-elle entendu parler de l’épisode des caricatures et l’a-t-elle raconté chez elle"

Que s'est-il passé ?

Les faits se sont déroulés vers 17 heures, près du collège du Bois d'Aulne de Conflans-Sainte-Honorine. La police municipale de Conflans-Sainte-Honorine a prévenu la police nationale après avoir découvert une personne décapitée. Les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de la ville se sont rendus sur place. Ils ont découvert la victime et, 200 mètres plus loin, ont tenté d'interpeller quelques instants plus tard un homme armé d'un couteau qui les menaçait. Il aurait tiré sur les policiers avec un pistolet air soft (pistolet à bille air comprimé qui n'est pas létal), selon les informations de FranceInfo. Selon l'AFP, "l'agresseur du professeur d'histoire a crié "Allah Akbar" avant d'être tué par les forces de l'ordre". Les policiers ont fait feu à dix reprises et ont abattu l'assaillant dans la ville voisine d’Eragny (Val-d’Oise).

Ce que l'on sait de la victime

Il s'agit de Samuel P., enseignant d'histoire-géographie de 47 ans, père d'un enfant. Il était en poste dans le collège du Bois d'Aulne de Conflans-Sainte-Honorine depuis plusieurs années.

"L'enseignant avait montré récemment à ses élèves des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression", ajoute l'AFP.  Le chapitre est notamment au programme de 4e, il évoque les attentats de janvier 2015, et rappelle tant la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, que la loi de 1881 sur la liberté de la presse. 

Le père d'un élève de 13 ans qui se trouvait dans la classe du professeur ce jour-là a expliqué sur France Inter que le professeur avait demandé aux élèves musulmans de sortir, avant de montrer les caricatures. "Apparemment, il n'a pas fait ça méchamment. Mon fils m'a dit qu'il avait fait ça pour préserver les enfants, pour ne pas les vexer. Il leur a dit : 'Je vais montrer une image. Je vous conseille de sortir pour ne pas être vexés, pour ne pas être choqués'", a insisté le père de famille. Il estime que l'enseignant "n'a pas voulu être condescendant ou manquer de respect."  

"Dès le 7 octobre au soir, le père d'une des élèves publiait sur son compte Facebook un récit des faits faisant état de la diffusion d'une image du prophète nu et appelait à la mobilisation contre le professeur", a expliqué le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard ce samedi. La principale du collège a fait état d'"appels menaçants" à la suite de ce cours, poursuit le procureur.

Le père de l'élève s'est ensuite rendu au commissariat de Conflans-Sainte-Honorine, accompagné de sa fille, pour porter plainte pour "diffusion d'image pornographique". Le professeur avait, peu après, porté plainte à son tour pour diffamation.

Samia, élève en classe de 5e, étudiait avec ce professeur depuis la rentrée l’histoire des religions monothéistes – conformément aux programmes scolaires de l’éducation nationale. Sujet sur lequel « il ne portait jamais de jugement », témoigne-t-elle auprès du Monde.

Ce que l'on sait de l'assaillant

Un document d’identité a été retrouvé sur l’homme abattu par la police. L'identité de l'assaillant a été confirmée par les enquêteurs. Il est né à Moscou en 2002 et était d'origine tchétchène. Il bénéficiait du statut de réfugié et était inconnu des services de renseignement. Il habitait à Evreux et possédait un titre de séjour délivré le 4 mars dernier.

Les enquêteurs s'intéressent à un message posté sur Twitter par un compte désormais fermé et qui montre notamment une photo de la tête de la victime. Ils cherchent à savoir si elle a été postée par l'agresseur ou une autre personne. Sous cette photo, un message menace Emmanuel Macron, "le dirigeant des infidèles", et son auteur assure vouloir venger celui "qui a osé rabaisser Muhammad".

"La République doit se tenir unie et ferme"

Emmanuel Macron s'est rendu à Conflans-Sainte-Honorine avec le premier ministre Jean Castex et le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Le chef de l'État est passé auparavant par la cellule de crise mise en place au ministère de l'Intérieur. Gérald Darmanin rentre lui précipitamment à Paris d'un déplacement au Maroc. Sur place, Emmanuel Macron s'est exprimé avec gravité,  évoquant "un attentat terroriste islamiste", et appelant "à faire bloc, car nous sommes des citoyens unis par les mêmes valeurs, une histoire, un destin (...) Ils ne passeront pas". 

"C'est la République qui est attaquée" avec "l'assassinat ignoble de l'un de ses serviteurs", a réagi Jean-Michel Blanquer, sur Twitter. "Notre unité et notre fermeté sont les seules réponses face à la monstruosité du terrorisme islamiste. Nous ferons face", a ajouté le ministre.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011