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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 05:56
Universités. Les mauvais coûts de la rentrée étudiante - Nadège Dubessay, L'Humanité - 18 août 2020
Mardi, 18 Août, 2020 - L'Humanité

Universités. Les mauvais coûts de la rentrée étudiante

Hausse des loyers, APL amputées, bourses qui ne suivent pas l’inflation, masques anti-Covid 19… Une fois de plus, le porte-monnaie des étudiants explose. C’est ce que révèlent la Fage et l’Unef dans leurs baromètres annuels.

 

C’est un mélange de colère et d’inquiétude. À 20 ans, Guéwen Douesneau connaît déjà la galère d’un quotidien où il faut compter le moindre sou. Forfait à Internet et au téléphone, livres pour la fac, nourriture et, désormais, masques de protection contre le coronavirus… Après avoir payé les 650 euros de son loyer, il ne restait plus que 250 euros au jeune couple qu’il forme avec sa compagne, boursière comme lui. À deux, ils bénéficiaient de 900 euros. Sauf que cette année, Guéwen ne percevra que 250 euros au lieu des 550 de l’année dernière. « Ce doit être une erreur, j’ai demandé que mon dossier soit réévalué », lâche l’étudiant qui doit entamer sa deuxième année de licence de lettres à Angers. Si rien ne change, il devra mettre la fac de côté, au moins une année, pour travailler. Ou alors contracter un emprunt étudiant. La crise du Covid-19 avait déjà mis fin à ses espoirs de trouver un job cet été : « J’ai envoyé 80 CV. J’ai eu 80 refus », soupire-t-il. Comme beaucoup, il n’a pas eu d’autre choix que demander une aide alimentaire au Secours populaire français. « À 20 ans, on essaie de se préparer à la vie. Mais si c’est ça… » souffle-t-il sans cacher sa peur d’un avenir incertain. Selon un sondage Ipsos pour la Fage (première fédération étudiante), les trois quarts des jeunes ont perdu des revenus entre mars et juin. Un sacré problème quand on sait que près d’un étudiant sur deux doit se salarier pour financer ses études.

Une rentrée chiffrée à 2 361 euros, soit 76 euros de plus que l'an passé

Cette année encore, les chiffres sont têtus. La Fage, tout comme le syndicat Unef, viennent de publier chacun leur baromètre du coût de la rentrée 2020. Selon la boussole de la Fage, l’augmentation moyenne par rapport à l’an dernier est de 2,5 % en Île-de-France et 3 % en province. Pour la fédération, le coût de cette rentrée s’élève à 2 361 euros, soit 76 euros de plus que l’année dernière. « Alors que l’inflation au mois de juin est de 0,2 %, le coût de la vie pour les étudiants augmente de 3,69 %, soit presque 18,5 fois plus », note, pour sa part, le rapport de l’Unef. Ainsi, « le coût de la vie étudiante explose depuis le début du quinquennat avec une augmentation de 8,71 % ». Les calculs sont vite faits : « L’APL (aide personnalisée au logement) a été amputée et les bourses ne suivent pas l’inflation », explique Mélanie Luce, la présidente du syndicat étudiant. C’est bien connu, la crise profite toujours à certains. Et là, les propriétaires de studios – des biens extrêmement convoités – s’en sont donné à cœur joie. « L’explosion du coût de la vie étudiante demeure liée en partie à l’augmentation du prix des petites surfaces. L’écart entre les appartements de moins de 24 m² et les autres est en moyenne de + 2,56 % », note la jeune femme. L’Unef observe une augmentation des loyers de 5 % à Lyon ou de 4 % à Bordeaux, contre 1 % à Paris, là où s’applique l’encadrement des loyers. Une mesure dont le syndicat demande l’extension partout en France, alors que le loyer représente de loin le poste de dépense le plus important pour les étudiants : 69 % de leur budget mensuel.

Un coût de la vie plus de 118 % plus élevé pour les femmes

L’Unef note par ailleurs que les étudiantes et les étudiants étrangers représentent des profils particulièrement touchés par la précarité. Entre les frais d’inscription différenciés, les frais administratifs importants et le non-accès à la grande majorité des aides publiques, les étudiants étrangers hors Union européenne ont un coût de la vie entre… 261,46 % et 339,93 % plus élevé que les autres. Quant aux étudiantes, le syndicat mettait déjà en avant, l’année dernière, un écart énorme : un coût de la vie plus de 118 % plus élevé pour les femmes. Des différences qui s’expliquent par « une précarité menstruelle forte touchant toutes les personnes menstruées, mais également la “taxe rose” des conventions sexistes qui encouragent les femmes à supporter le coût de la contraception, à s’épiler, se maquiller… ».

L’Unef, tout comme la Fage, ajoutent, cette année, dans le budget des étudiants les masques de protection contre le coronavirus qu’il faudra sans doute porter pour aller en cours. « En prenant les moins chers, nous arrivons à 230 euros sur l’année », précise Mélanie Luce. Selon la Fage, à raison de trois masques jetables par jour, la facture s’élève à 31,75 euros par mois. Une « goutte d’eau » qui fait déborder le vase. L’Unef tire la sonnette d’alarme et appelle à un plan d’urgence.

Nadège Dubessay

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