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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 05:47

 

L’Humanité, avec sa plateforme numérique l’Humanité.fr, prend l’initiative de solliciter des contributions pour repenser le monde et inventer des alternatives, avec l’ambition d’être utile à chacune et à chacun. Cette démarche sera prolongée par la publication d’un hors-série à la fin de l’été et l’organisation de grands débats publics. Aujourd’hui : « Pour un printemps des communistes », par André Gérin, Député-Maire honoraire de Vénissieux.

 

 

Avec 40 années de néolibéralisme, la mondialisation et la bureaucratie financière ont fait naître une menace fatale pour les peuples, les États et les Nations. Elles tuent l’économie réelle et l’écosystème. C’est un schéma accéléré dans lequel la France s’est inscrite avec Giscard D’Estaing et depuis 1983, avec François Mitterrand qui abandonne les engagements du programme commun.

Ce schéma s’est poursuivi sous les divers gouvernements successifs et perdure encore aujourd’hui sous le gouvernement Macron. Bon an mal an, cette société où règnent l’inégalité, la précarité et la misère endémique, caractérise la logique du capitalisme occidental : les classes populaires sont plongées dans un processus de dépendance et sombrent dans la passivité. Les chiffres sont sans appel puisque des millions de citoyens font la grève des urnes, et d’autres votent dans de grosses proportions pour le Rassemblement national. Qu’en est-il du vote Rassemblement national ? De l’abstention ? Une analyse impérative dépourvue de toute complaisance doit être faite afin de comprendre sérieusement ce phénomène qui débute en 1980. À cette période, on constate une forte abstention dans les nouveaux quartiers. Quant aux quartiers ouvriers vieillissants, pour une part des électeurs communistes, leur choix se porte sur le vote FN. C’est donc le PCF qui en paie un lourd tribut. Si l’on rajoute à cela, les grandes villes que nous avons perdues depuis 30 ans, nous pourrions comprendre l’érosion de notre électorat. Face à cet état de fait, nous avons pour obligation de changer d’état d’esprit et de mentalité avec l’expérience et les leçons du XXe siècle. D’autant que le contexte géopolitique est marqué par la montée du terrorisme islamiste, des extrêmes droite fascistes et de l’ultragauche, violente et nihiliste. Après la chute du mur de Berlin, et depuis Deng Xiaoping, la Chine s’est convertie au capitalisme « made in China ». Les relations internationales sont donc marquées par la rivalité sino-américaine. Quant au capitalisme occidental, il est devenu le « colosse aux pieds d’argile » par opposition au dynamisme du capitalisme asiatique.

Les raisons sont nombreuses pour que le PCF porte, plus que jamais, la passion française du communisme et puisse la faire vivre. Le communisme social, moral et culturel est une passion tricolore, c’est notre marque de fabrique. Conscients de notre passion pour la Nation (selon la définition d’Ernest RENAN) et du bonheur, faisons la vivre. Quant à notre label « L’Humain d’abord », ce sont les valeurs et les idéaux du socialisme et du communisme qui ressurgissent. Le PCF a un projet pour la France que nous devons porter avec fierté, sans renier nos racines, notre héritage issu de la Révolution de 1789 et du mouvement ouvrier et intellectuel du XIXe siècle. Mais aussi de notre pensée nourrie de Marx, d’Engels et des courants socialistes : anarchistes révolutionnaires, réformistes et libertaires. Il y a eu également des périodes historiques marquantes telles que la République sociale en 1848, la Commune de Paris en 1970, la Révolution d’octobre en 1917 qui fut portée par Lénine. 10 jours qui ébranlèrent le monde. Aujourd’hui, la souveraineté de la France est en danger. Nos traditions républicaines, laïques et le principe de liberté sont en péril. Macron, sous de faux airs progressistes, porte la globalisation néolibérale, soit la recherche effrénée du profit à tout prix qui impose la dictature du moindre coût avec le salaire comme variable d’ajustement.

Il nous faut construire une opposition résolue et déterminée face à ce défi de civilisation. Pour nous communistes, l’union dans l’action ne doit pas avoir de limite. Ainsi, je suis convaincu de la démarche républicaine sur chaque sujet, sans a priori politique et idéologique (ex : aéroport de Paris). L’atout inédit du PCF consiste à s’adresser aux patrons de TPE, de PME, à tous les salariés, ouvriers et employés, ingénieurs, cadres et techniciens, avec de véritables relations d’échange, de coconstruction et de codécision. Les initiatives, les collectifs et les rassemblements pour l’emploi peuvent s’exercer sur tout le territoire, et s’articuler autour de la reconstruction industrielle et écologique. Notre triptyque emploi, pouvoir d’achat, sécurité doit fonctionner de pair et constituer l’ossature de tout ce que nous proposons avec notre projet pour la France. C’est notre force de frappe au cœur de la crise actuelle.

Concernant la sécurité, la situation est alarmante : violence, délinquance, immigration, mafias, islamisme. Dans beaucoup de quartiers populaires les habitants ont l’impression de ne plus reconnaître leur pays. Sans parler du chauffeur de Bayonne décédé suite à un déchaînement de violences et les émeutes de Dijon sur fond de trafic de drogues ou des violences urbaines qui se sont propagées dans toute la France des 13 et 14 juillet derniers. Parler de guerre civile aujourd’hui n’est pas illusoire. Pourtant, politiquement et médiatiquement, ce sont des questions qui sont minimisées voire ignorées malgré les violences urbaines qui se produisent chaque jour.

J’ai une conviction intime pour le PCF comme force politique, celle d’être en première ligne (en adoptant les principes de prévention, dissuasion et répression), être exigeant, sortir de l’angélisme dans lequel nous nous complaisons, bannir la politique de l’excuse et la victimisation. On ne peut pas résumer les questions du défi culturel de l’islam politique à des analyses économiques et sociales. Notre combat est d’empêcher cette lutte sans merci de l’islamisme, contre la République qui entrave l’intégration sociale. J’ai déjà tenu ces propos et je les réitère aujourd’hui : la gangrène de l’islamisme s’infiltre au cœur de la communauté musulmane française et contribue au communautarisme, installe la charia, endoctrine et contrôle les territoires que l’on nomme « les territoires perdus de la République ». D’ailleurs, lors des élections municipales qui viennent de se dérouler, des pratiques clientélistes, communautaristes et antirépublicaines ont été constatées. Elles deviennent monnaie courante et de plus en plus pratiquées à droite et par une partie de la gauche pour gagner à n’importe quel prix. Les méthodes employées sont dignes de groupes mafieux (C’est l’exemple de l’élection municipale de Bobigny en 2014 organisée sous l’égide de Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI).

Je suis inquiet, car lorsque j’ai pris connaissance du texte collectif, de la commission PCF de lutte contre le racisme et pour l’égalité, paru dans l’Humanité du 3 juillet dernier, j’ai pu constater que des questions sont déconnectées des préoccupations de la France populaire qui souffre. Je considère que nous faisons fausse route face aux enjeux géopolitiques sur la question sociale et celle de la lutte des classes. Notre préoccupation centrale doit orienter notre combat contre le processus de marginalisation des classes populaires, dans la vie politique et l’espace public. Cette orientation politique du PCF est totalement pertinente lorsque l’on voit la haine de classe, d’une partie de la classe politique et des professions intellectuelles qui renvoient les classes populaires du côté du racisme, du sexisme ou encore de la fermeture culturelle. Remettons au premier plan notre engagement l’identité sociale de toute personne, car notre prétention est de défendre les classes populaires à la fois pour nous ressourcer par un travail d’immersion militante et nous permettre d’être en adéquation avec leurs aspirations profondes La grande question est d’aller à la reconquête des abstentionnistes et de réduire l’influence du RN sans quoi nous signerons notre marginalisation comme force politique nationale (« Le PCF apparaît comme une force comme une autre » Fabien Roussel). L’élection présidentielle s’inscrit dans ce schéma. Avec notre projet pour la France, nous voulons vraiment notre pays change de cap, qu’il endigue ces 40 dernières années de néolibéralisme qui l’ont vassalisé. Pour ce faire, il faut redonner aux classes populaires et au monde du travail au sens large, la reconnaissance et la considération que notre pays leur a refusé. Ce sont des populations qui ont souvent été reléguées, méprisées, ringardisées. Dans ces conditions, qui peut leur apporter la dimension populaire dont elles ont besoin et comment ? Quelles forces politiques ? Il n’y a que le PCF pour cela où sinon c’est l’aventure assurée ! Car la dynamique de la gauche authentique ne peut se faire qu’avec l’irruption populaire faute de quoi, demain nous pourrions avoir devant nous un long et difficile chemin avec la propulsion d’un « Trump » ou d’un « Salvini » à la française, qui tenteront de tout balayer.

Pour le PCF, c’est le moment ou jamais. Il est temps, soit de représenter la France laborieuse et exister soit de disparaître à jamais. Il est l’heure de nous préparer sans attendre et de créer les conditions pour entamer la bataille des présidentielles de 2022, avec la présence du PCF. Le PCF doit reprendre sa place électorale en première division. Notre parti doit se réarmer dans sa pensée politique, philosophique et théorique pour que la France populaire pèse de tout son poids et permette la reconstruction d’une alternative politique solide à gauche, afin d’être à la hauteur du grand défi qui nous attend, d’un pays développé comme la France en rupture avec le capitalisme. Nous n’avons surtout pas envie de refaire toutes les expériences qui ont été engagées depuis 1981 et qui débouchent sur de funestes échecs.

Le moment est donc venu pour la gauche d’éclaircir ses idées de fond, dans une confrontation indispensable de l’Europe et de l’Euro, de l’écologie et la croissance, de la crise économique et de l’identité de la France pour ne pas retourner s’enliser au milieu des sables mouvants du PS de Mitterrand, Jospin, Hollande et leur rejeton Macron. Le chantier est immense. Il faudra du temps pour régler les désaccords. Des forces considérables devront être mobilisées. Elles seront déterminées et instruites des mouvements sociaux en France et dans le monde, car depuis le début du XXIe siècle, des contestations puissantes, porteuses de luttes anticapitalistes inédites pleines d’espérance, sont en train de prendre de l’ampleur. En France, en Europe et dans le monde, le PCF est largement attendu. Nous sommes fiers d’être communistes, fiers de la présence incontournable en France, d’un parti communiste en 2020, qui va fêter son 100e anniversaire du Congrès de Tours. De nouvelles responsabilités sont posées au PCF sur les questions internationales. Nous sommes interpellés pour porter, avec audace, des idées novatrices sur les valeurs et les idéaux du socialisme et du communisme. Participons à la diffusion de manière renouvelée, des idées porteuses, et ceci, dans le respect du pluralisme, politique, philosophique et religieux, du bien commun, de la justice sociale, de la solidarité et de bien être pour l’intégrité de la personne et de la planète.

 

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