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31 août 2020 1 31 /08 /août /2020 05:12
Malo-les-Bains: le combat social, priorité de la rentrée pour le PCF (L'Humanité, 30 août 2020)
Dimanche, 30 Août, 2020 - L'Humanité

Le combat social, priorité de la rentrée pour le PCF

Fabien Roussel a appelé, samedi, à l’action contre les « plans de licenciement » et martelé, devant Jean-Luc Mélenchon, qu’il faudra compter avec les communistes aux prochaines élections.

 

Pour sa « journée d’été » à Dunkerque, ce week-end, le PCF n’a pas affiché les mêmes priorités que les autres forces de gauche. « Les élections, c’est dans sept mois, pour les régionales et départementales, vingt mois pour la présidentielle et les législatives. Mais les licenciements, c’est aujourd’hui, c’est donc maintenant qu’on doit se battre. C’est le cœur de notre université d’été », indique d’emblée son secrétaire national, Fabien Roussel, quelques minutes avant son discours dans le grand amphi du Kursaal de Malo-les-Bains.

Le député dénonce la « cascade de plans de licenciement financés par de l’argent public » et martèle que, contrairement aux messages anxiogènes du gouvernement, « il n’y a pas de fatalité au chômage et à la précarité ». « Le coronavirus est devenu le partenaire officiel du Medef. C’est honteux », fustige encore le parlementaire, qui multiplie les exemples de salariés contraints à la lutte, de Verallia à Simra en passant par Renault. Tandis que le gouvernement doit présenter son plan de relance la semaine prochaine, le PCF propose que ces « 100 milliards d’euros d’argent public soient placés sous le contrôle des citoyens, des élus, des salariés, dans chaque région ».

Pour Fabien Roussel, qui, au passage, torpille les traités européens et la tentation austéritaire déjà amorcée, il s’agit aussi de construire « l’unité dans l’action » : le PCF organisera le 10 octobre une journée de mobilisation « pour demander des comptes au gouvernement sur l’argent public distribué » avec des rassemblements devant les préfectures. « On pense qu’on peut construire l’alternative à Emmanuel Macron à partir de cet engagement pour la transformation de l’ordre productif et que cela se fera à la fois avec tous les travailleurs et toutes les forces sociales et politiques qui veulent s’y engager. Un Front populaire du XXI e siècle, c’est notre feuille de route », développe le responsable du PCF Paris Igor Zamichiei.

La priorité est aussi donnée à la jeunesse. « Nous mettons pour cette rentrée une proposition sur la table : pas un seul jeune au chômage », explique Fabien Roussel, détaillant la proposition de sa formation de « sécurisation » des parcours. C’est « un chantier immense qui doit mobiliser tout le gouvernement, les syndicats, nos services publics, nos collectivités, le Medef et les chefs d’entreprise », lance-t-il, raillant les 100 000 services civiques à 580 euros par mois proposés par l’exécutif pour 750 000 jeunes en fin d’études.

Un premier pas aussi vers la « rupture avec le capitalisme » qui, même repeint en vert, demeure une « impasse », car, en cette année de centenaire du PCF, il est bel et bien question de révolution. « Il faudra aller plus loin qu’un simple partage des richesses, comme nous sommes nombreux à le réclamer à gauche, argumente son secrétaire national. Notre projet de société est fondé sur un changement profond de nos modes production. Les richesses doivent être créées sans exploiter les hommes et les femmes et sans épuiser la planète. »

Dans la salle, un invité plutôt inattendu opine du chef. Jean-Luc Mélenchon en déplacement dans le Nord a tenu à faire le détour par la plage de Dunkerque. L’insoumis « s’enthousiasme » pour le discours de Fabien Roussel et fait mine de ne pas voir en quoi sa présence étonne. « Ici, je suis un peu chez moi. La famille est tumultueuse comme dans toutes les familles, mais bon, j’ai été deux fois leur candidat », explique le député de Marseille. Exit « la mort et le néant », l’heure est à une autre musique du côté de la FI : Jean-Luc Mélenchon, après avoir chanté main (hydroalcoolisée) dans la main l’Internationale avec les communistes, estime ainsi que « la distance est moins grande à cette étape-ci » du fait des « circonstances », avec « un véritable tsunami social » et un « changement climatique irréversible ».

La présidentielle de 2022 guette cependant : « Ne racontons pas d’histoire, les socialistes ont l’intention de soutenir un candidat EELV, (…) il y a un pôle de centre gauche qui se constitue là. Donc moi, j’estime – c’est ma vision stratégique – qu’il peut y avoir un pôle de la radicalité concrète et des causes communes » constitué d’insoumis et de communistes, détaille-t-il avant l’intervention de Fabien Roussel. Un changement de pied visant à rassembler des forces politiques que ne reconnaissent qu’à demi-mot les responsables de la FI. « S’il y a un léger changement, ce n’est pas par rapport à 2017 mais sur la manière dont on voit les départementales et les régionales. On a voulu aux municipales faire avant tout des listes citoyennes, on avait raison, sauf qu’il faut aussi constater qu’il y a eu un décalage », admet le député Éric Coquerel. La France insoumise a d’ailleurs adressé samedi un courrier à toute la gauche, en dehors du PS, en vue d’une « possible coalition ».

Si, pour le PCF, la présidentielle n’est vraiment pas la question du moment, Fabien Roussel en a profité pour envoyer un message à ses éventuels partenaires : « Si chaque force politique justifie sa candidature, les uns pensant que l’écologie est le centre de tout, d’autres pensant qu’ils sont légitimes par rapport à leur dernier résultat à l’élection présidentielle. Si d’autres pensent qu’il faut un candidat unique à tout prix, qu’importe le programme. Et si tous ceux-là pensent que le Parti communiste français ne présentera pas de candidat, je dis à tout le monde : “Vous vous trompez.” » Parmi les militants, certains, et notamment ceux qui ont soutenu l’élu du Nord lors du dernier congrès, n’ont pas d’hésitation : « Je me bats pour un candidat communiste », explique Hervé Poly, du Pas-de-Calais. Jean-Luc Mélenchon, lui, comprend que la question est tranchée. « C’est un paramètre qu’on va étudier », réagit-il, jugeant qu’ « il n’y a pas à dramatiser » et que plusieurs candidatures n’ont pas empêché la victoire de 1981. « Je n’ai pas dit qu’il y aurait un candidat, j’ai dit qu’ils se trompent s’ils pensaient qu’il n’y en aurait pas », précise cependant Fabien Roussel en marge des ateliers, arguant qu’il s’agit avant tout d’ouvrir les débats en « sort(ant) des idées préconçues ». Quant aux régionales et départementales, « ce ne sont pas des élections intermédiaires », martèle le secrétaire national du PCF, qui veut rassembler sur le fond avant de discuter de nom tout en espérant « faire élire un maximum d’élus communistes ».

L’interlude électoral est de courte durée, car l’autre temps fort de la journée ne tarde pas à démarrer avec l’arrivée de Philippe Martinez, invité à échanger avec le député du Nord sur le « mode de production du XXI e siècle » . « Nous ne proposons pas un plan de relance mais un plan de rupture avec les logiques financières », attaque le secrétaire général de la CGT, avec comme objectif « la réponse aux besoins sociaux et de la planète ». Plusieurs autres revendications font écho aux propositions présentées plus tôt dans la journée : l’augmentation des salaires alors que le Ségur de la santé est « loin de faire le compte » et que les salariés de la 2 ligne « sont toujours payés comme en février », ou encore la réduction du temps de travail. Hors de question de mélanger les genres pour autant. « Il y a besoin de passerelles entre monde associatif, syndical et politique mais on tient à notre indépendance. On est là pour contribuer au débat politique à partir de notre expérience », précise Philippe Martinez. Néanmoins, les uns et les autres devraient se retrouver dans la rue dès le 17 septembre pour la journée d’action de la CGT et de six autres syndicats que les communistes appellent à soutenir.

Julia Hamlaoui
Malo-les-Bains: le combat social, priorité de la rentrée pour le PCF (L'Humanité, 30 août 2020)

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